C’est une sorte de grand écart pour Mathieu Blanchard, qui après sa victoire dans la moiteur de la Diagonale des Fous pour son dernier défi de 2024, change radicalement d’ambiance pour son premier défi 2025 : les 640 km de la Yukon Arctic Ultra, dans des conditions glaciales extrêmes, avec des températures pouvant atteindre les -40 à -50° qui en font l’une des courses les plus dures au monde. Départ le 2 février 2025 de Teslin, dans le territoire du Yukon, au Canada.

Mathieu Blanchard, ou le goût de l’exploration du potentiel humain

Mathieu Blanchard n’est pas un coureur d’ultra-distance comme les autres. D’ailleurs, la notion de coureur d’ultra-distance ne suffit pas à le définir. Préférons le terme d’aventurier, comme le rappelle le titre de son ouvrage, Vivre d’aventures. Un aventurier passionné par le potentiel humain, et qu’il aime tester sur sa propre personne, depuis plusieurs années déjà.

« J’ai pris conscience que notre potentiel physique et mental est bien plus élevé que ce que l’on nous apprend ou que nous raconte la société actuelle. On n’utilise même pas 10% de la capacité de notre cerveau, et au niveau physique, c’est la même chose. Comprendre que l’on est capable de courir 500 à 600 kilomètres d’affilée, cela casse complètement le paradigme des capacités du corps humain. »

Les défis d’ultra-distance, Mathieu Blanchard connaît déjà

Les défis très longue distance, Mathieu Blanchard y a en effet déjà goûté. C’était en août 2020, en plein COVID. Il s’était alors lancé dans une aventure en solitaire en Gaspésie, où il avait établi un record de la traversée du GR A1, le premier sentier de grande randonnée d’Amérique du Nord, avec ses 650km et 30000m D+ en forêt, en milieu hostile. Il avait alors parcouru la distance en 7 jours et 12h, là où les randonneurs mettent en moyenne près d’un mois et demi.

De cette aventure, il avait tiré de précieux enseignements : « Il y a d’autres critères que la capacité à courir longtemps que j’ai pu explorer, comme la résistance au sommeil, ou la perturbation du système nutritionnel basé sur trois repas par jour, avec un certain nombre de calories à ingérer, ou encore la gestion de l’énergie. Et au milieu de tout ça, il y avait aussi une histoire de performance, aller d’un point A a un point B le plus vite possible. Toucher du doigt tous ces paramètres et tenter de les maîtriser et les optimiser est quelque chose qui me passionne. »

Voir le teaser du film Confiné retraçant cette aventure ICI

Film Confiné Mathieu Blanchard
L’affiche du film tiré de l’aventure de Mathieu Blanchard en Gaspésie.

Le grand froid, Mathieu Blanchard connaît aussi déjà

Si d’aucuns pourraient redouter les conditions glaciales qui attendent les concurrents de la Yukon Arctic Ultra, Mathieu Blanchard, lui, sait à quoi s’attendre. En effet, en février/mars 2022, il a réalisé une expédition polaire à skis avec son ami Loury Lag qui lui a permis d’expérimenter sa résistance au froid. Et il sait qu’il n’y a aucune adaptation physiologique possible, qu’il faut endurer.

« Contrairement à la chaleur, à laquelle le corps peut physiologiquement s’adapter, par exemple en augmentant la capacité de sudation, ou du volume sanguin, il n’y a pas d’adaptation physiologique au froid. L’adaptation ne peut donc être que mentale. C’est l’accoutumance à la douleur. Et il y a également des techniques ancestrales, que l’on a pu découvrir avec les populations autochtones lors de notre expédition. Eux sont habitués à sortir tous les jours par -40° en hiver et ça ne leur pose pas de problème. Aujourd’hui, notre société a tendance à nous maintenir dans notre canapé, avec une température de 25°, en nous expliquant que le milieu désertique est hostile, que le milieu polaire est hostile, qu’il vaut mieux rester enfermés à l’intérieur. Moi je veux montrer que pas du tout… »

Voir le teaser du film Uapapunan retraçant cette aventure ICI

Uapapunan
Extrait du film Uapapunan.

Aventurier professionnel, la quête ultime de Mathieu Blanchard

Depuis qu’il est passé sous contrat avec Salomon et devenu coureur professionnel, Mathieu Blanchard a dû se plier à une certaine discipline et respecter des contraintes liées au statut. Participer à des rassemblements de groupe, choisir des courses plutôt que d’autres, ne pas se disperser… Mais au fond de lui, il ne s’en est jamais caché, c’est une trajectoire à la Mike Horn qui le titille, avec cette possibilité de pouvoir vivre des expériences nouvelles, hors des sentiers battus. La Yukon Arctic Ultra fait assurément partie de ces « sorties de piste » où l’aventurier reprend la main, et oublie quelque temps le coureur professionnel.

« Venant d’un monde cartésien, ingénieur de bureau avec des objectifs assez cadrés, j’ai mis du temps à accepter la casquette de coureur professionnel. Le monde du sport professionnel était assez irrationnel à mes yeux. Aujourd’hui, j’accepte de dire que je suis coureur professionnel et que c’est mon métier. Maintenant, je suis dans un travail pour pouvoir me dire qu’un jour, je pourrai aussi être reconnu comme un aventurier professionnel. Je me dis ça parce que j’ai réussi à construire des aventures qui peuvent être concrètes en terme de rémunération, car il ne faut pas se mentir, pour être professionnel, il faut pouvoir en vivre.

J’ai vu comment l’aventure peut devenir aussi une activité professionnelle, de par les conférences qu’on va donner, les livres qu’on va écrire, les films qu’on va tourner… Dans quelques années, je serai peut-être capable de faire des aventures qui dureront plusieurs mois, qui auront des impacts beaucoup plus gros. Et c’est quelque chose qui me permettra de continuer de faire ce que j’aime et d’exploiter mon potentiel physique, à une période de ma vie où je ne serai peut-être plus capable de courir assez vite pour me dire que je suis un coureur professionnel. »

Yukon Arctic Ultra 2025 : ce qui attend Mathieu Blanchard

C’est sur 640 km entre Teslin et Faro que se disputera la Yukon Arctic Ultra 2025, sur les traces de la Yukon Quest, la course de chiens de traîneau de 1648 km à travers le grand nord canadien et l’Alaska, réputée pour être la plus difficile au monde. La distance entre le village de départ et celui d’arrivée étant de 340 km, les organisateurs ont prévu de rajouter un segment de 150 km (300 aller-retour) sur la North Canol Road, sauf si ils ont la possibilité de transformer cet aller-retour en une grande boucle autour du lac Teslin. Quant à la difficulté du terrain, ils se réjouissent également de pouvoir proposer un tracé inédit dans une partie du Yukon qu’ils ne connaissent pas bien, où le manteau neigeux est plus important que sur l’ancien parcours et où le relief est plus alpin.

yukon-arctic-ultra-competitor
Photo Yukon Artic Ultra

Une promesse d’aventure extrême, un véritable défi de survie où il faudra faire sa trace en autonomie totale entre les 6 seuls checkpoints du tracé, ce qui implique de très longues sections où les concurrents seront seuls et livrés à eux-mêmes dans la nature sauvage. Et le règlement de la course de préciser : « Des situations qui, dans des circonstances normales, ne causent aucun problème peuvent devenir absolument mortelles en plein hiver au Yukon. Veuillez garder cela à l’esprit à tout moment. »

« Cette prochaine aventure me dépasse, elle m’effraie, et elle sera sans aucun doute la plus éprouvante de ma vie. Tout se jouera sur le moindre détail, et c’est dans cette quête minutieuse que je puise ma force. L’inconnu m’appelle », confiait le 31 décembre Mathieu Blanchard sur les réseaux sociaux, alors qu’il poursuivait son entraînement dans les montagnes sur les hauteurs de l’Alpe d’Huez. « Dormir dehors, sur la neige, ou m’entraîner sous un vent mordant à haute altitude, c’est devenu un bout de mon quotidien. La nuit, seuls les reflets des yeux d’animaux dans l’obscurité me rappellent que je ne suis pas totalement seul. »

Mathieu Blanchard
Mathieu Blanchard à l’entraînement dans les montagnes au-dessus de l’Alpe d’Huez, où il réside.
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Vous vous en doutez, il n’y a pas de règle universelle concernant cette question. En effet, le volume d’entraînement idéal pour performer en trail peut varier considérablement en fonction de plusieurs facteurs, notamment le niveau d’expérience de l’athlète, ses objectifs spécifiques (comme la distance de la course, le type de terrain – plaine – montagne, etc.), ou encore sa condition physique. Néanmoins, on peut distinguer quelques lignes directrices générales.

Volume d’entraînement et niveau d’expérience

Pour les débutants, un volume d’environ 3 à 5 heures par semaine est tout à fait raisonnable, réparti sur 3 à 4 séances. Ce volume peut inclure des sorties de trail, des courses sur route et des séances de renforcement musculaire. Pour les coureurs de niveau intermédiaire, on sera plutôt sur 5 à 10 heures par semaine, réparties sur 4 à 6 sorties, incluant des longues sorties sur terrains variés pour travailler l’endurance, des séances spécifiques pour travailler vitesse et des exercices de renforcement. Enfin, pour les coureurs de niveau avancé, le volume d’entraînement hebdomadaire idéal se situe autour de 10 à 15 heures, voire plus, avec une répartition de séances spécifiques pour développer l’endurance, la vitesse, le cardio, la technique en descente et la gestion du dénivelé.

À titre d’exemple ultime, Kilian Jornet, l’un des athlètes les plus expérimentés au monde, qui publie chaque année ses statistiques, a cumulé en 2024 un volume d’activité de 1257 heures en outdoor plus 120 heures en indoor, soit la bagatelle de 1377 heures d’activité, l’équivalent 26h30 par semaine. Cela correspond à 8432 km de distance totale parcourue, pour une élévation cumulée de 551504 mètres, soit environ un UTMB par semaine, à la fois en terme de distance et de dénivelé.

Volume d’entraînement et type de course

Les objectifs de course influent également sur le volume d’entraînement idéal pour performer. Pour des courses courtes de 20 à 30 km, un volume modéré peut suffire, situé autour de 5 à 8 heures par semaine. L’accent sera alors mis sur la vitesse et l’intensité, tandis que les sorties longues en endurance seront optionnelles. En revanche, un coureur ayant pour objectif de participer à des trails longs ou des ultra-trails devra nécessairement avoir un volume d’entraînement plus élevé, généralement entre 8 et 15 heures par semaine, avec des longues sorties pour habituer le corps à l’endurance. Ajoutez à cela que si le dénivelé des courses objectifs est important, il est essentiel d’intégrer des séances spécifiques de montée et de descente dans le plan d’entraînement, ce qui peut influencer le volume total.

