Moins de poids, plus de vitesse : telles sont les ambitions affichées par Saucony pour présenter la nouvelle Peregrine, 13e du nom. Et comme 2 avis valent mieux qu’un, nous l’avons testée en version homme et en version femme.
Ce n’est pas un hasard si Saucony a baptisé sa chaussure de trail vedette « peregrine ». Elle lui a ni plus ni moins donné le nom de l’oiseau le plus rapide du monde en piqué, le faucon pèlerin. Et depuis 2011, date de lancement de la première Peregrine, son succès ne se dément pas. Mais si la vitesse est dans la ADN de cette nouvelle collection Peregrine 13, la marque américaine veut également jouer sur un autre tableau : celui de la polyvalence tous terrains, qu’il s’agisse de sentiers roulants, de singles techniques ou de terrains souples et boueux.
Katie Pyle, responsable senior de la gamme de produits Saucony Trail, la présente en ces termes : « Où que vous alliez – forêts de pins, escarpements rocheux, terrains boueux – la collection Peregrine 13 ne laisse rien de côté pour une expérience tout-terrain ultime. Avec cette mise à jour, nous avons amélioré chaque détail : vitesse, confort, agilité, protection et réactivité. »
Test Saucony Peregrine 13 : premières sensations aux pieds
Deux sensations immédiates se télescopent, quelque peu contradictoires : d’abord l’impression d’être un peu à l’étroit à l’avant du pied, ensuite celle de confort général. Ma partenaire confirme, surtout sur son pied droit, le plus fort : ça serre un peu. Mais ce n’est pas une réelle surprise, la forme du chaussant, assez effilé, laissait présager de cela. La contrepartie, c’est une précision de la pose du pied et de l’appui, incitant à la vitesse. Mais il est possible qu’à la longue, avec la dilatation du pied durant l’effort, cette étroitesse du chaussant soit gênante pour ceux qui ont les pieds plutôt larges. A tester en magasin avant de se lancer…
Photo Esprit Trail / DR
Le confort, ensuite. D’abord parce que la chaussure est réellement très légère (la collection Peregrine n’a cessé de s’améliorer en légèreté, la 12 était déjà très légère, la 13 perd encore quelques grammes). Et ce, malgré un aspect visuel costaud avec un stack assez épais au niveau du talon et une semelle redoutablement cramponnée offrant une belle protection sous le pied. Ensuite, parce que la mousse de la semelle intermédiaire offre un amorti correct, sans aller dans le pullman, et la languette dans la même maille respirante très fine que l’empeigne ne génère aucun frottement.
Petit bémol sur la protection générale, car en dehors du pare-pierres, assez rigide, le pied reste assez exposé, sans bandes de protection latérales ni au niveau du talon.
Photo Esprit Trail / DR
Test Saucony Peregrine 13 : traction et adhérence
Si la Peregrine 13 se révèle à l’aise sur sentier roulant, il est évident qu’elle en a plus sous le pied. C’est-à-dire au niveau de sa semelle extérieure PWRTRAC. Certains pourront la trouver un peu rigide, manquant de souplesse pour « sentir » le terrain. C’est sans doute dû à l’insertion d’une « plaque » de protection entre la semelle intermédiaire et la semelle extérieure. Pour notre part nous apprécions surtout le fait d’avoir une excellente protection sur les surfaces irrégulières. On pourrait presque courir sur des cailloux pointus… Sans compter que cette rigidité est également une garantie de durabilité non négligeable.
Quant à la traction et l’adhérence, elles sont tout simplement bluffantes. Aucune pente, fut-elle glissante, caillouteuse, boueuse, ne semble pouvoir résister à la traction qu’exercent les crampons de 5mm sur le terrain. Un peu comme un 4X4 dont on enclencherait la courte pour grimper une pente impossible, la Peregrine semble capable de vous hisser au sommet de n’importe quelle côte. Rassurant.
Verdict test Saucony Peregrine 13 : taillée pour la performance
Sans avoir la prétention d’atteindre la vitesse d’un faucon pèlerin en piqué, il faut avouer que cette Peregrine procure des sensations d’aisance, de confort et de précision incitant à aller vite, surtout en milieu montagnard et technique. Une semelle un poil moins rigide, ou disposant de rainures transversales pouvant lui procurer un peu plus de souplesse, n’aurait pas été de refus, mais le produit est globalement très satisfaisant pour tout type de profil de traileur aimant des chaussures légères et précises. Une bonne paire pour trails courtes et moyennes distances.
Poids : 291g en 45 (H) – 251g en 41 (F) Drop : 4mm Stack talon : 28mm Prix indicatif : 150 euros
Les athlètes sont de plus en plus nombreux à partager leurs impressions post épreuves sur les réseaux sociaux. Au-delà des anecdotes de course et des remerciements (staff, sponsors, public, organisateurs, etc), ils livrent également des analyses intéressantes de leurs performances ou contre-performances, et nous font revivre les émotions qu’ils ont vécues, parfois touchantes et riches d’enseignements pour tous les amoureux de ce sport qu’est la course nature. Retour sur les Championnats de France de Trail 2023 à La Cité des Pierres par quelques-uns de ceux qui y ont brillé.
Baptiste Chassagne, champion de France de trail long 2023
« Ce dimanche, j’ai vécu un tel séisme d’émotions que les secousses se font encore sentir. Une éruption de joie. Un volcan intérieur, les larmes en guise de lave. Dans l’ultime ascension, un Etna s’est réveillé dans mon estomac. Du magma a coulé dans mes veines. J’ai expérimenté la flamme profonde. J’ai crié de rage, j’ai crié mes peurs. J’ai dégoupillé, complet. J’ai déposé mon cerveau, enfin. Et j’ai appuyé aussi fort que l’envie de réaliser mon rêve était puissante. Faut dire que 68 km durant, j’ai été soutenu par de l’amour-silex et des encouragements-fumigènes. Ça aide à allumer le feu intérieur.
Après 5h d’une âpre bataille, j’ai attaqué, pour gagner, quitte à perdre. Là-haut, j’exploserai. De bonheur. Ou de fatigue. Mais pas de regrets. Plus qu’une estocade, il s’agissait du dernier soubresaut d’une tactique de course calquée sur mes qualités physiques et ma manière d’éprouver du plaisir : partir à un rythme soutenu et se sentir fort dans l’effort, lissé. Plus d’une fois, j’ai cru craquer face aux offensives de Benjamin Roubiol, plus franches et explosives que les miennes. Au km 55, devancé de près d’une minute, j’ai même frôlé la résignation. J’ai failli abandonner la Lune pour retomber sur une étoile.
Puis, j’ai glissé un doigt de pied dans l’entrebâillement de cette porte qui se refermait sur mes espoirs bleutés. Je me suis souvenu de l’avantage stratégique pris à mi-course, en optant pour ce sac, plus lourd, certes, mais qui devait m’offrir la liberté de ne plus jamais m’arrêter aux ravitaillements. Je me suis souvenu que le trail, c’était juste un jeu avec beaucoup d’enjeux. Que ce maillot tricolore, personne ne me le donnerait. Qu’il fallait aller le chercher seul. À la pédale. Pour la première fois, j’ai pris de vrais risques. Pour la première fois, j’ai tenté de traverser la frontière qui sépare les performances prometteuses de la seule et unique gagne. J’ai forcé mon destin.
Quelques kilomètres plus loin, j’ai levé les bras. Champion de France mon frère. Le bonheur, magnitude infinie. La gratitude, puissance indéfinie. Épicentre, plein cœur. L’Autriche is calling. La putain de sa mère. »
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Benjamin Roubiol, vice-champion de France de trail long 2023
« C’était compliqué ce matin de partir dans le mauvais temps et la nuit. L’objectif, c’était de prendre le départ avec la tête de course et d’essayer de s’échapper dans le dernier tiers de course. Je savais que j’avais la forme pour le faire. Finalement, il m’en a manqué un peu. J’ai tout donné pour terminer second pour être sélectionné pour les Mondiaux.
