Vendredi 1er juillet débutaient les championnats d’Europe de trail à El Paso, aux Canaries, en Espagne. Très attendue sur les différentes courses, l’équipe de France a bien commencé sa campagne avec la médaille de bronze de Christel Dewalle en montée sèche. Découvrez le programme du week-end…
Une remontada au mental
Si elle faisait partie des favorites pour le podium, à mi-course, on était loin du compte. Après un début de course compliqué, Christel Dewalle pointait en 7e position, assez loin de la tête. Mais en s’arrachant dans les dernières kilomètres de ce kilomètre vertical sur un parcours de 9km, la meilleure grimpeuse tricolore a réussi à inverser la tendance. Elle ouvre ainsi le compteur de médailles de l’équipe de France de Trail. Elle termine derrière la Suissesse Maude Mathys et l’Autrichienne Andrea Mayr. « Ce n’était pas une partie de plaisir, c’était difficile pour moi physiquement, a-t-elle confié. Les jambes ne répondaient pas, alors la tête a parlé : c’est vraiment une médaille que je suis allée chercher au mental. » Et, forcément, un résultat qui motivera l’ensemble de l’équipe pour les 2 jours à venir, où l’on attend d’autres médailles, voire des titres.
LE TOP 10.
Les Français à suivre samedi 2 juillet
Trail senior hommes (47km / 2600m D+) Thomas Cardin Arnaud Bonin Kevin Vermeulen
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/07/CHAMPIONNATS-DEUROPE-DE-TRAIL-2022-christell-Dewalle.png11362172Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-07-01 18:15:182022-07-01 18:19:54Championnats d’Europe de trail 2022 : Christel Dewalle médaille de bronze sur le KV
C’était une des courses les plus attendues du week-end, avec Thibaut Garrivier et Maryline Nakache parmi les favoris. La météo a contraint les organisateurs à annuler la course, sans report possible.
Des modèles météo unanimes
C’est suite à la dernière commission de sécurité tenue le 25 juin à 19h00 que le verdict est tombé. Compte tenu de l’alerte préfectorale vigilance orange orage, le 90km du Mont-Blanc 2022 a été annulé. Tous les modèles météo étaient unanimes, y compris celui du météorologue de la course. La situation annoncée sur le département de la Haute-Savoie, et plus particulièrement sur la Vallée de Chamonix Mont-Blanc à partir de vendredi 24 juin à la mi-journée indiquaient : – Pluies continues fortes – Rafales de vent de 80 à 100km/h à toute altitude – Perturbations orageuses organisées importantes (grêle, tonnerre, foudre) – Chutes des températures à 5°C à 2000m d’altitude Au regard de ces éléments, la commission de sécurité, en accord avec le comité d’organisation, a donc pris la décision d’annuler l’épreuve afin de préserver l’intégrité physique des coureurs, de leurs accompagnants et de tous les membres de l’organisation (bénévoles, secouristes, prestataires…).
L’édition 2021 avait bénéficié d’une météo clémente. @ Marathon du Mont-Blanc / David Gonthier
Pas de report possible
Toutes les options de maintien de la course ont été étudiées, a communiqué l’organisation, y compris celle d’un report éventuel. Malheureusement, l’indisponibilité des équipes d’organisation liée à la densité des événements du week-end a imposé l’annulation pure et simple.
Les autres courses maintenues
À l’heure où nous publions cette information, les autres courses du week-end (KV et 23 km samedi 25 juin, 42km dimanche 26 juin) sont maintenues.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/06/MARATHON-MONT-BLANC-.png17403012Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-06-24 11:38:032022-06-24 11:38:07Marathon du Mont-Blanc 2022 : annulation du 90 km
C’est lors d’une chute pendant la course Neirivue-Moléson le 19 juin que le traileur italien Francesco Puppi s’est de nouveau fracturé le coude. A peine 6 mois après sa première fracture au même endroit. Une blessure qui va le tenir éloigné des parcours pendant de nombreuses semaines.
