Plus de vitesse, plus d’intensité, plus de kilomètres… À peu près tous les traileurs qui attrapent le virus de la course nature finissent par avoir envie de courir plus et d’allonger la distance, voire d’aller côtoyer le mythique « ultra ». Mais en voulant en faire trop et trop vite, certains en oublient les fondamentaux et négligent certaines séances qu’ils jugent inutiles à leur progression. Parmi elles, le run de récupération, souvent considéré comme des kilomètres inutiles sans valeur ajoutée. Quel est l’intérêt de ralentir quand on essaie d’aller plus vite ? La vérité est que ces runs de récupération, combinés à un repos et un sommeil constants et suffisants, ainsi qu’à une hydratation et une nutrition adéquates, sont tout aussi importants que les séances de fractionné les plus intenses de votre plan d’entraînement. Explications et conseils de mise en pratique.

Run de récupération : en quoi ça consiste ?

Un run de récupération est un effort relativement court et facile que les athlètes effectuent généralement après une séance d’entraînement intense, une course longue ou une compétition. Il ne s’agit pas nécessairement d’atteindre un rythme déterminé, mais votre effort doit être très contrôlé et facile. Votre fréquence cardiaque doit être faible (Zone 1 ou Zone 2 si vous vous entraînez selon la fréquence cardiaque), votre respiration doit être détendue et vous devez facilement pouvoir poursuivre une conversation. Ce n’est pas le propos, mais si on vous disait de courir à ce rythme pendant deux heures, votre rythme devrait être suffisamment facile pour que vous puissiez le faire.

Vous pensez que c’est inutile ? Au contraire, ces runs jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de votre condition physique et dans le maintien de la santé de votre corps. En effet, lors de vos séances en intensité ou de vos courses en compétition, vos fibres musculaires sont fortement sollicitées et se décomposent. Elles « flottent » alors autour du système fascial, et il est nécessaire de les drainer hors de votre organisme. C’est justement le rôle du run de récupération !

Run de récupération
Photo DR

Récupération : comment évacuer les fibres endommagées ?

Après une séance intense ou une compétition, il existe deux manières de récupérer :

La première, c’est en adoptant une approche passive, donc sans run de récupération. Votre corps prendra son temps pour se débarrasser tout seul de ces fibres endommagées, sans pour autant les éliminer toutes, ce qui entraînera des muscles raides et endoloris qui pourraient ne pas être complètement préparés à travailler à nouveau lors de votre prochaine course. Conséquence : des courses inefficaces, des sensations douloureuses et des blessures potentielles.

La seconde façon est d’adopter une stratégie plus active en faisant des runs de récupération. Le mouvement contribuera à augmenter le flux de sang et d’oxygène et à extraire les fibres endommagées de votre organisme afin que vos muscles puissent se réparer et se reconstruire.

Loin d’être inutiles, les runs de récupération permettent donc de mettre en place un cycle efficace de régénération des fibres musculaires et de récolter les bénéfices de votre entraînement. Ils sont également susceptibles d’aider à réduire l’inflammation et la douleur que peuvent déclencher un entraînement d’endurance plus intense. Ainsi, si vous vous sentez tendu ou raide le lendemain d’une sortie tempo ou d’une séance en intensité, faire une course facile peut aider à augmenter le flux sanguin et à détendre vos muscles pour soulager les raideurs et les douleurs. En fonctionnant à une intensité bien moindre, les systèmes physiologiques peuvent se reposer tout en étant sollicités, ce qui permet une mobilité tissulaire essentielle qui vous aide à rester en bonne santé.

Run de récupération : les deux principales erreurs à ne pas commettre

1/ Courir trop fort tout le temps

Même si vous pensez que le secret pour devenir plus fort et plus rapide réside dans les entraînements de vitesse, si vous continuez à courir dur à chaque séance, vos muscles se détérioreront et n’auront jamais la chance de se reconstruire et de devenir plus forts. Les runs de récupération sont importants car c’est là que se produisent les adaptations de l’entraînement. Si vos muscles sont toujours en panne sans avoir le temps de se réparer, vous ne deviendrez pas plus fort et vous risquerez des blessures et un épuisement de surentraînement, ce qui ne vous aidera pas non plus à aller plus vite.

2/ Ne pas faire de runs de récupération

Si vous pensez que les runs de récupération en trottinant n’ont pas d’importance dans le cadre de votre progression et de votre objectif de courir plus vite, vous faites une grave erreur. D’abord, parce que vous n’allez pas aider votre organisme à éliminer activement les fibres endommagées – les étirements ou massages avec rouleaux de mousse ne sont pas suffisants ! -, ensuite parce que vous n’accumulez pas de kilomètres supplémentaires, toujours utiles pour progresser en endurance fondamentale en développant votre base aérobie sans trop demander à votre corps et sans augmenter les risques de blessure.

run de récupération. Photo Cyrille Quintard - Cimalp
Photo Cyrille Quintard – Cimalp

Run de récupération : quand le sauter ?

Parfois, un repos total au lieu d’une course de récupération peut être approprié, voire recommandé. Par exemple, si vous vous sentez plus fatigué, endolori ou lent que d’habitude un jour ou deux après grosse séance ou une compétition, il peut être préférable de prendre une journée complète de repos. Vous pouvez aussi privilégier l’entraînement croisé en faisant du vélo, ou en allant nager, ou marcher. Sauter un run de récupération peut également être prudent si vous ressentez les symptômes d’une blessure due à une sur-sollicitation, comme une tendinite d’Achille ou le syndrome de l’essuie-glace. Enfin, les jours de repos total jouent un rôle essentiel dans tout plan d’entraînement pré-établi. De nombreux athlètes élite, en tête desquels l’Américaine Courtney Dauwalter, « The Machine », prennent ainsi un jour de repos total chaque semaine ou tous les dix jours à deux semaines pour une réinitialisation physique et mentale totale.

Réussir une séance de récupération, mode d’emploi

Si vous êtes à l’écoute de votre corps, vous connaissez la différence entre un effort facile et un effort difficile. Mais si vous n’êtes pas à l’aise avec ce ressenti intuitif, gardez un œil sur votre montre pour pouvoir suivre votre fréquence cardiaque et votre rythme. Assurez-vous que vous effectuez réellement des courses de récupération avec un effort facile, dans la Zone 1 ou 2.

Si ce genre de course ne vous enthousiasme pas, essayez d’augmenter le facteur plaisir, par exemple en allant courir avec un ami pour discuter pendant la séance, ou en profitant de celle-ci pour écouter un podcast, ou encore en allant courir dans un endroit que vous aimez bien et où vous n’avez généralement pas le temps de contempler le paysage – avec une préférence pour les surfaces souples et les profils d’élévation plutôt plats.

Et surtout, car c’est bien là le principal, n’oubliez pas que ces runs de récupération sont un élément à part entière de votre entraînement et un levier de progression essentiel. Il y a beaucoup de choses dans la course à pied que nous n’aimons pas faire, comme les séances de fractionné à haute intensité où on se sort les tripes, ou les séances de récup en trottinant à faible allure, mais c’est le fait de respecter les étapes de ce processus d’entraînement et de faire preuve de discipline dans leur réalisation qui nous permet de devenir un coureur plus fort à tous les niveaux.

Photo The North Face - Jame Poole
Photo The North Face – Jame Poole
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À un moment donné de sa vie, chaque coureur cesse de s’améliorer. Les performances en course commencent à stagner et il devient plus difficile d’établir un nouveau record personnel (RP). Ces plateaux de performance, courants, surviennent souvent après trois à quatre courses sans résultat notable, et ce malgré une bonne préparation. Même si tous les indicateurs tendent vers une amélioration, celle-ci ne se produit tout simplement pas. Pourquoi ? Plutôt que vous décourager et baisser les bras avec fatalité, il s’agit alors d’identifier les « points noirs » dans votre entraînement – d’où l’importance de tenir un journal d’entraînement – qui conduisent à ces plateaux de performance et vous empêchent de courir plus vite. Vous saurez alors comment réagir pour recommencer à progresser.

Plateau de performance : les dysfonctionnements annexes

Avant de commencer, abordons rapidement les quelques dysfonctionnements annexes qui ralentissent généralement la progression. Chaque fois que vous vous entraînez dur ou que vous voulez aller chercher un résultat sur une course, il est nécessaire d’éviter autant que faire se peut ces situations pour ne pas impacter votre forme physique.