Je suis super satisfait car j’ai beaucoup travaillé pour être performant sur un format de course auquel je n’étais pas habitué. En quelques mois j’ai pu beaucoup progresser et me placer parmi les favoris. C’est très très encourageant. »
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Anne-Lise Rousset Séguret, championne de France de trail long 2023
« Choisir c’est renoncer. La Hardrock Hundred Endurance Run était pour moi un rêve depuis si longtemps. Obtenir un dossard pour cet ultra mythique est une chance unique qu’il faut savoir saisir. En remportant le championnat de France de trail long, j’avais accès à ce beau maillot bleu que j’ai eu la chance de porter par le passé. Hélas, il m’est impossible de pouvoir préparer comme il se doit ces deux événements majeurs si proches l’un de l’autre.
J’ai donc décidé de décliner ma sélection en équipe de France. Je serai la première supportrice de cette magnifique équipe qui portera avec fierté nos couleurs. Pour ma part, cap vers l’Ouest, cap sur la Hardrock ! »
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Jocelyne Pauly, 3e du championnat de France de trail long 2023
« Jamais le doute n’avait été aussi fort dans ma tête à l’approche d’une course. Jusqu’à jeudi, j’étais convaincue de ne pas y aller ! Pourquoi ? Une prépa chaotique démarrée bras en écharpe, entachée par la grippe et des sinusites à répétition et des conditions météo peu propices à l’entraînement. Mais surtout… surtout… un déchirement à l’idée de laisser mon « petit » dans sa dernière ligne droite avant les épreuves de spécialités du bac ! Presque inconcevable pour la maman poule que je suis ! Tête ailleurs, interrogations permanentes sur le pourquoi faire ça, quelles motivations ? quel but ?
Et puis les bons mots des personnes chères m’ont mis un coup de pied aux fesses et décidée à partir !
Mais quand tu n’y es pas dans la tête, toutes les embûches sur ton chemin sont décuplées ! La chute sur l’épaule opérée dès le 10ème km et les maux de ventre à se tordre deviennent quasi insurmontables ! Il aura fallu deux mots (juste deux !) de Dimitri Grudet, les encouragements de Anne-Sophie Hauville et une belle bagarre avec Aurélie Grangé Paul pour aller au bout de ce calvaire !
Passer la ligne d’arrivée, craquer, pleurer, mesurer par quoi je suis passée, dire ce sera la dernière course et puis discuter, échanger, partager, digérer et se dire que finalement, ça valait bien le coup ! »
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Clémentine Geoffray, championne de France de trail court 2023
« Un rêve qui s’est réalisé ce WE sur le championnat de France de trail court ! J’ai pris beaucoup de plaisir sur le parcours technique et exigeant du Trail de la Cité de Pierres. Après un départ rapide, je suis super contente d’avoir réussi à tenir le rythme jusqu’au bout sur cette course relevée ! »
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Thomas Cardin, 3e des championnats de France de trail court
« 30km, 1500d+, 2h21 pour une 3e place. Certains trouvent peut-être que c’était une course gérée en tacticien pour une belle remontada…. Eh bien ils se trompent ! Pas la forme des grands jours en ce début du Trail de la Cité des Pierres. C’est bête, je me suis bien entraîné, j’ai bien relâché pour récupérer et le sommeil n’est pas trop mauvais en ce moment. Et pourtant, pendant la première heure et demie de course, ce fut vraiment dur.
Je ne me sens pas à l’aise dans les descentes techniques, sûrement à cause de la vision qui n’est pas encore top. Une faute de pied au bout de deux km, une cheville au 4ème… Ça ne met pas en confiance et j’ai donc décroché de la tête dès le début de course qui était en descente. En montée, j’ai aussi l’impression de coincer, de ne pas être à 100%. Peut être que l’effort que j’ai fournis très tôt pour essayer de revenir sur les hommes de tête était trop intense En tous cas, pendant 1h30 de course j’ai vraiment subi. J’ai essayé de donner le maximum mais sans que cela ne soit efficace ; au prix d’un effort mental intense et en dépit de la frustration d’une 9ème position.
C’est là que l’expérience parle. Pendant tout ce calvaire, j’ai pensé à la suite. Je sais que 30 km c’est assez long et que partir très fort ça rime souvent avec partir trop fort. Je sais que je suis capable de fournir un effort intense après 2h de course. Ça fait partie de mes qualités. Donc pendant 20km je me suis accroché à cette 9ème place, j’ai subi, mais en n’oubliant pas de m’hydrater et de me nourrir.
La Roque-Sainte-Marguerite, premier passage (km 20). Tout va mal mais je continue grâce aux encouragements de Philippe Propage et d’Anne-Claire. Et enfin, je sens que ça se décoince par rapport à la montée précédente. Peut-être que j’ai récupéré de mon départ trop violent.
La Roque-Sainte-Marguerite, deuxième passage (km 25). Ce n’est plus le même homme. Je suis passé en mode chasseur et je reprends d’abord Théodore. Puis je poursuis la montée et il reste seulement 4km. C’est exactement ce que j’aime dans le trail. Un effort au seuil, maximal et soutenu dans le temps. Je cours bien et je reprends successivement Sylvain et Arnaud. Je suis 6e et j’espère un top 5, alors je continue à monter fort. Ce n’est même pas dur, c’est même facile par rapport à la souffrance du début de course.
Je passe Clovis, puis Simon, et là c’est un pur moment de plaisir. Surfer sur une vague de bonnes sensations, atteindre un podium inespéré 1h plus tôt, je finis la course heureux…. Comme un poisson rouge, j’ai déjà oublié les premiers tours du bocal si laborieux.
En conclusion : le trail court était vraiment trop court cette année !
En conclusion bis : un galop d’essai pour les championnats du monde en juin. Je sais que je suis capable de continuer de courir très vite encore longtemps. Je prends cette première partie de course comme une bonne expérience de ce qu’est le niveau international. Il faudra aussi gérer un début de course trop rapide à Innsbruck.
Bravo à tous les participant sur court ou long et merci pour les encouragements dingues tout aux long du parcours ! »
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Arnaud Bonin, 4e des championnats de France de trail court
« Avec ce plateau très relevé, cette 4ème place est plutôt satisfaisante. Comme prévu, le départ a été très rapide, je suis placé autour de la 8ème place lorsque qu’au bout de 2km on entre dans le single. Un peu « ralenti » par quelques coureurs, je ne suis plus au contact du groupe de tête quand on entame la première montée. Et comme je m’en doutais, c’est monté très vite. Au sommet je suis bien seul, en 6ème position. Je n’arriverai jamais à recoller.
J’alterne entre la 5 et la 6eme place avec Théodore Klein, Clovis Chaverot et Thomas Cardin. Au pied de la dernière bosse que je connais par cœur, je suis toujours 6ème, et je finis les 200 derniers mètres à bloc pour arracher cette 4ème place au sprint contre Simon Guignard. Et 1er Vieux ! »
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La grande absente des championnats : Blandine L’Hirondel
Son message le matin même de la course de trail long, dont elle était grande favorite.
« DNS ! C’est avec un grand regret que j’ai décidé de ne pas prendre le départ des championnats de France de Trail aujourd’hui. En effet, j’ai espéré au dernier moment aller mieux, mais là mon corps a parlé. On a qu’un seul corps, prenons en soin. Je ne suis pas revenue qu’avec la médaille de bronze de Carhaix (Championnats de France de cross, NDLR). Toux sèche, courbatures, céphalées, fièvre avec alternance de frissons/sueurs cette nuit… Et ce matin, une VFC très basse et un FCB à 76 pour une norme à 40.
Exposer mon corps à un stress supplémentaire est risqué. La saison est longue et la santé prime. C’est aussi ça le sport de haut niveau, savoir faire des choix (parfois difficile) pour durer dans le temps et en bonne santé. Je souhaite à tous une très belle course, et une belle bataille. »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/thomas-cardin.jpg8011200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-24 05:00:002023-03-23 18:32:14Championnats de France de trail 2023 : le débrief des athlètes
À l’issue des championnats de France de Trail qui se sont déroulés les 18 et 19 mars à La Cité des Pierres, la Fédération Française d’Athlétisme a publié la liste des 20 athlètes retenus pour le trail court et le trail long des Championnats du Monde qui se dérouleront du 6 au 10 juin 2023 à Innsbruck (Autriche). Comme prévu par le règlement, les vainqueurs des championnats de France 2023 et leurs dauphins intègrent l’équipe de France, et rejoignent les 3 médaillés par équipe les mieux classés aux championnats du monde 2022 en Thaïlande. Voici la liste complète des athlètes.