Volume d’entraînement et récupération

On ne le répètera jamais assez, mais la récupération fait partie intégrante de l’entraînement.C’est elle qui permet au volume d’entraînement actif d’être assimilé par le corps et aux muscles de se réparer. Il est donc crucial d’inclure dans les programmes d’entraînement des périodes de récupération active (sport porté type natation ou vélo) venant se substituer aux heures d’entraînement en course à pied et des semaines de décharge (réduction du volume) pour permettre au corps de récupérer et d’éviter les blessures. A toute fin utile, rappelons également qu’il faut toujours être à l’écoute de son corps et qu’il est important d’ajuster le volume en fonction de comment il réagit à l’entraînement, en tenant compte des signes de fatigue, de surmenage ou de blessures potentielles.

Photo Ben Becker / UTMJ

Volume d’entraînement et semaine type pour débuter sur courte distance

Si vous débutez dans le trail et que vous décidez de vous y mettre sérieusement, n’oubliez pas que la progressivité est nécessaire. Ne vous lancez pas dans des programmes d’entraînement à 6 séances par jour pour avaler un maximum de kilomètres, vous risquez surtout le sur-entraînement et la blessure. Inutile également d’envisager débuter par un ultra, mettez-vous comme premier objectif un trail de 20 à 25 kilomètres, ce sera largement suffisant. Voici un programme d’entraînement hebdomadaire idéal, avec trois séances par semaine, qui vous permettra de mettre l’accent sur l’endurance, la force et la technique.

Mardi : Séance de course longue
– Durée : 1h30
– Terrain : Sentier ou chemin en nature, avec un peu de dénivelé.
– Objectif : Courir à un rythme confortable, en vous concentrant sur l’endurance. Essayez d’inclure des montées et des descentes pour habituer votre corps aux variations de terrain. 

Jeudi : Renforcement musculaire et technique
– Durée : 45 minutes
– Exercices : 
 – 10-15 minutes d’échauffement (course légère ou marche rapide)
 – Renforcement musculaire : squats, fentes, soulevés de terre, gainage (3 séries de 10-15 répétitions pour chaque exercice)
 – Exercices de technique : travail sur les montées (course ou marche rapide en montée) et les descentes (descente contrôlée).

Samedi : Séance de fractionné en côte
– Durée : 45 minutes
– Terrain : Trouvez une côte ou une pente.
– Échauffement : 10-15 minutes de course légère
– Fractionné : 6-8 montées de 30 secondes à 1 minute à une intensité élevée, avec une récupération en marchant ou en trottinant en descente.
– Retour au calme : 10-15 minutes de course légère ou de marche.

Pensez à bien vous hydrater avant, pendant, et après l’entraînement, et à adopter une alimentation équilibrée pour soutenir vos efforts. Si vous ressentez de la fatigue ou des douleurs, n’hésitez pas à prendre un jour de repos supplémentaire ou à réduire l’intensité de vos séances. Au fur et à mesure que vous vous sentez plus à l’aise, vous pouvez augmenter progressivement la durée des courses longues et la difficulté des séances de renforcement.

Volume d’entraînement et semaine type pour performer sur courte distance

À partir d’un niveau intermédiaire, les programmes d’entraînement pour performer sur courte distance supposent d’intégrer des séances précises afin de travailler la force et la vitesse. Voici un exemple de programme d’entraînement sur une semaine. Assurez-vous de bien vous échauffer avant chaque séance et de vous étirer après.

Lundi : Récupération active
– Option : 30-45 minutes de marche, de vélo ou de natation à faible intensité.

Mardi : Séance de vitesse
– Échauffement : 15-20 minutes de course à un rythme léger.
– Intervalles : 6 x 400 mètres à un rythme rapide (90-95 % de votre effort maximal), avec 1 à 2 minutes de récupération entre chaque intervalle.
– Retour au calme : 10-15 minutes de course à un rythme léger.

Mercredi : Sortie longue
– Durée : 60-90 minutes sur terrain varié (montées, descentes, chemins techniques).
– Objectif : Travailler l’endurance et la gestion du terrain.

Jeudi : Renforcement musculaire
– Séance de 45-60 minutes axée sur le renforcement des jambes (squats, fentes, soulevé de terre) et des muscles du tronc (planches, gainage).
– Inclure des exercices spécifiques comme des montées sur step ou des sauts.

Vendredi : Course facile
– Durée : 30-45 minutes à un rythme léger, sur terrain plat ou légèrement vallonné.
– Objectif : Récupérer tout en maintenant une activité.

Samedi : Sortie technique
– Durée : 60 minutes de course sur un parcours avec des sections techniques (rochers, racines, dénivelé).
– Inclure des exercices de descente et de montée pour améliorer la technique.

Dimanche : Sortie longue ou mixte
– Durée : 90-120 minutes sur un parcours roulant intégrant des montées et descentes. 
– Courez à un rythme modéré, en vous concentrant sur la gestion de l’effort et la technique.

Si vous vous rapprochez de la date de votre course, intégrez des séances de course à l’allure de course pour vous habituer à la vitesse que vous souhaitez adopter le jour J.

Volume d’entraînement et semaine type pour performer sur longue distance

Se préparer à une course de trail long ou d’ultra-trail suppose de pratiquer depuis déjà quelques années et d’avoir respecté une progressivité dans l’entraînement. Le programme d’entraînement devra être bien structuré, en mettant l’accent sur l’endurance, la résistance, la gestion du dénivelé et la récupération. Voici un exemple de programme d’entraînement sur une semaine, qui peut être ajusté en fonction de votre niveau de forme physique, de vos objectifs spécifiques, et de votre emploi du temps.

Lundi : Repos ou récupération active
– Option : 30-60 minutes de marche, de vélo à faible intensité ou de natation.

Mardi : Séance de vitesse et de côtes
– Échauffement : 15-20 minutes de course à un rythme léger.
– Côtes : 6-8 répétitions de 1 à 2 minutes en montée à un effort élevé, avec un retour en marchant ou en courant à un rythme léger.
– Retour au calme : 10-15 minutes de course à un rythme léger.

Mercredi : Sortie longue en endurance
– Durée : 90-120 minutes sur terrain varié (montées, descentes, chemins techniques).
– Objectif : Travailler l’endurance à un rythme confortable, en incluant des sections de montée et de descente.

Jeudi : Renforcement musculaire
– Séance de 60 minutes incluant :
– Exercices pour le bas du corps : squats, fentes, soulevé de terre.
– Exercices pour le tronc : gainage, planches, mouvements de rotation.
– Inclure des exercices spécifiques comme des montées sur step ou des sauts.

Vendredi : Course facile
– Durée : 45-60 minutes à un rythme léger, sur terrain plat ou légèrement vallonné.
– Objectif : Récupérer tout en maintenant une activité.

Samedi : Sortie longue avec dénivelé
– Durée : 2 à 4 heures (en fonction de votre niveau) sur un parcours de trail avec un dénivelé important.
– Objectif : Travailler l’endurance et la gestion du terrain. Inclure des pauses pour s’hydrater et se nourrir comme le jour de la course.

Dimanche : Séance de récupération active
– Durée : 30-60 minutes de marche, de vélo à faible intensité, ou de yoga.
– Objectif : Favoriser la récupération active et étirer les muscles.

Entraînez-vous à la nutrition et à l’hydratation que vous prévoyez d’utiliser le jour de la course, en testant vos gels, barres, et boissons pendant vos longues sorties. Soyez à l’écoute de votre corps. Si vous ressentez une fatigue excessive ou des douleurs, n’hésitez pas à réduire le volume ou à prendre un jour de repos supplémentaire. Pensez à inclure des sorties à l’allure de course sur vos longues séances pour vous habituer à gérer l’effort sur de longues distances.

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Vice-championne du monde de trail 2017, Amandine Ferrato a fait de son hypersensibilité une force, à la fois pour être alignée dans sa propre vie et permettre à celles et ceux qu’elle coache de prendre la mesure de leur potentiel. Entretien cartes sur table !

Vice-championne du monde en 2017 à Badia Prataglia, en Italie, à seulement 3 secondes de ta coéquipière Adeline Roche. C’était une arrivée arrangée ?

Amandine Ferrato : Oh, ça commence fort ! Alors oui, je termine deuxième à trois secondes du titre, et ces trois secondes sont dues à un moment où j’ai pris un drapeau français. On est arrivées ensemble et j’ai voulu célébrer ça avec le drapeau. En fait, j’étais tiraillée entre la possibilité de passer devant Adeline dans le final et la peur d’être rejetée par l’équipe de France, car c’était ma première sélection et Adeline était la favorite (Adeline Roche venait de remporter le titre de championne de France de course en montagne quelques jours plus tôt, NDLR). J’avais surtout couru pour assurer le titre par équipe, et je ne pensais pas que j’aurais été si proche de la première place.

Amandine Ferrato
Adeline Roche et Amandine Ferrato sur le toit du monde en 2017. Photo DR

Tu n’étais pas prête, psychologiquement, à gagner ?

Amandine Ferrato : Non, pas du tout. À l’époque, je n’avais pas la maturité que j’ai aujourd’hui. Mon histoire personnelle faisait que l’équipe de France était un peu comme une deuxième famille, et je ne voulais pas revivre un rejet similaire à ce que j’avais vécu dans ma vie personnelle.

Le rejet, c’est une blessure que tu as vécue dans ton enfance ?

Amandine Ferrato : Oui, ça a été une blessure importante pour moi. J’étais sensible – on ne parlait pas d’« hypersensibilité » à l’époque – et je ne savais pas comment gérer ça. Avec le temps, j’ai appris à faire de cette sensibilité une force, mais à l’époque, c’était compliqué, surtout avec la pression des autres qui ne comprenaient pas ce que je vivais. J’étais très intuitive et perspicace, ce qui a créé des incompréhensions. Je pense que mes parents ne savaient pas comment gérer cette sensibilité. J’ai grandi vite, j’ai dû apprendre à me débrouiller seule dès mes 12 ans, et ça forge un caractère. Cela se ressent dans mon côté combatif et compétitif aujourd’hui, qui fait que certains peuvent penser que je suis une machine…

Quand as-tu commencé à courir ?

Amandine Ferrato : J’ai commencé la course à pied vers 22 ans, pendant mes études. Avant ça, je marchais beaucoup. Ensuite, je me suis mise à courir, mais plutôt sur piste et sur 10 kilomètres. J’ai fait quelques résultats au niveau régional du côté de Montélimar.

Comment es-tu venue au trail ?