– Manque de sommeil. Cela réduit la récupération et l’adaptation à vos entraînements.
– Des niveaux élevés de stress. Le stress professionnel, familial ou relationnel peut libérer des hormones de stress qui réduisent votre capacité à récupérer après des séances d’entraînement intenses.
– Faible disponibilité énergétique. Ne pas manger suffisamment de calories peut vous prédisposer aux blessures osseuses, au manque d’énergie et à une mauvaise récupération.

Si vous dormez bien, n’êtes pas trop stressé et si vous mangez suffisamment, vous êtes prêt à vous entraîner dur et à performer. Alors si vous stagnez malgré tout, la question de comment maintenir le cap et éviter un plateau de performance se pose, vérifiez que vous ne butez pas à cause d’un de ces cinq points noirs de la progression.

Lire aussi : Les 5 meilleurs entraînements simples pour augmenter sa vitesse de course ICI

Performance 2 Photo Stéphane Demard
Photo Stéphane Demard

1. Plateau de performance : votre kilométrage ne progresse pas

Si vous souhaitez continuer à progresser en course, votre entraînement doit continuer à progresser au fil du temps. Or de nombreux coureurs passent des années à courir à peu près le même niveau de kilométrage, avec seulement de petites augmentations pendant quelques semaines durant les pics d’entraînement. Beaucoup d’entre eux se comportent ainsi parce qu’ils ont peur des « kilomètres inutiles ». Cela signifie que chaque cycle d’entraînement se ressemble : un kilométrage de départ très faible qui augmente progressivement au cours d’une saison de 16 à 20 semaines et se termine à peu près au même niveau que celui du cycle précédent.

Mais si les coureurs veulent terminer les courses plus rapidement que jamais, ils doivent en contrepartie s’entraîner comme jamais auparavant. Cela signifie généralement courir davantage, afin d’avoir une capacité d’endurance accrue. Tant que les augmentations sont progressives et que vous êtes en bonne santé, il est donc raisonnable de supposer qu’un kilométrage plus important est une bonne chose.

2. Plateau de performance : les blessures empêchent la cohérence de vos entraînements

Malheureusement, les blessures sont une partie courante et incontournable de la vie d’un coureur. Environ 50 à 75 % d’entre eux subissent une blessure chaque année. Si vous faites partie de ces coureurs qui doivent s’entraîner en gérant des blessures chaque saison, c’est assurément un facteur majeur dans votre incapacité à continuer à progresser. Car il n’y a pas d’« ingrédient secret » pour réussir en tant que coureur : il faut une cohérence dans le temps. Aucun objectif d’entraînement ne peut être atteint sans cohérence. Résoudre ce problème de blessures débloquera donc de nouveaux niveaux de forme physique lorsque vous serez en mesure de vous entraîner de manière plus cohérente.

3. Plateau de performance : l’entraînement de vitesse n’est pas votre priorité

L’entraînement de vitesse est souvent négligé au profit de l’entraînement en endurance fondamentale. On parle généralement d’un rapport 80%/20%, voire moins. Pourtant, travailler la vitesse présente bien plus d’avantages que le simple fait de vous aider à courir plus vite. Des entraînements de vitesse peuvent :

– Améliorez votre économie de course à pied, afin de pouvoir faire le même effort avec moins d’énergie ;
– Augmentez le rythme de votre rythme aérobie maximum, afin de pouvoir courir plus vite sans vous endetter d’oxygène ;
– Améliorez votre capacité à produire de la force, afin que vous puissiez littéralement courir plus vite.

Même les ultra-traileurs tireront un bénéfice d’un entraînement de vitesse stratégique et bien dosé. Ainsi l’entraînement « R » par répétition imaginé par le célèbre coach Jack Daniels, qui comprend de courtes répétitions à une vitesse très rapide avec une récupération complète, permet d’augmenter le débit cardiaque, d’améliorer la mécanique de la foulée et l’économie de course. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’aucun coureur n’atteindra son potentiel sans effectuer des entraînements de vitesse.

Performance 3 Photo Stéphane Demard
Photo Stéphane Demard

4. Plateau de performance : vos sorties longues ne sont pas suffisantes

Chaque traileur ou ultra-traileur rêve d’être plus endurant. C’est sans surprise l’une des compétences physiques les plus prisées. Cela signifie que nous devons donner la priorité à la séance d’entraînement qui développe le plus l’endurance : la sortie longue. Elle constitue la pierre angulaire de l’entraînement d’endurance car elle apporte de nombreux avantages :

– Des capillaires plus denses, qui permettent un meilleur transport de l’oxygène vers les muscles sollicités par l’effort ;
– Des muscles plus forts, car oui, courir très longtemps augmente la force ! ;
– Une meilleure mécanique de course
, car votre cerveau apprend par la pratique à améliorer subtilement l’efficacité de votre foulée ;
– Une force mentale, qui permet d’être psychologiquement à l’aise en courant pendant deux à trois heures ;
– Une amélioration du rendement énergétique, puisque vous parviendrez mieux à économiser le glycogène musculaire et à brûler plus de graisse en pourcentage des calories globales brûlées.

Tout comme l’entraînement de vitesse, la sortie longue est donc essentielle dans la progression du coureur, et doit s’inscrire dans tout programme d’entraînement cohérent. S’en priver, c’est assurément stagner.

5. Plateau de performance : vous ne courez pas assez

La course est une compétence qui doit être développée, affinée et perfectionnée avec la pratique. Si vous ne courez pas régulièrement, vous ne pourrez pas vous perfectionner. Le parti pris de nombreux entraîneurs est d’encourager à faire davantage de sorties sur des distances plutôt courtes, entre 10 et 20 kilomètres. Les sorties sur des distances plus longues, 30 à 40 kilomètres, même si elles sont essentielles à la progression, sollicitent davantage l’organisme corps et nécessitent un temps de récupération supplémentaire. Vous ne pouvez donc pas courir suffisamment souvent lorsque vous multipliez les séances sur ces distances. Cela signifie que les courses sont nécessairement moins fréquentes. Les ultra-traileurs doivent savoir doser s’ils veulent progresser et endurance et éviter les blessures.

Plateau de performance : travaillez tous les secteurs

Vous l’aurez compris, si vous voulez éviter de stagner et continuer à progresser dans votre pratique, vous devez travailler sur tous les fronts. La vitesse engendre la vitesse, et vous serez mieux disposé à vous améliorer si vous vous améliorez déjà sur les autres plans. Vous accélérerez également votre courbe d’apprentissage. Ainsi, même si chaque coureur rencontre tôt ou tard des « plateaux de performance », les cinq « points noirs » que nous avons listés permettent, lorsqu’ils sont identifiés, de changer de cap. Analysez votre journal d’entraînement, voyez si vous faites l’une de ces erreurs et vous pourrez bientôt franchir votre propre plateau.

Performance 4 Photo Stéphane Demard
Photo Stéphane Demard
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En démonstration à Zegama, où il a atomisé la concurrence en imposant un rythme de course insoutenable, Kilian Jornet a prouvé qu’il était l’un des meilleurs coureurs du monde, que ce soit en descente, son point fort, comme en montée. Sa capacité à garder une petite foulée cadencée, même dans les passages les plus raides de la course, a fait la différence. Alors quand le « Patron » donne des conseils et partage ses deux exercices préférés pour progresser en montée, on prend les yeux fermés.

Lire aussi notre article Zegama 2024 : Kilian Jornet atomise la course

Progresser en montée : les conseils de Kilian Jornet 

Pour progresser en course en montée, il faut travailler notre capacité cardiovasculaire (VO2) et la force des jambes. Il est important de ne pas oublier le travail à plat puisque jusqu’à 25% d’inclinaison la vitesse horizontale, l’amplitude et le dynamisme de la foulée et le rebond jouent encore un rôle important. Il est également intéressant de noter que des sports comme le ski-alpinisme, le cyclisme ou le ski de fond, où l’élasticité n’est pas si importante mais où c’est la force musculaire qui produit le mouvement, sont importants pour travailler la force mécanique et constituent des entraînements très efficaces pour la course en montée.