Troisième à Neirivue-Moléson malgré un coude cassé
C’est sur les réseaux sociaux que l’Italien à la chevelure folle a annoncé lundi matin la nouvelle : fracture du coude gauche, 6 mois à peine après sa première fracture. « Je ne pense pas que vous puissiez ou vouliez y croire, tout comme je ne peux et ne veux presque pas y croire moi-même. Hier à Neirivue-Moléson j’ai chuté en pleine course et me suis cassé – encore – le coude gauche, six mois après la première fracture. J’ai tout de même réussi à terminer la course en finissant troisième en 1h 01mn 23s, même si l’intérêt de mon résultat passe complètement au second plan. »
Si Francesco Puppi a minimisé l’intérêt de cette troisième place acquise malgré un coude cassé, c’est principalement pour deux raisons. Il les explique lui-même : « D’abord l’accident, et le fait que je vais subir une nouvelle opération douloureuse et un parcours de rééducation difficile, comme j’ai déjà pu en faire l’expérience. Et surtout parce qu’hier Rémi Bonnet a montré toute sa classe et ce que signifie courir vite en montagne, en battant un record historique ayant appartenu à Jonathan Wyatt. Rémi l’a fait avec une démonstration explosive de puissance, d’élégance et de courage, me faisant me sentir en quelque sorte privilégié d’avoir été là, au moins pendant une partie de la course, et d’avoir pu courir avec lui. » Difficile de rendre un plus bel hommage à la performance du Suisse.
Aller chercher des ressources pour se reconstruire
Très abattu par cette nouvelle blessure, Francesco Puppi ne cachait pas son amertume de devoir quasiment mettre un terme à sa saison avant même de l’avoir réellement débutée. Et redoutait les éventuelles complications au niveau de son coude, qui avait déjà dû être ré-opéré en avril suite à la fracture de décembre dernier. Il comptait sur l’été pour se refaire la cerise. Ce sera pour plus tard…
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/06/IMG_8860.jpg563750Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-06-22 09:35:312022-06-22 09:35:36Nouveau coup dur pour Francesco Puppi
Partenaire du Marathon du Mont-Blanc, Polar Electro a concocté à l’occasion de l’épreuve chamoniarde un programme sur mesure pour une immersion totale dans le monde du trail de montagne. Avec, entre autres, un run avec leurs athlètes et la projection de 3 films exceptionnels, dont L’Altavia, avec le traileur corse Guillaume Peretti. Demandez le programme.
Le Trail Camp pour découvrir les nouveautés Polar
L’événement débute dès le jeudi 23 juin au cœur du Chamonix avec le Trail Camp, le salon du Marathon du Mont-Blanc. Il se tiendra jusqu’au samedi de 9h à 20h. Vous pourrez y découvrir les nouveaux produits de la marque adaptés au trail. Deux modèles seront particulièrement attendus, la montre GPS Pacer Pro et la montre GPS outdoor Grit X Pro, dont une édition limitée aux couleurs du Mont-Blanc. Vous pourrez, en avant-première, découvrir les activations prévues.
Shake Out Run : venez courir avec les athlètes Polar
Si tous les regards seront bien sûr tournés vers les courses du week-end (90km, Kilomètre Vertical, 23km, 10km, Duo étoilé et le fameux 42km), vous pourrez vous aussi chausser vos baskets. En effet, Polar et i-Run vous invitent le vendredi 24 juin au matin pour un petit run avec les athlètes et ambassadeurs des deux marques. Rendez-vous à 8h30 sous la tente Polar, Place du Mont-Blanc, à Chamonix. Un petit déjeuner sera offert après le run. Vous aurez l’occasion de discuter avec les athlètes de leur expérience sur la course. Cerise sur le gâteau de l’après-run, une surprise sera offerte par Polar et i-Run à tous les participants.
Si vous êtes à Chamonix, ne ratez pas la soirée Inspirations by Polar. Au programme, la projection de films outdoor exceptionnels, toujours en présence des athlètes et ambassadeurs Polar. Cette soirée cinéma aura lieu le vendredi 24 juin à partir de 19h30 chez Shoukâ, le torréfacteur situé au 206, rue du Dr Paccard à Chamonix.