Amandine Ferrato : J’ai commencé à courir dans la nature un peu par hasard. Après un tour du monde, en rentrant, je me suis sentie oppressée par la société de consommation, et j’ai ressenti le besoin de me reconnecter à la nature. J’ai eu la chance d’avoir des potes qui m’ont hébergée, le temps de trouver un boulot pour la crédibilité, pour pouvoir venir en circuit traditionnel du logement. J’ai pris le premier truc qui venait, en intérim, et j’ai donc bossé dans le nucléaire. Et à côté de là où j’habitais, il y avait une colline. C’est là que j’ai commencé à courir.

De fil en aiguille, je me suis inscrite à quelques courses en Ardèche, et j’ai fini par gagner une course, le Trail des Gorges de l’Ardèche. C’est là que j’ai été repérée puis sélectionnée par Philippe Propage en équipe de France. J’ai découvert les stages, et pour moi qui m’entraînais seule, j’ai adoré cette ambiance de groupe. C’était incroyable de porter le maillot bleu, de ressentir cette fierté et cette responsabilité. La première fois que tu mets ton tee-shirt Équipe de France, tu as l’impression d’être investie de super-pouvoirs !

On sent que tu aimes la compétition. Tu parles beaucoup de performance, mais aussi de maîtrise. Peux-tu nous en dire plus ?

Amandine Ferrato : Oui, j’aime la compétition, et j’avoue que j’aime bien aller taquiner les mecs en course. (Rires.) Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est repousser mes limites et savoir de quoi je suis capable. La maîtrise de l’effort, des émotions, c’est très important pour moi. Gagner une course, c’est bien, mais si tu n’as pas bien géré ta course, ça n’a pas la même saveur. C’est la gestion intelligente de la course qui est satisfaisante.

Révéler son propre potentiel, c’est ça qui t’a incitée à te lancer dans le coaching ?

Amandine Ferrato : Ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé. Après mes succès en trail, j’ai commencé à avoir un peu une crise d’identité parce que la course, je faisais ça pour le plaisir d’être dans la nature, de partager, et là, je me retrouvais propulsée sur le devant d’une scène à laquelle je n’avais pas été préparée. Je ne savais même pas qui j’étais, et les gens imaginaient de moi quelque chose que je n’étais pas, ce côté machine performance. Et en même temps, j’avais des partenaires, donc il fallait aussi jouer le jeu.

Cette année-là (2017, NDLR), après les championnats du monde, je fais 3ème féminine à Sierre-Zinal, 3ème aussi à l’OCC, à Chamonix, et je gagne la Mascareignes, à La Réunion. Ça a été génial, mais ça a été trop ! Il y avait trop à gérer, accueillir les émotions, gérer l’aspect media, gérer les sponsors, gérer les courses, rester performante… Et j’ai explosé. Ça a été la traversée du désert. C’est là que j’ai ressenti ce besoin de trouver du sens à ma vie. La compétition, c’est bien, mais avant tout, pour moi, c’est l’humain qui prime.

Alors j’ai commencé une formation en coaching de vie, et ça a été une révélation. J’ai validé mes diplômes, et aujourd’hui, je combine mon expérience de la haute performance avec le développement personnel. Je propose un accompagnement sur la gestion des émotions, la confiance en soi et la performance, aussi bien en course qu’au travail. Je travaille principalement avec des entrepreneurs, des dirigeants, des managers, mais aussi avec des sportifs, et je aide à mieux gérer leur stress, leurs émotions et à trouver un équilibre dans leur vie.

A Ferrato Photo Peignée Verticale - copie
Amandine Ferrato lors de l’OCC. Photo Peignée Verticale – copie

Concrètement, par rapport à du coaching « classique » à distance, comment gères- tu le côté « personnalisation » ?

Amandine Ferrato : Je travaille aussi à distance, je fais du coaching aux quatre coins du monde, en Afrique du Sud, en Belgique, au Luxembourg, à Paris comme à Marseille ou à La Réunion. J’ai une écoute très active, et l’avantage de travailler avec la visio, c’est que ça me permet de toucher un public plus large, qui est demandeur de ce contact vidéo. Il faut juste savoir gérer les décalages horaires.

Parmi les mots-clés de Côte à Côte Coaching, ton site, on trouve « émotions », « blessures », « équilibre », « quête de soi », « accomplissement », « performance ». Tu es coach, psychologue, ou les deux ?

Amandine Ferrato : (Rires.) Non non, je ne suis pas psy ! Je m’adresse à tous les publics, tous niveaux, et en plus de mon expérience du haut niveau en course à pied, j’amène également cet aspect développement personnel en bonus. Celles et ceux que j’accompagne, ce sont des personnes qui sont stressées, qui n’ont pas confiance en elles, qui ont peur de rater et de ne pas être à la hauteur. Elles ont peur du regard des autres aussi, ne savent pas vraiment faire une stratégie de course et ne comprennent pas pourquoi ça ne marche pas, même quand elles ont l’impression d’être bien préparées. Et généralement, c’est ce qu’elles vivent aussi dans leur quotidien.

J’ai l’avantage, de par mon potentiel émotionnel, de savoir activer les leviers que les gens ne voient pas. Je sais capter exactement où il faut aller, en respectant le rythme de chacun évidemment. Des fois, il y a des séances qui sont plus ou moins dures, avec quelques larmes, mais c’est aussi parce qu’il faut que les choses sortent. Du coup, ça donne des résultats très rapides et c’est super satisfaisant de voir les personnes lâcher leurs freins et s’épanouir. C’est là que je me sens le plus utile. Même si aujourd’hui, mon objectif est de me concentrer davantage sur les dirigeants et les managers, ceux qui ont des problèmes de légitimité ; c’est là où je pense avoir le plus de valeur ajoutée.

Cet article a été publié dans le n°140 d’Esprit Trail

Vous pouvez vous le procurer ici

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C’est l’increvable Claire Bannwarth, qui a disputé par moins de 23 ultras en 2024, et l’inoxydable Ludovic Pommeret, qui à 49 ans a remporté la Hardrock en battant le record de Kilian Jornet de quelques minutes, que vous avez désignés comme héros de l’année parmi les athlètes sélectionnés par la rédaction. Retour sur le résultat de vos votes effectués sur le compte Facebook Esprit Trail Magazine.

Claire Bannwarth héroïne de l’année 2024

Chez les femmes, c’est le triomphe du Lapin ! Claire Bannwarth a une fois de plus tout pulvérisé, saluée pour son œuvre – et sa prose ! Elle s’impose assez largement, avec plus d’un quart des suffrages exprimés, devant la Présidente de l’Univers Courtney Dauwalter !

Le podium :
Claire Bannwarth – Lapin DuDuracell : 26,2%
Courtney Dauwalter : 19,3%
Jasmin Paris : 17,8%

La suite du classement :
Katie Schide : 13,1%
Manon Bohard : 12,6%

Sous les 5%, par ordre :
Clémentine Geoffray 
Blandine L’hirondel (non sélectionnée par la rédaction mais citée par les votants) 
Christel Dewalle
Sylvaine Cussot (non sélectionnée par la rédaction mais citée par les votants)
Tara Dower
Joyce Njeru
Sara Alonso
Audrey Tanguy (non sélectionnée par la rédaction mais citée par les votants)

Pour voir le palmarès complet des nominées femmes, c’est ICI

HÉROS 2024 WOMEN
La sélection athlètes féminines 2024

Ludovic Pommeret héros de l’année 2024

Le score a été plus serré chez les hommes, avec un podium bien garni au sommet duquel s’est hissé un futur quinquagénaire resplendissant, magnifique vainqueur et recordman de la Hardrock Hundred Endurance Run, qui malgré les années a réussi à battre son propre record sur l’ UTMB Mont-Blanc, où il a terminé à la 5ème place. Un exemple de longévité au très haut niveau qui a recueilli plus de 23% des suffrages, devant… le Patron en personne !

Le podium :
Ludovic Pommeret : 23,2%
Kilian Jornet : 18,4%
Mathieu Blanchard, Thomas Cardin et Vincent Bouillard ex-aequo : 15,3%

La suite du classement :
Sébastien Raichon : 7,2%
François D’haene et Elhousine Elazzaoui ex-aequo : 5,1%

Sous les 5%, par ordre :
Louison Coiffet (non sélectionné par la rédaction, mais cité par les votants pour son exploit sur le 110K du Restonica Trail, record de Santelli battu !?) 
Les frères Gabioud
Antoine Guillon
François Devaux
Jim Walmsley
Christophe Le Saux (non sélectionné par la rédaction, mais cité par les votants)
Jean-Philippe Tschumi (non sélectionné par la rédaction, mais cité par les votants)
David Roche
Sylvain Cachard
Russell Cook

Pour voir le palmarès complet des nominés hommes, c’est ICI

HÉROS 2024 MEN
La sélection athlètes masculins 2024
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Gagner 10 à 15 secondes au kilomètre en vitesse de base peut sembler un défi, mais si vous êtes un coureur de milieu de peloton, il est fort probable qu’avec une approche méthodique, ce soit tout à fait réalisable. Et sans avoir à travailler pendant des mois. En effet, d’expérience, nos coachs ont déterminé que deux aspects majeurs de la course à pied, la posture et la respiration, pouvaient dans 90% des cas être améliorés immédiatement pour gagner en technique de course et en vitesse de base. Voici leurs conseils pour y parvenir.

La posture, premier élément clé pour gagner facilement en vitesse

La posture en course est cruciale pour optimiser votre vitesse et votre efficacité. Si vous ne vous entraînez pas avec un coach qui corrige votre posture et vous aide à améliorer votre technique de course, il y a fort à parier qu’après avoir lu cet article, vous allez immédiatement gagner ces 10 à 15 secondes. C’est d’ailleurs une expérience que vous pouvez très simplement faire lors d’une séance d’entraînement. Après un petit échauffement, courez 3 kilomètres à votre vitesse de base dans votre position habituelle. Puis répétez votre course sans mettre plus d’intensité, mais en appliquant les conseils qui suivent. Vous verrez tout de suite la différence, et dans l’aisance de course, et au niveau du chrono !

1. Position du corps

Gardez le torse droit et légèrement incliné vers l’avant à partir des hanches, mais sans vous courber. Cela aide à maintenir un bon alignement et réduit la fatigue. Les hanches doivent être légèrement en avant par rapport aux pieds pour favoriser une foulée efficace. Grandissez-vous. Imaginez que l’on vous tire vers le haut avec un câble accroché au-dessus de votre tête. Cela vous aidera à avoir une foulée plus aérienne, moins « tassée » sur le sol.

