Amoureux de grands espaces et d’exploits, ne ratez pas la 21e édition du Festival Montagne en Scène qui débute dès le mois d’avril. Amateur ou passionné, à la recherche de films humains et authentiques, Montagne en Scène s’adresse à tous les curieux venus découvrir le wildness qui nous entoure, que ce soit à l’autre bout du monde ou tout près de chez nous. En 2022, Montagne en Scène a rassemblé plus de 120 000 amateurs dans une centaine de villes en France. En vedette de l’édition 2023, le film « Ce qui compte » retrace l’exploit d’Anne-Lise Rousset qui a battu en juin dernier le record du GR20 en Corse, et qui a remporté le 19 mars le titre de Championne de France de Trail Long. Superbe.
Montagne en Scène 2023 : le programme complet
Ce qui compte
Le GR20, traversée mythique de la Corse, se parcourt habituellement en 15 jours. Anne-Lise Rousset Séguret va tenter d’établir le record féminin d’une traite. Objectif ; 36 heures ! Coachée par son mari, elle se prépare de longs mois pour être à la hauteur de cette épreuve. Une épopée collective au cœur de l’Île de Beauté, pleine de tensions et d’émotions.
Durée : 37 minutes Réalisateurs : Timothée Ranger et Etienne Valentin Version originale en français
Edge of Reason
Benjamin Védrines et Nicolas Jean s’attaquent à leur premier sommet de 8000m, le Broad Peak au Pakistan. Leur objectif est de se passer des habituels camps d’altitude, pour réaliser l’ascension du camp de base au sommet à la journée en « one push ». La cerise sur le gâteau pour Benjamin serait de battre le record de vitesse d’ascension, tous 8000 confondus, et de décoller en parapente du sommet. Mais sur les 8000 encore plus qu’ailleurs en montagne, tout ne se passe pas toujours comme prévu…
Durée : 45 minutes Réalisateur : Jérémie Chenal Version originale en français
Lumdo Kolola
En 2018, Jean-Yves Fredriksen réalise la traversée de l’Himalaya en parapente. Au milieu de ce formidable voyage, il rencontre 4 enfants vivant seuls dans une maison au milieu de la jungle népalaise. De retour en France, une évidence s’impose à lui : il doit retourner au Népal pour leur venir en aide. Accompagné de Nicolas Alliot, de leurs parapentes et d’un violon, ils tentent de refaire le chemin que Jean-Yves avait effectué pour retrouver les enfants. Une aventure humaine incroyable au cœur de la mousson népalaise.
Durée : 38 minutes Réalisateurs : Nicolas Alliot et Jean-Yves Fredriksen Version originale en français
Cap sur El Cap
Seb Berthe a beau venir du plat pays, il est l’un des meilleurs grimpeurs de « big walls » au monde. Une grande voie l’obsède : le Dawn Wall au Yosemite. Un monstre de près de 1000m de haut avec des difficultés allant jusqu’au 9a, soit tout simplement la grande voie la plus dure de la planète. Cependant, Seb se refuse à prendre l’avion, même pour réaliser son rêve. Il monte alors un projet consistant à relier le Mexique en bateau depuis l’Europe avec une bande de grimpeurs et grimpeuses ayant plus ou moins d’expérience en navigation… Un voyage au long cours pour Soline, Maud, Julia, Clovis, Loïc, Baptiste et Jean Elie, rempli d’humour, de mal de mer et de fissures parfaites.
Durée : 52 minutes Réalisateurs : Morgan Monchaud et Brian Mathé Version originale en français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Montagne-en-scene-Ce-qui-compte-Photo-Cyrille-Quintard.webp5941088Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-21 05:00:002023-03-19 20:42:59Anne-Lise Rousset Séguret et son record du GR20 en tête d’affiche du Festival Montagne en Scène 2023
Enfin ! Pour sa 7e participation, Yoann Stuck a enfin vaincu le signe indien et remporté la course sur la distance reine de l’Ecotrail de Paris, le 80km (et 1500m D+). Chez les féminines, performance exceptionnelle de l’Américaine Katie Schide, qui prend la 5e place au scratch…
Résultat Ecotrail de Paris : Yoann Stuck enfin premier
La 16ème édition de l’EcoTrail Paris a rassemblé près de 13 000 participants sur les différents formats. C’était l’occasion pour les passionnées de nature et de course à pieds de partir à la découverte du patrimoine francilien en s’élançant sur les sentiers des différents parcours de trails, du 10km au 80km. La célèbre épreuve du 80km, et son arrivée au 1er étage de la tour Eiffel, était encore une fois la star de la journée. Pour cette 16ème édition, chez les hommes, Yoann Stuck s’est imposé en 05 heures 42 minutes 40 secondes.
Enfin, pourrait-on ajouter. En effet, cette victoire s’est longtemps fait attendre. C’est la 7e fois que le plus barbu des traileurs français prenait le départ de l’EcoTrail, et s’il y a souvent brillé, il ne l’avait jamais emporté. Jugez plutôt : 2e en 2015 et en 2016, 5e en 2018, 4e en 2019, abandon en 2021 et 3e en 2022. Autant dire que cette première place avait un goût particulier. C’est dans la seconde partie de la course que Yoann Stuck a construit sa victoire, alors que Sébastien Spehler, qui menait la course après le second ravito, a été contraint à l’abandon, lui qui avait pris le départ avec une grippe qui a finalement eu raison de ses forces.
Yoann Stuck. Photo EcoTrail / DR
Résultat Ecotrail de Paris : on prend les mêmes qu’en 2022 !
Trois jours avant le départ, Yoann avait précisé sur ses réseaux sociaux qu’il avait changé pas mal de choses dans sa préparartion : « Beaucoup de boulot à l’entraînement, un test d’effort en début d’année pour la première fois, du changement dans mon quotidien, une organisation différente, et ça matche pour le moment. Il y a eu pas mal de nouveautés ces derniers mois, et c’est plutôt cool. J’apprends à nouveau, c’est positif, je me découvre un peu plus. Je deviens plus sage, même si je reste un minot dans ma tête. En tout cas, je me mets de moins en moins de barrières, et je joue au jour le jour. Ce sport que je découvre encore, me permet de m’épanouir entre recherche de stabilité et freestyle. Je suis toujours mon propre ennemi ou concurrent, mais ma cote ITRAsèque s’améliore. »
Cette victoire vient récompenser tout ce travail fourni, tant physique que mental, et son visage à l’arrivée, une fois la banderole franchie, en disait long sur sa satisfaction. On a hâte de voir ce qu’il va faire le 2 avril au marathon de Paris, qu’il va courir pour la première fois.
Derrière Yoann Stuck, c’est l’Allemand Benedikt Hoffmann, déjà second en 2022, qui prend la 2e place, à 8 minutes du vainqueur. Nicolas Duhail, vainqueur de l’édition 2022, termine troisième en 5h 54mn 06s. Le podium de cette édition est donc strictement le même que celui de l’an dernier,Yoann Stuck et Nicolas Duhail ayant simplement inversé leurs positions.
Le podium de l’EcoTrail Paris 2023. De gauche à droite, Nicolas Duhail, Yoann Stuck et Benedikt Hoffmann. Photo EcoTrail / DRLe Top 10 du 80km de l’EcoTrail Paris.
Résultat Ecotrail de Paris : exploit de Katie Schide
Il n’y a pas eu photo ! En s’imposant avec 40 minutes d’avance sur sa poursuivante, l’expérimentée Maryline Nakache, gagnante des éditions 2019 et 2022, l’Américaine Katie Schide a éclaboussé la course de tout son talent. Celle qui a remporté l’UTMB 2022 de superbe manière a fait une véritable démonstration, sur un parcours qu’elle ne connaissait pas, elle qui se définit comme « une fille de la montagne ». Elle confiait cependant qu’elle regardait cette course depuis quelques années déjà, et que le 80km lui paraissait être un bon challenge de début de saison, relativement plat et rapide. Avec un chrono de 6h 23mn, elle a non seulement fait la loi chez les féminines, mais se hisse à la 5e place au général.
Maryline Nakache prend donc la seconde place en 7h 03mn 59s. Après avoir franchi la ligne, elle commentait : « Ma troisième participation à cette belle course fut la plus difficile… Des problèmes de ventre dès le départ, 4 arrêts derrière les arbres (pas très glamour désolée !) et impossible d’avaler quoi que ce soit à part un peu de coca de ma super ravitailleuse Florence Arnaud ! J’ai fini au mental et en rampant pour monter les marches de la tour Eiffel avant d’aller voir les beaux pompiers au bord du malaise… »
Résultat Ecotrail de Paris : Sissi Cussot encore et toujours sur le podium
Quant à la troisième place sur le podium, elle est prise par Sylvaine « Sissi » Cussot, en 7h 22mn 34s. Après avoir longtemps hésité entre le Championnat de France de Trail et l’EcoTrail, elle avoue avoir fait le choix du cœur, en participant pour la 9e fois à une épreuve qui lui a (presque) toujours réussi. En effet, sa première participation remonte à 2013, avec une victoire sur le 50km. C’est en 2014 qu’elle s’était alignée pour la première fois sur le 80km, et avait fini aux urgences, pouce fracturé, après une chute au 40e kilomètre. Depuis, ce n’est qu’une success story : 2e en 2015, 1ere en 2016, 2e en 2017, 1ère en 2018, 2ème en 2019 (derrière Maryline Nakache!), 1ère en 2021 ! Et donc 3ème cette année, une place qu’elle n’avait jamais occupée sur le podium.