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Entraînement hivernal de Kilian Jornet en skimo. Photo DR

Voici donc les principes fondamentaux qu’un athlète devrait travailler pour devenir un bon grimpeur :

Améliorer le VO2max

Ce n’est un secret pour personne qu’être un bon coureur en montée, surtout sur des pentes au-delà de 15%, exige une grande capacité cardiovasculaire. Plus notre VO2max est élevé, plus nous transportons d’oxygène vers les muscles. Or, comme nous l’avons vu, plus l’inclinaison est grande, plus le travail musculaire est important. Pour améliorer le VO2max, il faut effectuer de nombreux entraînements spécifiques, de type (30×30, 60×60, 2-3′ répétitions, intervalles de lactate…). Le poids est également important : plus le coureur est léger, plus l’équilibre puissance/poids sera élevé.

Travailler la force

La puissance des jambes est importante, et en particulier les mouvements excentriques et concentriques dans les montées raides où la vitesse horizontale est faible et où le plus important est d’avoir une bonne vitesse verticale. Les mollets, les fessiers, les tendons d’Achille, les quadriceps et le psoas sont les principaux muscles à travailler spécifiquement.

Travailler l’élasticité des chevilles

La différence de vitesse en montée entre deux coureurs ayant le même VO2max et la même force dans les jambes sera l’élasticité / rigidité de leurs chevilles, qui produira un rebond et leur fera allonger la foulée de quelques centimètres. Progresser sur ce plan peut demander des années de travail en montée.

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Kilian Jornet lors de l’édition 2022 de Zegama, où il a établi le record de l’épreuve. Photo SketchingtheFuture

Progresser en montée : les 2 exercices préférés de Kilian Jornet 

RÉSISTANCE MUSCULAIRE

Un bon entraînement en montée consiste à trouver une montée raide (25-35%) de 500 à 750m de dénivelé et à faire 2 à 3 répétitions. Faire la première à 85% de VO2max, puis récupérer en descente. Afin de gérer la fatigue, faire les 2ème et 3ème répétitions à 75-80% de VO2max, puis récupérer en descente. C’est une séance intéressante pour travailler la résistance musculaire et le seuil d’endurance.

FORCE MUSCULAIRE

Pour travailler la force pour pouvoir gravir des pentes plus longues en courant, une bonne façon de s’entraîner est de trouver une pente raide et longue (30-35%) et de faire un exercice de fartleck en changeant de rythme toutes les 3 minutes, en alternant entre travail cardio (petits pas mais cadence élevée) et travail de force (cadence plus lente mais foulée plus allongée, presque comme sauter). Et cela sur 300 à 700m de dénivelé.

Kilian Jornet © DR
Photo NNormal / DR
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Pour progresser sur des points précis ou pour revenir à l’entraînement à la suite d’une blessure, rien ne vaut le test de technique de course. Il permet de déterminer les forces et faiblesses du coureur, donc d’établir un programme adapté qui tienne compte de l’évolution de la condition physique, et de mesurer les résultats après quelques semaines d’entraînement. Exemple avec le cas de Blandine L’Hirondel, devenue championne de France de trail long 2024 après 3 mois d’arrêt sur blessure.

La blessure, ennemi n°1 des coureurs

Dans le monde de la course à pied, les revers sont inévitables. Il y a deux ans, François D’Haene l’a expérimenté, avec plusieurs blessures successives qui l’ont tenu loin des sentiers pendant près d’un an. Plus récemment, début avril, Sylvain Cachard a ramené une fracture de fatigue au pied d’un stage d’entraînement à La Réunion, tandis que Mathieu Delpeuch, après cinq mois de préparation pour revenir à son meilleur niveau pour les Championnats de France de trail, était victime d’une fracture de fatigue au niveau du bassin.

Quant à Blandine L’Hirondel, double championne du monde en 2019 et 2022, elle n’aurait jamais pu imaginer ce qui allait lui arriver juste après être montée sur la 3ème marche du podium de son premier 100 miles, l’UTMB Mont-Blanc, début septembre 2023. Dans l’excitation liée à sa performance, la leader du Kiprun Women Team n’a pas observé un temps de récupération d’après course suffisant, reprenant trop rapidement et à trop haute intensité. Résultat : elle a subi en octobre une fracture de stress dans son talon gauche, synonyme d’arrêt complet de tout entraînement.

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Blandine L’Hirondel à l’arrivée de l’UTMB 2023, où elle finit 3ème. Photo-UTMB-Group

Retour de blessure, le cas de Blandine L’Hirondel

Il lui a alors fallu trouver un programme parfaitement adapté, mêlant entraînement croisé et travail de réhabilitation du pied, pour pouvoir progressivement reprendre la course à pied plus de 3 mois et demi après sa blessure. Le graphique de tendance de la condition physique de Blandine L’Hirondel, tel qu’il apparaît dans le Training Hub Coros, permet de mieux comprendre ce qu’il s’est passé, les raisons de sa blessure et sa stratégie, sachant que la condition physique considérée ici fait référence à la capacité à supporter des séances d’entraînement plus difficiles, tandis que l’évolution de l’intensité fait référence à la fatigue qui accompagne l’entraînement.

TABLEAU 1 CONDITION PHYSIQUE Source Coros
Tendance de la condition physique et de l’intensité de Blandine L’Hirondel entre le 1er août 2023 et le 17 mars 2024. Source Coros

Comme on peut le constater, Blandine L’Hirondel a dû observer trois mois de repos et de rééducation avant de pouvoir reprendre progressivement la course à pied. Immédiatement après sa blessure, elle s’est déplacée avec des béquilles pendant trois semaines avant de pouvoir commencer un entraînement croisé léger, à base de vélo et de marche à pied. Après avoir tenté de reprendre la course à pied à la huitième semaine, début février 2024, elle a ressenti des douleurs, ce qui a retardé son rétablissement de deux semaines.

Tout au long des trois mois de rééducation, Blandine L’Hirondel a travaillé avec son kiné pour s’assurer qu’elle reprenait le sport intelligemment et en toute sécurité. Après 12 semaines de rééducation, elle a enfin été autorisée à reprendre la course à pied en se concentrant sur l’augmentation progressive du temps passé à courir. Son volume horaire est ainsi passé de 15 minutes à 1 heure en seulement deux semaines !

Test de technique de course : pour un retour bien encadré

Le test de technique de course est un outil pratique qui permet au coureur d’identifier ses forces et ses faiblesses d’un point de vue biomécanique. En fonction des résultats obtenus, il peut mettre en place un plan d’entraînement musculaire pour améliorer ses points faibles, puis refaire le même test après quelques semaines de pratique régulière des exercices ciblés pour voir s’il y a une amélioration. (Attention cependant, la vitesse jouant un rôle important dans la technique de course – plus vous courez vite, plus vous êtes efficace -, il est important de comparer ces valeurs avec des allures similaires au fil du temps.) Ce test de technique de course a été un outil supplémentaire dans le retour de Blandine L’Hirondel à la course à pied.

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Photo DR

Les 2 tests de technique de course de Blandine L’Hirondel

Au cours de sa rééducation, elle a effectué deux tests à trois semaines d’intervalle afin de voir de quelle façon le travail qu’elle effectuait à l’entraînement et avec son kiné l’aidait à améliorer sa condition physique.

Après avoir couru pour la première fois le 6 février, Blandine L’Hirondel a effectué son premier test de technique de course 3 jours plus tard sur piste. Ce test s’est globalement bien passé, elle s’est sentie bien au niveau cardio mais a constaté que la reprise de la course à pied n’était pas si facile. « Les jambes étaient un peu lourdes et j’ai ressenti un manque de dynamisme, mais j’étais heureuse de courir de nouveau, a-t-elle confié alors. Je ne ressentais plus aucune douleur ! »

Entre les deux tests, Blandine a repris les entraînements en course à pied de façon plus régulière et a inclus davantage de séances de pliométrie pour l’aider à améliorer sa cadence et son équilibre, deux aspects qui avaient montré des faiblesses lors du premier test. Le deuxième test montre clairement que le temps qu’elle a pris pour se concentrer sur l’amélioration de ses aptitudes telles que l’angle d’atterrissage et l’équilibre a eu un impact énorme sur ses résultats. Ce qu’elle a confirmé, déclarant se sentir beaucoup mieux au niveau bio mécanique.

TABLEAU 2 MAÎTRISE
Source Coros
TABLEAU 3 FORCE
Source Coros
TABLEAU 4 EQUILIBRE
Résultats des deux tests de technique de course de Blandine L’Hirondel. Source Coros

Comparaison des tests et examen des résultats des tests de technique de course de Blandine L’Hirondel

La maîtrise.