Sélection Mondiaux de Trail Court 2023 Femmes
Pour constituer cette équipe, et dans la mesure où il n’y a pas eu de médaille pour les Françaises en trail court aux championnats du monde 2022 en Thaïlande, les 5 premières du championnat de France 2023 ont été sélectionnées.
Clémentine Geoffray, championne de France 2023 28 ans Club : Go For It Running – Grand Chambéry (Auvergne – Rhône – Alpes)
Marie Goncalves, 5e des championnats de France 2023 25 ans Club : Décines Meyzieu Athlétisme (Auvergne – Rhône – Alpes)
Noémie Vachon, 4e des championnats de France 2023 29 ans Club : Athletic Club Font-Romeu (Occitanie)
Lucille Germain, 3e des championnats de France 2023 24 ans Club : Courchevel Sports Outdoor Montagne Et Escalade (Auvergne – Rhône – Alpes)
Marie Goncalves, ou la poursuite du rêve en bleu… Photo Instagram / DR
Sélection Mondiaux de Trail Long 2023 Femmes
Anne-Lise Rousset Séguret, championne de France 2023, renonce aux Mondiaux. Elle explique son choix : « Choisir, c’est renoncer. La Hardrock Hundred Endurance Run était pour moi un rêve depuis si longtemps. Obtenir un dossard pour cet ultra mythique est une chance unique qu’il faut savoir saisir. En remportant le championnat de France de trail long, j’avais accès à ce beau maillot bleu que j’ai eu la chance de porter par le passé. Hélas, il m’est impossible de pouvoir préparer comme il se doit ces deux événements majeurs si proches l’un de l’autre. J’ai donc décidé de décliner ma sélection en équipe de France. Je serai la première supportrice de cette magnifique équipe qui portera avec fierté nos couleurs. Pour ma part, cap vers l’Ouest, cap sur la Hardrock ! »
Manon Bohard Cailler, vice-championne de France 2023 31 ans Club : Grand Besancon Trail Academie (Bourgogne-Franche-Comté)
Jocelyne Pauly, 3e des championnats de France 2023, sélectionnée grâce au forfait d’Anne-Lise Rousset Séguret 49 ans Club : Cu Pau (Nouvelle Aquitaine)
Manon Bohard Cailler, vice-championne de France 2023 de trail long. Photo Instagram / DR
Sélection Mondiaux de Trail Court 2023 Hommes
Thibaut Baronian, champion de France 2023 34 ans Club : Grand Besancon Trail Académie (Bourgogne-Franche-Comté)
Julien Rancon, vice-champion du monde par équipes 2022 42 ans Club : Al Echirolles (Auvergne – Rhône – Alpes)
Frédéric Tranchand, vice-champion du monde par équipes 2022 34 ans Club : Entente Athlétique Grenoble 38 (Auvergne – Rhône – Alpes)
Thomas Cardin, vice-champion du monde par équipes 2022 28 ans Club : Taillefer Trail Team (Auvergne – Rhône – Alpes)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/thibaut-baronian.png6321200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-23 12:12:142023-03-23 12:12:18Championnats du Monde de Trail 2023 : découvrez la liste des 20 sélectionnés
Amoureux de grands espaces et d’exploits, ne ratez pas la 21e édition du Festival Montagne en Scène qui débute dès le mois d’avril. Amateur ou passionné, à la recherche de films humains et authentiques, Montagne en Scène s’adresse à tous les curieux venus découvrir le wildness qui nous entoure, que ce soit à l’autre bout du monde ou tout près de chez nous. En 2022, Montagne en Scène a rassemblé plus de 120 000 amateurs dans une centaine de villes en France. En vedette de l’édition 2023, le film « Ce qui compte » retrace l’exploit d’Anne-Lise Rousset qui a battu en juin dernier le record du GR20 en Corse, et qui a remporté le 19 mars le titre de Championne de France de Trail Long. Superbe.
Montagne en Scène 2023 : le programme complet
Ce qui compte
Le GR20, traversée mythique de la Corse, se parcourt habituellement en 15 jours. Anne-Lise Rousset Séguret va tenter d’établir le record féminin d’une traite. Objectif ; 36 heures ! Coachée par son mari, elle se prépare de longs mois pour être à la hauteur de cette épreuve. Une épopée collective au cœur de l’Île de Beauté, pleine de tensions et d’émotions.
Durée : 37 minutes Réalisateurs : Timothée Ranger et Etienne Valentin Version originale en français
Edge of Reason
Benjamin Védrines et Nicolas Jean s’attaquent à leur premier sommet de 8000m, le Broad Peak au Pakistan. Leur objectif est de se passer des habituels camps d’altitude, pour réaliser l’ascension du camp de base au sommet à la journée en « one push ». La cerise sur le gâteau pour Benjamin serait de battre le record de vitesse d’ascension, tous 8000 confondus, et de décoller en parapente du sommet. Mais sur les 8000 encore plus qu’ailleurs en montagne, tout ne se passe pas toujours comme prévu…
Durée : 45 minutes Réalisateur : Jérémie Chenal Version originale en français
Lumdo Kolola
En 2018, Jean-Yves Fredriksen réalise la traversée de l’Himalaya en parapente. Au milieu de ce formidable voyage, il rencontre 4 enfants vivant seuls dans une maison au milieu de la jungle népalaise. De retour en France, une évidence s’impose à lui : il doit retourner au Népal pour leur venir en aide. Accompagné de Nicolas Alliot, de leurs parapentes et d’un violon, ils tentent de refaire le chemin que Jean-Yves avait effectué pour retrouver les enfants. Une aventure humaine incroyable au cœur de la mousson népalaise.
Durée : 38 minutes Réalisateurs : Nicolas Alliot et Jean-Yves Fredriksen Version originale en français
Cap sur El Cap
Seb Berthe a beau venir du plat pays, il est l’un des meilleurs grimpeurs de « big walls » au monde. Une grande voie l’obsède : le Dawn Wall au Yosemite. Un monstre de près de 1000m de haut avec des difficultés allant jusqu’au 9a, soit tout simplement la grande voie la plus dure de la planète. Cependant, Seb se refuse à prendre l’avion, même pour réaliser son rêve. Il monte alors un projet consistant à relier le Mexique en bateau depuis l’Europe avec une bande de grimpeurs et grimpeuses ayant plus ou moins d’expérience en navigation… Un voyage au long cours pour Soline, Maud, Julia, Clovis, Loïc, Baptiste et Jean Elie, rempli d’humour, de mal de mer et de fissures parfaites.
Durée : 52 minutes Réalisateurs : Morgan Monchaud et Brian Mathé Version originale en français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Montagne-en-scene-Ce-qui-compte-Photo-Cyrille-Quintard.webp5941088Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-21 05:00:002023-03-19 20:42:59Anne-Lise Rousset Séguret et son record du GR20 en tête d’affiche du Festival Montagne en Scène 2023
Enfin ! Pour sa 7e participation, Yoann Stuck a enfin vaincu le signe indien et remporté la course sur la distance reine de l’Ecotrail de Paris, le 80km (et 1500m D+). Chez les féminines, performance exceptionnelle de l’Américaine Katie Schide, qui prend la 5e place au scratch…
Résultat Ecotrail de Paris : Yoann Stuck enfin premier
La 16ème édition de l’EcoTrail Paris a rassemblé près de 13 000 participants sur les différents formats. C’était l’occasion pour les passionnées de nature et de course à pieds de partir à la découverte du patrimoine francilien en s’élançant sur les sentiers des différents parcours de trails, du 10km au 80km. La célèbre épreuve du 80km, et son arrivée au 1er étage de la tour Eiffel, était encore une fois la star de la journée. Pour cette 16ème édition, chez les hommes, Yoann Stuck s’est imposé en 05 heures 42 minutes 40 secondes.