Katie Schide. Photo EcoTrail / DRLe Top 10 féminin de l’EcoTrail Paris.
Résultat Ecotrail de Paris : Casquette Verte en mode aller-retour
Parce qu’un aller simple ne lui suffisait pas, Alexandre Boucheix a eu quant à lui l’idée de faire le parcours de l’EcoTrail de nuit, en sens inverse, la veille de la course, pour ensuite prendre le départ avec tout le monde le jour de l’épreuve. Soit 160 kilomètres et 3000m D+. Et un temps cumulé de 15h 24 mn. Plus précisément, 7h 45mn pour l’aller et 7h 32mn pour le retour, qui lui valent une 65e place au général. Commentaire à l’arrivée : « C’est cool ! Ça va peut être embêter l’organisation, mais je recommande chaudement de faire l’EcoTrail à l’envers de nuit en solo en off… Une véritable petite aventure nocturne ! »
Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, à l’arrivée, ou pourquoi ne faire que 80km quand on peut en faire 160 ! Photo ecoTrail / DR
Résultat Ecotrail de Paris : les podiums des autres courses
Résultats du 45km (et 900m D+)
Podium hommes 1. Jean-Pierre ANÉ (03:00:54) 2. Geoffrey PLISSON (03:02:54) 3. Arnaud MICHEL (03:06:50)
Podium femmes 1. Marie LAPLACE (03:41:48) 2. Marion FLAMENT (03:46:01) 3. Marie-Luna COUDERT (04:00:27)
Résultats du 30km (et 500m D+)
Podium hommes 1. Christopher DUPRE (01:59:04) 2. Paul IRATZOQUY (02:00:16) 3. Sébastien LEDAY (02:01:29)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Ecotrail_Victoire-80km_Yohann-Stuck.jpeg6831024Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-19 12:07:102023-03-19 12:07:16Résultat Ecotrail de Paris : Yoann Stuck royal, Kate Schide exceptionnelle
Il n’y avait eu aucun finisher sur la Barkley Marathon depuis 2017. Mais cette année, ils sont 3 à avoir réussi l’exploit de boucler les 5 tours de la légendaire course américaine en moins de 60 heures. Et c’est un Français, Aurélien Sanchez, qui s’est imposé. Il a battu le légendaire ultra-runner américain John Kelly, qui il y a sept ans était le dernier homme à avoir fini cette épreuve. Retour sur une course épique.
Tout ce que vous devez savoir sur la Barkley Marathon
La Barkley Marathon est une épreuve d’ultra-running unique au monde, de celles qui mènent plus à l’échec qu’à l’exploit. Son créateur et organisateur est le mystique Lazarus « Laz » Lake, de son vrai nom Gary Cantrell. Le principe de la course est simple : effectuer 5 boucles de 20 miles (32 km) en moins de 60 heures. Soit 12 heures par boucle, pas une minute de plus. Tous ceux qui finissent la première boucle en moins de 12 heures peuvent prendre le départ de la seconde, et ainsi de suite. 24 heures pour finir 2 boucles, 36 heures pour finir 3 boucles, 48 heures pour en finir 4 et avoir l’immense honneur de prendre le départ de la 5e. Et rêver de la parcourir en moins de 12 heures bien sûr.
Mais ce qui rend la course si spéciale, c’est qu’il n’y a aucun parcours, aucun balisage. Chaque concurrent doit tailler son propre chemin à travers des forêts de ronces, des montées vertigineuses et des descentes piégeuses dans le comté sauvage et hostile de Morgan, Tennessee. Un véritable enfer, racontent sans exception tous ceux qui s’y sont essayé. Et pour s’assurer qu’ils ont bien suivi le « parcours », Lazarus « Laz » Lake a prévu une petite astuce pour créer des points de contrôle très particuliers. Chaque concurrent doit trouver pendant chaque boucle des livres dissimulés dans la forêt et arracher la page correspondant à son dossard. Le fait de ne pas présenter une page de chaque livre à la fin de chaque boucle entraîne une disqualification !
Lazarus Lake. Photo Instagram / DR
Barkley Martahon 2023 : bataille acharnée et victoire du Français Aurélien Sanchez
Pour sa première participation, Aurélien Sanchez est devenu le premier finisher depuis 2017 – et le 16e de l’histoire de la course – après une bataille acharnée. En effet, au terme des 5 boucles, il n’a devancé que de 20 petites minutes l’Américain John Kelly, qui n’est autre que la dernière personne à avoir été finisher de la Barkley, il y a sept ans. Pour la petite histoire, Aurélien Sanchez n’est pas un inconnu. Il est entre autres le détenteur du record sur l’itinéraire sud-nord du sentier John Muir en auto-suffisance, un parcours de 213 miles (343 km) à travers la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada en Californie. Il s’est également illustré en France, en parcourant les Pyrénées en auto-suffisance en 12 jours.
Autre fait marquant, un troisième coureur a réussi à finir cette édition, le Belge Karel Sabbe, qui en était à sa 3e participation. Il a rallié l’arrivée 6 petites minutes seulement avant le gong des 60 heures. 3 finishers sur une même édition, cela ne s’était produit qu’une seule fois, en 2012. Et il faudra encore attendre pour qu’une femme parvienne à finir cette terrible course. Cette année, pour la deuxième fois de l’histoire, une femme, Jasmin Paris, a pris le départ de la 4e boucle. Mais elle n’a pas pu la terminer à temps…
John Kelly, dernier finisher connu, en 2017. Photo DR
Barkley Marathon 2023 : frayeur dans le dernier tour
Aurélien Sanchez a pris le départ de la dernière boucle quelques minutes après John Kelly, qui a eu du coup le privilège de choisir le sens de la boucle. L’Américain est parti dans le sens horaire, qu’il a jugé plus simple, obligeant le Français à partir dans le sens anti-horaire. Autre record cette année, ils étaient 4 à entamer la dernière boucle, puisque l’Américain Damian Hall a également pris le départ. Mais il s’est perdu peu après, et a été contraint à l’abandon. Quant à Aurélien Sanchez, il a parfaitement maîtrisé la dernière boucle, terminant en 58h 23mn 12s, soit avec plus d’une heure et demie d’avance sur le gong final.
Sanchez a cependant eu une frayeur, puisqu’un randonneur, qui croyait que la course était terminée, avait retiré l’un des livres dont les concurrents devaient déchirer des pages. Mais tout est rentré dans l’ordre et le Français a finalement devancé d’un peu moins de 20 minutes la légende américaine de l’ultra-running John Kelly, qui avait pourtant été en tête sur les 4 tours précédents. Kelly devient le troisième coureur de l’histoire de la Barkley Marathon à terminer le parcours plus d’une fois, suivant les traces de Jared Campbell (2012, 2014 et 2016) et Brett Maune (2011 et 2012).
Karel Sabbe, 3e finisher de la Barkley Marathon 2023. Photo Instagram / DR
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Aurelien-Sanchez-Barkley-Marathons-2023-insta.jpg513912Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-17 08:25:402023-03-17 08:25:44Barkley Marathon : le Français Aurélien Sanchez remporte la course la plus folle du monde
Champion d’Europe 2022 de course en montagne, Sylvain Cachard rêve de prendre sa revanche sur les Mondiaux de Thaïlande, où il a dû jeter l’éponge après quelques kilomètres, terrassé par la fièvre. Rencontre avec un jeune coureur de 24 ans qui a tout pour se faire un nom au panthéon du skyrunning et de la course en montagne.
Comment es-tu venu à la course à pied ?
Sylvain Cachard : Naturellement. J’ai toujours été dans la nature, à bouger avec mon petit frère. Après, on met un nom dessus, on dit coureur, mais c’est la même chose, on va dans la montagne et on s’amuse. Je faisais déjà des raids multisports quand j’avais 8/9 ans. J’ai pris ma première licence en athlétisme en 2012, j’avais 13 ans. Et j’ai participé à ma première compétition en 2016, en junior 1.
Sylvain Cachard : J’ai toujours voulu consacrer ma première partie de carrière sur la course en montagne, qui est un format très intense. Et avoir ce premier titre aux Europe l’an dernier, ça a été quelque chose qui me paraissait inaccessible et qui finalement a été possible. J’ai concrétisé ça, mais il y a trop de choses à découvrir pour faire et refaire les mêmes choses et je prends plaisir à faire énormément de courses différentes et de formats différents.
Tu viens de faire un bloc d’entraînement de 3 semaines aux Canaries. Si tôt dans la saison, c’est pour préparer quel objectif ?
Sylvain Cachard : Les Championnats de France de trail à la Cité de Pierres, mi-mars. J’aimerais beaucoup me sélectionner pour le Mondial sur le format 40 kilomètres. Donc j’ai coché cette belle case dans ma tête. Je crois qu’ils prennent le champion de France et un autre athlète pour aller au Mondial début juin, donc c’est l’objectif.