Pour vous mettre l’eau à la bouche, nous vous présentons les teasers des 3 films à découvrir lors de cette soirée.
Solace – Running The Alps in 30 days
Pendant l’été 2021, le traileur belge Karel Sabbe a couru la Via Alpina, plus de 2650 km et 150 000m de D+ en un peu plus de 30 jours. Avec une moyenne de 87 km par jour, il a établi un nouveau FKT, battant l’ancien record connu de 14 jours. En plus de l’épreuve des Alpes, Karel a dû surmonter le manque de sommeil, la maladie et des conditions météo extrêmes. Et tout ça avec une équipe de tournage derrière lui, qui en a tiré un film de 45 minutes.
Out Of Frame : Mountains Legacy, de Jordan Manoukian
L’athlète Mathis Dumas donne un aperçu de sa vie de guide de montagne et de photographe. Lors d’un voyage au Mont-Blanc, accompagné d’athlètes avec une passion débordante, Dumas révèle sa vision photographique.
Altavia, de Guillaume Peretti et Jean-François Hautin
En 2021, le traileur corse et ancien recordman du GR20, Guillaume Peretti, accompagné de son ami Jean-François Hautin, ont réussi la traversée intégrale du massif du Cinto en 14h 25mn. Cet itinéraire de 45km et environ 6000m D+, d’une extrême technicité, a été baptisé l’Altavia, « la haute voie ». Ce film illustre toute la difficulté et la beauté de la performance.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/06/MONT-BLANC-POLAR-OPEN.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-06-21 10:44:592022-06-21 10:45:04Marathon du Mont-Blanc 2022 : 3 films exceptionnels à découvrir avec Polar
La 16e édition de l’EcoTrail Paris aura lieu le samedi 18 mars 2023. Avec pas moins de 11 000 coureurs en 2022, l’édition 2023 s’annonce encore plus importante. Soyez rapide pour commander votre dossard, les inscriptions ouvriront le mercredi 29 juin à 12h.
Tour Eiffel ou Pont d’Iéna ?
Avec 5 courses et 2 épreuves de marche nordique, l’EcoTrail Paris fait chaque année un carton plein auprès des coureurs comme du public. Mais pour vous payer le luxe d’une arrivée au premier étage de la Tour Eiffel, il faudra le mériter. En effet, cette arrivée spectaculaire est réservée aux coureurs du 80km. Pour ceux du 45km et du 30km, il faudra se contenter du pont d’Iéna.
L’EcoTrail est né en 2008 à Paris grâce à des amis trailers qui ont eu l’idée d’organiser une course nature sur les lieux où ils s’entraînaient. A l’origine, l’idée était de créer un trail dans un environnement urbain qui a priori ne s’y prêtait pas. Partant du principe que la pratique était méconnue en ville, il s’agissait de pouvoir mettre en évidence les principes d’éco-responsabilité dans l’ADN de l’événement et de saisir l’opportunité de la participation de néophytes pour les sensibiliser aux bonnes pratiques.
Pour les plus motivés et impatients à l’idée de participer à cette nouvelle édition, il faudra être vifs puisque des tarifs préférentiels seront proposés aux plus rapides d’entre eux ! Cela concernera les 100 premiers inscrits pour les 80km, 45km, 30km et 18km. Et uniquement les 50 premiers inscrits du 10km. Pour les épreuves de marche nordique, ces tarifs réduits seront offerts uniquement aux 20 premiers inscrits de chacune des distances.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/06/Ecotrail-@-Remi-Portier-Photographie-DR.jpg6671000Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-06-20 12:39:022022-06-20 12:39:07EcoTrail Paris 2023 : ouverture des inscriptions le 29 juin
ESPRIT TRAIL : Avant le trail, as- tu pratiqué un autre sport ?