Le temps au sol désigne le temps que le pied passe au contact du sol lors de chaque foulée. C’est un excellent indicateur de l’efficacité des mouvements du bas du corps. Plus la valeur est faible, plus le coureur est capable de bouger ses jambes de manière efficace.

L’angle d’atterrissage (ou d’attaque) désigne l’emplacement du pied par rapport au centre de gravité lorsqu’il touche le sol. Plus cet angle est bas, plus le pied est proche du corps à l’atterrissage.

La mesure Maîtrise peut être améliorée par la mémoire musculaire. En d’autres termes, plus vous courez, plus votre maîtrise s’améliore.

Blandine L’Hirondel a réussi à améliorer considérablement son temps au sol et son angle d’atterrissage avec seulement trois semaines de course entre les deux tests. En continuant à augmenter son volume de course, elle a pu constater des progrès supplémentaires qui lui ont permis d’atteindre le niveau qu’elle avait avant sa blessure.

La force.

La rigidité des jambes fait référence à la force et à la réactivité des tendons du bas du
corps lorsque l’on court, afin qu’ils puissent absorber plus d’énergie et réduire le risque de blessure. Plus la rigidité des jambes est élevée, plus les tendons sont forts et plus les jambes sont puissantes.

La force de réaction verticale au sol fait référence à l’énergie produite par le pied pour permettre à l’athlète de monter et d’avancer pendant qu’il court.

En trois semaines, Blandine L’Hirondel a réussi à améliorer la force et la réactivité de ses tendons.

L’équilibre.

L’équilibre examine la symétrie entre le pied gauche et le pied droit en comparant le temps de contact au sol d’une seule jambe. Cette mesure peut être un excellent outil pour déceler une blessure dans le bas du corps et la surveiller au fil du temps, voire même pour détecter si une prédisposition à en avoir une.

Dans le cas de Blandine L’Hirondel, c’est son pied gauche qui a été blessé et elle peut facilement le remarquer dans ses données, qui montrent qu’elle a perdu une certaine capacité de puissance dans son pied gauche, qui l’empêche d’être aussi rapide qu’avec son pied droit lorsqu’elle effectue son changement de pied. Une combinaison de volume en course et d’entraînement musculaire a été nécessaire pour l’aider à trouver un bon équilibre G/D en toute sécurité dans les semaines qui ont suivi.

Comment effectuer un test de technique de course ?

Votre capacité à courir est principalement influencée par 3 composantes, également connues sous le nom des 3 piliers de la performance : le VO2max, le seuil et l’économie de course.

Si surveiller les deux premières composantes est simple avec différents outils, peu d’informations sont disponibles en ce qui concerne l’économie de course. Sauf pour l’équipementier Coros, qui propose de fournir une évaluation complète de la technique de course à faire soi-même avec l’aide de sa montre. Cette évaluation vous permettra de déterminer vos forces et vos faiblesses d’un point de vue biomécanique.

Ce test ne prend que 10 minutes (5 minutes d’échauffement et 5 minutes à une allure plus rapide, autour de la zone d’allure seuil). Il nécessite que vous portiez votre montre Coros associée à un POD à votre taille. C’est ensuite en ouvrant l’activité dans votre appli Coros que vous obtiendrez l’évaluation complète de votre technique de course.

Cette évaluation des trois dimensions (Maîtrise ou compétence, Force et Équilibre) se termine par un résumé qui met en évidence votre type de technique de course, vos forces et vos faiblesses dans chacune des dimensions, et vos risques de blessure. Il est possible de contacter des coachs Coros via coach@coros.com pour vous aider à interpréter vos résultats de manière plus individualisée et vous assurer que votre entraînement est adapté à votre propre technique de course !

Photo Simon Dugué - Coros
Photo Simon Dugué – Coros
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Établir une prévision de chrono sur une course ayant un profil montagne avec du dénivelé, que ce soit pour les temps de passage aux ravitos pour l’assistance ou pour le chono final, nécessite de pouvoir estimer sa vitesse sur les différentes sections du parcours. Si sur les portions plates le calcul est simple, en fonction de votre vitesse de base, c’est sur les sections en montée qu’il est le plus compliqué de planifier son chrono. Surtout qu’entre une pente à 10% et un mur à 50%, votre vitesse moyenne au kilomètre peut être divisée par 5. À l’aide de ce tableau élaboré grâce à un algorithme spécifique, découvrez votre vitesse en montée selon la pente en fonction de votre vitesse de base sur 10 km plat.

Vitesse en montée : quels facteurs sont en jeu ?

Les performances en course en montée sont parmi les plus faciles à évaluer, car elles n’impliquent pas beaucoup de technique et de réactivité comme la course à plat ou en descente. Mais il ne s’agit pas seulement de notre « moteur », d’autres facteurs affectent la vitesse à laquelle nous grimpons les pentes.

Par rapport à la course à plat, la montée se caractérise par une fréquence de pas plus élevée, un travail mécanique interne accru, une durée de phase aérienne plus courte et un temps durant lequel chaque pied reste au sol plus important. De plus, le corps sera un peu penché en avant pour rapprocher le centre de gravité du sol. Si en course à plat la vitesse est produite en grande partie par l’élasticité des muscles (connexion intra et inter dans les muscles du bas de la jambe) et que le travail mécanique est important au niveau des ischio-jambiers, lorsque nous grimpons, les muscles des membres inférieurs effectuent un travail mécanique plus important pour augmenter l’énergie potentielle du corps.

A lire : 8 conseils pour progresser en montée (même lorsque vous vivez là où c’est plat)

Vitesse en montée : inclinaison et puissance

Les exigences de travail accrues à mesure que l’inclinaison de la pente augmente nécessitent d’accroître la puissance de réponse au niveau de toutes les articulations, en particulier celles des hanches. La course en montée implique donc une plus grande activité musculaire, surtout au niveau des mollets, des quadriceps et du psoas. De plus, avec l’inclinaison, les angles de pose du pied changent, avec une adoption progressive de la zone de contact du milieu vers l’avant-pied.

Quant au coût énergétique, il augmente avec la pente. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ce coût énergétique diminue en descente jusqu’à une pente de -20%, où il recommence à augmenter, probablement par le travail de rétention excentrique des muscles.

Coût énergétique de la course en fonction de la pente, de - 45 à + 45%
Coût énergétique de la course en fonction de la pente, de – 45 à + 45%

Vitesse en montée : une combinaison de vitesse horizontale et vitesse verticale

Courir en montée est une combinaison de vitesse horizontale et de vitesse verticale. Des études montrent que dans les pentes jusqu’à 20%, la vitesse horizontale est plus importante que la vitesse verticale. Donc l’amplitude et la flexibilité des hanches et des muscles postérieurs reste prépondérante. En revanche, dans des inclinaisons plus raides, sur des pentes à partir de 30%, la vitesse horizontale est presque résiduelle et la performance provient en majorité de la vitesse verticale. La force excentrique-concentrique des muscles des membres inférieurs joue alors un rôle beaucoup plus important.

À lire : Montées raides, faut-il se pencher pour grimper mieux ?

C’est une des raisons pour lesquelles des coureurs ayant une élasticité musculaire importante seront capables de générer une grande vitesse verticale sur des pentes inférieures à 30%, mais risquent de manquer de force musculaire et de cadence sur des pentes supérieures à 30%, lorsque la marche devient plus efficace que la course.

Vitesse horizontale et verticale en fonction de l'inclinaison de la pente.
Vitesse horizontale (HS) et verticale (VS) en fonction de l’inclinaison de la pente, de 0° à 50%.

Calculez votre vitesse en montée en fonction de la pente et de votre vitesse moyenne sur 10km plat

VITESSE EN MONTÉE ESPRIT TRAIL
Source Esprit Trail
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Vous êtes-vous déjà demandé si votre façon de respirer en course était la bonne ? Et d’abord, la maîtrisez-vous, cette respiration ? Beaucoup de coureurs respirent « comme ils peuvent », en essayant de se caler sur leur foulée, respirant plus vite quand l’effort est plus intense, mais cherchant surtout à avoir suffisamment d’air dans les poumons, peu importe leur rythme respiratoire. C’est une erreur, car bien respirer en course a de multiples vertus. Découvrez ici un moyen révolutionnaire de respirer pour mieux courir et moins vous blesser.