En même temps c’est très tôt dans la saison, je n’ai jamais fait un stage de trail en février, ça fait un peu bizarre. Normalement, à cette période de l’année, je suis encore sur les skis, je fais 2 ou 3 cross, mais jamais rien de spécifique. Donc le but, avec Nicolas Martin(son coach, vice-champion du monde de trail long 2022, NDLR), c’est d’arriver aux France en forme, mais de pas y arriver trop en forme pour ne pas rater la suite de la saison.
Il y a donc 2 options : sélectionné ou pas sélectionné…
Sylvain Cachard : Si je suis sélectionné pour le Mondial tant mieux, et je repartirai sur une bonne prépa pour le Mondial. Et si je ne suis pas sélectionné, je partirai sur Zegama, qui est la même distance que le Mondial (environ 40 kilomètres) et me fait autant rêver. Zegama est juste 3 semaines avant, donc à peu près la même période.
Ça, c’est pour la première partie de saison. Et ensuite ?
Sylvain Cachard : Le deuxième objectif sera Sierre-Zinal en août. Je n’ai jamais réussi à y aller à 100%. En 2021 je revenais d’un gros passage de surentraînement et j’étais à peine au début de mon rebond qui m’a permis d’aller chercher le titre un mois après aux France de Montagne. Et l’année dernière, j’ai eu un gros coup de mou après ma victoire aux Europe, où ça a été l’euphorie totale tout le mois de juillet. Je ne me suis pas reposé et je l’ai payé cher en août-septembre.
Pourquoi spécifiquement Sierre-Zinal ?
Sylvain Cachard : Cette course est pour moi la plus belle et que ce soit pour un coureur en montagne ou un traileur, quel que soit le terme que l’on emploie, c’est une course qui me fait bien rêver. Donc j’aimerais vraiment me concentrer pour arriver sur Sierre-Zinal en forme.
Mais si tu fais Innsbruck 2 mois plus tôt, tu penses pouvoir t’aligner en forme sur Sierre-Zinal ?
Sylvain Cachard : Je pense que c’est possible. C’est sûr que si je ne suis pas sélectionné et que je fais Zegama, qui est 3 semaines avant, l’enchaînement sera moins risqué. Si je fais les Mondiaux, on a calculé au niveau de la planification des cycles avec Nicolas, ça passe aussi. J’aurai vraiment le temps de me reposer après le Mondial avant d’attaquer la préparation de Sierre-Zinal.
Sylvain Cachard lors de la Skyrace des Matheysins 2022. Photo Margaux Lemap
Revenons quelques instants à ce qui fâche : les Mondiaux en Thaïlande 2022. Que s’est-il vraiment passé ?
Sylvain Cachard : En Thaïlande, c’était compliqué. C’était en novembre, en fin de saison, j’étais allé aux Etats-Unis en septembre, je sentais que j’étais sur la limite mais en même temps j’ai vraiment fait le job pour la prépa. Je me suis posé à Lyon, j’ai limité les voyages. J’avais un fond de fatigue mais j’étais quand même en forme. Et puis voilà, on arrive en Thaïlande, il y avait une partie de l’équipe qui allait faire des visites touristiques à droite et à gauche, mais moi je suis resté tout le temps à l’hôtel. Je savais que je ne devais pas me disperser. Que la fin de saison peut se jouer parfois à pas grand chose. Et qu’une journée de repos est une journée de repos. J’étais donc confiant et en forme.
Et la veille de la course, la cata ?
Sylvain Cachard : C’est ça ! La veille, à midi, en rentrant de la séance de déblocage, je me sens asphyxié. Je prends ma température, j’ai 39. Et ensuite j’ai eu 40° de fièvre pendant 5 jours ! Je me suis levé le matin de la course, j’arrivais à peine à me déplacer, j’ai pris le départ mais au bout de 3 bornes, c’était impossible. Mais j’ai pris le départ, c’est important ! Ça fait partie de mes valeurs d’essayer jusqu’au bout ! Ça s’est vraiment joué à rien. Mais je n’ai pas de regrets. J’avais été tellement pointilleux sur la préparation, les à-côtés, porter le masque, etc… Donc au final je ne m’en suis jamais voulu, c’est comme ça.
Tu excelles en course en montagne comme en skyrunning. Quels sont les domaines spécifiques à travailler pour être performant dans ces disciplines ?
Sylvain Cachard : Je considère qu’il faut partir sur une base commune à toutes les pratiques de la course à pied outdoor, que ce soit course en montagne, trail ou skyrunning. J’ai une vision assez triathlète de ce sport, c’est montée, plat, descente. Il faut être le plus complet possible dans les 3 disciplines. Si on rapporte ça au niveau du top mondial, le Suisse Rémi Bonnet est un très bon grimpeur, en plat il a fait des progrès et la descente est son point faible. Le Polonais Bart Przedwojewski, lui, est un très gros descendeur, mais a plus de mal en montée et sur le plat.
Prenez une image mentale de curseur, il faut faire en sorte d’avoir ces trois disciplines-là avec le curseur le plus haut possible. S’il y en a une ou 2 avec le curseur poussé à bloc mais une dont le curseur est dans les choux, ça sera un facteur trop limitant.
Et selon toi, où sont tes curseurs ? Ton entraîneur, Nicolas Martin, dit de toi que tu n’as pas de points faibles, que tu es excellent partout…
Sylvain Cachard : Je n’ai pas de points faibles, mais je n’ai pas non plus de points forts. Donc il faut que je joue avec ça. Si l’arrivée d’une épreuve est en haut d’une bosse et que j’arrive au pied de la bosse avec des gars qui sont de très bons grimpeurs, je l’ai dans l’os. Eux auront réussi à lisser leurs points faibles, et pourront jouer sur leur point fort. En course, il faut prendre en compte tous ces paramètres.
Photo Golden Trail World Series
Quels sont les autres facteurs à prendre en compte ?
Sylvain Cachard : Il faut rajouter les contraintes extérieures. Il y en a 2 que l’on redoute particulièrement en course à pied, c’est la chaleur et l’altitude. Et dans le skyrunning, c’est surtout l’altitude. Donc s’entraîner en conséquence, en montagne. Et il y a bien sûr le facteur technique. Le skyrunning est aussi une question de technique au sol, parfois hors sentier, sur des crêtes. Dans le technique, il y a une part d’inné, comme l’appréhension de son corps dans l’espace, qui est quelque chose de très important et qui ne s’apprend pas forcément. Mais il y a aussi une part d’acquis, qui se travaille.
À l’entraînement, on a souvent l’habitude de faire nos intenses, de faire nos sorties longues, mais de rester l’air de rien dans notre zone de confort. Par exemple, si on est pas trop à l’aise en descente technique, entre 2 descentes, une un peu roulante et une avec des cailloux, on a tendance à éviter celle avec des cailloux. Alors qu’en fait, des descentes, il faut en bouffer, et en bouffer encore, que ce soit à allure course ou à allure tranquille. C’est la clé pour travailler le technique. Faire le plus d’heures possible dedans pour diminuer l’appréhension.
Si tu avais une astuce de champion à donner, quelle serait-elle ?
Sylvain Cachard : C’est un truc que je fais souvent pour travailler le technique : aller dans les terrains très techniques, où il est quasi impossible de courir, ou qui sont très exposés, avec une notion de risque. Après, lorsque l’on revient sur des parcours type la Skyrace des Matheysins, comme c’est moins technique, cela nous paraît facile.
C’est ce qui s’est passé l’an dernier pour la Skyrace des Matheysins justement : je sortais d’un bloc d’entraînement à La Réunion, où c’était très technique, avec des cailloux, des racines, et du coup j’ai été à l’aise sur le parcours de la course. C’est une notion assez similaire à ce que l’on a dans l’alpinisme, où il y a des sorties où on sait que ça va être engagé à certains endroits, et où il faut essayer de faire des choses encore plus engagées, quitte à être assuré avec du matériel et des cordes de sécurité, pour ensuite, dans des zones moins engagées, pouvoir y aller en se sentant plus à l’aise. L’aller-retour entre différents niveaux de difficulté est très intéressant pour progresser en technique.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Sylvain-Cachard-Photo-Margaux-Lemap.png6461200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-17 05:00:002023-03-15 10:29:13La tête et les jambes, épisode 10 : Sylvain Cachard, l’hyper doué de la course en montagne
Kilian Jornet a rendu public son programme 2023. À son menu pour l’instant, une seule course : la mythique épreuve suisse de Sierre-Zinal, qui fêtera sa 50e édition le 12 août 2023. Une course qu’il a déjà remportée 9 fois, et dont il détient le record en 2h 25mn et 35s.
Kilian Jornet 2023 : une course “Objectif A”, sinon rien
La veille de l’annonce de son programme 2023 par son équipementier NNormal, Kilian Jornet a détaillé sur son compte Instagram la façon dont il choisit ses courses et projets. “Il y a 2 raisons principales de choisir entre les nombreuses courses merveilleuses ou projets alléchants. D’abord, le défi. En tant qu’athlète, j’aime me concentrer sur les courses et les projets où je devrai donner le meilleur de moi-même, m’entraîner dur et intelligemment et où l’incertitude du résultat est la plus grande. C’est pourquoi j’aime les compétitions avec de grands groupes d’athlètes ou des projets où l’échec est le plus probable.