Enfin, pourrait-on ajouter. En effet, cette victoire s’est longtemps fait attendre. C’est la 7e fois que le plus barbu des traileurs français prenait le départ de l’EcoTrail, et s’il y a souvent brillé, il ne l’avait jamais emporté. Jugez plutôt : 2e en 2015 et en 2016, 5e en 2018, 4e en 2019, abandon en 2021 et 3e en 2022. Autant dire que cette première place avait un goût particulier. C’est dans la seconde partie de la course que Yoann Stuck a construit sa victoire, alors que Sébastien Spehler, qui menait la course après le second ravito, a été contraint à l’abandon, lui qui avait pris le départ avec une grippe qui a finalement eu raison de ses forces.
Yoann Stuck. Photo EcoTrail / DR
Résultat Ecotrail de Paris : on prend les mêmes qu’en 2022 !
Trois jours avant le départ, Yoann avait précisé sur ses réseaux sociaux qu’il avait changé pas mal de choses dans sa préparartion : « Beaucoup de boulot à l’entraînement, un test d’effort en début d’année pour la première fois, du changement dans mon quotidien, une organisation différente, et ça matche pour le moment. Il y a eu pas mal de nouveautés ces derniers mois, et c’est plutôt cool. J’apprends à nouveau, c’est positif, je me découvre un peu plus. Je deviens plus sage, même si je reste un minot dans ma tête. En tout cas, je me mets de moins en moins de barrières, et je joue au jour le jour. Ce sport que je découvre encore, me permet de m’épanouir entre recherche de stabilité et freestyle. Je suis toujours mon propre ennemi ou concurrent, mais ma cote ITRAsèque s’améliore. »
Cette victoire vient récompenser tout ce travail fourni, tant physique que mental, et son visage à l’arrivée, une fois la banderole franchie, en disait long sur sa satisfaction. On a hâte de voir ce qu’il va faire le 2 avril au marathon de Paris, qu’il va courir pour la première fois.
Derrière Yoann Stuck, c’est l’Allemand Benedikt Hoffmann, déjà second en 2022, qui prend la 2e place, à 8 minutes du vainqueur. Nicolas Duhail, vainqueur de l’édition 2022, termine troisième en 5h 54mn 06s. Le podium de cette édition est donc strictement le même que celui de l’an dernier,Yoann Stuck et Nicolas Duhail ayant simplement inversé leurs positions.
Le podium de l’EcoTrail Paris 2023. De gauche à droite, Nicolas Duhail, Yoann Stuck et Benedikt Hoffmann. Photo EcoTrail / DRLe Top 10 du 80km de l’EcoTrail Paris.
Résultat Ecotrail de Paris : exploit de Katie Schide
Il n’y a pas eu photo ! En s’imposant avec 40 minutes d’avance sur sa poursuivante, l’expérimentée Maryline Nakache, gagnante des éditions 2019 et 2022, l’Américaine Katie Schide a éclaboussé la course de tout son talent. Celle qui a remporté l’UTMB 2022 de superbe manière a fait une véritable démonstration, sur un parcours qu’elle ne connaissait pas, elle qui se définit comme « une fille de la montagne ». Elle confiait cependant qu’elle regardait cette course depuis quelques années déjà, et que le 80km lui paraissait être un bon challenge de début de saison, relativement plat et rapide. Avec un chrono de 6h 23mn, elle a non seulement fait la loi chez les féminines, mais se hisse à la 5e place au général.
Maryline Nakache prend donc la seconde place en 7h 03mn 59s. Après avoir franchi la ligne, elle commentait : « Ma troisième participation à cette belle course fut la plus difficile… Des problèmes de ventre dès le départ, 4 arrêts derrière les arbres (pas très glamour désolée !) et impossible d’avaler quoi que ce soit à part un peu de coca de ma super ravitailleuse Florence Arnaud ! J’ai fini au mental et en rampant pour monter les marches de la tour Eiffel avant d’aller voir les beaux pompiers au bord du malaise… »
Résultat Ecotrail de Paris : Sissi Cussot encore et toujours sur le podium
Quant à la troisième place sur le podium, elle est prise par Sylvaine « Sissi » Cussot, en 7h 22mn 34s. Après avoir longtemps hésité entre le Championnat de France de Trail et l’EcoTrail, elle avoue avoir fait le choix du cœur, en participant pour la 9e fois à une épreuve qui lui a (presque) toujours réussi. En effet, sa première participation remonte à 2013, avec une victoire sur le 50km. C’est en 2014 qu’elle s’était alignée pour la première fois sur le 80km, et avait fini aux urgences, pouce fracturé, après une chute au 40e kilomètre. Depuis, ce n’est qu’une success story : 2e en 2015, 1ere en 2016, 2e en 2017, 1ère en 2018, 2ème en 2019 (derrière Maryline Nakache!), 1ère en 2021 ! Et donc 3ème cette année, une place qu’elle n’avait jamais occupée sur le podium.
Katie Schide. Photo EcoTrail / DRLe Top 10 féminin de l’EcoTrail Paris.
Résultat Ecotrail de Paris : Casquette Verte en mode aller-retour
Parce qu’un aller simple ne lui suffisait pas, Alexandre Boucheix a eu quant à lui l’idée de faire le parcours de l’EcoTrail de nuit, en sens inverse, la veille de la course, pour ensuite prendre le départ avec tout le monde le jour de l’épreuve. Soit 160 kilomètres et 3000m D+. Et un temps cumulé de 15h 24 mn. Plus précisément, 7h 45mn pour l’aller et 7h 32mn pour le retour, qui lui valent une 65e place au général. Commentaire à l’arrivée : « C’est cool ! Ça va peut être embêter l’organisation, mais je recommande chaudement de faire l’EcoTrail à l’envers de nuit en solo en off… Une véritable petite aventure nocturne ! »
Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, à l’arrivée, ou pourquoi ne faire que 80km quand on peut en faire 160 ! Photo ecoTrail / DR
Résultat Ecotrail de Paris : les podiums des autres courses
Résultats du 45km (et 900m D+)
Podium hommes 1. Jean-Pierre ANÉ (03:00:54) 2. Geoffrey PLISSON (03:02:54) 3. Arnaud MICHEL (03:06:50)
Podium femmes 1. Marie LAPLACE (03:41:48) 2. Marion FLAMENT (03:46:01) 3. Marie-Luna COUDERT (04:00:27)
Résultats du 30km (et 500m D+)
Podium hommes 1. Christopher DUPRE (01:59:04) 2. Paul IRATZOQUY (02:00:16) 3. Sébastien LEDAY (02:01:29)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Ecotrail_Victoire-80km_Yohann-Stuck.jpeg6831024Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-19 12:07:102023-03-19 12:07:16Résultat Ecotrail de Paris : Yoann Stuck royal, Kate Schide exceptionnelle
Il n’y avait eu aucun finisher sur la Barkley Marathon depuis 2017. Mais cette année, ils sont 3 à avoir réussi l’exploit de boucler les 5 tours de la légendaire course américaine en moins de 60 heures. Et c’est un Français, Aurélien Sanchez, qui s’est imposé. Il a battu le légendaire ultra-runner américain John Kelly, qui il y a sept ans était le dernier homme à avoir fini cette épreuve. Retour sur une course épique.
Tout ce que vous devez savoir sur la Barkley Marathon
La Barkley Marathon est une épreuve d’ultra-running unique au monde, de celles qui mènent plus à l’échec qu’à l’exploit. Son créateur et organisateur est le mystique Lazarus « Laz » Lake, de son vrai nom Gary Cantrell. Le principe de la course est simple : effectuer 5 boucles de 20 miles (32 km) en moins de 60 heures. Soit 12 heures par boucle, pas une minute de plus. Tous ceux qui finissent la première boucle en moins de 12 heures peuvent prendre le départ de la seconde, et ainsi de suite. 24 heures pour finir 2 boucles, 36 heures pour finir 3 boucles, 48 heures pour en finir 4 et avoir l’immense honneur de prendre le départ de la 5e. Et rêver de la parcourir en moins de 12 heures bien sûr.