Comment mieux respirer en course : de l’importance de la pose du pied

Nombreux sont les coureurs qui n’attachent qu’une importance relative à leur façon de respirer, et se laissent guider par leur instinct. Résultat : la plupart d’entre eux établissent un rythme de respiration sur deux temps. Généralement, ils inspirent sur deux foulées et expirent sur deux foulées. D’autres préfèrent inspirer sur trois foulées et expirer sur trois autres. Mais, dans tous les cas, le résultat est identique : ils expirent toujours du même côté. Donc le pied touchant le sol en début d’expiration est toujours le même.

Or une étude menée par une équipe de recherche de l’université de l’Utah a mis en évidence que le stress engendré par l’impact (dont les forces représentent deux à trois fois le poids du corps) est plus important quand le pied touche le sol sur le début d’une expiration, parce que c’est le moment où le diaphragme et tous les muscles de cette zone se relâchent, ce qui engendre une perte de stabilité, non visible mais réelle.

En d’autres termes, si un coureur touche systématiquement le sol sur une expiration avec le même pied, cela multiplie le risque de blessure sur ce côté, puisqu’il est en permanence soumis à la pression la plus importante, au moment où il est le moins stable. D’où l’intérêt de mettre au point une méthode qui adapterait la foulée et la respiration de manière à alterner côté gauche et côté droit lors de l’expiration, pour mieux répartir les forces d’impact au sol et diminuer les risques de blessure.

Photo TNF : Gilly Photography
Photo The North Face / Gilly Photography

Comment mieux respirer en course : débutez avec le modèle 3 temps / 2 temps

Le principe de la respiration rythmée est de « casser » la symétrie, de façon à alterner côté gauche et côté droit sur les temps d’inspiration et d’expiration. Le modèle préconisé par Ian Jackson, coach et coureur d’ultra qui a longtemps étudié la relation entre respiration et cadence, est basé sur un temps d’inspiration plus long que le temps d’expiration.

Pourquoi inspirer pendant plus longtemps ? Parce que le diaphragme et les muscles qui interviennent dans la respiration se contractent lors de l’inspiration, ce qui apporte une certaine stabilité à l’ensemble du corps, alors qu’a contrario, lors de l’expiration, le corps est moins en équilibre car tous les muscles se relâchent.

Commencez avec un comptage en cinq temps ou un modèle 3/2 qui pourra s’adapter à n’importe quel rythme de course : inspirez pendant trois foulées et expirez pendant deux foulées. N’essayez pas d’aller plus ou moins vite que votre vitesse habituelle. Inspirez et expirez de la façon la plus naturelle possible, vous calerez ensuite plus facilement votre vitesse de croisière sur le tempo. En revanche, évitez de courir avec de la musique dans les oreilles, vous auriez beaucoup plus de mal à suivre le modèle et à rester concentré.

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Photo The North Face / Mathis Dumas

Comment mieux respirer en course : accélérez en rythme 2 temps / 1 temps

Si le modèle 3 temps / 2 temps est bien intégré et que vous courez à vitesse constante, vous ne devriez ressentir aucune gêne ni aucune difficulté. Mais si ce rythme est idéal sur terrain plat ou peu pentu, lorsque vous allez attaquer une côte, vous allez sans doute être moins à l’aise.

Pourquoi ? Parce que quand vous faites un effort en côte, vos muscles, comme votre cerveau, envoient des signaux différents. Vous avez tendance à accélérer le rythme respiratoire, car vous avez besoin de plus d’air. Vous le constaterez rapidement : plus vous montez, et moins vous parvenez à suivre le tempo 3/2.

Passez alors au second modèle, le rythme 2/1. Inspirez sur deux pas, et expirez sur un pas. Votre respiration est accélérée par rapport au modèle 3/2, elle s’adapte à l’effort, mais le principe est respecté : vous alternez les côtés quand vous inspirez. Une fois en descente ou quand vous retrouvez du plat, vous pouvez progressivement revenir au modèle 3/2 (changez de modèle quand vous sentez que vous n’avez plus le souffle court).

Comment mieux respirer en course : pensez à visualiser votre respiration

Lorsque vous débuterez avec cette technique de respiration, que ce soit en début de course ou juste après un changement de modèle 3/2 en 2/1 ou vice versa, il sera important de visualiser votre respiration, au moins pour bien avoir les différents rythmes en tête et vérifier que vous n’êtes pas repassé sans le vouloir sur un tempo 2/2.

Une fois les automatismes acquis, en revanche, cela deviendra superflu. Ce qui est important, c’est que vous vous sentiez bien et dans le bon rythme. Si vous travaillez votre vitesse, vous allez assez naturellement opter pour la cadence 2/1. C’est la plus appropriée également pour les sprints ou quand vous faites des portions rapides en fractionné.

Si vous adoptez au départ cette respiration rythmée pour éviter d’être blessé, au fil du temps, vous vous rendrez compte que vous vous entraînerez mieux et que vous serez plus performant, notamment en alternant la respiration cadencée sur cinq temps (endurance) et trois temps (vitesse).

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Photo The North Face / Gilly Photography

Comment mieux respirer en course : le rythme 2 / 1 / 1 / 1 pour aller encore plus vite

Si la respiration rythmée permet de diminuer les risques de blessures, elle peut également vous permettre pour courir plus vite. Commencez sur le modèle 3/2, tranquillement, pendant l’échauffement, et essayez de vous concentrer sur votre souffle, sur son intensité notamment. Vous devez pouvoir continuer à parler tout en courant.

Après 10 minutes, augmentez votre vitesse en gardant le même modèle 3/2 et concentrez-vous sur l’intensité et le changement dans votre respiration. Vous devez toujours pouvoir discuter avec votre partenaire de course.

Augmentez encore votre vitesse de façon à vous sentir de moins en moins confortable. Lorsque votre respiration sur le tempo 3/2 devient difficile, passez au modèle 2/1. En inspirant et en expirant plus de fois par minute, vous allez avoir un rythme plus rapide, adapté à votre vitesse et allez tout de suite vous sentir plus confortable. En principe, vous pouvez maintenir cette vitesse (avec le rythme respiratoire associé) pendant très longtemps. Mais saviez-vous que vous pouvez faire mieux ?

Essayez le modèle 2/1/1/1 qui vous permettra de respirer encore plus rapidement. Le principe : inspirer pendant deux pas, expirez pendant un, inspirez pendant un, expirez pendant un ; inspirez pendant deux pas, expirez pendant un, inspirez pendant 1, expirez pendant un ; et ainsi de suite. Ce rythme, un peu complexe à adopter au début, convient à l’effort le plus soutenu, notamment en fin de course si vous voulez battre un chrono ou défendre votre place au classement.

Après avoir testé le 2/1/1/1, ralentissez la foulée et revenez progressivement au modèle 3/2. Plus vous utiliserez les différents modèles, plus ce sera facile. Mieux encore, vous pourrez trouver dans ce rythme qui allie la respiration à la foulée une harmonie entre l’effort et la performance. Bref, une course qui respire le plaisir.

Comment mieux respirer en course : limitez les points de côté

Nous avons tous ou presque expérimenté le point de côté à un moment ou à un autre. Un physiologiste suédois, Finn Rost, a émis l’hypothèse suivante pour l’expliquer : quand le diaphragme remonte pendant l’expiration alors que les organes descendent, la tension alors créée provoque ce spasme. Owen Anderson, auteur de The Science of Running, défend également cette idée, ajoutant que le risque de point de côté est d’autant plus important que l’expiration et l’impact au sol sont du même côté. D’ailleurs, la majorité des coureurs se plaignent de points de côté plutôt à droite. La méthode de respiration rythmée peut donc limiter le risque de point de côté.

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Pratiqué par de nombreux coureurs, comme les champions du Team Salomon International Camille Bruyas et Thibaut Baronian, le yoga peut vous aider à maîtriser la relation cerveau-muscles tout en améliorant votre condition athlétique et votre force, deux critères essentiels de la performance en trail. Sans aller jusqu’à prendre la pose de l’arbre, découvrez 5 bonnes raisons de passer au tapis.