Johann Baujard : Je viens du ski de fond, pratiqué de mes 14 à 20 ans sur le circuit national. Et avant, je faisais du ski alpin. Je suis venu tout naturellement au trail car j’ai vu que j’avais de bonnes capacités de coureur à pied et d’endurance pendant mes années de ski. Je me démarquais plus sur les cross et les trails en été, que sur les skis l’hiver. Au fil du temps, j’ai pris goût à la course et je me suis mis à courir de plus en plus, jusqu’à mes premières “vraies” compétitions en 2016. Mais chaque hiver, je fais quasi-exclusivement du ski alpinisme, aussi bien à l’entraînement qu’en compétition, avec seulement quelques footings de temps en temps.
ET : Qu’est-ce qui te plaît dans cette discipline ?
JB : J’aime parcourir la montagne, partir à l’aventure, sans être limité par des pistes damées. Je prends plaisir à concilier endurance, intensité et technique sur des courses de 2 à 4h. J’aime cette polyvalence, et la simplicité de me mouvoir en montagne sans matériel. Au collège et lycée en sport-études ski de fond, on faisait souvent des courses typées trail en été et à l’automne pour préparer l’hiver à haute intensité. Je me souviens du cross du collège en 2011, c’était un vrai trail court avec de bonnes montées et descentes, et peu de plat. J’avais gagné et je me souviens que c’était le graal de gagner ce cross du collège pour tout le monde !
@ instagram Johann Baujard / Jordi Saragossa
ET : Quelles disciplines du trail-running préfères-tu ? Et pourquoi ?
JB : Je me passionne vraiment pour les formats de 2 à 4h. Ils regroupent pour moi toutes les composantes du trail : endurance, technique et intensité. Aucune autre discipline ne demande d’être aussi complet, et j’aime particulièrement cette polyvalence. J’aime aussi concilier le fight, l’adversité, avec la gestion de course (pacing, ravito…)
ET : Comment t’entraînes-tu ?
JB : Je m’entraîne tous les jours en privilégiant l’endurance, sur des entraînements entre 2 et 4h à intensité faible, en montagne, de préférence sur des parcours vallonnés, en single, avec des montées et des descentes pas trop longues. Cela représente environ 700h et 350 000m D+/D- par an. Je m’entraîne souvent seul, pour être à l’écoute de mes sensations et de l’environnement dans lequel j’évolue. En parcourant chaque jour la montagne dans différentes conditions, et en me fixant des objectifs, je reste motivé tout au long de l’année. Je trouve du plaisir dans toutes les conditions. Je n’aime pas la monotonie, j’aime que ça change ! J’ai un conseiller sportif, mais je suis très autonome dans mon entraînement, donc je lui suggère ce que je pense faire et il m’oriente si besoin.
Le grand sourire de Johann Baujard lorsqu’il est arrivé à Zegama pour participer au Marathon. @ Instagram Johann Baujard / DR
ET : Dans quel état d’esprit abordes-tu une course ?
JB : Selon l’enjeu, c’est un mélange d’impatience et de stress. J’aime me répéter mon plan avant la course et avoir confiance en ce que je vais faire et en mes capacités. Ce que je redoute le plus au départ d’une course, c’est de passer complètement à côté, les sensations des mauvais jours où toute la course n’est que souffrance. Ça arrive rarement, mais quand ça arrive, tu t’en souviens longtemps ! Côté points forts, je me démarque en descente technique et je maîtrise particulièrement bien le format 2h. Je reste assez polyvalent malgré tout. Mes points faibles, c’est que je suis un vrai diesel, j’ai horreur des départs rapides ! Sans que ce soit de vraies lacunes, j’ai aussi envie de progresser à plat et en montée raide, et me perfectionner sur les gestions de courses de 4h.
ET : Quel est ton meilleur souvenir ?