Mais ce qui rend la course si spéciale, c’est qu’il n’y a aucun parcours, aucun balisage. Chaque concurrent doit tailler son propre chemin à travers des forêts de ronces, des montées vertigineuses et des descentes piégeuses dans le comté sauvage et hostile de Morgan, Tennessee. Un véritable enfer, racontent sans exception tous ceux qui s’y sont essayé. Et pour s’assurer qu’ils ont bien suivi le « parcours », Lazarus « Laz » Lake a prévu une petite astuce pour créer des points de contrôle très particuliers. Chaque concurrent doit trouver pendant chaque boucle des livres dissimulés dans la forêt et arracher la page correspondant à son dossard. Le fait de ne pas présenter une page de chaque livre à la fin de chaque boucle entraîne une disqualification !
Lazarus Lake. Photo Instagram / DR
Barkley Martahon 2023 : bataille acharnée et victoire du Français Aurélien Sanchez
Pour sa première participation, Aurélien Sanchez est devenu le premier finisher depuis 2017 – et le 16e de l’histoire de la course – après une bataille acharnée. En effet, au terme des 5 boucles, il n’a devancé que de 20 petites minutes l’Américain John Kelly, qui n’est autre que la dernière personne à avoir été finisher de la Barkley, il y a sept ans. Pour la petite histoire, Aurélien Sanchez n’est pas un inconnu. Il est entre autres le détenteur du record sur l’itinéraire sud-nord du sentier John Muir en auto-suffisance, un parcours de 213 miles (343 km) à travers la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada en Californie. Il s’est également illustré en France, en parcourant les Pyrénées en auto-suffisance en 12 jours.
Autre fait marquant, un troisième coureur a réussi à finir cette édition, le Belge Karel Sabbe, qui en était à sa 3e participation. Il a rallié l’arrivée 6 petites minutes seulement avant le gong des 60 heures. 3 finishers sur une même édition, cela ne s’était produit qu’une seule fois, en 2012. Et il faudra encore attendre pour qu’une femme parvienne à finir cette terrible course. Cette année, pour la deuxième fois de l’histoire, une femme, Jasmin Paris, a pris le départ de la 4e boucle. Mais elle n’a pas pu la terminer à temps…
John Kelly, dernier finisher connu, en 2017. Photo DR
Barkley Marathon 2023 : frayeur dans le dernier tour
Aurélien Sanchez a pris le départ de la dernière boucle quelques minutes après John Kelly, qui a eu du coup le privilège de choisir le sens de la boucle. L’Américain est parti dans le sens horaire, qu’il a jugé plus simple, obligeant le Français à partir dans le sens anti-horaire. Autre record cette année, ils étaient 4 à entamer la dernière boucle, puisque l’Américain Damian Hall a également pris le départ. Mais il s’est perdu peu après, et a été contraint à l’abandon. Quant à Aurélien Sanchez, il a parfaitement maîtrisé la dernière boucle, terminant en 58h 23mn 12s, soit avec plus d’une heure et demie d’avance sur le gong final.
Sanchez a cependant eu une frayeur, puisqu’un randonneur, qui croyait que la course était terminée, avait retiré l’un des livres dont les concurrents devaient déchirer des pages. Mais tout est rentré dans l’ordre et le Français a finalement devancé d’un peu moins de 20 minutes la légende américaine de l’ultra-running John Kelly, qui avait pourtant été en tête sur les 4 tours précédents. Kelly devient le troisième coureur de l’histoire de la Barkley Marathon à terminer le parcours plus d’une fois, suivant les traces de Jared Campbell (2012, 2014 et 2016) et Brett Maune (2011 et 2012).
Karel Sabbe, 3e finisher de la Barkley Marathon 2023. Photo Instagram / DR
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Aurelien-Sanchez-Barkley-Marathons-2023-insta.jpg513912Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-17 08:25:402023-03-17 08:25:44Barkley Marathon : le Français Aurélien Sanchez remporte la course la plus folle du monde
Champion d’Europe 2022 de course en montagne, Sylvain Cachard rêve de prendre sa revanche sur les Mondiaux de Thaïlande, où il a dû jeter l’éponge après quelques kilomètres, terrassé par la fièvre. Rencontre avec un jeune coureur de 24 ans qui a tout pour se faire un nom au panthéon du skyrunning et de la course en montagne.
Comment es-tu venu à la course à pied ?
Sylvain Cachard : Naturellement. J’ai toujours été dans la nature, à bouger avec mon petit frère. Après, on met un nom dessus, on dit coureur, mais c’est la même chose, on va dans la montagne et on s’amuse. Je faisais déjà des raids multisports quand j’avais 8/9 ans. J’ai pris ma première licence en athlétisme en 2012, j’avais 13 ans. Et j’ai participé à ma première compétition en 2016, en junior 1.
Sylvain Cachard : J’ai toujours voulu consacrer ma première partie de carrière sur la course en montagne, qui est un format très intense. Et avoir ce premier titre aux Europe l’an dernier, ça a été quelque chose qui me paraissait inaccessible et qui finalement a été possible. J’ai concrétisé ça, mais il y a trop de choses à découvrir pour faire et refaire les mêmes choses et je prends plaisir à faire énormément de courses différentes et de formats différents.
Tu viens de faire un bloc d’entraînement de 3 semaines aux Canaries. Si tôt dans la saison, c’est pour préparer quel objectif ?
Sylvain Cachard : Les Championnats de France de trail à la Cité de Pierres, mi-mars. J’aimerais beaucoup me sélectionner pour le Mondial sur le format 40 kilomètres. Donc j’ai coché cette belle case dans ma tête. Je crois qu’ils prennent le champion de France et un autre athlète pour aller au Mondial début juin, donc c’est l’objectif.
En même temps c’est très tôt dans la saison, je n’ai jamais fait un stage de trail en février, ça fait un peu bizarre. Normalement, à cette période de l’année, je suis encore sur les skis, je fais 2 ou 3 cross, mais jamais rien de spécifique. Donc le but, avec Nicolas Martin(son coach, vice-champion du monde de trail long 2022, NDLR), c’est d’arriver aux France en forme, mais de pas y arriver trop en forme pour ne pas rater la suite de la saison.
Il y a donc 2 options : sélectionné ou pas sélectionné…
Sylvain Cachard : Si je suis sélectionné pour le Mondial tant mieux, et je repartirai sur une bonne prépa pour le Mondial. Et si je ne suis pas sélectionné, je partirai sur Zegama, qui est la même distance que le Mondial (environ 40 kilomètres) et me fait autant rêver. Zegama est juste 3 semaines avant, donc à peu près la même période.
Ça, c’est pour la première partie de saison. Et ensuite ?
Sylvain Cachard : Le deuxième objectif sera Sierre-Zinal en août. Je n’ai jamais réussi à y aller à 100%. En 2021 je revenais d’un gros passage de surentraînement et j’étais à peine au début de mon rebond qui m’a permis d’aller chercher le titre un mois après aux France de Montagne. Et l’année dernière, j’ai eu un gros coup de mou après ma victoire aux Europe, où ça a été l’euphorie totale tout le mois de juillet. Je ne me suis pas reposé et je l’ai payé cher en août-septembre.
Pourquoi spécifiquement Sierre-Zinal ?
Sylvain Cachard : Cette course est pour moi la plus belle et que ce soit pour un coureur en montagne ou un traileur, quel que soit le terme que l’on emploie, c’est une course qui me fait bien rêver. Donc j’aimerais vraiment me concentrer pour arriver sur Sierre-Zinal en forme.
Mais si tu fais Innsbruck 2 mois plus tôt, tu penses pouvoir t’aligner en forme sur Sierre-Zinal ?
Sylvain Cachard : Je pense que c’est possible. C’est sûr que si je ne suis pas sélectionné et que je fais Zegama, qui est 3 semaines avant, l’enchaînement sera moins risqué. Si je fais les Mondiaux, on a calculé au niveau de la planification des cycles avec Nicolas, ça passe aussi. J’aurai vraiment le temps de me reposer après le Mondial avant d’attaquer la préparation de Sierre-Zinal.