Donc, si ce n’est pas l’un de ces objectifs A, je ne ferai que des courses locales en guise de préparation. Cela rejoint la deuxième raison. L’empreinte de mon activité. La course implique beaucoup de déplacements, et sachant que mon empreinte sera toujours importante, je veux la minimiser. Pour me permettre un seul voyage intercontinental et limiter mes autres voyages aux seules quelques courses où je trouve qu’elles sont significatives pour l’entraînement que j’ai fait.”
Kilian Jornet 2023 : des projets personnels et… Sierre-Zinal
Les fans de Kilian Jornet n’auront que leurs yeux pour pleurer : il n’y aura finalement qu’une seule grande course / objectif A au résultat incertain pour le Catalan en 2023. Et ce sera la fameuse course en montagne Sierre-Zinal, le 12 août. Un terrain qu’il connaît par cœur, et où il s’est déjà imposé à de nombreuses reprises. Mais un terrain où il a pu mesurer à chaque fois la qualité du plateau et les stratégies à adopter pour s’imposer. Et, surtout, un terrain où il a déjà perdu.
Avant cela, en avril-mai, Kilian Jornet se rendra dans les Himalayas pour un “trip” encore non détaillé. Il y a cependant fort à parier que ce sera une performance du côté de l’Everest. Cette aventure représentera son “grand voyage” annuel. Le mystère demeure encore sur sa deuxième partie de saison. Son équipementier indique un “long distance project / race”. Est-ce que ce sera un projet personnel ? Une course ? Pour l’instant, impossible de le dire…
Photo @smamaj
Sierre-Zinal, un parcours inchangé depuis… 1974 !
La course Sierre-Zinal est aussi appelée la Course des cinq 4000 car le parcours passe au pied de 5 montagnes culminant à plus de 4000 mètres. Elle est considérée comme l’une des plus belles courses de montagne du monde. Elle se déroule dans les Alpes valaisannes et relie la ville de Sierre au village de Zinal par le versant est du Val d’Anniviers. Le long du parcours, les coureurs aperçoivent successivement le Weisshorn (4506m), le Zinalhorn (4221m), l’Ober Gabelhorn (4063m), le Cervin (4478m) et la Dent Blanche (4357m).
Certains disent qu’elle est à la course de montagne ce que le marathon de New York est au marathon. Elle est aussi la doyenne des grandes épreuves de montagne d’Europe, puisqu’elle a été créée en 1974 par Jean-Claude Pont, un mathématicien, enseignant, historien des sciences et guide de haute montagne suisse. La course est alors ouverte à tous. Ainsi, concept révolutionnaire à l’époque, les femmes courent sur le même parcours que les hommes et les sportifs populaires sont invités à participer dans la catégorie « Touristes ». Malgré le scepticisme des autorités locales, la première édition est un succès, puisque 422 coureurs rallient la ligne d’arrivée.
Le parcours est très engageant : 31 km, 2200 mètres de montée, 1100 mètres de descente. Sierre-Zinal est une référence, à double titre. D’abord, parce que les meilleurs mondiaux s’y sont toujours retrouvés. Et surtout, parce que le parcours est inchangé depuis la création de l’épreuve en 1974 !
Le profil de Sierre-Zinal.
Sierre-Zinal : Kilian Jornet en route pour une dixième victoire ?
C’est en 2009 que Kilian Jornet a remporté son premier Sierre-Zinal. Depuis, le Catalan n’a manqué que 2 éditions, en 2012 et 2016. Et il n’a été battu que 2 fois, en 2011 et en 2022. C’est en 2019 que Kilian Jornet a réalisé sa meilleure performance, et s’est emparé du record de l’épreuve. À l’époque, et alors qu’il avait déjà remporté 6 fois la course, il bute toujours sur le précédent record, détenu depuis 2003 par le Néo-Zélandais Jonathan Wyatt en 2h 29mn 12s. Il le pulvérisera en réalisant un chrono stratosphérique de 2h 25mn 35s.
À l’époque, quelques jours avant la course, Kilian Jornet déclarait : « Sierre-Zinal est toujours un terrain concurrentiel où les coureurs de montagne rencontrent les skyrunners et les coureurs sur route. Cette édition sera épique, je pense qu’il y aura au moins 15 coureurs qui se battront pour la victoire. » Pour l’emporter et réaliser une telle performance chronométrique, le Catalan, qui a toujours réussi des descentes exceptionnelles, avait pris un départ ultra-rapide. À n’en pas douter, il ira chercher ce record pour la 50e édition. Ses adversaires sont prévenus : il risque de partir très très vite.
La 50e édition de Sierre-Zinal sera aussi et surtout l’occasion d’oublier l’édition 2022, désormais tristement célèbre. Si, sur le papier, la participation d’athlètes kényans avait permis d’espérer une course très rapide (et elle le fut!), elle a surtout été entachée par des affaires de dopage. Ainsi, le vainqueur masculin, Mark Kangogo, a été contrôlé positif à l’arrivée. Il a été logiquement disqualifié lorsque les résultats ont été rendus publics. Quant à la gagnante féminine, Esther Chesang, elle a été déclassée début janvier. Elle avait couru Sierre-Zinal alors qu’elle était sous le coup d’une suspension pour dopage !
Kilian Jornet juste avant de se faire coiffer sur le poteau par petro Mamu, à l’arrivée de Sierre-Zinal 2022. Photo Saragossa / GTWS
Pour Kilian Jornet, cette édition 2022 reste celle de sa moins bonne performance en terme de classement. En effet, il a terminé « seulement » quatrième (5ème avant la disqualification de Kangogo). Et ce, malgré un très bon chrono, son deuxième plus rapide. De plus, il s’était fait souffler une place comme un débutant par l’Érythréen Petro Mamu, s’étant relevé avant la ligne pour saluer les fans. À l’arrivée, beau joueur, il commentait les performances de ses adversaires. Et donnait déjà rendez-vous en 2023. « Quelle course ! Cette épreuve de 31 km avec l’une des plus belles vues sur les Alpes et l’un des plus beaux plateaux d’athlètes au départ ne déçoit jamais. Je suis tellement content d’être là cette année encore, pour ma 13ème participation, et de terminer en 5ème position. […]
Et quelle course de Mark Kangogo ! Cette accélération au sommet de la première montée était incroyable. Et bravo aussi à Andreu Blanes, qui est passé comme une fusée dans la descente ! De mon côté, je suis content de mon temps (2h 30mn 19s) mais déçu de mon ressenti. J’avais les jambes lourdes et des crampes dès le départ, il m’a donc surtout fallu réussir à tenir un rythme sans trop attaquer. Félicitations à tous les coureurs, bénévoles et organisateurs, et à l’année prochaine ! »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Kilian-Jornet-Photo-Matti-Bernitz.png6691200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-16 05:05:002023-03-15 07:37:37Kilian Jornet : une seule course en 2023, Sierre-Zinal !
Pour la plupart des coureurs, trail rime avec nature, liberté et oubli du chrono. Mais pour avoir de meilleures sensations de course et progresser en trail, les séances plus rapides (VMA) restent indispensables… Et peuvent se faire sur piste. En prime, nous vous offrons le TABLEAU DES ALLURES DE COURSE ET DES TEMPS DE PASSAGE, de 3000 mètres à 100 kilomètres, pour mieux travailler vos séances.
Pourquoi s’entraîner sur une piste pour un trail ?
Quel que soit son niveau de départ, pour celui qui désire progresser, les fondamentaux de l’entraînement sont les mêmes pour toutes les disciplines d’endurance. Lorsqu’on débute, ou suite à une période de repos après un long trail, il faut d’abord acquérir ou réacquérir la base, c’est-à-dire l’aptitude physique à reproduire longtemps le geste sportif. C’est la première phase où l’on habitue son corps à faire des efforts de longue haleine. La deuxième phase consiste à développer ses capacités à aller plus vite sur de très courtes distances, afin d’améliorer sa Vitesse Maximale Aérobie (vitesse que l’on peut soutenir au maximum sur 6 à 8mn), tout en veillant à conserver deux doses d’endurance pour une dose de vitesse. Et durant la troisième phase, on va accentuer le travail spécifique, afin d’acquérir la maîtrise de la technique propre au sport où l’on souhaite à la fois prendre du plaisir et progresser.
travail sur piste Photo DR
Travail sur piste et VMA
Vu que les séances que l’on effectue sur piste servent essentiellement à travailler la VMA, et que celle-ci ne peut être soutenue que pendant quelques minutes, on pourrait se demander s’il est bien utile de travailler à cette vitesse lorsqu’on prépare un trail qui va durer plusieurs heures. En fait, cette vitesse où l’on consomme son maximum d’oxygène, va déterminer la cylindrée de votre moteur. En courant de petites portions à cette allure rapide, vous allez améliorer votre VO2max, c’est-à-dire le volume maximum d’oxygène que vous arrivez à utiliser à l’effort.