2. Épaules et bras

Évitez de hausser les épaules et de les refermer. Elles doivent rester détendues et ouvertes, ce qui permet de réduire la tension dans le cou et le haut du dos et permet une meilleure expansion thoracique, les poumons pouvant se dilater pleinement, facilitant la respiration. Pliez les coudes à environ 90 degrés. Les bras doivent se balancer naturellement le long de votre corps, en synchronisation avec vos jambes. Les bras doivent se déplacer de l’avant vers l’arrière, pas de côté. Cela aide à propulser le corps en avant.

3. Position de la tête

Gardez la tête droite et regardez environ 10 à 15 mètres devant vous. Cela aide à maintenir l’alignement du corps et à éviter de trop pencher la tête en avant ou en arrière.

4. Position des jambes et des pieds

Évitez les foulées trop longues qui peuvent entraîner une perte d’énergie. Une foulée plus courte et rapide est généralement plus efficace. Une cadence de 170-180 pas/minute est souvent recommandée. Utilisez vos mollets et vos muscles des jambes pour pousser efficacement le sol, en utilisant une extension complète des jambes. Idéalement, atterrissez sur le milieu du pied ou l’avant-pied, plutôt que sur le talon. Cela peut réduire l’impact et améliorer la propulsion.

Pour favoriser une prise de conscience corporelle, pratiquez des courses lentes pour vous concentrer sur votre posture et votre technique, puis intégrez ces ajustements dans vos courses plus rapides.

La respiration, deuxième élément clé pour gagner facilement en vitesse

Une respiration efficace permet d’optimiser l’apport en oxygène et d’améliorer à la fois l’endurance et la vitesse de base. Grâce aux quelques conseils qui suivent, vous pourrez ajuster votre respiration afin de courir plus vite.

Lire sur le même sujet : Comment mieux respirer en course avec la méthode rythmée asymétrique

1. Mettez en place la respiration diaphragmatique (abdominale).

Au lieu de respirer uniquement avec votre poitrine, concentrez-vous sur la respiration diaphragmatique, souvent plus efficace que la respiration thoracique. Cela signifie que vous devez faire descendre votre diaphragme lors de l’inhalation, ce qui permet de remplir complètement vos poumons. Dans la pratique, pour mieux comprendre le principe de cette respiration, allongez-vous sur le dos avec un livre sur votre ventre. Lorsque vous inhalez, le livre doit se soulever. Cet exercice vous aidera à prendre conscience de l’utilisation de votre diaphragme.

2. Concentrez-vous sur le rythme de votre respiration.

Adoptez un rythme de respiration qui correspond à votre foulée. Par exemple, vous pouvez essayer d’inhaler sur 3 pas et d’exhaler sur 2 pas (rythme 3/2). Cela vous aide à établir un rythme régulier et naturel. Ce rythme peut ensuite s’adapter en fonction du terrain, et devenir 2/1 en montée. L’idée est surtout de vous concentrer pour trouver un rythme qui vous convient le mieux pendant vos courses. Cela peut varier en fonction de votre intensité et de votre niveau de forme.

3. Restez hydraté pendant la course.

Une bonne hydratation aide à maintenir l’élasticité des voies respiratoires et peut améliorer votre capacité à respirer efficacement pendant la course.

En appliquant ces conseils simples de posture et de respiration dès votre prochaine sortie, vous verrez la différence. Jamais gagner du temps sur votre vitesse de base n’aura été aussi simple.

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Un short noir, un torse nu, velu, bronzé et ruisselant de sueur, des cheveux longs et une barbe fournie, son minimalisme a fait de lui une légende. Krupicka, en tchèque, signifie « petit bâton », et était le nom donné autrefois aux petites personnes, ou à ceux qui maniaient le bâton avec aisance. Anton, du haut de son mètre 83, n’est pas petit. Quant à son aisance, après l’avoir faite fructifier sur les bancs de l’université, avec trois licences obtenues en philosophie, physique et géologie, il l’exprime depuis près de 20 ans baskets aux pieds sur les sentiers, et plus récemment avec un gravel ou sur une paroi rocheuse. Portrait d’une légende surnommée « Le Messie », que l’on espère revoir à Chamonix lors de l’UTMB 2025.

Anton Krupicka, un marathon en 3h50 à 12 ans !

892 kilomètres : c’est la distance parcourue par Anton Krupicka entre Omaha, dans le Nebraska, où il est né en 1983, et Boulder, dans le Colorado, où il s’est établi 20 ans plus tard. Une ultra-distance, mais rien de comparable avec celle parcourue par son arrière-arrière-grand-père, un de ces pionniers venu de l’ancien Empire austro-hongrois au temps des pionniers. « Il a amené sa famille aux États-Unis parce que le gouvernement de l’époque offrait des terres gratuites à toute personne souhaitant s’installer, construire une maison et une ferme. Il a dû y voir une opportunité. J’y pense maintenant, à quel point cela a dû être effrayant et intimidant. »

Coureur depuis 1995 – il a terminé son premier marathon à 12 ans en 3h 50mn 11s -, ultra-runner professionnel depuis 2006 – il remporte alors la Leadville 100 avec le deuxième chrono le plus rapide de tous les temps (17h 01mn 56s), puis revient l’année suivante pour courir encore plus vite (16h 14mn 35s) -, à la question « pourquoi cours-tu ? », sa réponse a évolué au cours des 25 dernières années. De ses débuts au collège, où il courait simplement parce qu’il faisait preuve d’un minimum d’aptitude pour la course de fond par rapport à ses camarades de classe et que cela lui offrait – pour le prix d’une simple paire de chaussures et d’un peu de détermination – un moyen de s’individualiser et de se sentir unique, à la simplicité de l’activité, qui représente aujourd’hui le véhicule le moins compliqué dont il dispose pour se connecter à lui-même et à son environnement, Anton Krupicka est persuadé que toute pratique n’a de réelle valeur que si elle est habituelle.

Sans cela, il n’y a pas de cohérence. Alors il court régulièrement, simplement, comme d’autres lisent ou écrivent, ou s’efforcent de garder leur appartement propre et bien rangé. « Courir est pour moi une activité saine qui est un cadeau, confie-t-il. Ce n’est pas vraiment une béquille ou un mécanisme d’adaptation, même si je suppose qu’il y a eu des périodes dans ma vie où cela a été le cas. »

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Photo La Sportiva / DR

Anton Krupicka, une curiosité toujours intacte

Mais qu’on ne s’y trompe pas, Anton Krupicka n’est pas un enfant de chœur. D’abord, parce que la course à pied est aussi une façon de prendre la parole pour gagner sa vie – et bien plus agréable à ses yeux que de devoir saisir un micro et s’exprimer en public dans le cadre d’opérations marketing. Ensuite, parce que l’homme apprécie grandement la compétition, et le fait de relever des défis pour voir si il peut être à la hauteur. Or, pour une raison qu’il ne s’explique pas, il a toujours été assez doué pour courir de longues distances en montagne, même s’il ne s’entraîne plus que sur 50 à 80 kilomètres par semaine.

Et puis il y a la curiosité, moteur immuable de sa motivation, toujours intacte. La même qui l’a attiré à Leadville pour la première fois, il y a 18 ans, en 2006 — Puis-je faire ça ? —, qui l’a poussé à recourir un 100 milles en septembre dernier, le Grindstone by UTMB — qu’il termine à la 2ème place -, et qui l’amènera peut-être à Chamonix pour prendre le départ de son 3ème UTMB en août prochain. « Les courses à pied de 100 milles constituent un objectif particulièrement inconfortable et stimulant, elles ont à ce point élargi la portée de mon expérience de vie que si je suis physiquement capable de tenter une telle expérience, je sais que cela en vaudra toujours la peine. »

Être physiquement capable, un leitmotiv après les années de blessures à répétition, entre fracture de stress, douleurs aux chevilles et aux genoux, qui l’ont poussé, en 2015, à partir découvrir ce qui, à part courir, pouvait le soutenir psycho-émotionnellement. « Il existe des mondes entiers en dehors de la course à pied. Je l’ai toujours su, mais soit je n’avais pas l’énergie nécessaire pour les explorer, soit je craignais que leur exploration ait un effet néfaste sur ma pratique. Mais lorsque les blessures ont fait que la course à pied a été involontairement supprimée de l’équation, j’ai soudainement eu beaucoup d’énergie et d’espace. »

C’est ainsi qu’en 2015 Anton enfourche un vélo et décide de faire du gravel, concept naissant de l’industrie outdoor mixant cyclisme sur route et sur chemins, devenu une composante à part entière de sa vie. « Un cadre de vélo peut durer des décennies, s’enthousiasme Anton Krupicka. Cela lui confère une qualité intrinsèquement intemporelle qui, je pense, impose le respect et suscite l’inspiration. Les vélos sont vraiment géniaux. »

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Photo La Sportiva / DR

Anton Krupicka : “Le premier amour, le restera toujours !”

Et la compétition d’ultra-trail dans tout ça ? Car il suffit de suivre le compte Instagram d’Anton Krupicka pour s’apercevoir qu’il passe plus de temps à faire du gravel et de l’escalade qu’à courir. « C’est fou ! J’ai en quelque sorte vécu une crise de la quarantaine. En grandissant, en vieillissant, j’ai simplement apprécié beaucoup plus l’endroit où j’ai grandi, alors j’y ai passé plus de temps qu’à rouler et grimper qu’à m’entraîner pour courir. J’aime le Nebraska ! »

Mais la course à pied n’a pas pour autant été remisée dans un carton au grenier, loin de là : « J’adore faire du vélo, mais la course à pied sera toujours mon premier amour. Courir reste la chose la plus malade de tous les temps ! J’ai réalisé il y a un certain temps déjà que le résultat final n’avait pas d’importance, que ce qui comptait était la façon dont je me comportais dans la difficulté. La compétition est alors devenue importante en tant qu’expérience transformatrice, et non en tant qu’arène pour vaincre les adversaires. »

Et d’en profiter pour rendre un hommage appuyé à certains coureurs plus âgés que lui qui brillent encore sur les sentiers et sont des moteurs de sa motivation. « Ce serait mentir que de ne pas dire que des gars comme Ludo ou Jason m’inspirent. » Ludo, Pommeret bien sûr, héroïque sur la Hardrock 100 l’été dernier, battant à l’aube de ses 50 ans le record de Kilian Jornet. Jason, Schlarb, 3ème de cette même épreuve, du haut de ses 46 ans.