Yoga et trail : améliorez votre clarté mentale

L’entraînement pur et dur est exigeant en énergie et oblige parfois à une certaine précipitation, ce qui peut entraver la concentration ou la limiter à la pose des pieds en l’enchaînement des foulées. Le rythme lent et la difficulté d’exécution du yoga obligent à se concentrer sur l’équilibre et la respiration. Au fil du temps, cela peut contribuer à éclaircir l’esprit et à améliorer la proprioception.

Yoga et trail : une meilleure flexibilité

Une étude publiée dans l’International Journal of Yoga a montré que deux séances de yoga par semaine pendant 10 semaines augmentaient la flexibilité et l’équilibre chez les athlètes universitaires. En effet, les contractions isométriques ont de gros avantages : elles permettent d’alimenter les muscles en oxygène et apprennent à prendre la position en douceur au lieu d’y parvenir à coups d’adrénaline.

Yoga et trail : améliorez la prévention des blessures

Les muscles pouvant se développer plus vite que les tendons et les ligaments, des charges excessives lors de séances de développement de la force physique peuvent entraîner des blessures, parfois graves. Le yoga renforce et augmente la flexibilité des tissus conjonctifs profonds, ce qui aide à supporter des charges élevées. Et évite les visites à la clinique.

Yoga et trail : une meilleure conscience de ses mouvements

Le yoga apprend à utiliser plus efficacement les muscles pendant les poses, tout en renforçant les techniques de respiration. Ainsi, on ressent parfaitement les mouvements du corps pendant un exercice, et on a l’endurance nécessaire pour les mener à bien.

Yoga et trail : un bonn apprentissage la patience

Contrairement aux exercices de musculation, impossible de tricher quand on pratique le yoga : soit on tient la pose, soit on ne la tient pas. Il faut du temps pour apprendre à maîtriser l’équilibre, la coordination et l’acuité mentale nécessaires pour réaliser des poses difficiles. C’est un test de la patience – autant que des muscles – qui vous servira dans d’autres domaines.

Perrine Tramoni et Camille Bruyas. Photos DR
Perrine Tramoni et Camille Bruyas. Photos DR

Yoga et trail : faites un stage avec Camille Bruyas

Pratiquant le yoga depuis 5 ans, Camille Bruyas, 2ème de la Diagonale des Fous 2023, co-organise régulièrement des stages yoga and trail avec son amie Perrine Tramoni, ambassadrice Salomon pour le trail, gagnante de la Maxi Race en 2018, professeur de Yoga et de Pilates et kinésithérapeute.

Ces séjours, basés sur le partage et la cohésion, sont l’occasion de prendre du temps pour vous, de faire des rencontres, de perfectionner vos bases d’entraînement et de prendre toujours plus de plaisir sur de nouveaux sentiers. Les stages yoga et trail sont accessibles à tous, que vous soyez athlète chevronné ou que vous cherchiez simplement à vous initier à ces disciplines.

Informations sur les stages ICI

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Le plus basique des entraînements de course à pied, la séance en endurance, cache en réalité des séances bien différentes. Faites vos choix en fonction de votre objectif.

Séance en endurance : plusieurs objectifs possibles

L’endurance est probablement le plus naturel des entraînements. Il suffit de chausser ses baskets et d’aller courir. Mais en y regardant de plus près, tout cela est un peu plus compliqué qu’il n’y paraît, avec des allures de course et des distances variables. Certains utilisent l’endurance en récupération, d’autres pour travailler la filière aérobie, d’autres encore vont plutôt chercher à perdre du poids. Voici trois exemples de séances en endurance à des intensités différentes, avec pour chacune un résultat différent.

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Photo The North Face / jamespoole

Séance en endurance : la séance de base – 70% de FCM

La sortie basique en endurance, généralement comprise entre 45 minutes et une heure, fait partie de l’hygiène du coureur. Cette séance représente la majeure partie du volume d’entraînement avec de nombreux bénéfices à la clé : sollicitation des fibres musculaires à contraction lente (pour courir le plus longtemps possible), capillarisation (oxygénation) et augmentation de la densité mitochondriale (les mitochondries fournissent l’énergie des cellules musculaires).

Si beaucoup de coureurs ont les yeux rivés sur le kilométrage effectué, ce qui compte avant tout, c’est le temps passé en endurance en produisant un effort régulier (soit 65 à 75% de V02Max, ou 70% de la fréquence cardiaque maximum – FCM). Limiter la durée peut même s’avérer plus bénéfique qu’un effort long et très intense, car il est toujours difficile pour notre organisme de supporter un gros kilométrage, en raison des impacts répétés au sol. La récupération en pâtit forcément.

Une des règles de base est de courir une heure par jour, jusqu’à une heure et demie maximum. De cette manière, les coureurs les plus rapides engrangent plus de kilomètres, et les moins habitués font un peu moins de volume.

Séance en endurance : la séance de récupération – 60% de FCM

La séance de récupération consiste en un effort facile, généralement le lendemain d’une course ou d’un entraînement intense (ou à chaque fois que c’est nécessaire). Les exercices importants et répétés provoquent des microdéchirures musculaires, des dommages dans les tissus conjonctifs (qui entourent les muscles) et limitent la performance. Plus l’effort est bref et intense, pire seront les conséquences, car l’acide lactique accumulé met un certain temps à être évacué.

Une sortie lente et régulière va aider vos muscles à éliminer les toxines et favoriser l’oxygénation des tissus. L’effort ne doit pas dépasser 60% de votre FCM. un rythme plus intense ajouterait un stress musculaire. Idéalement, la durée d’une séance de récupération est comprise entre 40 minutes et une heure.

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Photo The North Face_jamespoole

Séance en endurance : la sortie longue – de 65 à 75% de FCM

Cet incontournable, en période de préparation ou pour le plaisir, se fait généralement le week-end. La longueur varie selon le type d’entraînement, mais elle représente à elle seule un bon tiers du kilométrage hebdomadaire.

Quant au rythme, il dépend de votre objectif. Pour des trails courts, ne dépassez pas 75% de votre FCM. Si votre objectif demande plus de 2 heures de course, commencez à un rythme plus lent, aux environs de 65% de FCM, puis augmentez progressivement l’allure jusqu’à atteindre 75% de votre FCM à partir de 1h30 de course. N’allez jamais jusqu’à épuisement.

Séance en endurance : les bénéfices de la sortie longue

CAPILLARISATION : la création de tissus capillaires autour des muscles va faciliter l’échange d’oxygène, de nutriments et permettre une meilleure évacuation des toxines (lactates par exemple).

EFFET BRÛLEUR DE GRAISSES : à partir d’une certaine durée (45 minutes environ), l’organisme change de filière énergétique et commence à utiliser les graisses comme carburant principal.

RENFORCEMENT DES TISSUS CONJONCTIFS : les tissus conjonctifs deviennent plus souples, et permettent ainsi de mieux absorber les impacts répétés des séances intenses et/ou longues.

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Photo The North Face_jamespoole
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Pour être en forme au printemps, Kilian Jornet pratique l’entraînement croisé depuis des années, avec des sessions quotidiennes de ski-alpinisme. Et il n’est pas le seul. D’autres athlètes élites suivent le même programme, comme François D’Haene, Mathieu Blanchard ou Germain Grangier, pour ne citer qu’eux. Et c’est en ayant adopté le cross-training durant l’hiver 2022-2023 dans le Beaufortain que Jim Walmsley s’est préparé pour sa saison de trail qui l’a vu s’imposer enfin sur l’UTMB. Grâce aux données obtenues avec son partenaire technologique Coros, Kilian Jornet a dévoilé 6 bonnes raisons de pratiquer le cross-training durant l’hiver pour revenir plus fort en début de saison. Un article de Charlotte Drouin que nous vous résumons ici.

Cross-training : se réinitialiser physiquement et mentalement

Pour les athlètes qui s’entraînent toute l’année, les mois d’hiver offrent l’occasion de se réinitialiser, de se concentrer sur la récupération et d’élaborer une stratégie lorsque les courses de printemps et d’été reprennent. D’un point de vue pratique, s’entraîner par temps froid et neigeux n’est pas toujours réalisable pour ceux qui vivent dans des climats plus froids. C’est le cas de Kilian Jornet, qui vit et s’entraîne dans les montagnes de Romsdalen, en Norvège. De novembre à avril, Kilian prend une pause après avoir parcouru un nombre important de kilomètres pour se concentrer principalement sur le ski-alpinisme (SkiMo), avec en plus l’escalade sur glace et l’entraînement en salle.