Si vous prévoyez par exemple un trail que vous allez boucler autour des 3h, vous pouvez espérer y tenir une intensité de 85% de votre Fréquence Cardiaque Maximum, atteinte lorsque vous courez à 80% de votre VMA. Si vous améliorez votre VMA, votre vitesse à 80% de VMA va elle aussi s’améliorer. Ainsi, plus votre VMA sera élevée, plus vous serez potentiellement capable de courir vite, plus longtemps. Bien sûr, en trail, les terrains sont si variés, que l’on ne va pas pouvoir se repérer sur des vitesses linéaires, mais plutôt sur des pourcentages de fréquence cardiaque ou en vitesse ascensionnelle sur des portions montantes.
Concentration maximum
Contrairement à ce que vous allez pouvoir faire en nature, comme du fartlek par exemple, sur piste, vous ne risquez pas d’être déconcentré par votre environnement. Pas de chien qui traverse ou vous fonce dessus, pas de portion caillouteuse où la foulée sera modifiée… Sur une piste d’athlétisme, vous allez être totalement focalisé sur votre foulée et sur le chrono. Impossible de se mentir, les distances sont étalonnées, pas d’erreur possible sur l’intensité.
À côté des séances de VMA courte, du style « 2 séries de 10 x 200m à 100% de VMA, avec récup de 45s trottées entre les 200m et 2mn entre les 2 séries », ou de VMA longue du style « 6 x 1000m à 90% de VMA, avec récup de 2mn trottées », il va être intéressant de varier les distances pour coller aux changements fréquents d’allure en trail. Selon la technicité du terrain rencontré, la plupart des coureurs ne vont en effet pas pouvoir maintenir le même niveau d’intensité tout au long d’une épreuve.
Adoptez les séances pyramidales
Savoir varier les intensités tout en restant à fond dans son effort et dans l’optique de toujours progresser au maximum de son potentiel jusqu’à la ligne d’arrivée, n’est pas chose aussi aisée qu’il y paraît. En effet, après un bon début de course sur un certain nombre de kilomètres, en trail on est souvent freiné dans son élan par un passage très technique plus ou moins long où l’on doit ralentir, voire même marcher. Pour être capable de d’encaisser les nombreux changements de rythme imposés par la plupart des tracés, programmer des séances sur piste en pyramide peut constituer une part de la solution.
Cela va se traduire par exemple par 150m à 105% de VMA, Récup 30s + 300m à 100% de VMA, Récup 1mn + 500m à 95% de VMA, Récup 2mn + 1500m à 90% de VMA, Récup 3mn + 500m à 95% de VMA, Récup 2mn + 300m à 100% de VMA, Récup 1mn + 150m à 105% de VMA. Répétez cette série 2 ou 3 fois, en récupérant 3mn en trottinant entre chaque pyramide.
Tentez les montagnes russes
Autre style de séance possible, les séries uniquement montantes ou descendantes. Dans le premier cas, on part d’une distance courte comme un 150 ou un 200m à 105% de VMA par exemple, pour enchaîner, par un 300m à 100% de VMA, puis un 400 ou un 500m à 98 ou 95% de VMA, puis 600 à 800m à 95 ou 90% de VMA, puis 1000 à 1500m autour de 90% de VMA, puis 2000 à 3000m et enfin 4000 à 5000m à 85 ou 90% de VMA selon son niveau d’entraînement, séquence que l’on pourra répéter une fois.
Dans le deuxième cas, on fait l’inverse en débutant par la fraction la plus longue. Enfin, on peut adopter la séance « montagnes russes » en alternant une fraction courte et une plus ou moins longue. Il va sans dire que quelque soit le style de séance, la récupération se fera toujours en trottinant, durant un temps équivalent à la durée de l’effort pour les fractions courtes jusqu’à 400 ou 500m, et à la moitié du temps d’effort pour les fractions dépassant 600m.
Tableau des allures de course et des temps de passage
Faites le glisser sur le bureau de votre ordinateur et imprimez-le.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/02/travail-piste-Photo-DR.png5771200redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2023-03-15 05:00:002023-02-24 09:51:26Travail sur piste, tableau des allures de course et des temps de passage
Alors que le 29 mars sortira son livre Vivre d’aventures, Mathieu Blanchard s’est prêté au jeu du “Si tu étais…” L’occasion de découvrir certains aspects de sa personnalité, ses goûts et préférences, au travers de quelques mots choisis.
Mathieu Blanchard : Une tortue. D’accord, ça ne va pas très vite, mais ça gagne la course, en utilisant un aspect un peu plus stratégique. Elle me ressemble aussi sur le plan émotionnel. Elle est très molle à l’intérieur, un peu comme moi qui suis hypersensible, mais on ne le voit pas parce qu’elle a une carapace assez solide à l’extérieur. Et la troisième chose, c’est que c’est un animal de la terre et de la mer, un petit peu comme moi.
Photo Luca Ambrosi
Si tu étais un végétal ?
Mathieu Blanchard : J’hésite entre un cocotier et un olivier. Le cocotier, parce que j’ai grandi dans les Antilles, en Guadeloupe, ce sont mes racines, mes origines, et j’y suis très attaché. C’est sans doute cela qui a forgé ma personnalité et ma connexion à la nature. Ensuite, quand je suis rentré en métropole avec mes parents, j’ai grandi en Provence, entouré d’oliviers. Et les olives, on les retrouve partout dans notre culture culinaire, en tapenade, en huile d’olive…
Photo Dim Phan
Si tu étais un plat ou un aliment ?
Mathieu Blanchard : Une crème glacée parce que j’adore ça. C’est mon péché mignon. C’est une récompense après une course. Pour moi, une crème glacée, ça symbolise le bonheur. Ce petit cône que tu prends avec les doigts, ces boules dessus où chacun peut prendre plusieurs saveurs en fonction de sa personnalité. On hésite toujours avant de savoir quel parfum on va prendre. Et puis les enfants qui marchent avec leur crème glacée. Personne ne tire la gueule. Les gens sont toujours souriants avec une crème glacée à la main.
Photo Irene Krede
Si tu étais une odeur ou un parfum ?
Mathieu Blanchard : Encore une fois, un mix entre les Antilles et la Provence. Ce serait un mélange de poulet boucané (cuisson traditionnelle par la fumée dans un tonneau en métal) et de thym, parce que je passe beaucoup de temps à courir et à marcher dans les Alpilles et le Luberon quand je suis en Provence et que quand tu marches sur des brins de thym, il y a cette odeur que j’adore et qui persiste dans l’air.
Photo Anja Junghans
Si tu étais une couleur ?
Mathieu Blanchard : Un mélange de bleu et de vert, le mélange de la couleur de l’océan et celle de la forêt.
Photo DR
Si tu étais un film ou un livre ?
Mathieu Blanchard : C’est difficile, il y en a tellement. Je dirais Danse avec les loups de et avec Kevin Costner. Les États-Unis, la communauté autochtone qui se fait malmener par les colons, la connexion à la nature avec le loup, devenir un homme sauvage… Je me retrouve un petit peu dans ce personnage de Kevin Costner qui décide de déserter l’armée pour retourner à la nature, avec les autochtones. Et si c’était un Livre, ce serait L’alchimiste de Paolo Coelho.
Si tu étais un objet ?
Mathieu Blanchard : Une paire de chaussures de trail. Salomon évidemment, ce sont les meilleures ! Actuellement, je suis beaucoup dans les Genesis, des chaussures qui ont été développées pour l’aventure, le hors-piste, qui sont très solides, qui ne déchirent pas, et qui ont une très bonne protection du pied qui permet d’aller dans les pierriers, en dehors des sentiers. Elles n’étaient pas destinées à faire de la course, mais finalement j’ai fait l’UTMB avec. D’ailleurs, la Genesis est une chaussure qui me représente un peu aussi, qui est capable d’aller hors-piste, mais qui peut aussi de faire de la course.
Si tu étais un mantra ?
Mathieu Blanchard : C’est quelque chose qui avait été dit par Nicolas Vanier et par Mike Horn aussi, même si je ne me souviens plus de leur citation exacte. L’idée, c’est que le mot « rêve » n’est pas réservé uniquement à quelque chose qui se passe la nuit de manière inconsciente, mais que c’est quelque chose qu’on peut rendre réel quand on est éveillé. Pour moi, le rêve est un objectif très très ambitieux, qui va nous dépasser dans tous les sens du terme, quelque chose de l’ordre de la passion. Mais tous les jours, quand je me lève et que j’ai des idées un peu folles, mon mantra, c’est de me dire que ces rêves, je vais les réaliser dans la vraie vie.
Il y a des coureurs du dimanche, et puis il y a les vrais traileurs (du moins, c’est ce qu’ils croient). Vous avez encore du mal à faire la différence entre ces deux groupes pour savoir dans lequel vous vous situez ? Faites ce test, il vous aidera à mieux comprendre la subtile nuance…
Comptez 1 point pour chaque réponse « a », 2 points pour chaque réponse « b », 3 points pour chaque réponse « c » et 4 points pour chaque « d ».
1 – LORSQUE VOUS PRÉPAREZ UNE COURSE :
a. Vous vous intéressez vaguement à la préparation. b. Vous essayez de suivre à peu près un plan d’entraînement. c. Sauf catastrophe naturelle, rien ne vous détourne de votre plan. d. Vous bouclez vos valises pour Chamonix.