Puis, lucide, Anton Krupicka de poursuivre : « Je veux toujours courir, bien sûr, mais je reconnais que je ne suis plus au sommet de ce sport après 15 ans. C’est la progression naturelle des choses. Il y a beaucoup d’aventures que j’ai encore envie de vivre. Certainement dans la course à pied, mais aussi dans l’escalade et le vélo. Des projets, des défis personnels. Et je suis toujours ravi de me dépasser dans des contextes plus informels. »

La passion, la curiosité, l’envie, autant de moteurs dans la vie d’Anton Krupicka. Tout comme la montagne, élément essentiel. « Prendre de la hauteur sur une ligne de crête, s’élever sur une paroi rocheuse ou atteindre un sommet représente une objectif incontournable à atteindre. Il y a peut-être quelque chose d’essentiel dans le fait de vouloir arriver quelque part avec une perspective élevée qui offre une vue dégagée. Mais ce n’est pas nouveau, être attiré par le relief topographique semble être une caractéristique humaine universellement innée. »

Bien connaître un paysage complexe et être capable de le parcourir efficacement est également quelque chose d’extrêmement satisfaisant, dont Anton Krupicka ne se cache pas. Pas pour se grandir, mais au contraire pour se sentir minuscule dans l’immensité. « J’apprécie les paysages qui me font me sentir petit. Les montagnes font ça. Mais il en va de même pour les vastes plaines herbeuses avec un ciel immense. Ou les déserts. Ce sont des moments où je peux être seul avec mes pensées, loin du bruit du monde. »

Anton Krupicka et la controverse de l’UTMB

En décrochant sa qualification pour l’UTMB Mont-Blanc 2025, Anton Krupicka a fait naître un immense espoir dans la communauté des traileurs : celui de le revoir sur la ligne de départ à Chamonix au mois d’août prochain. Mais la polémique autour de l’épreuve, avec l’appel au boycott de l’épreuve par Kilian Jornet et Zach Miller début 2024, qu’en pense-t-il ? « Tout cela n’est qu’une controverse fabriquée. Beaucoup de gens veulent simplement vivre l’expérience magique de faire le tour de la montagne et de le faire avec d’autres, car il y a un fort sentiment de communauté lorsque vous le faites. Toutes les autres conneries, personne ne s’en soucie vraiment… »

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Vous avez plus de 40 ans et le verdict est sans appel : vos chronos de vitesse pure baissent inexorablement. Pas de panique, ce n’est pas votre faute. Plusieurs raisons scientifiques expliquent ce phénomène, dont la sarcopénie. Voici les principales, et nos conseils pour vous entraîner efficacement à courir vite après 40 ans.

Courir vite après 40 ans : que dit la science

La principale raison que explique les difficultés à maintenir sa vitesse pure après 40 ans est à chercher dans les changements musculaires. En effet, à partir de la quarantaine, on observe une diminution progressive de la masse musculaire, un phénomène connu sous le nom de sarcopénie. Cela peut entraîner une réduction de la force et de la puissance, ce qui impacte la capacité à courir à des vitesses élevées. Autre raison, la diminution de la capacité cardiovasculaire. Avec l’âge, le cœur et les vaisseaux sanguins peuvent perdre de leur élasticité, ce qui réduit l’efficacité du système cardiovasculaire. La fréquence cardiaque maximale diminue également, ce qui peut limiter l’apport en oxygène aux muscles pendant l’exercice.

Par ailleurs, le métabolisme de base ralentit avec l’âge, ce qui peut affecter la capacité du corps à utiliser les graisses et les glucides comme sources d’énergie pendant l’effort. Conséquence : l’exercice est plus difficile et moins efficace. Et ce n’est pas tout ! Dans la série « rien ne va plus », les tissus musculaires et articulaires mettent plus de temps à récupérer après un effort intense, ce qui peut rendre plus difficile l’entraînement régulier et l’amélioration des performances.

Des problèmes spécifiques peuvent également venir assombrir le tableau. Les plus fréquents sont les problèmes articulaires. L’usure des articulations, comme l’arthrose, devient en effet plus fréquente avec l’âge et peut entraîner des douleurs et des limitations dans la capacité à courir rapidement ou à s’entraîner de manière intensive. Enfin, même si c’est généralement à un âge un peu plus avancé, il peut y avoir une diminution de l’équilibre et de la coordination qui peut affecter la technique de course. Et augmenter le risque de blessures.

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Ludovic Pommeret, lors de la Hardrock 2024. Photo DR

Courir vite après 40 ans : les femmes plus touchées que les hommes

Les différences entre les femmes et les hommes en ce qui concerne les facteurs limitants liés à la performance physique et à l’âge peuvent être attribuées à plusieurs aspects biologiques, hormonaux et socioculturels. En premier lieu, il faut rappeler que les femmes et les hommes ont des profils hormonaux différents. Par exemple, la testostérone, qui favorise la croissance musculaire et la force, est présente à des niveaux beaucoup plus élevés chez les hommes. Avec l’âge, les femmes subissent une diminution significative des œstrogènes, particulièrement pendant et après la ménopause, ce qui peut affecter la densité osseuse et la masse musculaire. Cette diminution hormonale peut rendre les femmes plus vulnérables à la sarcopénie et à d’autres problèmes musculo-squelettiques.

Il faut également considérer qu’en général, les hommes ont une plus grande masse musculaire et une plus grande force physique que les femmes en raison de différences génétiques et hormonales. Cela signifie que les femmes peuvent être plus affectées par la perte musculaire liée à l’âge, car elles partent souvent d’une base musculaire plus faible. Elles ont également tendance à avoir une densité osseuse plus faible que les hommes, et cette densité diminue encore plus après la ménopause en raison de la chute des niveaux d’œstrogènes. Une densité osseuse plus faible accroît le risque de fractures et peut limiter l’activité physique, y compris la course. Certaines études suggèrent d’ailleurs que les femmes peuvent être plus susceptibles à certaines blessures, comme celles du genou (par exemple, les lésions du ligament croisé antérieur), en raison de différences anatomiques et biomécaniques.

Vitesse femme
Photo DR

Courir vite après 40 ans : comment s’entraîner efficacement ?

Bien que les facteurs que nous avons énumérés rendent souvent plus difficile la capacité à courir vite après 40 ans, il est important de noter que ces facteurs ne s’appliquent pas uniformément à tous et toutes. De nombreux coureurs et coureuses continuent à performer à un niveau élevé bien au-delà de cet âge. Un entraînement approprié, une nutrition adéquate et des soins préventifs peuvent aider à atténuer certains des effets du vieillissement et à maintenir une bonne condition physique.

Pour conserver sa vitesse de course après 40 ans, il est cependant nécessaire de suivre un programme d’entraînement bien équilibré qui prend en compte les changements physiologiques liés à l’âge. Ainsi, un mélange d’entraînement par intervalles, de renforcement musculaire, d’endurance, de flexibilité et de récupération vous aidera à conserver votre vitesse de course après 40 ans. L’important est de rester cohérent et d’écouter votre corps tout au long de ce processus. Voici quelques éléments clés à intégrer dans votre entraînement :

Entraînement par intervalles

– Courez à des intensités variées. Intégrez des séances d’entraînement par intervalles (par exemple, des sprints de 30 secondes suivis de périodes de récupération) pour maintenir votre vitesse et votre capacité aérobie.
– Incorporer des fractionnés. Par exemple, des séries de 400 mètres à une allure rapide, suivies de temps de récupération appropriés.

Renforcement musculaire

– Faites des exercices de force. Intégrez des séances de musculation au moins deux fois par semaine pour renforcer les muscles des jambes, le tronc et les bras, et éviter ainsi ou ralentir au maximum la diminution de la masse musculaire. Cela peut inclure des squats, des fentes, des soulevés de terre et des exercices de gainage.
– Intégrez des exercices pliométriques. En ajoutant des exercices explosifs comme les sauts, vous pouvez aider à développer la puissance musculaire et contrecarrer les effets du vieillissement.

Entraînement aérobie

– Effectuez des courses longues et lentes. Conservez des sorties longues à un rythme modéré pour améliorer votre endurance. Ces courses doivent représenter une part importante de votre entraînement hebdomadaire.
– Changez de terrains. Alternez entre la course sur route, les sentiers et les côtes pour solliciter différents groupes musculaires et améliorer votre résistance.

Flexibilité et mobilité

– Pratiquez des étirements réguliers. En incluant des séances d’étirements après vos courses, vous pourrez maintenir la flexibilité des muscles et des articulations.
– Optez pour le yoga ou le Pilates. Ces pratiques peuvent améliorer la souplesse, l’équilibre et la force du tronc.

Récupération

– N’oubliez pas les jours de repos. Accordez-vous des jours de repos adéquats pour permettre à votre corps de récupérer et de se reconstruire. Et souvenez-vous qu’au-delà de 40 ans, il a besoin de plus de temps qu’à 25 ans !
– Écoutez votre corps. Soyez attentif aux signes de fatigue ou de blessure, et ajustez votre entraînement en conséquence. Le coûte que coûte mène souvent à la blessure.

Nutrition

– Ayez une alimentation équilibrée. Assurez-vous d’avoir un apport suffisant en protéines pour soutenir la récupération musculaire et la croissance, ainsi qu’une hydratation adéquate. Et évitez les excès, plus durs à éliminer avec l’âge.
– Prenez des compléments si nécessaire. Consultez un professionnel de la santé pour évaluer si des compléments (comme les oméga-3, la vitamine D ou le calcium) pourraient être bénéfiques.

Objectifs spécifiques

– Fixez-vous des objectifs réalistes. Que ce soit pour une course ou un défi personnel, des objectifs clairs et des chronos raisonnables peuvent vous motiver et structurer votre entraînement.

Consultation d’un entraîneur

– Essayez de travailler avec un professionnel. Un entraîneur personnel ou un coach de course peut vous aider à élaborer un plan d’entraînement adapté à vos besoins spécifiques et à votre niveau de forme physique.

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Si participer à un trail blanc est une expérience magique, courir dans la neige ne s’improvise pas et nécessite une préparation spécifique. Nos coachs vous conseillent, et vous proposent un plan d’entraînement sur 4 semaines pour profiter au maximum de votre course le jour J.

Trail blanc : pourquoi est-il plus exigeant sur le plan musculaire ?

La principale caractéristique d’un trail blanc est que la surface est instable. La neige offre en effet une surface irrégulière et mouvante, ce qui nécessite un effort musculaire supplémentaire pour maintenir l’équilibre et la stabilité. Les muscles stabilisateurs, en particulier ceux des chevilles et des jambes, sont davantage sollicités pour éviter de glisser ou de trébucher. De plus, la neige, en fonction de sa consistance (poudreuse, mouillée, gelée), crée une résistance supplémentaire par rapport à courir sur des surfaces dures. Cela signifie que les muscles doivent travailler plus fort pour propulser le corps en avant, augmentant ainsi l’effort global.

Conséquence de ces deux premiers facteurs, courir dans la neige se traduit par des mouvements plus lents. Celle-ci, surtout si elle est fraîche, tend à ralentir le rythme. Résultat : les foulées peuvent devenir plus courtes et plus fréquentes, ce qui exige une plus grande endurance musculaire sur la durée, du fait d’une utilisation plus prolongée des muscles.