JB : Mon meilleur souvenir sportif est la Skyrhune 2021. Je décroche une inattendue 2e place sur l’une des plus belles courses pour moi, en plus au calendrier des Golden Trail World Series cette année. Après tant d’envie et de travail pour décrocher cette première grosse performance internationale, c’était un moment ultra fort ! Réussir à concrétiser au plus haut niveau tout ce dont je me croyais capable lors de cette Skyrhune m’a donné le sentiment du devoir accompli, d’avoir enfin réussi à toucher mon rêve.
Johann Baujard lors de sa seconde place à la SkyRace des Matheysins 2022. @ instagram Johann Baujard / DR
ET : Quelle a été ta plus grande déception ou plus grande souffrance ?
JB : J’ai connu une année de blessures compliquée à gérer en 2019, où je n’ai pas pu courir de la saison. Devoir ronger mon frein sur le vélo pendant que les copains faisaient des courses, ça a été difficile émotionnellement. Gérer un échec n’est pas une mince affaire ! Je prends le temps d’une remise en question: je réfléchis en profondeur pour trouver les raisons, ce qui explique l’échec, pour ne pas le reproduire. Ce sont souvent des moments incroyablement constructifs ! Je repense aussi à celui qui a été ma plus grande rencontre sur le plan humain, mon entraîneur de ski alpin quand j’avais 11 ans. C’est lui qui m’a donné envie de m’impliquer dans le sport, il m’a donné le goût de la compétition, de l’envie de progresser et de travailler.
ET : Quelles courses te vois-tu gagner à l’avenir ?
JB : D’abord le Marathon du Mont-Blanc d’ici un an. En me projetant plus avant, dans 3 ans, j’aimerais remporter le classement général des Golden Trail World Series. Pour plus tard, on verra… Je n’en sais encore trop rien, je laisserai peut-être évoluer mes envies vers d’autres formats de course.
ET : Quels sont tes loisirs ou autres passions ?
JB : Je lis, je joue du piano, je passe du temps avec des potes, je suis sur Netflix ! Mes goûts musicaux sont ultra larges, avec un penchant particulier pour le piano jazz. Mais je ne cours pas en musique, je préfère écouter la nature. Je m’intéresse aux autres sports et aux sciences de l’entraînement. Je suis aussi fils d’apiculteurs et je suis passionné par ces petites bêtes.
Johann Baujard et Sylvain Cachard à l’arrivée de la SkyRace des Matheysins. @ instagram Johann Baujard / DR
ET : Aurais-tu aimé être champion dans un autre sport ?
JB : Je pense que le biathlon m’aurait plu, l’association entre endurance et tir de précision. Ça en fait un sport fascinant. J’ai longtemps rêvé d’associer mes skis de fond à une carabine pendant mon adolescence, mais ça ne s’est jamais fait !
ET : Quels types de courses aimerais-tu voir se développer en France les prochaines années ?
JB : J’aimerais que les formats marathon se développent encore et attirent plus de coureurs et de public. Ce sont pour moi les plus belles courses, car elles restent très spectaculaires.
Interview réalisée par JMK parue dans Esprit Trail n°125
Johann Baujard dans la montée du Sanctu Spiritu, à Zegama. @ GTWS / DR
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/06/JOHANN-BAUJARD-OPEN-@-instagram-Johann-Baujard-MARGAUX-LEMAP.png11182242Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-06-17 09:27:402022-06-17 09:27:44Johann Baujard, la carte jeune
Il aura couru plus de 1000 courses, dont plus de 25 ultras-trails. Il comptait également à son actif 29 marathons de Boston consécutifs, dont le dernier pas plus tard que le 18 avril 2022. La légende américaine de l’ultra-running Mark Godale est brutalement décédé le 13 juin, à l’âge de 51 ans.
À 20 ans, un premier marathon en 3h17
Il y a des individus qui ont des aptitudes, et d’autres qui en ont moins. C’est en 1990, à l’âge de 20 ans, que Mark Godale s’est aligné sur son premier marathon, sur un coup de tête. Et il a tout de suite montré qu’il était de la catégorie des doués. 3h17 pour son premier essai, un chrono qui en disait long sur ses aptitudes. Si au cours des années qui ont suivi il est rapidement passé sous la barre des 3h, ce n’est qu’en 1994, alors âgé de 24 ans, qu’il a commencé à quitter la route pour courir des ultras.