2 – LORS D’UN TRAIL, VOUS VOUS ARRÊTEZ AUX RAVITAILLEMENTS :
a. En prenant le temps de boire, de manger, de souffler. b. Pris d’une frénésie incontrôlable, vous saisissez et dévorez au hasard tout ce que vos mains peuvent attraper. c. Vous essayez de passer les premières tables embouteillées et de repérer du coin de l’œil les bénévoles qui proposent des gobelets pleins. d. Vous ne vous arrêtez aux ravitaillements que pour le plein d’eau, pour ne pas perdre de temps.
3 – VOUS CONSERVEZ VOS MÉDAILLES, T-SHIRTS DE COURSE ET AUTRES SOUVENIRS :
a. Dans un coin, tout cela doit traîner au garage. b. Sur votre bureau, au travail, histoire de faire bisquer les collègues. c. Dans une boîte à chaussures, sur une étagère. d. Dans votre « salle des récompenses », une pièce bouclée dont vous êtes le seul à avoir la clé.
4 – VOUS SAVEZ QU’IL EST TEMPS D’ACHETER UNE NOUVELLE PAIRE DE CHAUSSURES QUAND :
a. Vous en voyez en solde. b. Les copains du club vous font remarquer que vos semelles sont archi lisses. c. Vous vous aperçevez en contemplant votre carnet d’entraînement qu’elles ont déjà parcouru 3000 kilomètres (le temps passe vite). d. Vous les recevez directement de votre équipementier.
5 – VOUS NOTEZ VOTRE KILOMÉTRAGE :
a. Jamais. b. Parfois. c. Toujours. d. Dans un carnet relié en cuir, marqué avec votre propre sang.
6 – DANS VOTRE SALON, ON TROUVE :
a. Le programme télé bien sûr ! b. Esprit Trail et Jogging International. c. Un nouveau livre captivant sur la biomécanique en course par temps de pluie. d. Kilian Jornet, il habite chez vous quand il vient s’entraîner en France.
7 – SELON VOUS, UNE COURSE PARFAITE IMPLIQUE :
a. Prendre du plaisir à courir et finir, tout simplement. b. Atteindre votre objectif – peu importe l’objectif. c. Accrocher un nouveau record personnel. d. Épuiser tous les autres concurrents, jusqu’au dernier.
8 – SI VOUS DEVIEZ TROUVER UN MOT SYNONYME « D’ARRIVÉE », CE SERAIT :
a. Soulagement. b. Accomplissement. c. Victoire. d. Vomi.
9 – POUR VOUS, UN DÎNER NORMAL SE COMPOSE DE :
a. Une bonne pizza et un cola, y a rien de tel. b. Des protéines maigres, une part de glucides complexes et des légumes bios. Tout ça arrosé d’une bonne eau pétillante riche en sels minéraux. c. Des pâtes en sauce, dans un bol. d. Une feuille de chou (sans sauce).
10 – VOTRE VO2MAX EST :
a. Vous ne connaissez pas ce Max. b. Assez moyen pour votre âge. c. Excellent, merci. d. Enseigné dans tous les manuels de trail.
11 – VOUS FAITES DES SORTIES LONGUES :
a. Seulement en préparation d’un trail de plus de 40km. b. Environ une fois par mois. c. Tous les week-ends. d. Dans vos rêves seulement.
12 – DANS VOTRE CARRIÈRE DE COMPÉTITEUR, VOUS AVEZ GAGNÉ :
a. Rien, mais une fois vous avez trouvé un gel non utilisé, sur une course. b. Le titre, mérité, de champion de votre catégorie. c. Assez d’argent pour acheter un chalet à la montagne. d. La plupart des trails de votre région.
13- VOTRE SHORT DE COURSE EST :
a. Votre short du collège, il a grandi avec vous. b. Plutôt long, avec un cuissard intégré, vous êtes frileux. c. Taillé court, l’aérodynamisme ça compte. d. Bien trop compressif, votre médecin vous l’a déjà dit.
14 – VOTRE MORPHOTYPE EST PLUTÔT :
a. Endomorphe (développement du système digestif, tendance à la corpulence). b. Mésomorphe (bon développement musculaire, énergique, actif, dynamique). c. Ectomorphe (développement du système nerveux et du cerveau, tendance à la minceur, élancé). d. En forme de ressort hélicoïdal.
15 – VOUS UTILISEZ UN CARDIOFRÉQUENCEMÈTRE :
a. Jamais. b. Parfois. c. Presque toujours. d. Toute la journée, sinon impossible de mettre à jour en temps réel vos données physiologiques, nécessaires pour planifier vos entraînements.
16 – VOS PHOTOS SUR LA LIGNE D’ARRIVÉE RESSEMBLENT GÉNÉRALEMENT À :
a. un grand sourire b. content, mais épuisé c. tête en vrac, la langue pendante d. grimace de douleur et de désespoir
17 – POUR VOUS, LA FIN DE SAISON SIGNIFIE :
a. Une coupure durant quelques semaines. b. Diminuer votre kilométrage pour vous reposer et récupérer. c. Courir seulement 4 fois par semaine. d. Relire votre carnet d’entraînement, planifier vos cycles et cocher les courses pour la prochaine saison à venir.
18 – APRÈS UN ENTRAÎNEMENT ASSEZ INTENSE, VOUS RÉCUPÉREZ AVEC :
a. Une bonne bière devant la télé. b. Un smoothie de fruits frais. c. Un massage transverse profond et/ou une séance d’électrothérapie. d. Impossible, les tics nerveux sont trop violents.
19 – POUR VOUS, UN PETIT DÉJEUNER SE COMPOSE GÉNÉRALEMENT :
a. D’aliments consistants, la journée est longue. b. D’un café et une tartine. c. D’un thé vert, des céréales sans sucre. Et si vraiment vous avez très faim, un quart de banane. d. De 10 kilomètres et 300m D+ de réveil musculaire.
20 – HABITUELLEMENT, TOUT DE SUITE APRÈS AVOIR TERMINÉ UN TRAIL DE 25KM :
a. Vous êtes allongé sur le sol, des gens en blouses blanches s’affairent autour de vous. b. Vous cherchez la buvette pour boire une bière ou un coca, histoire de vous hydrater. c. Vous courez en sens inverse, pour un petit retour au calme. d. L’organisateur vous envoie votre chèque. L’échauffement c’est bien, mais là, vous avez un vrai trail à préparer.
21 – VOUS ALLEZ DANS UN MAGASIN DE COURSE SPÉCIALISÉ :
a. Jamais. b. Rarement. c. Assez souvent. d. Tous les jours, vous devez bien ouvrir aux clients.
22 – QUAND UN MARATHONIEN VOUS DIT QUE VOUS FAITES PARTIE D’UNE MÊME FAMILLE :
a. Vous jubilez. Courir est une fierté personnelle. b. Ah ah ah, petit plaisantin, va. c. Vous le corrige poliment, on ne mélange pas les torchons et les serviettes. d. Vous hurlez si fort qu’il se sauve, terrifié.
23 – QUAND VOUS SENTEZ UN COMMENCEMENT DE DOULEUR QUELQUE PART :
a. Vous prenez un jour ou deux de repos, mieux vaut prévenir que guérir. b. Vous misez sur l’entraînement croisé. Vélo et natation, pour reposer l’organisme. c. Vous allez de l’avant, mais vous y allez doucement. d. Vous courez plus vite, la douleur finit toujours par disparaître.
24 – LORSQUE VOUS ENTENDEZ «ON VA COURIR ?», VOUS PENSEZ IMMÉDIATEMENT :
a. Pourquoi ? Il y a un accident ? b. Pas sûr, vous avez déjà couru hier. c. De toute façon, vous deviez faire de l‘endurance. d. OK, mais jusqu’où ?
25 – VOTRE DERNIÈRE PENSÉE AVANT LE DÉPART D’UNE COURSE :
a. Vos nouvelles chaussures sont vraiment trop cool. b. Vous allez vous faire une bonne assiette de pâtes au saumon ce soir. c. Vous êtes ici pour vous battre. d. Tiens, y’a des Kényans aussi dans le trail maintenant ?
26 – VOTRE CITATION PRÉFÉRÉE POUR VOUS DONNER DU COURAGE :
a. « Une pizza offerte pour deux achetées », une pub qui passe en ce moment. b. « Le miracle n’est pas d’avoir terminé. Le miracle est d’avoir commencé », John Bingham. c. « Si tu veux courir, cours un kilomètre. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon », Emil Zátopek. d. « La douleur précède toujours le plaisir », le Marquis de Sade.
27 – POUR VOUS, LE KINÉ PARFAIT, C’EST AVANT TOUT :
a. Un CD : Sons de la pluie dans la forêt. b. Une séance en endurance. c. Un vrai coureur, au moins il sait quels muscles travailler. d. Des pattes d’ours, capables de plier de la tôle de fonderie.
Ça y est, fini les questions. Il est temps de faire les comptes des points…Photo DR
LES RÉSULTATS
MOINS DE 35 POINTS Vous ne faites pas partie des coureurs dits « sérieux ». Pour vous, le trail reste un loisir qui rime avec plaisir. Vous faites bien partie des coureurs du dimanche, et tant mieux. La course à pied n’est pas une prise de tête, juste un moyen d’être bien dans vos baskets.