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Photo DR

Trail blanc : une adaptation de tous les instants

Au-delà de l’aspect purement technique de la foulée dans la neige, les variations de terrain, comme les pentes, les bosses ou les zones de neige tassée, obligent les muscles à s’adapter constamment, ce qui augmente la charge de travail musculaire. On pense en particulier à l’engagement musculaire accru lors des montées. Les pentes enneigées peuvent être particulièrement exigeantes, car elles nécessitent un effort supplémentaire pour grimper. Les muscles des jambes, en particulier les quadriceps, les ischio-jambiers et les mollets, doivent travailler plus fort pour surmonter la gravité et la résistance de la neige.

Trail blanc, performance musculaire et dépense énergétique

Qui dit trail blanc dit hiver, donc températures basses. Or la température a une influence sur l’efficacité musculaire : le froid peut affecter la performance musculaire car les muscles peuvent être moins réactifs dans des conditions froides, ce qui peut entraîner une fatigue plus rapide. L’effort musculaire supplémentaire requis pour courir dans la neige augmente également la dépense énergétique. Cela signifie que le corps doit non seulement travailler plus fort, mais aussi utiliser plus d’énergie pour maintenir le même niveau de performance que sur une surface classique. En somme, courir dans la neige sollicite davantage les muscles, tant en termes de force que d’endurance, ce qui en fait un véritable défi, mais aussi un excellent entraînement !

Premier trail blanc : nos conseils d’entraînement

Même si vous êtes habitué à courir sur les sentiers, il est important si vous souhaitez tenter un premier trail blanc de vous préparer efficacement, en tenant compte des spécificités de la course en milieu enneigé. Voici quelques conseils d’entraînement :

1. Adaptez-vous au terrain, en essayant de vous entraîner sur des surfaces similaires à celles de la course, c’est-à-dire sur des chemins enneigés ou dans des conditions hivernales, pour travailler votre technique de course. Cela peut inclure des exercices de montée et de descente, ainsi que des techniques pour éviter de glisser. Prenez le temps d’expérimenter différentes foulées. Cela vous aidera à vous habituer à la glisse, à la résistance et à la gestion de l’équilibre.

2. Pratiquez le renforcement musculaire en intégrant des exercices de renforcement musculaire dans votre routine, en mettant l’accent sur les jambes, les chevilles et le tronc. Cela vous aidera à prévenir les blessures et à améliorer votre stabilité sur un terrain instable.

3. Misez sur l’endurance en augmentant progressivement votre kilométrage hebdomadaire. Si vous vous engagez sur un trail blanc « long », c’est-à-dire d’environ 20 kilomètres, faites des sorties longues pour développer votre endurance, en visant à atteindre au moins 15 km en terrain varié avant la course. N’oubliez pas qu’en course, la neige peut ralentir le rythme. Apprenez à écouter votre corps et à gérer votre effort pour éviter l’épuisement prématuré. Prenez des pauses si nécessaire, et n’oubliez pas de vous hydrater régulièrement. Même s’il fait froid et qu’on a moins soif, il est important de rester hydraté. Prenez également des collations énergétiques faciles à consommer pendant l’effort.

4. N’attendez pas le grand soleil pour faire vos sorties d’entraînement, même si c’est plus agréable. N’hésitez pas à vous entraîner dans des conditions météo difficiles, afin de vous préparez mentalement à l’éventualité de conditions difficiles (froid, vent, neige) le jour de la course. Visualisez votre course et restez positif. Et pensez à bien récupérer après vos sorties, surtout si les conditions ont été difficiles.

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Trail Hivernal de la Moselotte. Photo Organisation

Premier trail blanc : choisissez le bon équipement

Dernier conseil : munissez-vous d’un équipement approprié. N’hésitez pas à investir dans des chaussures adaptées pour la neige, avec des crampons d’au moins 4 ou 5 mm, une bonne adhérence et une isolation suffisante. On vous conseille également d’investir dans une paire de crampons pour trail. Ils s’enfilent facilement sur les chaussures, s’enlèvent également facilement, et permettent, surtout sur terrain gelé, d’accroître l’adhérence et d’éviter les chutes ou blessures aux chevilles. Pensez aussi à des vêtements techniques adaptés aux conditions froides pour limiter la déperdition d’énergie par le froid, ainsi qu’à des accessoires comme des gants, un bonnet et des lunettes de soleil.

Premier trail blanc : votre plan d’entraînement sur 4 semaines

Nos coachs vous proposent ce plan d’entraînement sur 4 semaines, à raison de 3 séances par semaine. Il vous permettra de vous présenter au départ d’un premier trail blanc de 15 à 20 km. Ce programme combine des courses en terrain neigeux, des séances de renforcement musculaire et des journées de repos pour optimiser la récupération.

Semaine 1

Mardi : Course en terrain plat – 30 minutes 
– 30 minutes à un rythme modéré
– Focus sur la technique de course et la respiration

Jeudi : Renforcement musculaire – 30-45 minutes
– Squats : 3×10-15
– Fentes : 3×10-15 (par jambe)
– Gainage : 3×30-60 secondes
– Exercice pour les chevilles (ex : rotations, élévations)

Samedi : Sortie longue sur neige – 1 heure  
– 1 heure sur terrain neigeux ou similaire
– Concentrez-vous sur une allure confortable, en vous habituant à la neige

Semaine 2

Mardi : Course avec intervalles – 40 minutes 
– Échauffement de 15 minutes
– 5×1 minute rapide avec 2 minutes de récupération entre chaque
Retour au calme de 10 minutes

Jeudi : Renforcement musculaire – 30-45 minutes  
– Squats sautés : 3×10
– Fentes latérales : 3×10 (par jambe)
– Gainage latéral : 3×30-60 secondes (par côté)
– Montées sur banc ou step : 3×10 (par jambe)

Samedi : Sortie longue sur neige – 1h15 
– 1h15 à allure modérée 
– Essayez d’inclure quelques montées si possible

Semaine 3

Mardi : Course en terrain varié – 45 minutes
– Concentrez-vous sur le changement de rythme et l’adaptation au terrain.
– Si possible, courez sur neige ou sur un terrain similaire.

Jeudi : Renforcement musculaire – 30-45 minutes
– Squats : 3×10-15
– Fentes arrière : 3×10 (par jambe)
– Gainage : 3×30-60 secondes
– Exercice pour les mollets : 3×15

Samedi : Sortie longue sur neige – 1h30
– Concentrez-vous sur l’endurance et la gestion de l’effort

Semaine 4

Mardi : Course de récupération – 30-40 minutes
– 30-40 minutes à un rythme très léger, idéalement sur neige pour habituer vos jambes

Jeudi : Renforcement musculaire léger – 30 minutes
– Squats : 2×10-15
– Fentes : 2×10 (par jambe)
– Gainage : 2×30-60 secondes
– Exercice pour les chevilles (ex : rotations, élévations)

Samedi : Course de simulation – 1h45 sur neige si possible
– Essayez de reproduire les conditions de course, en intégrant des montées et des descentes

Lors de la 5ème semaine, privilégiez la récupération avec une petite sortie d’une heure à rythme tranquille en milieu de semaine, avant votre trail blanc du samedi ou du dimanche.

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Trail Hivernal de la Moselotte. Photo Organisation
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Aux portes de Marseille, l’Alpin Trail de Pichauris fait de la résistance et joue la transparence. La résistance d’abord, puisque malgré les refus de certaines mairies de valider les tracés en invoquant des raisons « écologiques », et après quelques modifications de parcours de dernière minute, l’organisateur Eric Razzoli a réussi à rassembler une nouvelle fois près de 1500 coureurs le 10 novembre 2024 pour la 9ème édition de l’épreuve emblématique des collines de Pagnol et du Garlaban. La transparence ensuite, puisque lassé d’entendre que les organisateurs de courses indépendants s’en mettent plein les poches, ce même Éric Razzoli a choisi de communiquer son bilan financier, avant de rappeler que son organisation, comme sur de très nombreux trails de France, est 100% bénévole. Une belle image du trail authentique.

Alpin Trail de Pichauris : 1500 coureurs pour la 9ème édition

Éric Razzoli a dû pousser un grand « ouf » de soulagement le 10 novembre dernier au soir, après que la 9ème édition de l’Alpin Trail de Pichauris s’est achevée sur une journée parfaite ! En effet, les refus de certaines mairies de valider les tracés pour des raisons écologiques l’ont obligé à trouver des solutions alternatives de dernière minute. Mais si les parcours ont été légèrement modifiés, les épreuves ont pu toutes se courir sous une météo clémente pour la saison.

Alpin Trail de Pichauris 2 Photo Éric Barnabé
Alpin Trail de Pichauris. Photo Éric Barnabé

Une belle victoire pour un organisateur qui avait été bien pénalisé en début d’année, lorsqu’il avait dû annuler au dernier moment sa Full Moon Trail entre Aix-en-Provence et Marseille prévue mi-avril pour raisons administratives. A l’époque déjà, des mairies avaient refuser de laisser passer les coureurs sur les sentiers pour des raisons écologiques, mais l’organisateur n’avait pas eu le temps de trouver des solutions de contournement. Une situation d’autant plus paradoxale que ces sentiers « interdits » le jour de course sont empruntés toute l’année par des randonneurs, promeneurs et autres traileurs…

Côté compétition, sur la course reine, un parcours « Expert » de 85 km et 4400m D+, Kevin Roux, 5ème de la TDS cette année, et Agathe Bouclier, 8ème de la MCC, se sont imposés. Et une satisfaction pour la performance de notre collaborateur, Frédéric Pradon, du team Outdoor Poli, qui termine sur la 3ème marche du podium.

Alpin Trail de Pichauris GARLABAN
Passage de l’épreuve reine de l’Alpin Trail de Pichauris au sommet du Garlaban, et sa fameuse croix géante. Photo DR

Alpin Trail de Pichauris : où vont les frais d’inscription ?

« Bilan financier de l’Alpin Trail de Pichauris 2024 : où vont les frais d’inscription ? » Tel est l’intitulé du post publié le 17 décembre par Eric Razzoli, qui explique ainsi sa démarche : « Aujourd’hui, on souhaite être transparents avec vous pour répondre à une idée reçue : “Les organisations de courses de trail gagnent beaucoup d’argent en vendant des dossards chers”. »

Et l’organisateur de l’événement de détailler les chiffres clés de 2024, démontrant que 89% des recettes couvrent directement les frais d’organisation :

S’il ne représente que 7% des dépenses totales, le poste Sécurité et secours est considéré comme un poste prioritaire pour accueillir les concurrents dans les meilleures conditions.