Sylvain Cachard lors de la Skyrace des Matheysins 2022. Photo Margaux Lemap
Revenons quelques instants à ce qui fâche : les Mondiaux en Thaïlande 2022. Que s’est-il vraiment passé ?
Sylvain Cachard : En Thaïlande, c’était compliqué. C’était en novembre, en fin de saison, j’étais allé aux Etats-Unis en septembre, je sentais que j’étais sur la limite mais en même temps j’ai vraiment fait le job pour la prépa. Je me suis posé à Lyon, j’ai limité les voyages. J’avais un fond de fatigue mais j’étais quand même en forme. Et puis voilà, on arrive en Thaïlande, il y avait une partie de l’équipe qui allait faire des visites touristiques à droite et à gauche, mais moi je suis resté tout le temps à l’hôtel. Je savais que je ne devais pas me disperser. Que la fin de saison peut se jouer parfois à pas grand chose. Et qu’une journée de repos est une journée de repos. J’étais donc confiant et en forme.
Et la veille de la course, la cata ?
Sylvain Cachard : C’est ça ! La veille, à midi, en rentrant de la séance de déblocage, je me sens asphyxié. Je prends ma température, j’ai 39. Et ensuite j’ai eu 40° de fièvre pendant 5 jours ! Je me suis levé le matin de la course, j’arrivais à peine à me déplacer, j’ai pris le départ mais au bout de 3 bornes, c’était impossible. Mais j’ai pris le départ, c’est important ! Ça fait partie de mes valeurs d’essayer jusqu’au bout ! Ça s’est vraiment joué à rien. Mais je n’ai pas de regrets. J’avais été tellement pointilleux sur la préparation, les à-côtés, porter le masque, etc… Donc au final je ne m’en suis jamais voulu, c’est comme ça.
Tu excelles en course en montagne comme en skyrunning. Quels sont les domaines spécifiques à travailler pour être performant dans ces disciplines ?
Sylvain Cachard : Je considère qu’il faut partir sur une base commune à toutes les pratiques de la course à pied outdoor, que ce soit course en montagne, trail ou skyrunning. J’ai une vision assez triathlète de ce sport, c’est montée, plat, descente. Il faut être le plus complet possible dans les 3 disciplines. Si on rapporte ça au niveau du top mondial, le Suisse Rémi Bonnet est un très bon grimpeur, en plat il a fait des progrès et la descente est son point faible. Le Polonais Bart Przedwojewski, lui, est un très gros descendeur, mais a plus de mal en montée et sur le plat.
Prenez une image mentale de curseur, il faut faire en sorte d’avoir ces trois disciplines-là avec le curseur le plus haut possible. S’il y en a une ou 2 avec le curseur poussé à bloc mais une dont le curseur est dans les choux, ça sera un facteur trop limitant.
Et selon toi, où sont tes curseurs ? Ton entraîneur, Nicolas Martin, dit de toi que tu n’as pas de points faibles, que tu es excellent partout…
Sylvain Cachard : Je n’ai pas de points faibles, mais je n’ai pas non plus de points forts. Donc il faut que je joue avec ça. Si l’arrivée d’une épreuve est en haut d’une bosse et que j’arrive au pied de la bosse avec des gars qui sont de très bons grimpeurs, je l’ai dans l’os. Eux auront réussi à lisser leurs points faibles, et pourront jouer sur leur point fort. En course, il faut prendre en compte tous ces paramètres.
Photo Golden Trail World Series
Quels sont les autres facteurs à prendre en compte ?
Sylvain Cachard : Il faut rajouter les contraintes extérieures. Il y en a 2 que l’on redoute particulièrement en course à pied, c’est la chaleur et l’altitude. Et dans le skyrunning, c’est surtout l’altitude. Donc s’entraîner en conséquence, en montagne. Et il y a bien sûr le facteur technique. Le skyrunning est aussi une question de technique au sol, parfois hors sentier, sur des crêtes. Dans le technique, il y a une part d’inné, comme l’appréhension de son corps dans l’espace, qui est quelque chose de très important et qui ne s’apprend pas forcément. Mais il y a aussi une part d’acquis, qui se travaille.
À l’entraînement, on a souvent l’habitude de faire nos intenses, de faire nos sorties longues, mais de rester l’air de rien dans notre zone de confort. Par exemple, si on est pas trop à l’aise en descente technique, entre 2 descentes, une un peu roulante et une avec des cailloux, on a tendance à éviter celle avec des cailloux. Alors qu’en fait, des descentes, il faut en bouffer, et en bouffer encore, que ce soit à allure course ou à allure tranquille. C’est la clé pour travailler le technique. Faire le plus d’heures possible dedans pour diminuer l’appréhension.
Si tu avais une astuce de champion à donner, quelle serait-elle ?
Sylvain Cachard : C’est un truc que je fais souvent pour travailler le technique : aller dans les terrains très techniques, où il est quasi impossible de courir, ou qui sont très exposés, avec une notion de risque. Après, lorsque l’on revient sur des parcours type la Skyrace des Matheysins, comme c’est moins technique, cela nous paraît facile.
C’est ce qui s’est passé l’an dernier pour la Skyrace des Matheysins justement : je sortais d’un bloc d’entraînement à La Réunion, où c’était très technique, avec des cailloux, des racines, et du coup j’ai été à l’aise sur le parcours de la course. C’est une notion assez similaire à ce que l’on a dans l’alpinisme, où il y a des sorties où on sait que ça va être engagé à certains endroits, et où il faut essayer de faire des choses encore plus engagées, quitte à être assuré avec du matériel et des cordes de sécurité, pour ensuite, dans des zones moins engagées, pouvoir y aller en se sentant plus à l’aise. L’aller-retour entre différents niveaux de difficulté est très intéressant pour progresser en technique.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Sylvain-Cachard-Photo-Margaux-Lemap.png6461200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-17 05:00:002023-03-15 10:29:13La tête et les jambes, épisode 10 : Sylvain Cachard, l’hyper doué de la course en montagne
Kilian Jornet a rendu public son programme 2023. À son menu pour l’instant, une seule course : la mythique épreuve suisse de Sierre-Zinal, qui fêtera sa 50e édition le 12 août 2023. Une course qu’il a déjà remportée 9 fois, et dont il détient le record en 2h 25mn et 35s.
Kilian Jornet 2023 : une course “Objectif A”, sinon rien
La veille de l’annonce de son programme 2023 par son équipementier NNormal, Kilian Jornet a détaillé sur son compte Instagram la façon dont il choisit ses courses et projets. “Il y a 2 raisons principales de choisir entre les nombreuses courses merveilleuses ou projets alléchants. D’abord, le défi. En tant qu’athlète, j’aime me concentrer sur les courses et les projets où je devrai donner le meilleur de moi-même, m’entraîner dur et intelligemment et où l’incertitude du résultat est la plus grande. C’est pourquoi j’aime les compétitions avec de grands groupes d’athlètes ou des projets où l’échec est le plus probable.
Donc, si ce n’est pas l’un de ces objectifs A, je ne ferai que des courses locales en guise de préparation. Cela rejoint la deuxième raison. L’empreinte de mon activité. La course implique beaucoup de déplacements, et sachant que mon empreinte sera toujours importante, je veux la minimiser. Pour me permettre un seul voyage intercontinental et limiter mes autres voyages aux seules quelques courses où je trouve qu’elles sont significatives pour l’entraînement que j’ai fait.”
Kilian Jornet 2023 : des projets personnels et… Sierre-Zinal
Les fans de Kilian Jornet n’auront que leurs yeux pour pleurer : il n’y aura finalement qu’une seule grande course / objectif A au résultat incertain pour le Catalan en 2023. Et ce sera la fameuse course en montagne Sierre-Zinal, le 12 août. Un terrain qu’il connaît par cœur, et où il s’est déjà imposé à de nombreuses reprises. Mais un terrain où il a pu mesurer à chaque fois la qualité du plateau et les stratégies à adopter pour s’imposer. Et, surtout, un terrain où il a déjà perdu.