Premier ultra, premier podium
En 1995, Mark Godale s’aligne sur son premier 100 miles (160km). Malgré l’absence de références sur cette distance, l’organisateur le laisse prendre le départ, l’athlète étant connu pour ses perfs sur route. Et puis le Mohican 100 est dans l’Ohio, son État de naissance. Mark, l’enfant du pays, terminera deuxième. Le virus l’a contaminé. S’il continue parallèlement à courir sur route, essentiellement des marathons, il programme plus d’ultras à partir de 1997. Notamment la célèbre Western States 100, qu’il a courue 7 fois au total.
En 1999, Mark Godale est récompensé du titre de coureur d’ultra-distance de l’année 1999 par l’USAFT, la Fédération Nationale d’Athlétisme des États-Unis. Et en terme d’ultra-distance, rien ne lui fait peur. Il participera ainsi en France aux Championnats du Monde du 100km, à Chavagnes-en-Paillers, où il terminera 32e et établira son meilleur chrono sur 100km de tous les temps, en 7h08mn. La même année, il s’alignera sur la terrible Badwater 135 à travers la Vallée de la Mort, dans le désert des Mojaves, en Californie. Terminant 3e, il déclarera : « J’aime le défi, à la fois physique et mental. Et combien de personnes peuvent dire qu’elles ont traversé Death Valley à la mi-juillet ? »
Courir, un choix de vie
Dans les années 2000 à 2010, Mark Godale a enchaîné les ultra-distances et les performances, sur route comme en trail, devant même champion du monde en remportant le Masters World Champion 100K en Argentine en 2005. Si, depuis 2012 et une blessure au genou, des douleurs persistantes l’avaient obligé à réduire ses participations aux courses, pour rien au monde il n’aurait raté son rendez-vous annuel avec le marathon de Boston. Sur sa page bio de la Fédération Nationale d’Athlétisme des États-Unis, il avait ajouté : « Courir n’est pas une punition, mais un choix de vie. Je suis reconnaissant chaque jour de pouvoir courir. Il y a tellement de gens qui n’ont pas la possibilité de courir à cause de maux physiques, je pense à tous les points positifs que j’ai et ne m’attarde pas sur les points négatifs. Chaque jour où je franchis la porte est une excellente journée pour courir ! Je crois que plus de gens doivent prendre de bonnes habitudes. »
L’hommage de Scott Jurek
Sur ses réseaux sociaux, l’ultra-marathonien américain Scott Jurek a tenu à rendre un bel hommage à son compagnon d’aventures.
« Mark a tout fait. Il était un champion national, un détenteur de records américains, un coureur des plaines de l’Ohio venu conquérir les montagnes des États de l’Ouest. Je l’ai rencontré dans les ultras des années 90 alors que nous n’étions qu’une poignée de coureurs d’une vingtaine d’années qui vivions notre passion. […] Mark m’a encouragé à “maîtriser toutes les distances sur tous les terrains”. Je me souviens du jour où il m’a trouvé sur l’Appalachian Trail, au milieu d’une nuit pluvieuse en Nouvelle-Angleterre, quand j’avais le plus besoin d’un ami. Il pouvait à peine marcher (arthrite osseuse) mais il m’a accompagné et nous avons trébuché sur le sentier jusqu’à 2 heures du matin. Ces moments avec Mark ont été l’une des nombreuses aventures que nous avons vécues à travers le monde, et je ne peux pas croire qu’il n’y en aura plus.