Premier poste en terme d’importance, représentant 34% des dépenses totales, le poste Logistique matérielle couvre un vaste champ allant du village de l’événement à la signalisation aux transports et infrastructures (car l’organisation d’un trail ne s’improvise pas ! ) en passant par les dossards et le chronométrage. Il se décompose globalement en trois sous-ensembles, la Logistique Village pour 15%, la plateforme inscriptions pour 10% et le poste Chronométreur / speaker pour 9%, qui permet également d’assurer l’animation et la convivialité pour faire de l’événement un moment inoubliable.

Avec 21% des dépenses, le poste ravitaillement et restauration est le second en terme d’importance, ce que l’organisateur assume, souhaitant offrir une alimentation de qualité pour soutenir les coureurs tout au long du parcours.

Au final, une fois les frais liés aux lots des participants et aux bénévoles (14% du budget total) ainsi qu’à la communication / photos / vidéos (11%), il ne reste plus que 10 à 11% des recettes (ce qu’un comptable appellerait le résultat) pour l’association organisatrice. Et ces 10 à 11% ne finissent pas dans la poche des dirigeants, mais servent à financer les clubs locaux de trail et de sport, essentiels pour développer la pratique sportive et la formation des jeunes, malheureusement peu subventionnés.

Vous l’aurez compris, il n’y aucun jackpot pour qui que ce soit. Et surtout, comme tient à le souligner l’organisateur, c’est un événement 100% bénévole, imaginé par des passionnés qui donnent de leur temps pour que les coureurs puissent vivre une expérience unique, accessible et sécurisée.

La prochaine édition aura lieu les 8 et 9 novembre 2025.

Alpin Trail de Pichauris
Où vont les frais d’inscription : ventilation des dépenses de l’Alpin Trail de Pichauris. Source Organisation
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Quelle saison de trail exceptionnelle ! Si Kilian Jornet a tutoyé les sommets avec son improbable Alpine Connections, l’exploit de Vincent Bouillard à l’UTMB, le record du légendaire Ludovic Pommeret sur la Hardrock 100, la razzia des Bleus aux Championnats d’Europe à Annecy, la consécration d’Elhousine Elazzaoui ou encore les victoires éclatantes de Mathieu Blanchard sur la Diagonale des Fous et François d’Haene sur le Tor des Géants, l’année aura été marquée par des performances hors normes et des moments d’émotion intense. Notre sélection des 15 athlètes masculins qui nous ont le plus marqué en 2024. Enfin 16, car chez les Gabioud, les deux font la paire…

La révélation Vincent Bouillard

Quasiment personne ne connaissait Vincent Bouillard avant le 31 août 2024, lorsqu’à la surprise générale il a magistralement remporté l’UTMB, devançant tous les favoris. Ingénieur produit chez Hoka, affichant un index UTMB de 832 qui le place au niveau d’un Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte (index 835), cet ami proche de Jim Walmsley, avec lequel il a partagé de nombreuses aventures aux États-Unis, à pied ou en gravel, a remporté son premier format 100 miles en octobre 2023, le Kodiak Ultra Marathons by UTMB (161km et 5180m D+) en Californie, qui lui a valu de décrocher son sésame pour la grand-messe chamoniarde.

Basé à Annecy, il a également signé une belle performance lors de la MaXi-Race du Lac d’Annecy, en juin 2024, en terminant 5ème, un résultat passé relativement inaperçu, les lumières ayant toutes été braquées le palpitant duel de tête de course entre Mathieu Blanchard et Thibaut Garrivier. Et puis le 31 août 2024 est arrivé, et au bout de 19h 54mn 23s, Vincent Bouillard a signé le troisième chrono le plus rapide de l’histoire de l’UTMB sur le parcours complet. Une performance XXL qui l’a fait entrer de plain-pied dans la légende.

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Vincent Bouillard. Photo UTMB Group

Mathieu Blanchard, intensément grand

Quelle histoire… de fou ! Alors qu’il avait été contraint à l’abandon au 69e kilomètre de l’UTMB, souffrant du tendon d’Achille, Mathieu Blanchard a pris une revanche éclatante sur le sort en s’imposant sur le Stade de la Redoute, après une Diagonale des Fous qu’il aura disputée aux avant-postes de bout en bout. Tous ceux qui se souviennent de l’incroyable mano a mano entre le Suisse Jean-Philippe Tschumi et Beñat Marmissolle en 2022 ont cru revivre la scène, avec Mathieu Blanchard en lieu et place du Basque.

Jusqu’à la sortie du Maïdo, au 125 km kilomètre, les deux hommes ne se sont pas lâchés, l’un concédant quelques secondes en descente, l’autre les reprenant en montée, ou à la faveur d’un ravito express. Et c’est au mental que Blanchard a fini par faire craquer Tschumi. En 23h 25mn 02s, l’ultra-traileur aventurier a remporté son premier 100 milles majeur, dans un temps plus impressionnant encore que les 22h 58mn 30s de François D’Haene en 2013 — chrono qui fait toujours office de record absolu de la Diagonale – car réalisés sur un parcours qui faisait 10 kilomètres de moins que celui de cette année.

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Mathieu Blanchard. Photo Pascal Meynier

Ludovic Pommeret, l’improbable record

Il rêvait de disputer cette course et attendait d’y participer depuis 5 ans. Le 13 juillet 2024, Ludovic Pommeret est entré dans la légende de la Hardrock 100 en remportant l’un des ultras les plus redoutables du circuit, disputé à une altitude moyenne de 3300 mètres, avec une avance exceptionnelle sur le second. Parti très vite, Ludo allait creuser l’écart sans jamais faiblir, au point de compter au 100ème kilomètre 1h30 d’avance sur le second, l’Américain Jason Schlarb, co-vainqueur de la Hardrock 100 avec Kilian Jornet en 2016.

Sans jamais se départir de son rythme infernal, Ludovic Pommeret a touché le rocher symbolisant l’arrivée au bout de 21h 33mn 8s d’effort. « J’ai rêvé toute la journée, attendant le cauchemar, et le cauchemar n’est jamais arrivé ! » a-t-il commenté une fois la ligne franchie. Et de sourire, surpris, en montrant le chrono, lui qui venait à 49 ans de battre de 3 minutes le record établi par Kilian Jornet en 2022. Tel un grand cru, Ludovic Pommeret se bonifierait donc avec l’âge ? Il semblerait que oui, puisque quelques semaines plus tard seulement, il a signé le meilleur chrono de sa carrière sur l’UTMB, qu’il disputait pour la 5ème fois, descendant pour la première fois sous la barre des 21 heures.

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Ludovic Pommeret. Photo Compressport

Thomas Cardin, enfin champion

« C’était une grande journée, que j’attendais depuis longtemps, a déclaré Thomas Cardin à l’arrivée de la course des Championnats d’Europe de trail, disputée lors de la MaXiRace du Lac d’Annecy le 1er juin. Ça fait 7 ans que je m’entraîne, je n’avais jamais réussi à traduire au niveau international ce que j’arrive à faire au niveau national et aujourd’hui, les planètes étaient alignées. Je suis extrêmement fier de la course que j’ai faite aujourd’hui, et d’avoir honoré de cette façon le maillot de l’équipe de France.

Et je suis également heureux pour ma femme, mon fils et mon coach, Philippe Propage, qui m’accompagnent au quotidien et me soutiennent quand ça ne va pas. » En transformant enfin ce talent pur qui peut le rendre irrésistible, et en devançant sur la ligne le champion du monde en titre Benjamin Roubiol, Thomas Cardin a prouvé – s’est prouvé – qu’il était un grand au niveau mondial. Sa victoire écrasante sur le Grand Trail des Templiers, puis sur la SaintéLyon pour bien finir l’année, n’ont fait que confirmer cela.

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Thomas Cardin. Photo Kiprun

Sébastien Raichon en solo intégral

Après sa 2ème place sur la colossale SwissPeaks 660, le premier homme à avoir été finisher de la Chartreuse Terminorum en 2023 s’est offert le FKT du GR20 en autonomie totale, c’est-à-dire sans aucune aide extérieure, en transportant toute sa nourriture et sans aucun arrêt en refuge (tous fermés à cette époque). Parti le 21 octobre, Sébastien Raichon a mis 44h 43mn 37s pour parcourir les 179km et 11000m D+ du mythique sentier entre Calenzana et Conca. Et comme si ce n’était pas assez difficile comme ça, l’athlète du team corse Altore s’est même trompé de chemin à quelques kilomètres de l’arrivée et a dû faire demi-tour, pour au final parcourir 189,56km et 12912m D+.

« Les couleurs sont vraiment magnifiques mais les nuits sont très très longues, heureusement que j’avais 7 batteries de frontales !, a commenté le champion. Le GR20 est tellement technique que lorsque tu perds du temps, c’est impossible à rattraper. Tu peux juste essayer de ne plus en perdre. […] Je suis heureux et fier d’avoir réalisé ce rêve et d’être allé au bout malgré les conditions. C’est bien le plus beau et engagé sentier du monde. »

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Sébastien Raichon. Photo Altore Trail Running

Elhousine Ellazaoui, l’Afrique au sommet

Il en rêvait depuis 5 ans, lorsqu’il a commencé à courir sur le circuit Golden Trail Series. Le 20 octobre à Ascona-Locarno, en Suisse, Elhousine Elazzaoui a atteint son objectif en s’adjugeant le titre 2024. Mieux encore, cette année, le Marocain aura livré une prestation parfaite, remportant trois victoires sur la saison régulière, puis la Grande Finale au terme d’un combat épique avec le Suisse Rémi Bonnet, tenant du titre, pour signer un « Golden Perfect » qu’aucun homme avant lui n’avait accompli.

Il devient le premier Africain à s’imposer sur ce circuit. « Je suis tellement content, c’est mon rêve qui devient réalité ! Ça fait 5 ans que je voulais remporter la GTWS, et cette année j’avais annoncé que j’allais vraiment le faire, donc j’avais un peu de pression. Mais j’ai répondu présent ! – On peut dire que j’ai marqué l’histoire. J’espère vraiment qu’on va réussir à inspirer le peuple africain. »

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Elhousine Elazzaoui. Photo risingstory / colin olivero

David Roche, le nouveau missile longue distance

C’est un record mythique, de ceux que l’on imaginait qu’il ne serait jamais battu. Il y a 19 ans, l’Américain Matt Carpenter parcourait les 100 milles et 4800m D+ du Leadville 100 sur des sentiers d’altitude situés entre 2800 et 3850 mètres d’altitude en 15h 42mn 59s, devenant le premier homme à descendre sous la barre des 16h. Son chrono, qui n’a été approché qu’une seule fois depuis, en 2018, a volé en éclats le 17 août dernier. L’auteur de cet exploit : l’Américain David Roche, qui pour le premier 100 milles de sa carrière a établi une nouvelle marque référence en 15h 26mn 34s, soit 5mn44 au km, en courant du début à la fin sans jamais marcher.