Ces mois de récupération active sont essentiels pour Kilian Jornet, qui passe normalement plus de 15 heures par semaine à courir, gravir et descendre des terrains montagneux pendant le reste de l’année. Prendre du temps pour s’entraîner différemment en faisant quelque chose qu’il aime lui permet de se réinitialiser physiquement et mentalement. Dans un esprit de partage, il explique ici en 6 conseils la façon dont vous pouvez bénéficier de l’entraînement croisé tout en conservant votre force et votre forme physique.

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Photo Facebook Kilian Jornet / DR

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Conseil N°1 – Réduire la charge sur le corps pour une meilleure récupération

La course à pied est un sport à fort impact qui sollicite les systèmes squelettique et musculaire. Les sports à faible impact, comme le cyclisme, le ski et la natation, vous permettent de développer votre base aérobique sans trop de stress sur le corps. Ainsi, pendant les mois d’hiver en Norvège, Kilian Jornet passera de 4 à 6 heures par jour à skier. Et, au final, il finit par faire beaucoup plus de dénivelé en hiver qu’en été, car il reste plus longtemps dehors. Alors que Kilian Jornet se concentre sur l’intensité pendant la haute saison, il met l’accent sur le volume pendant la basse saison, ce qui lui permet de continuer à développer sa forme physique pour la saison de course à venir.

« Il est beaucoup plus facile de rester plus longtemps sur des skis en zone 2 que de courir, explique le champion catalan. (La zone de fréquence cardiaque 2 correspond à l’endurance aérobie. Vous êtes capable de maintenir une conversation. Il convient à l’entraînement de base de la fonction cardio-pulmonaire, qui permet d’augmenter principalement la capacité aérobie de base, NDLR) Vous n’avez pas l’impact mécanique de la course à pied, mais vous bénéficiez toujours des avantages de l’entraînement d’endurance. Avec la course à pied, il est difficile de faire autant de volume jour après jour. »

Conseil N°2. Augmenter la capacité aérobie

Un énorme avantage de l’entraînement croisé est que vous faites de l’exercice beaucoup plus longtemps avec un risque de blessure beaucoup plus faible. Au printemps et en été, Kilian passe généralement 15 heures par semaine à s’entraîner en course à pied, tandis qu’il peut passer 25 à 30 heures par semaine sur les skis en hiver. Selon Kilian, si vous n’avez pas de grandes courses à l’horizon, il vaut mieux se concentrer sur le développement de votre base aérobique avec des entraînements de moindre intensité. Si vous faites des entraînements de course à pied de haute intensité et atteignez votre forme optimale des mois avant une course importante, cela ne vous aidera pas à vous adapter à long terme.

« Vous devez effectuer un travail de haute intensité 6 à 10 semaines avant vos courses pour des performances optimales, souligne Kilian Jornet. En travaillant à moindre intensité en hiver, cela permet de travailler sur le métabolisme des graisses et la gestion du lactate. Vous ne pourrez jamais faire le travail métabolique que vous pouvez faire à vélo ou à ski car ce sera trop dur mécaniquement pour les fascias musculaires. Le métabolisme ne sait pas si vous courez, si vous ramez ou si vous skiez. Si votre objectif est l’oxydation des graisses par exemple, vous n’avez pas besoin de suivre un entraînement spécifique. »

Les limites de la faible intensité

Il est cependant important de noter que faire de l’exercice dans des zones de faible intensité (zones 1-2-3), si cela permet d’améliorer votre capacité aérobique, finira par diminuer votre capacité à courir vite et à être puissant, car ces compétences nécessitent un entraînement de haute intensité pour être maintenues à un niveau raisonnable. Ainsi, s’il est important de développer une base aérobique solide, il est également important d’augmenter votre force musculaire, afin d’être prêt à entreprendre un travail plus intense au printemps et en été.

« A la sortie de l’hiver, vous n’aurez pas cette rapidité ou cette fraîcheur, souligne Kilian Jornet. Vous vous sentirez très fort, mais vous manquerez de fraîcheur et de vitesse. Mais vous aurez acquis beaucoup d’endurance et de force musculaire. »

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Photo Facebook Kilian Jornet / DR

Conseil N°3. Améliorer la force musculaire

Pour les ultra-runners et les adeptes de course en montagne comme Kilian Jornet, la vitesse et la force en descente sont extrêmement importantes. En effet, la course en descente fait travailler les quadriceps et les mollets selon un mouvement excentrique plus intense que la course sur terrain plat. L’entraînement croisé via le VTT et le ski alpin aide Kilian Jornet à renforcer ses quadriceps sans avoir besoin de courir. Lorsqu’il recommence à courir au printemps, ses jambes sont habituées aux lourdes charges excentriques, sans impact supplémentaire sur les fascias musculaires et les os. “La mémoire musculaire de la course est là au retour”, explique-t-il.

Conseil n°4. Prévenir les blessures pour une carrière plus longue

Lors d’un entraînement croisé, la charge mécanique est très différente de celle d’être en station debout pour courir. Pour Kilian Jornet, sa décision d’interrompre plusieurs mois la course à pied n’est pas seulement une question de récupération à court terme, mais aussi d’avantages à long terme, afin qu’il puisse continuer à faire ce qu’il aime aussi longtemps qu’il le peut. Si, durant l’été 2023, Kilian Jornet a souffert de blessures qui l’ont privé de Sierre-Zinal et d’UTMB, notamment le début d’une fracture de stress au sacrum et une douleur croissante à la hanche, il est intéressant de constater que sa récupération jusqu’à ce que la douleur disparaisse s’est faite avec du cross-training, qui lui a permis de se préparer pour un nouveau projet début octobre : l’enchaînement de 177 sommets de plus de 3 000 mcen 8 jours.

« En été, vous voulez faire des charges plus importantes, mais vous devez être prudent. Et surtout, vous devez affiner davantage la récupération, explique Kilian Jornet. En hiver, vous n’avez pas à vous en soucier autant. »

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Photo Facebook Kilian Jornet / DR

Conseil n°5. S’adapter aux modèles naturels en matière de climat et de météo

Pour Kilian Jornet, courir a toujours consisté à explorer les montagnes et à se connecter avec la nature. Suivre le rythme des saisons lui permet de s’adapter aux rythmes naturels de son environnement. D’un point de vue pratique, la Norvège ne bénéficie que de 5 ou 6 heures de soleil pendant les mois d’hiver les plus sombres.

« Là où nous vivons, nous nous adaptons à ces rythmes, explique-t-il. J’ai hâte de skier et j’attends avec impatience la fonte des neiges. Je fais ça depuis 20 ans. Cela me donne une motivation supplémentaire pour revenir et attaquer la saison de course à pied. Pour moi, il s’agit toujours de s’adapter aux conditions. Si je veux courir en hiver, je dois trouver un endroit où il ne neige pas. Cela peut sembler très contre nature. Je pense donc que mentalement, ce n’est tout simplement pas aussi agréable que de s’adapter à ce que le climat offre. »

Conseil n°6. Faire une pause mentale pour revenir en toute confiance

L’un des aspects les plus importants de la compétition est d’avoir la motivation et la confiance nécessaires lors des courses. Sans force mentale, il est beaucoup plus difficile de s’engager dans un entraînement sérieux. Lorsque Kilian Jornet court en été, il se concentre entièrement sur l’entraînement et s’assure qu’il fait tout son possible pour être le meilleur. Mais c’est le fait de s’autoriser une pause mentale pendant l’hiver qui lui permet de se sentir beaucoup plus motivé et positif une fois le printemps arrivé.

« Si vous êtes d’humeur positive, vous obtiendrez des adaptations positives, souligne Kilian Jornet. Si vous êtes de mauvaise humeur, vous risquez de ne pas vous adapter. Donc l’aspect mental, c’est très important. Pendant la basse saison, vous devez prévoir des heures et du volume, mais il n’est pas aussi important d’être strict avec le plan. »

L’entraînement de Kilian Jornet en hiver

Les données d’entraînement COROS de Kilian Jornet permettent de connaître précisément les types d’entraînement durant toute une année. Selon la saison, il se concentre sur différentes mesures pour surveiller sa forme physique. Pendant les mois d’hiver, il suit principalement le volume et les heures consacrées à l’entraînement croisé. Il augmente le dénivelé total, tout en maintenant une fréquence cardiaque moyenne plus faible. Et si Kilian Jornet se concentre sur le RPE (taux d’effort perçu) lors des entraînements de haute intensité, des séances de plus longue durée sont consacrées à la technique et à la stratégie respiratoire.