Malgré toutes ses souffrances, il avait de l’esprit et était capable de faire rire tout le monde. Il était en proie à des blessures causées par des maladies aiguës et chroniques, mais il s’efforçait de continuer à avancer. Il souffrait bien plus qu’il ne le laissait jamais entendre. Cela ne m’a même pas surpris quand il s’est présenté à mon mariage avec des béquilles ! Il y a eu des années où il pouvait à peine marcher, mais il a encore réussi à terminer le marathon de Boston avec son frère Steve cette année, pour la 29e fois de suite. L’année prochaine aurait été leur 30e arrivée consécutive. Il n’y avait rien de mainstream chez Godale, mais il représentait beaucoup de choses pour beaucoup de gens. Il était un fils, un frère, un artiste et surtout un père dévoué. Il a eu un impact sur tant de vies, il nous a tous inspirés à faire l’impossible. Nous avions encore de nombreux kilomètres à parcourir ensemble, et la prochaine fois que je trébucherai dans les bois, je sais qu’il sera là, avec moi. Cours en paix, mon ami. »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/06/MARK-GODALE-OPEN.png8441418Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-06-16 17:30:172022-06-16 17:30:22Dernier run pour Mark Godale, la légende de l’ultra
En 3 participations, Jim Walmsley n’a terminé l’UTMB qu’une seule fois, à la 5e place, en 2017. Cette année-là, c’est François D’Haene qui s’était imposé. Depuis, les 2 autres tentatives du missile américain, en 2018 et 2021, se sont soldées par 2 abandons. Malgré des départs canons, il n’est jamais parvenu à dompter tout à la fois les conditions de course, la météo, la nuit, le froid et les difficultés du parcours. Des échecs qui virent à l’obsession : celle d’être le premier Américain à remporter cette course mythique. Et battre le record.
Si des femmes l’ont fait, et Courtney Dauwalter en est le plus récent exemple, aucun homme n’y est encore parvenu. Pourquoi ? À cette question, Jim Walmsley a une réponse. « Pour gagner cette course européenne, il faut être un Européen. » C’est la raison pour laquelle il a décidé de s’installer et se préparer en France, du côté de Chamonix. C’est également la raison pour laquelle il avait choisi le Madeira Island Ultra-Trail (MIUT), fin avril, pour débuter sa saison. Une course européenne, beaucoup de dénivelé brutal, avec une grande partie de nuit… Et une victoire et un record à l’arrivée, pour se prouver encore et encore ce dont il est capable.
Pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, Jim Walmsley a besoin d’assembler les pièces d’un puzzle qui le mènera au succès. Dans la première partie du film que nous vous proposons de regarder, il explique son cheminement de ces derniers mois, qui l’a amené à s’installer en France : « J’ai soigneusement assemblé les pièces du puzzle pour essayer de créer une meilleure opportunité de succès lors de la plus grande course d’ultra-trail au monde. Je me sens vraiment chanceux pour Jess et les gens autour de moi qui croient en moi et rendent cela possible. Avec cette relation qui est en train de se bâtir entre Hoka, Wahoo et UTMB, je me retrouve au milieu de la tempête idéale, celle qui me permet de canaliser toute mon énergie vers ce grand objectif fin août. »
Qu’il l’emporte ou non à Chamonix fin août, pour 2022, Jim Walmsley a déjà remporté la plus belle victoire de sa saison. Et de sa vie. Il a en effet épousé sa compagne et traileuse Jessica Brazeau le 5 avril dernier à Silverton, dans le Colorado. Un lieu symbolique de l’autre passion de Jim, puisque c’est la ville de départ de la Hardrock 100.
En passant sous la barre des 36h pour parcourir l’ensemble du tracé du GR20 en Corse, Anne-Lise Rousset a réalisé un immense exploit. En signant un chrono de 35h 50mn, l’athlète du team Scott Running bat le précédent record, qui appartenait depuis 10 ans à Emilie Lecomte, de plus de 5h30. Retour en photos sur cette traversée mythique sans équivalent dans le monde entier, qui s’étend sur 170 km et 13 000 D+, grâce aux clichés pris par Cyrille Quintard et Justin Galant pour Scott Running.
