C’est dans le sud de la Patagonie, lors d’une aventure exceptionnelle, que les 2 ultra runneuses Fernanda Maciel et Kaythlyn Gerbin ont établi un formidable FKT sur le tour du Circo de los Altares. Cette boucle de 78 km et 2600 m D+ se terminant à El Chaltén prend normalement entre six et huit jours. Les 2 athlètes l’ont fait en 13 heures et 15 minutes, établissant un nouveau record sur ce parcours. Retour sur un exploit du bout du monde.

Kaythlyn et Fernanda © TNF / HieloContinental
Kaythlyn Gerbin et Fernanda Maciel © TNF / Hielo Continental

L’immensité du bout du monde

Le territoire du sud de la Patagonie est vaste. Vraiment vaste. Imaginez un espace de nature verge et sauvage de 350 km de long sur lequel s’étendent 49 glaciers différents. Un environnement impitoyable, avec des vents forts, de la pluie, de la neige et des températures glaciales. Sans oublier les paysages glaciaires crevassés. Ajoutez à cela l’éloignement, les difficultés de communication et d’évacuation en cas de problème, et vous avez de nombreuses raisons de ne pas lacer vos chaussures pour aller y courir. Mais Fernanda Maciel n’est pas une coureuse ordinaire. Accompagnée de sa collègue athlète Kaythlyn Gerbin, elles se sont mises au défi d’avaler les 78 km du tour du Circo de los Altares en le moins de temps possible.

HieloContinental
© TNF / Hielo Continental

Fernanda Maciel, une référence dans l’ultra-trail

Née au Brésil mais vivant dans les Pyrénées espagnoles, Fernanda Maciel est une coureuse d’endurance passionnée par la protection de l’environnement. Elle collectionne de multiples podiums sur les grandes courses internationales. Ses plus récentes performances sont des troisièmes places sur la Transgrancanaria en 2019 (course qu’elle a remportée en 2012), le Marathon des Sables en 2017 et en 2016, le Lavaredo Ultra-Trail en 2016 et 2015 (course qu’elle a remportée en 2011). « Courir me permet de profiter du silence de la nature, de découvrir de nouveaux endroits et d’explorer des sensations et des émotions que je ne pourrais pas ressentir autrement dans la vie quotidienne », explique-t-elle. À propos de cet exploit en Patagonie, elle ajoute : « Je me sens super heureuse. Je suis venue ici il y a 12 ans, avant d’être une coureuse professionnelle, donc ça fait du bien de revenir enfin. »

Fernanda maciel © RedBull
© RedBull

Kaythlyn Gerbin, l’ingénieure ultra-endurante

Lorsqu’elle n’étudie pas les cellules souches dans le cadre de son travail en bio-ingénierie, l’Américaine Kaythlyn Gerbin court – vite – et bat des records. Très pointue, elle aborde les courses avec un processus scientifique de tests lui permettant d’évaluer l’efficacité de sa nutrition, son équipement et sa navigation, avant de les appliquer concrètement. Cela lui a valu, entre autres, une victoire sur la Transgrancanaria en 2020, ou encore une deuxième place en 2019, juste devant… Fernanda Maciel.

Kaythlyn_WonderlandFKT © Ryan Thrower
© Ryan Thrower

La Transgrancanaria, point de rencontre

C’est sur cet ultra que Fernanda Maciel et Kaythlyn Gerbin se sont rencontrées pour la première fois, il y a plusieurs années. À l’époque, Fernanda était sur le point de partir pour des aventures du côté de l’Everest. Elle a éveillé chez Kaythlyn des désirs d’expériences au long cours de ce style. Mais il leur aura fallu attendre 2021, et un relâchement des restrictions dues à la pandémie, pour que les deux ultra-runneuses, soutenues par leur sponsor The North Face, puissent commencer à planifier une tentative de FKT en Patagonie.