Avant cela, en avril-mai, Kilian Jornet se rendra dans les Himalayas pour un “trip” encore non détaillé. Il y a cependant fort à parier que ce sera une performance du côté de l’Everest. Cette aventure représentera son “grand voyage” annuel. Le mystère demeure encore sur sa deuxième partie de saison. Son équipementier indique un “long distance project / race”. Est-ce que ce sera un projet personnel ? Une course ? Pour l’instant, impossible de le dire…
Photo @smamaj
Sierre-Zinal, un parcours inchangé depuis… 1974 !
La course Sierre-Zinal est aussi appelée la Course des cinq 4000 car le parcours passe au pied de 5 montagnes culminant à plus de 4000 mètres. Elle est considérée comme l’une des plus belles courses de montagne du monde. Elle se déroule dans les Alpes valaisannes et relie la ville de Sierre au village de Zinal par le versant est du Val d’Anniviers. Le long du parcours, les coureurs aperçoivent successivement le Weisshorn (4506m), le Zinalhorn (4221m), l’Ober Gabelhorn (4063m), le Cervin (4478m) et la Dent Blanche (4357m).
Certains disent qu’elle est à la course de montagne ce que le marathon de New York est au marathon. Elle est aussi la doyenne des grandes épreuves de montagne d’Europe, puisqu’elle a été créée en 1974 par Jean-Claude Pont, un mathématicien, enseignant, historien des sciences et guide de haute montagne suisse. La course est alors ouverte à tous. Ainsi, concept révolutionnaire à l’époque, les femmes courent sur le même parcours que les hommes et les sportifs populaires sont invités à participer dans la catégorie « Touristes ». Malgré le scepticisme des autorités locales, la première édition est un succès, puisque 422 coureurs rallient la ligne d’arrivée.
Le parcours est très engageant : 31 km, 2200 mètres de montée, 1100 mètres de descente. Sierre-Zinal est une référence, à double titre. D’abord, parce que les meilleurs mondiaux s’y sont toujours retrouvés. Et surtout, parce que le parcours est inchangé depuis la création de l’épreuve en 1974 !
Le profil de Sierre-Zinal.
Sierre-Zinal : Kilian Jornet en route pour une dixième victoire ?
C’est en 2009 que Kilian Jornet a remporté son premier Sierre-Zinal. Depuis, le Catalan n’a manqué que 2 éditions, en 2012 et 2016. Et il n’a été battu que 2 fois, en 2011 et en 2022. C’est en 2019 que Kilian Jornet a réalisé sa meilleure performance, et s’est emparé du record de l’épreuve. À l’époque, et alors qu’il avait déjà remporté 6 fois la course, il bute toujours sur le précédent record, détenu depuis 2003 par le Néo-Zélandais Jonathan Wyatt en 2h 29mn 12s. Il le pulvérisera en réalisant un chrono stratosphérique de 2h 25mn 35s.
À l’époque, quelques jours avant la course, Kilian Jornet déclarait : « Sierre-Zinal est toujours un terrain concurrentiel où les coureurs de montagne rencontrent les skyrunners et les coureurs sur route. Cette édition sera épique, je pense qu’il y aura au moins 15 coureurs qui se battront pour la victoire. » Pour l’emporter et réaliser une telle performance chronométrique, le Catalan, qui a toujours réussi des descentes exceptionnelles, avait pris un départ ultra-rapide. À n’en pas douter, il ira chercher ce record pour la 50e édition. Ses adversaires sont prévenus : il risque de partir très très vite.
La 50e édition de Sierre-Zinal sera aussi et surtout l’occasion d’oublier l’édition 2022, désormais tristement célèbre. Si, sur le papier, la participation d’athlètes kényans avait permis d’espérer une course très rapide (et elle le fut!), elle a surtout été entachée par des affaires de dopage. Ainsi, le vainqueur masculin, Mark Kangogo, a été contrôlé positif à l’arrivée. Il a été logiquement disqualifié lorsque les résultats ont été rendus publics. Quant à la gagnante féminine, Esther Chesang, elle a été déclassée début janvier. Elle avait couru Sierre-Zinal alors qu’elle était sous le coup d’une suspension pour dopage !
Kilian Jornet juste avant de se faire coiffer sur le poteau par petro Mamu, à l’arrivée de Sierre-Zinal 2022. Photo Saragossa / GTWS
Pour Kilian Jornet, cette édition 2022 reste celle de sa moins bonne performance en terme de classement. En effet, il a terminé « seulement » quatrième (5ème avant la disqualification de Kangogo). Et ce, malgré un très bon chrono, son deuxième plus rapide. De plus, il s’était fait souffler une place comme un débutant par l’Érythréen Petro Mamu, s’étant relevé avant la ligne pour saluer les fans. À l’arrivée, beau joueur, il commentait les performances de ses adversaires. Et donnait déjà rendez-vous en 2023. « Quelle course ! Cette épreuve de 31 km avec l’une des plus belles vues sur les Alpes et l’un des plus beaux plateaux d’athlètes au départ ne déçoit jamais. Je suis tellement content d’être là cette année encore, pour ma 13ème participation, et de terminer en 5ème position. […]
Et quelle course de Mark Kangogo ! Cette accélération au sommet de la première montée était incroyable. Et bravo aussi à Andreu Blanes, qui est passé comme une fusée dans la descente ! De mon côté, je suis content de mon temps (2h 30mn 19s) mais déçu de mon ressenti. J’avais les jambes lourdes et des crampes dès le départ, il m’a donc surtout fallu réussir à tenir un rythme sans trop attaquer. Félicitations à tous les coureurs, bénévoles et organisateurs, et à l’année prochaine ! »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Kilian-Jornet-Photo-Matti-Bernitz.png6691200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-16 05:05:002023-03-15 07:37:37Kilian Jornet : une seule course en 2023, Sierre-Zinal !
Pour la plupart des coureurs, trail rime avec nature, liberté et oubli du chrono. Mais pour avoir de meilleures sensations de course et progresser en trail, les séances plus rapides (VMA) restent indispensables… Et peuvent se faire sur piste. En prime, nous vous offrons le TABLEAU DES ALLURES DE COURSE ET DES TEMPS DE PASSAGE, de 3000 mètres à 100 kilomètres, pour mieux travailler vos séances.
Pourquoi s’entraîner sur une piste pour un trail ?
Quel que soit son niveau de départ, pour celui qui désire progresser, les fondamentaux de l’entraînement sont les mêmes pour toutes les disciplines d’endurance. Lorsqu’on débute, ou suite à une période de repos après un long trail, il faut d’abord acquérir ou réacquérir la base, c’est-à-dire l’aptitude physique à reproduire longtemps le geste sportif. C’est la première phase où l’on habitue son corps à faire des efforts de longue haleine. La deuxième phase consiste à développer ses capacités à aller plus vite sur de très courtes distances, afin d’améliorer sa Vitesse Maximale Aérobie (vitesse que l’on peut soutenir au maximum sur 6 à 8mn), tout en veillant à conserver deux doses d’endurance pour une dose de vitesse. Et durant la troisième phase, on va accentuer le travail spécifique, afin d’acquérir la maîtrise de la technique propre au sport où l’on souhaite à la fois prendre du plaisir et progresser.
travail sur piste Photo DR
Travail sur piste et VMA
Vu que les séances que l’on effectue sur piste servent essentiellement à travailler la VMA, et que celle-ci ne peut être soutenue que pendant quelques minutes, on pourrait se demander s’il est bien utile de travailler à cette vitesse lorsqu’on prépare un trail qui va durer plusieurs heures. En fait, cette vitesse où l’on consomme son maximum d’oxygène, va déterminer la cylindrée de votre moteur. En courant de petites portions à cette allure rapide, vous allez améliorer votre VO2max, c’est-à-dire le volume maximum d’oxygène que vous arrivez à utiliser à l’effort.
Si vous prévoyez par exemple un trail que vous allez boucler autour des 3h, vous pouvez espérer y tenir une intensité de 85% de votre Fréquence Cardiaque Maximum, atteinte lorsque vous courez à 80% de votre VMA. Si vous améliorez votre VMA, votre vitesse à 80% de VMA va elle aussi s’améliorer. Ainsi, plus votre VMA sera élevée, plus vous serez potentiellement capable de courir vite, plus longtemps. Bien sûr, en trail, les terrains sont si variés, que l’on ne va pas pouvoir se repérer sur des vitesses linéaires, mais plutôt sur des pourcentages de fréquence cardiaque ou en vitesse ascensionnelle sur des portions montantes.