Coup de bol ? Pas du tout, puisque fin octobre le missile longue distance a remis ça en réalisant le 2ème temps historique sur les 160 km et 2000m D+ de la Javelina Jundred : 12h 45mn, soit 4mn47 au km ! Autant dire qu’e ‘il est très attendu sur l’édition 2025 de la Western States Endurance Run, où il pourrait venir taquiner le record de Jim Walmsley !

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David Roche Photo Mike McMonagle

François D’Haene, un géant sans tort !

Après 2 années de galères et blessures, et un abandon sur la Hardrock 100 en juillet (l’un des seuls de sa carrière), le quadruple vainqueur de l’UTMB s’est imposé sur le Tor des Géants, sa première aventure d’« ultra ultra » trail. Après 69h 08mn 32s et 3 nuits passées dehors, c’est un coureur soulagé et heureux qui a franchi la ligne d’arrivée à Courmayeur. Pourtant, son plaisir a été en partie gâché par les accusations de tricherie de Martin Perrier, un temps en tête, qui a plusieurs fois accusé François D’Haene d’utiliser des pacers, ces meneurs d’allure strictement interdits sur le Tor des Géants. De son côté, François D’Haene a fermement rejeté cette accusation, invoquant en revanche qu’une équipe l’avait suivie à certains points du parcours pour le filmer, dans le cadre de la réalisation d’un documentaire sur sa saison.

Encore plus étonnant, une lettre de menace a même été remise en main propre à François D’Haene durant le 2ème jour de course, que son équipe a relayé sur Instagram. Trois jours après la course, Martin Perrier s’est excusé auprès du vainqueur et publiquement sur les réseaux sociaux, invoquant une perte de lucidité et un manque d’information de la part de l’organisation, qui n’avait pas prévenu les autres coureurs de la présence de cette équipe de tournage. « Après 48 heures de course d’une rare intensité, j’étais à un niveau de fatigue et de manque de lucidité évidents qui m’ont fait faire n’importe quoi, à l’opposé de mes valeurs et de ce que je défends depuis toujours. J’ai agi sous le coup de l’émotion, du sentiment d’injustice, de la fatigue et sans connaître toute la vérité. Je n’aurais pas dû. […] Aujourd’hui je m’en veux, et je m’en voudrai longtemps, mais c’est une leçon de sport et de vie que je n’oublierai jamais. Bravo à François pour cette victoire amplement méritée et à tous les autres finishers passés et futurs de cette incroyable aventure. »

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François D’Haene. Photo Simon Dugué

Le défi fou de Russell Cook

Surnommé « Hardest Geezer » (l’« Increvable »), Russell Cook a achevé le 7 avril 2024 une épopée de 352 jours : la traversée de l’Afrique du Sud au Nord en courant. Ce Britannique, spécialiste de défis loufoques, a parcouru 16 294 km du point le plus au sud au point le plus au nord du continent africain, soit l’équivalent de 385 marathons en traversant 16 pays. Aucun être humain n’avait réalisé un tel exploit. Il détient par ailleurs un record du monde singulier, établi en octobre 2020 : celui du marathon le plus rapide en tirant… une voiture ! Il avait tiré une Suzuki Alto de 730 kilos en 9h 56 minutes.

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Russell Cook. Photo DR

Antoine Guillon toujours vert

Incroyable Antoine Guillon ! Alors qu’il était encore à 23 minutes du leader à 13 km de l’arrivée des 185 km du Trail Menorca Cami de Cavalls, le 3 mai dernier, l’homme aux 6 victoires sur ce tour de l’île de Minorque est allé décrocher un 7ème titre au prix d’un finish de folie après plus de 19 h d’effort, terminant avec 38 secondes d’avance sur l’Espagnol Pablo Ibanez Garcia, dépité.

Voir la vidéo de l’arrivée ICI

Toujours aussi en jambes, le coureur de 54 ans a enchaîné un mois et demi plus tard avec une victoire sur les 72 km de l’Olympus Ultra Marathon, en Grèce, puis une remarquable 2ème place sur l’Intégrale de l’Échappée Belle et ses 152 km et 11390m D+ très techniques. Hélas, sa fin de saison a été entachée par une entorse survenue lors de la Diagonale des Fous, qu’il courait pour la 16ème fois, et l’a contraint à l’abandon.

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Antoine Guillon Photo Marco Cabrera

François Devaux 6ème finisher de l’histoire de la Terminorum

La Chartreuse Terminorum, pendant français de la Barkley américaine, a connu un nouveau finisher. Se déroulant dans le massif de la Chartreuse, cette épreuve d’une distance de 300 km et 25 000m D+ sans balisage ni GPS, avec un parcours toujours plus difficile d’une année à l’autre, a couronné lundi 24 juin 2024 un 6ème finisher, après les cinq premiers de l’édition 2023, en la personne de François Devaux. Il est en effet le seul des 41 participants à être parvenu à boucler les cinq tours, après 77 heures d’effort dans des conditions météo difficiles.

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François Devaux. Photo DR

Jim Walmsley puissance 4

Il n’est pas toujours facile d’être annoncé comme futur vainqueur d’une épreuve avant même de l’avoir courue. C’est pourtant le lot de Jim Walmsley, qui le 29 juin 2024 était donné grandissime favori de la 50ème édition de la Western States Endurance Run, le célèbre 100 milles disputé entre Olympic Valley et Auburn, en Californie. L’Américain n’a pourtant pas manqué son rendez-vous. Pour la quatrième fois, et sous un soleil de plomb, il a remporté l’épreuve, même s’il a échoué à en battre le record, terminant après 14h13 d’effort à seulement 4mn17 de son chrono référence réalisé en 2019.

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Jim Walmsley. Photo WSER

Les frères Gabioud rois de la PTL

« Tout seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin… » Un proverbe africain qui anime Jules-Henri et Candide Gabioud. Depuis 2019, c’est devenu leur leitmotiv lorsqu’ils parcourent les sentiers de La Petite Trotte à Léon, la plus longue des courses de l’UTMB, avec ses 300 km et 25 000m D+ sans balisage au sol sur des parcours renouvelés d’année en année. Avec une troisième victoire en cinq participations, les frères Gabioud ont une nouvelle fois démontré leur talent, avec comme unique règle le respect de la montagne.

« La PTL, explique Candide. C’est un terrain de jeu magnifique, mais il ne faut pas le prendre à la légère. La météo est importante. Lorsque je vois des gens qui ne regardent que des applications sans observer le temps qu’il fait dehors, c’est un manque de respect. L’an passé, on avait arrêté la PTL car on avait estimé que la météo n’était pas viable. Même si c’est la course la plus adaptée à nos capacités, que l’on avait la connaissance du terrain et le niveau face au gros dénivelé technique, on était vraiment dans l’esprit de cordée. » La voix des sages.

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Les frères Gabioud. Photo UTMB Group

Kilian Jornet, toujours plus haut

En réussissant à gravir les 82 sommets de plus de 4000 mètres répertoriés dans les Alpes en 19 jours sans avoir recours à un véhicule motorisé, Kilian Jornet a réalisé un exploit sans commune mesure. Débutée en Suisse le 13 août, 3 jours après son onzième sacre sur la mythique course de montagne Sierre-Zinal, l’épopée Alpine Connections s’est achevée au cœur du Parc des Écrins, après que le Catalan a enchaîné trail running, alpinisme, escalade et cyclisme à un rythme époustouflant.

Lire l’interview de Kilian Jornet ICI

Bien plus qu’un simple défi personnel, cet exploit est un hommage vibrant à l’alpinisme et à ses mentors, une aventure collective partagée avec des amis et une communauté d’âmes passionnées qui, comme lui, vivent au rythme des cimes. Michel Lanne a fait partie, au même titre que Mathéo Jacquemoud ou le Catalan Genis Zapater, de ces compagnons d’aventure choisis par la Catalan et qui, par leur connaissance de la montagne et des sommets à gravir, lui ont permis de réaliser son exploit.

Notamment présent lors des ascensions des redoutables Pointe Walker, Pointe Whymper et Pointe Croz, dans les Grandes Jorasses, il n’a pu s’empêcher de témoigner de sa totale admiration pour Kilian Jornet : « Les chiffres permettent peut-être de comprendre l’ampleur de ce qu’il vient de réaliser… Mais au-delà de la performance physique colossale, c’est l’aspect mental et psychologique qui m’a le plus frappé. Malgré des journées monstrueusement longues et éprouvantes, malgré la fatigue et le peu de sommeil, il a su faire preuve d’une vigilance de chaque instant, a su gérer la tension nerveuse, le risque et l’effort, en gardant en permanence une lucidité, une clairvoyance, une anticipation et une vigilance hors norme.

Et repartir chaque nuit avec le sourire, heureux et avide de profiter de la montagne. Et ce dont je suis certain aujourd’hui, c’est que pendant ces 19 jours, Kilian Jornet a déroulé cette magnifique partition sans aucune fausse note. Il était simplement à sa place, dans son milieu naturel. Chapeau bas l’ami ! »

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Kilian Jornet. Photo Nick Danielson / NNormal

Sylvain Cachard, dernier à jamais

De l’émotion, mais aussi une grande fête. Voilà comment s’est conclue la 10ème édition de la Skyrhune, la « Zegama basque », comme la surnomme Blandine L’Hirondel, tenante du titre féminin mais absente cette année à Ascain, petit village du Pays Basque. Lancée en 2014, cette épreuve de 21km et 1700m D+ était devenue au fil du temps un rendez-vous incontournable du trail français et mondial, réunissant les meilleurs comme les anonymes dans une ambiance dont les Basques ont le secret.

Mais il n’y aura pas de 11ème édition en 2025. Nicolas Darmaillacq, l’organisateur, a en effet annoncé un peu plus tôt dans l’année mettre fin à l’événement, pour protester contre le « trail business », à l’œuvre selon lui depuis plusieurs années. « Le trail d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier, déplore-t-il. On n’est plus dans les valeurs que nous défendons. » Cette dernière édition, courue le 22 septembre sous un grand soleil, a donné lieu à une bataille intense. Et c’est un des tout meilleurs grimpeurs français, Sylvain Cachard, une nouvelle fois meilleur performeur français à Sierre-Zinal au mois d’août, qui s’est imposé. Dernier vainqueur de la Rhune, pour l’Histoire.

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Sylvain Cachard. Photo David Gonthier
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