Elle l’a fait ! Malgré les fortes chaleurs qui se sont abattues sur la Corse mi-juin, l’athlète Scott Running Anne-Lise Rousset a pulvérisé le meilleur chrono féminin sur le GR20. Elle a bouclé les 173 km et 13000m D+ du parcours en 35h 50mn. Le précédent record avait été établi en juin 2012 par Emilie Lecomte, en 41h 22mn 10s.
36 heures, une folle ambition
Partie lundi 13 juin à 6h du matin de Calenzana, à l’extrémité nord du GR20, Anne-Lise Rousset a tout de suite adopté un rythme élevé et pris de l’avance sur ses prévisions. Pourtant, son ambition était élevée puisqu’elle ne cachait pas viser un chrono autour des 36h, soit plus de 5 heures de moins que le chrono référence d’Emilie Lecomte. Il faut dire qu’elle était bien entourée. Dès le début, elle s’est offert un pacer de rêve en la personne de Lambert Santelli, actuel recordman du parcours en 30h 25mn. Et son second pacer n’était pas en reste, puisqu’il s’agissait de Guillaume Peretti, ancien recordman du GR20 en 2014, natif de l’île. Elle pouvait aussi compter sur le soutien de son mari, Adrien Séguret, entraîneur des équipes de France de trail, et de quelques autres champions comme Seb Chaigneau.
Ces lièvres de luxe ont permis à Anne-Lise d’arriver au Fer à Cheval, vers le 45e kilomètre, avec 1h d’avance sur son prévisionnel. Après une longue et terrible montée dans des champs de cailloux, la championne comptait toujours 55 minutes d’avance en pointant au refuge de Petra Piana, au 68e kilomètre. Situé à 1842m d’altitude, c’est le plus vieux refuge du GR20. Arrivée au ravito de Vizzavone à 23h40, Anne-Lise venait de boucler les 87km et 7510m D+ de la partie nord du GR20 en 17h40 ! Elle était prête à attaquer la nuit.
L’une des grandes difficultés de ce tracé, extrêmement éprouvant, avec des tonnes de cailloux et des passages parfois à la limite de l’alpinisme, est de savoir en garder sous la pédale. On se souvient de l’énorme coup de mou qu’avait connu Xavier Thévenard, lors de sa tentative de record en 2020. Parti rapidement, il était arrivé épuisé au 83e kilomètre, à la fin de la partie nord. Il avait ensuite énormément souffert pour boucler le parcours, échouant à plus d’1h 25mn du record de François D’Haene (31h06mn), battu depuis par Lambert Santelli. C’est un peu le même scénario qu’a vécu Anne-Lise Rousset, victime d’un coup de froid après son stop de 20 minutes à Vizzavone. La reprise après cet arrêt a été très difficile, et Anne-Lise a laissé beaucoup de temps et d’énergie dans la nuit. Au petit matin, elle ne comptait plus qu’une légère avance sur son prévisionnel, mais était toujours largement dans la course au record.
Heureusement, le soleil lui a redonné de la vigueur. À son arrivée au dernier ravitaillement à Bavella (153,6km et 12060m D+) à 14h44, après près de 33h de course, Anne-Lise affichait un sourire désarmant. Elle semblait d’ailleurs plus préoccupée par son bébé de 11 mois, Faustin, présent au ravito, que par son propre état de fatigue. 5 minutes et un bisou à bébé plus tard, la « machine » repartait à l’assaut des derniers kilomètres. Un chrono de 36 heures était toujours possible.
35h 50mn, chrono officiel ! C’est un véritable exploit que vient de réaliser Anne-Lise Rousset ! En finissant en dessous de son objectif de 36 heures, elle prouve non seulement que sa préparation a payé (elle a passé plus d’un mois à se préparer en Corse), mais qu’elle a su parfaitement gérer sa course et ses aléas. Elle bat du même coup le record d’Emilie Lecomte de 5h 32mn. Enorme ! Respect total.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/06/GR20-ANNE-LISE-ROUSSET-OPEN.png10401490Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-06-14 18:02:062022-06-14 18:02:10Impressionnant record féminin du GR20 pour Anne-Lise Rousset