Concentration maximum
Contrairement à ce que vous allez pouvoir faire en nature, comme du fartlek par exemple, sur piste, vous ne risquez pas d’être déconcentré par votre environnement. Pas de chien qui traverse ou vous fonce dessus, pas de portion caillouteuse où la foulée sera modifiée… Sur une piste d’athlétisme, vous allez être totalement focalisé sur votre foulée et sur le chrono. Impossible de se mentir, les distances sont étalonnées, pas d’erreur possible sur l’intensité.
À côté des séances de VMA courte, du style « 2 séries de 10 x 200m à 100% de VMA, avec récup de 45s trottées entre les 200m et 2mn entre les 2 séries », ou de VMA longue du style « 6 x 1000m à 90% de VMA, avec récup de 2mn trottées », il va être intéressant de varier les distances pour coller aux changements fréquents d’allure en trail. Selon la technicité du terrain rencontré, la plupart des coureurs ne vont en effet pas pouvoir maintenir le même niveau d’intensité tout au long d’une épreuve.
Adoptez les séances pyramidales
Savoir varier les intensités tout en restant à fond dans son effort et dans l’optique de toujours progresser au maximum de son potentiel jusqu’à la ligne d’arrivée, n’est pas chose aussi aisée qu’il y paraît. En effet, après un bon début de course sur un certain nombre de kilomètres, en trail on est souvent freiné dans son élan par un passage très technique plus ou moins long où l’on doit ralentir, voire même marcher. Pour être capable de d’encaisser les nombreux changements de rythme imposés par la plupart des tracés, programmer des séances sur piste en pyramide peut constituer une part de la solution.
Cela va se traduire par exemple par 150m à 105% de VMA, Récup 30s + 300m à 100% de VMA, Récup 1mn + 500m à 95% de VMA, Récup 2mn + 1500m à 90% de VMA, Récup 3mn + 500m à 95% de VMA, Récup 2mn + 300m à 100% de VMA, Récup 1mn + 150m à 105% de VMA. Répétez cette série 2 ou 3 fois, en récupérant 3mn en trottinant entre chaque pyramide.
Tentez les montagnes russes
Autre style de séance possible, les séries uniquement montantes ou descendantes. Dans le premier cas, on part d’une distance courte comme un 150 ou un 200m à 105% de VMA par exemple, pour enchaîner, par un 300m à 100% de VMA, puis un 400 ou un 500m à 98 ou 95% de VMA, puis 600 à 800m à 95 ou 90% de VMA, puis 1000 à 1500m autour de 90% de VMA, puis 2000 à 3000m et enfin 4000 à 5000m à 85 ou 90% de VMA selon son niveau d’entraînement, séquence que l’on pourra répéter une fois.
Dans le deuxième cas, on fait l’inverse en débutant par la fraction la plus longue. Enfin, on peut adopter la séance « montagnes russes » en alternant une fraction courte et une plus ou moins longue. Il va sans dire que quelque soit le style de séance, la récupération se fera toujours en trottinant, durant un temps équivalent à la durée de l’effort pour les fractions courtes jusqu’à 400 ou 500m, et à la moitié du temps d’effort pour les fractions dépassant 600m.
Tableau des allures de course et des temps de passage
Faites le glisser sur le bureau de votre ordinateur et imprimez-le.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/02/travail-piste-Photo-DR.png5771200redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2023-03-15 05:00:002023-02-24 09:51:26Travail sur piste, tableau des allures de course et des temps de passage
Alors que le 29 mars sortira son livre Vivre d’aventures, Mathieu Blanchard s’est prêté au jeu du “Si tu étais…” L’occasion de découvrir certains aspects de sa personnalité, ses goûts et préférences, au travers de quelques mots choisis.
Mathieu Blanchard : Une tortue. D’accord, ça ne va pas très vite, mais ça gagne la course, en utilisant un aspect un peu plus stratégique. Elle me ressemble aussi sur le plan émotionnel. Elle est très molle à l’intérieur, un peu comme moi qui suis hypersensible, mais on ne le voit pas parce qu’elle a une carapace assez solide à l’extérieur. Et la troisième chose, c’est que c’est un animal de la terre et de la mer, un petit peu comme moi.
Photo Luca Ambrosi
Si tu étais un végétal ?
Mathieu Blanchard : J’hésite entre un cocotier et un olivier. Le cocotier, parce que j’ai grandi dans les Antilles, en Guadeloupe, ce sont mes racines, mes origines, et j’y suis très attaché. C’est sans doute cela qui a forgé ma personnalité et ma connexion à la nature. Ensuite, quand je suis rentré en métropole avec mes parents, j’ai grandi en Provence, entouré d’oliviers. Et les olives, on les retrouve partout dans notre culture culinaire, en tapenade, en huile d’olive…
Photo Dim Phan
Si tu étais un plat ou un aliment ?
Mathieu Blanchard : Une crème glacée parce que j’adore ça. C’est mon péché mignon. C’est une récompense après une course. Pour moi, une crème glacée, ça symbolise le bonheur. Ce petit cône que tu prends avec les doigts, ces boules dessus où chacun peut prendre plusieurs saveurs en fonction de sa personnalité. On hésite toujours avant de savoir quel parfum on va prendre. Et puis les enfants qui marchent avec leur crème glacée. Personne ne tire la gueule. Les gens sont toujours souriants avec une crème glacée à la main.
Photo Irene Krede
Si tu étais une odeur ou un parfum ?
Mathieu Blanchard : Encore une fois, un mix entre les Antilles et la Provence. Ce serait un mélange de poulet boucané (cuisson traditionnelle par la fumée dans un tonneau en métal) et de thym, parce que je passe beaucoup de temps à courir et à marcher dans les Alpilles et le Luberon quand je suis en Provence et que quand tu marches sur des brins de thym, il y a cette odeur que j’adore et qui persiste dans l’air.
Photo Anja Junghans
Si tu étais une couleur ?
Mathieu Blanchard : Un mélange de bleu et de vert, le mélange de la couleur de l’océan et celle de la forêt.
Photo DR
Si tu étais un film ou un livre ?
Mathieu Blanchard : C’est difficile, il y en a tellement. Je dirais Danse avec les loups de et avec Kevin Costner. Les États-Unis, la communauté autochtone qui se fait malmener par les colons, la connexion à la nature avec le loup, devenir un homme sauvage… Je me retrouve un petit peu dans ce personnage de Kevin Costner qui décide de déserter l’armée pour retourner à la nature, avec les autochtones. Et si c’était un Livre, ce serait L’alchimiste de Paolo Coelho.
Si tu étais un objet ?
Mathieu Blanchard : Une paire de chaussures de trail. Salomon évidemment, ce sont les meilleures ! Actuellement, je suis beaucoup dans les Genesis, des chaussures qui ont été développées pour l’aventure, le hors-piste, qui sont très solides, qui ne déchirent pas, et qui ont une très bonne protection du pied qui permet d’aller dans les pierriers, en dehors des sentiers. Elles n’étaient pas destinées à faire de la course, mais finalement j’ai fait l’UTMB avec. D’ailleurs, la Genesis est une chaussure qui me représente un peu aussi, qui est capable d’aller hors-piste, mais qui peut aussi de faire de la course.
Si tu étais un mantra ?
Mathieu Blanchard : C’est quelque chose qui avait été dit par Nicolas Vanier et par Mike Horn aussi, même si je ne me souviens plus de leur citation exacte. L’idée, c’est que le mot « rêve » n’est pas réservé uniquement à quelque chose qui se passe la nuit de manière inconsciente, mais que c’est quelque chose qu’on peut rendre réel quand on est éveillé. Pour moi, le rêve est un objectif très très ambitieux, qui va nous dépasser dans tous les sens du terme, quelque chose de l’ordre de la passion. Mais tous les jours, quand je me lève et que j’ai des idées un peu folles, mon mantra, c’est de me dire que ces rêves, je vais les réaliser dans la vraie vie.