DE 35 À 60 POINTS Vous êtes un coureur sérieux, mais vous arrivez à vous détendre (parfois). Une sortie entre amis, une journée en famille, voilà des réjouissances que vous appréciez encore (pour l’instant), mais vous évitez tout de même de croiser trop de passionnés de trail, ils vous rappellent à votre cruelle condition d’amateur éclairé. Méfiez-vous, la contagion vous guette.
DE 60 À 90 POINTS Attention, vous êtes sur une pente savonneuse. Votre famille s’inquiète pour vous, en êtes-vous conscient ? Le culte du cardio et du cuissard vous isole peu à peu du monde réel. Reprenez-vous avant qu’il ne soit trop tard (et lâchez ces baskets, l’entraînement est terminé).
PLUS DE 90 POINTS Stade terminal. Vous êtes cliniquement fou et vous ne reviendrez plus parmi nous (mais vos records personnels sont sans doute impressionnants). L’aiguille de votre balance n’a jamais dépassé 60 kilos, et vous en êtes à 10 séances par semaine. Vous resterez une énigme pour la science, aux côtés de forçats tels que Jim Walmsley, Kilian Jornet ou Anton Kuprika. Mais tant que vous ne faites de mal à personne…
Association d’intérêt général française, la Trail Runner Foundation a pour objet de sensibiliser le plus grand nombre à la protection de la nature et à agir concrètement à travers un comportement éco-responsable au quotidien, notamment dans la pratique du trail, de course à pied, de marche sportive ou de randonnée en milieu naturel. Parmi ses actions, elle vient de créer de nouveaux outils pour accompagner et motiver les organisateurs de courses à réduire au maximum leur impact environnemental. Comment ? On vous explique tout.
Trail Runner Foundation : une fondation née dans les Pyrénées
La Trail Runner Foundation est une association d’intérêt général créée en 2013 dans les Pyrénées, et agréée 1% for the Planet. Forte de plus de 1000 adhérents et de milliers de sympathisants, l’association a été créée pour sensibiliser le plus grand nombre à la protection de la nature dans le cadre de la pratique du sport outdoor. La devise de l’association, « courir utile », résume l’approche de ses membres : respecter la nature, ne rien jeter, et passer à l’action si l’occasion de ramasser un déchet se présente. En résumé, montrer l’exemple, par un comportement éco-sportif, notamment dans la pratique du trail, de la course à pied, la marche sportive ou la randonnée en milieu naturel.
Avec plus de 100 courses nature adhérentes, la Trail Runner Foundation prône un engagement éco-responsable des organisateurs de trail et de leurs participants, qui peuvent se porter candidats au label TRF, délivré aux courses respectant tous les points de sa charte éco-responsable.
Trail Runner Foundation : un label TRF pour l’exemplarité
Le label Trail Runner Foundation a été créé pour valoriser les courses exemplaires en termes d’éco-responsabilité. Ce label est délivré par l’ambassadeur local de l’association aux courses adhérentes qui sont en mesure de respecter l’intégralité de la charte Trail Runner Foundation, portant sur 5 points essentiels : 1) Reconnaissance / Nettoyage du parcours 2) Respect du site : balisage responsable, poubelles de tri 3) Sensibilisation : avant, pendant, après le trail. 4) Gobelets : aucun gobelet plastique jetable. 5) No trace : débalisage et contrôle après la course.
Trail Runner Foundation : des badges pour aller plus loin
En 2023, l’association souhaite encore plus pousser sa démarche « courir utile » en faisant évoluer son label Trail Runner Foundation. Comment ? Tout simplement en ajoutant des badges comprenant différentes thématiques. L’objectif est d’accompagner et motiver les organisateurs de courses à aller plus loin dans leur engagement. L’association a donc créé 4 badges qui viendront s’ajouter au label, en fonction de l’engagement des organisateurs de courses.
Pour obtenir un badge, il leur faudra donc respecter la charte du label ainsi que la charte du badge visé. Les organisateurs de courses peuvent obtenir un ou plusieurs badges à la fois. 1) Le badge « zéro déchet plastique » a pour objectif d’inciter les courses à réduire le plastique sur leur événement (suppression du suremballage, de contenants plastique…). 2) Le badge « kids » récompense les courses mettant en place des actions destinées à sensibiliser les enfants à un comportement éco-sportif. 3) Le badge « local et responsable » est attribué aux événements dont les ravitaillements sont locaux et les goodies utiles et responsables. 4) Le badge « mobilité douce » récompense les courses qui facilitent et promeuvent des modes de transport plus doux pour la planète.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/02/trail-runner-foundation.png12542024Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-05 05:00:002023-02-23 00:28:08Trail Runner Foundation : agir pour protéger la nature
Saint-Denis de la Réunion, jeudi 20 octobre 2022, 20h50. H-10 mn. Dans son sas de départ, avec les 2600 partants, Pierre Robillard, traileur stéphanois, apprécie pleinement le moment. Le bonheur d’être là, la chance de pouvoir participer à une telle aventure… Il nous raconte sa première Diagonale des Fous.
Dans la nuit, au beau milieu de la foule…
L’ambiance est très festive et nous nous élançons pour une douzaine de kilomètres en bord d’océan avec la foule amassée pour nous encourager. Un mélange entre une soirée du 14 juillet et une étape de tour de France ! 35 000 personnes selon les médias locaux. Assez incroyable ! Le vivre soi-même, c’est inoubliable. Seul bémol de ce début de course, il se déroule sur le goudron pendant quasiment la première heure et demi… L’air est empli d’un mélange de barbecue et de cigarette-qui-fait-rire. À essayer chez vous pour créer une ambiance tropicale !
Un bouchon se forme quand le sentier se resserre. Au premier ravitaillement (km 14), je m’arrête à peine ; j’ai assez de réserves pour tenir largement jusqu’au prochain (km 28). L’air est humide, la nuit totale, je reste concentré sur chacun de mes pas pour éviter la chute. Je m’arrête de temps à autre pour regarder la longue file des lampes frontales derrière moi. A 3h42 du matin, je passe à « Nez de Bœuf » à 2 028m d’altitude, au 40e km. Je profite du ravitaillement et des traditionnelles soupes chaudes de vermicelle présentes sur ce genre d’ultra. Je repars.
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Première panne… de frontale
Progressivement, le faisceau de ma frontale faiblit… La boulette, je n’ai pas vérifié l’état des piles depuis mon dernier trail ! Bien joué, « l’expérimenté » ! Je suis obligé de suivre de près d’autres coureurs pour profiter de leur éclairage. Mais au bout d’un moment, ça n’est plus possible, et si ça continue, je vais sûrement me casser la figure. Je me résous à utiliser les piles neuves que l’organisation nous a obligé à emporter, entamant donc leur capital alors que la deuxième nuit sera plus longue que la première.
Nous sommes en altitude, il ne fait pas très froid, mais cela suffit à raviver mon syndrome de Raynaud qui me fait perdre toute sensibilité des doigts. J’avise une sympathique bénévole qui ouvre ma frontale et remplace les piles à ma place…
870m D+ en moins de 2km !
Il est à peine 5 h, on peut enfin lever le nez et ranger nos frontales dans nos sacs. C’est reparti. Direction le point culminant du parcours (« Coteau Kerveguen »). On va encaisser 870m de D+ en moins de 2km puis enchaîner avec 1000m de D- sur les 5km suivants. Sur le papier (c’est-à-dire le road-book fourni par l’organisation, que j’avais consulté avant mais que j’ai grand plaisir à consulter après), il est indiqué pour cette partie : « Le sentier monte tout régulièrement jusqu’au passage des échelles métalliques. ». On ne doit pas être vraiment d’accord sur le sens de l’adverbe, tandis que la présence d’échelles vous en dit long sur le caractère abrupt du passage…
Nous sommes au km 72, le village est temporairement baigné de soleil, car jusqu’à présent le ciel était bouché d’une couche nuageuse et emmêlé dans une bruine quasi permanente. Quelle frustration de ne pas pouvoir profiter du paysage et de n’avoir qu’une chose à faire : gérer la technique, regarder ses pieds, enjamber racines, cailloux, et marches taillées dans la roche ou dans les chemins, de profondeur et de hauteur inégales… À Cilaos, on a accès à notre premier sac de rechange. Pour l’instant, c’est difficile. Je gère, mais je ne m’attendais pas à autre chose. C’est parce que la course n’a pas encore commencé. On me l’avait dit, je ne les avais pas cru.
Juste avant de repartir, je fais un crochet par une échoppe pour trouver miraculeusement un paquet de piles neuves. Le road-book indique que la prochaine montée sera « raide ». Je confirme (1200m de D+ en 6km) ! Dans le dur physiquement, je pensais alors que cette portion correspondrait à ma vitesse moyenne la plus faible (2,7km/h). Mais malheureusement, l’avenir proche me montrera que ce fût pire après. Lorsqu’on pointe mon dossard à 18h33 à Marla (point médian du parcours aussi bien en distance qu’en dénivelé), la nuit vient de tomber et c’est le début du pire moment de ma vie sportive qui commence.
Le parcours et le profil de la Diagonale des Fous 2022.