Par conséquent, une semaine typique d’entraînement de Kilian pendant l’hiver comprend un volume élevé et une faible intensité. Ce processus lent lui permet d’éviter les blessures lorsqu’il est temps d’incorporer la charge mécanique élevée de la course.

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Semaine type d’entraînement de Kilian Jornet durant l’hiver. Source Coros

L’entraînement de Kilian Jornet en été

Au sortir de l’hiver, Kilian Jornet a bâti une base solide et son corps est prêt à affronter la charge mécanique de la course. En préparation des courses, il commence à incorporer des séances de plus haute intensité (zones 4-5-6) avec des durées globalement plus courtes, car des compétences spécifiques telles que la vitesse et la puissance peuvent être améliorées dans un laps de temps relativement rapide (6 à 10 semaines). Une semaine typique d’entraînement de Kilian pendant l’été comprend donc un volume plus faible et une intensité plus élevée par rapport aux mois d’hiver.

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Semaine type d’entraînement de Kilian Jornet durant l’été. Source Coros

Rappel des différentes zones de fréquence cardiaque

Zone de fréquence cardiaque 1 : Récupération. Cette zone correspond à une intensité faible. Elle convient à la récupération active pendant les séances de fractionné, par exemple.

Zone de fréquence cardiaque 2 : Endurance aérobie. Tu es capable de maintenir la conversation. Cette zone convient à l’entraînement des fonctions cardio-pulmonaires de base, qui sollicite principalement la capacité aérobique de base.

Zone de fréquence cardiaque 3 : Puissance aérobie. Tu as tendance à respirer plus profondément et il devient difficile de maintenir des conversations. Cette zone convient à l’entraînement d’endurance au marathon et améliore la capacité à contrôler l’allure en course.

Zone de fréquence cardiaque 4 : Seuil. Tu respires plus vite, et cette zone renforce principalement la capacité à éliminer l’acide lactique dans ton corps pour augmenter l’allure au seuil.

Zone de fréquence cardiaque 5 : Endurance anaérobie. Convient à l’entraînement fractionné de haute intensité, qui améliore principalement le niveau de VO2 Max.

Zone de fréquence cardiaque 6 : Puissance anaérobie. Convient à l’entraînement anaérobie, qui améliore la capacité anaérobie et l’endurance musculaire.

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Photo Facebook Kilian Jornet / DR
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Le trail est souvent réduit à la seule notion de montée. Pourtant, l’essentiel de la réussite dans la discipline tient d’abord dans la capacité à redescendre dans la vallée au plus vite. Et surtout dans les meilleures conditions possibles. Bonne nouvelle : cela ne demande pas forcément des années de pratique. Découvrez 3 séances essentielles de nos coachs à intégrer dans vos entraînements pour apprendre vite à mieux descendre.

Mieux descendre : un apprentissage rapide

En montagne, on dit très souvent que le tout n’est pas d’atteindre le sommet, mais bien d’en redescendre. Si, en trail, les enjeux en termes de sécurité ne sont pas les mêmes qu’en alpinisme, savoir descendre est la garantie d’une gestion de course performante. Et cela ne demande pas forcément des années de pratique, comme pour la montée. En effet, devenir un bon grimpeur demande un très long processus adaptatif qui vise à développer la VMA et la PMA, améliorer la puissance musculaire et optimiser le rapport poids/puissance. Dans le cas d’un coureur s’entraînant trois fois par semaine, ce lent processus ne sera pas envisageable en seulement 12 semaines de préparation, qui est le temps moyen pour la préparation d’un trail. En revanche, perfectionner fortement ses capacités de descendeur est tout à fait possible sur une durée réduite.

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Photo Evadict / Dom Granger

Mieux descendre : l’importance du renforcement musculaire et de la stabilité

Lorsque vous descendez, vos muscles se contractent pour résister à l’allongement des groupes musculaires. Ce type de contractions musculaires, dites excentriques, produit sur la durée des microlésions musculaires entraînant un processus inflammatoire douloureux, qui peut rendre la course pénible. L’entraînement devra donc reproduire d’une façon contrôlée ce type de contractions afin de produire des adaptations qui renforceront la résistance musculaire.

Bien descendre demandera également une stabilité à toute épreuve. Celle-ci devra se retrouver à tous les niveaux. Tout d’abord en développant la proprioception (perception de la position et des mouvements de votre corps), qui va éviter les risques de blessures, et en particulier d’entorses de la cheville. Cela améliorera également la stabilité de l’articulation du genou. Votre préparation devra aussi favoriser un bon équilibre au niveau du bassin afin de conserver un bon alignement tronc/ bassin/membres inférieurs lors des appuis en descente. Pour cela, le gainage est alors utile pour renforcer la solidité de vos abdominaux et donc de l’ensemble de votre tronc.

Lire aussi : Progresser en descente : les conseils d’Antoine Guillon

Mieux descendre : avoir une technique et une concentration fiables

Courir en descente, c’est savoir choisir ses appuis, adopter une prise d’appuis dynamique et rester relâché, tout en accélérant. Mais bien descendre est aussi un exercice qui implique un engagement mental qui doit rester constant. Outre l’aspect physique, la descente, d’autant plus quand elle est longue, peut s’avérer épuisante nerveusement. Elle nécessite donc d’avoir toujours un coup d’avance pour savoir où placer votre pied et d’anticiper votre regard sur les deux ou trois foulées qui vont venir. L’instant présent compte moins que les deux secondes qui vont suivre.

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Photo Evadict / Mathis Savoyat

Mieux descendre : misez sur une récupération adaptée

Enfin, pour capitaliser sur les effets de l’entraînement et laisser à votre organisme le temps d’assimiler les contraintes musculaires liées à cette forme d’entraînement, la récupération sera un élément clef de votre réussite. Outre le repos complet après une séance consacrée à la descente, pour laisser le temps aux fibres cassées de se refaire, vous pourrez compléter ce temps avec du massage ou l’application de compresses chaudes et froides alternativement.

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Photo Evadict / Mathis Savoyat

Mieux descendre : les 3 séances clés à intégrer

Afin de développer les facteurs déterminants que nous venons d’évoquer, votre préparation devra s’articuler autour de trois séances hebdomadaires.

Le footing d’assimilation et la séance de renforcement

Dans ce cas, il s’agira de réaliser une sortie en endurance de 45 min à 1 h sur un parcours plat que vous compléterez par une à trois séries des exercices suivants (30 s par exercice).
Le gainage : en appui facial sur les coudes, maintenir la posture en bloquant les abdominaux. Même exercices sur les côtés.
La chaise : dos contre le mur, fléchir les genoux à 90° et maintenir la position comme si étiez assis sur une chaise.
Corde à sauter.
Le relevé de mollet : en appui sur une jambe, maintenir l’équilibre en montant sur la pointe du pied. Alterner une série en conservant le genou fléchi, puis une série avec le genou tendu.

La pyramide infernale

Après un échauffement de 30 à 45 min, trouvez un petit circuit avec une montée raide, une descente et un plat pour une distance totale de 300 à 400 m. L’objectif de la séance étant de gérer la montée (quitte à adopter le rythme marche rapide si elle est très raide), puis d’enchaîner sur une descente très rapide suivie d’un passage sur le plat où vous maintiendrez un rythme de course élevé en vous efforçant d’allonger votre foulée. Vous réaliserez deux séries de 5 à 8 répétitions de circuit avec 4 min de récupération entre chaque série. Cette séance sera conclue par 10 à 20 min de footing en endurance.

La sortie longue avec descente en intensité

Elle sera réalisée sur le mode rando-course (marche active en montée, avec bâtons si possible) et course en endurance sur le plat. En descente, vous devrez adopter l’allure de course en veillant à ne jamais descendre sous 75-80% de votre fréquence cardiaque maximale (FCM).Vous devrez veiller lors de ces descentes à conserver une bonne posture. C’est-à-dire avec la sensation de vous engager dans la pente, tout en adoptant une prise d’appuis dynamique.

Mieux descendre Photo Evadict 3
Photo Evadict / Dom Granger
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