Le pire moment de ma vie sportive commence…
Une tempête sous mon crâne. Depuis Marla, il n’y a que 500m de D+ et environ 8km de distance jusqu’à la Plaine des Merles, le ravitaillement suivant. Mais chaque foulée paraît être un effort incommensurable. Je m’approche des 36h sans sommeil, je suis fatigué et les hallucinations visuelles ont débarqué, complètement loufoques. Un gros bulldog en faïence (qui s’avérera être un rocher noir et blanc), des pochoirs à l’effigie de Georges Clémenceau sur les contre- marches des chemins (des tâches de mousse), une grosse trottinette électrique (quelques bambous les uns sur les autres)… L’effet « ombres chinoises » est bien entendu décuplé par le balayage du faisceau des lampes frontales, mais c’est impressionnant.
Jusque-là, et si j’ose dire, rien de particulier. Mais entendre des voix, ça, ça ne m’était jamais arrivé. Et c’est très perturbant. D’autant plus que c’est complètement absurde : des bouts de phrases aléatoires qu’on pourrait entendre dans des journaux télévisés (« Anne Hidalgo pense que… », « les policiers ont décidé de ne pas négocier avec les manifestants… », « c’est l’économie toute entière… »). Elles reviennent toutes les minutes pour aspirer mon âme… Mon cerveau est en train de partir en sucette. Quant à mes jambes, elles tentent de faire leur boulot, mais n’en mènent pas large.
2,12 km/h : aucun risque d’excès de vitesse !
Morceaux de choix : « Attention, roches glissantes », « Prenez les mains courantes », « Une rude ascension vous attend avec quelques passages délicats », « Vous prendrez un raidillon escarpé ». Oubliez tout ce que vous pensiez connaître du vocabulaire courant ; venez plutôt à la Réunion pour apprendre le dialecte ! Ici, les mots ont un sens propre. Rude, c’est vraiment terrible ; délicat, c’est horrible. Les fameuses marches, elles sont toutes de taille, de profondeur et de hauteur différentes. Et surtout, elles sont partout ! À la montée, elles vous font lever les genoux en vous obligeant à appuyer dessus avec les mains pour vous propulser. À la descente, le participant commun dont je fais partie ne veut pas les dévaler comme on descend un escalier classique. Il faut les prendre une par une, une jambe après l’autre, ce qui explique la baisse drastique de ma vitesse, la plus basse sur tout le parcours (2.12km/h sur cette portion).
Photo Facebook Pierre Robillard / DR
Il n’y a plus de pilote dans l’avion
Même si l’avion continue de voler grâce à l’inertie. Je mets un pied devant l’autre par automatisme. Mon instinct de survie me rappelle que je dois dormir pour reprendre des forces – surtout mentales. J’ai essayé dans deux postes de ravitaillement, car entre les hallucinations permanentes, l’effort physique, l’attention de chaque instant pour éviter la chute ou la torsion de cheville, le tout dans un petit crachin qui d’habitude vous fait apprécier le 11 novembre, je me demande pourquoi je suis là. Tous ces efforts, ce temps passé, ces sacrifices (aussi bien personnels, qu’imposés à ma famille) pour souffrir autant !? Évidemment, je savais parfaitement que ça ne serait pas une promenade de santé, mais pas que j’en baverais à ce point…
Vers 3h du matin, je trouve une place dans un des lits de camp d’une tente servant « d’hôtel » du ravitaillement local. L’idée est bien pensée : vous vous inscrivez auprès du bénévole de garde qui note votre emplacement, votre prénom et la durée prévisible de votre réveil. Seul petit souci : les organisateurs n’ont pas imaginé d’arrêter ou même de diminuer le volume de la sono qui passe en permanence des chansons locales, certainement très entraînantes pour les soirées arrosées de rhum local, mais ici assez contreproductives. À quelques mètres de l’arrivée dans le campement, une bande d’adolescents hurlent « ALLLLLLLLLEZ avec le prénom » de chaque participant qui apparaît en gros sur son dossard. Dans ces conditions, je ne peux évidemment pas dormir… La tempête psychologique reprend de plus belle. Comment vais-je terminer ? Et dans quel état ? Et enfin, à quelle heure ? Tiendrai-je le coup d’une troisième nuit dehors dans cet état d’esprit ? Certainement pas.
Recherche motivation désespérément
Mon être tout entier n’est que souffrance. Mais depuis des mois, j’ai évoqué avec de nombreux interlocuteurs ma participation à la Diagonale, suscitant des félicitations alors même que je n’avais pas encore pris le départ. De plus, le dossard m’a été offert pour mon anniversaire. Alors, je ne peux pas lâcher et je ne lâcherai pas. Des corps jonchent le sol lorsque la topographie le permet, loin du tumulte du ravitaillement : des coureurs dorment où ils peuvent. Ça fait bizarre de découvrir des corps inertes qui apparaissent soudainement dans le faisceau de la frontale. On croirait évoluer entre les gisants de la basilique Saint-Denis avec une lampe de poche. Je trouve un rocher qui fait office de dossier pour m’y asseoir un instant pour une pause d’une dizaine de minutes, je suis trop las. Insuffisant pour que la tempête se calme puisque ce n’est pas un sommeil réparateur, mais une exigence instinctive de survie.
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Je me réveille dans un autre monde
Le jour se lève sur Mafate, sec et sans brouillard, dévoilant les immenses remparts constitués par les éruptions, les éboulements et l’érosion de ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. L’endroit est incroyable ! C’est pour ce décor que je suis venu. Psychologiquement, tout a changé. À « Deux Bras » (km 127, 7716 D+), un ravitaillement du même type que celui de Cilaos a été installé par les militaires du deuxième régiment parachutiste d’Infanterie de Marine. J’en profite pour faire une vraie pause, en particulier me faire masser les jambes par les élèves kinés qui ont installé de nombreuses tables sous les tentes. Ça fait un bien fou, aussi bien physiquement que psychologiquement. Comme sur un appareil électronique, je maintiens enfoncé le bouton « marche forcée » de mon corps pour attaquer la grosse montée vers « Dos d’Âne » et sortir du cirque de Mafate. Après (soit 800m de D+ à parcourir en 5km), ce sera l’océan. Évidemment, c’est encore des marches, des marches et des marches, mais ma perception a totalement switché, le sommeil m’a donné un coup de boost.
Le soleil chauffe sur le « Chemin Ratineaud »
Il y a des mains courantes sans lesquelles on ne pourrait tout simplement pas passer. C’est vous dire si le chemin est « escarpé », selon la définition du road-book ! Avant d’arriver vraiment dans la ville de la Possession, on emprunte quelques kilomètres de voie goudronnée. Quel plaisir d’avoir sous les pieds un terrain lisse ! Il ne reste alors que deux difficultés sur environ 21km et 1 500m de D+, sans problème en temps normal. Mais la « normalité » n’existe pas ici !
J’allonge la foulée sur les roches volcaniques du Chemin des Anglais qui sont autant de « pavés » de cette large voie ascendante. On dirait un peu une voie romaine où la roche noire aurait remplacé le pavé gris. Rapidement, la chaleur du soleil ainsi que celle emmagasinée par les roches et qu’elles réverbèrent, me font prendre un coup de chaud aggravé par un coup de fatigue. Je dois faire une pause de quelques minutes, adossé contre un gros bloc de pierre où je ne trouve pas la moindre ombre. On finit par redescendre à « Chaloupe », il est 13h ce samedi, j’ai démarré il y a 40 heures. Mes paupières tombent, je lutte.
Photo Facebook Pierre Robillard / DR
Bienvenue dans « le Colorado » !
Pour y accéder, il faut d’abord emprunter une autre partie du Chemin des Anglais. Les pierres sont encore plus brûlantes et inégales, difficile de trouver des appuis. Ce final est interminable… Cette fois-ci, il ne reste qu’un peu plus de 5km et demi jusqu’à l’arrivée dans le stade de « La Redoute » de Saint-Denis. Euphorique, je me prends à courir sur les quelques hectomètres d’une voie cimentée avant d’être rattrapé par l’implacable réalité de l’île. C’est le retour du triptyque infernal : marches, racines, cailloux éparpillés et instables.
La pente est globalement descendante, je reste extrêmement prudent, ce n’est pas le moment de se blesser. Bien sûr, je suis rattrapé et doublé par plusieurs concurrents, dont j’admire l’agilité. Je rattrape un gars avec une jambe strappée qui avance avec deux béquilles. Comment fait-il pour les poser sur ce sol ? Si près du but, je sais qu’il ira au bout, quelle que soit la durée restante…
Je pose enfin le pied sur la ligne d’arrivée après 43h 53mn 55s, soit 1 heure de moins que mon objectif le plus optimiste. 532e au général… J’essuie un fugace sanglot d’émotion ; c’était tellement dur et beau à la fois. Ce genre d’épreuve me fait me sentir totalement « vivant » ! J’y ressens des émotions extraordinaires qui donnent sa pleine valeur à la vie. De la joie et de la douleur, des rencontres avec les autres et… moi-même.
Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail N°129.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/02/Pierre-Robillard-Open-Photo-Facebook-Pierre-Robillard-DR.png12842426redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2023-03-03 05:00:002023-02-23 12:42:37La tête et les jambes, épisode 9 : Pierre Robillard, le récit du fou