© TNF / HieloContinental
© TNF / Hielo Continental

Sauter les crevasses pour aller plus vite

« La Patagonie est un territoire risqué, explique Fernanda Maciel. Il faut être rapide et légère. Pour aller vite, vous devez prendre moins d’équipement, mais vous ne pouvez pas être secourue. Quand j’affronte de hautes montagnes, c’est physiquement plus difficile à cause de l’altitude, mais vous pouvez avoir des hélicoptères qui viennent vous secourir en cas de problème, vous et les gens autour de vous. » Mais ce terrain difficile et les risques encourus n’ont pas freiné les deux athlètes, qui racontent les circonstances de leur exploit : « Parfois, il y avait tellement de crevasses que les contourner aurait pris trop de temps. Donc, nous avons juste décidé d’aller vite et de les sauter. Nous avons dû sauter quelque chose comme mille crevasses. C’était comme faire trois pas, puis sauter, refaire trois pas, sauter encore… »

© TNF / HieloContinental
© TNF / Hielo Continental

Un message pour la planète

Car au-delà des multiples crevasses, le parcours a permis à Fernanda Maciel et Kaythlyn Gerbin de traverser des paysages à couper le souffle. Et ainsi de côtoyer certains des sommets les plus emblématiques et reconnaissables de la planète, notamment le Fitzroy, le Cerro Torre et la Torre Egger. Si le film tiré de cette formidable aventure, Hielo Continental, suit Fernanda et Kaythlyn lors de leur exploit, montrant les hauts et les bas de l’expédition, il met également en lumière les problèmes environnementaux dans cette région qui abrite l’une des plus grandes réserves d’eau douce au monde. Un plaisir pour les yeux doublé d’un message écologique, cher aux deux athlètes. « Le terrain était dangereux, nous avions vraiment besoin de savoir ce que nous faisions, conclut Fernanda Maciel. Mais c’était beau. Je ne l’oublierai jamais. Cette calotte glaciaire, wow ! C’était incroyable. »

Voir le film sur youtube

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Nous l’avions laissée sur son lit d’hôpital, juste après son opération. L’athlète de la team 100% féminine d’Evadict annonce son retour et un programme alléchant pour les prochains mois, avec en point d’orgue sa première participation à un ultra.

Aller de l’avant

Moins d’un mois après son opération d’une endofibrose de l’artère iliaque, Blandine L’Hirondel, en pleine convalescence, n’a toujours pas renfilé ses baskets mais y pense sérieusement. Si elle indique sur son compte instagram faire de longues balades avec son chien Floki et bien vivre cette période sans sport, la championne du monde de trail vient tout de même de communiquer son calendrier sportif 2022, interrompu le 5 avril dernier par son passage sur le billard. La douleur à la cuisse, qu’elle supportait tant bien que mal depuis plus d’un an, ne lui laissait alors d’autre option que l’opération.

Reprise des footings mi-mai

C’est vers le 10 mai que Blandine L’Hirondel commencera sa phase de réathlétisation dans le cabinet de kinésithérapie LM Physio situé à Mende, en Lozère, où elle réside désormais. Cette phase s’accompagnera d’une reprise des footings. Mais il est évident que si vous pourrez l’apercevoir aux championnats de France de trail, les 27 et 28 mai prochains à Salers, dans le Cantal (trail long le 27, trail court le 28), ce sera sur le bord des sentiers, pour encourager les copains et copines.

Retour à la compétition pour les 1ers championnats d’Europe de trail

Organisés du 1er au 3 juillet 2022 à El Paso, sur l’île de La Palma, aux Canaries, les premiers championnats d’Europe de course de montagne et de trail devraient marquer le retour de Blandine L’Hirondel à la compétition. « Si tous les voyants sont au vert », précise-t-elle avec prudence. Échéance suivante de son calendrier, la 13e édition du Trail du Tour des Fiz, sur le plateau d’Assy, du 8 au 10 juillet, pour participer au Tour des 8 refuges Evadict et au rassemblement de sa team. Puis ce sera la Norvège, pour participer à la Stranda Fjord Trail Race, le 6 août, dans le cadre des Golden Trail World Series.

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© Trail du Tour des Fiz / DR

Une fin d’année bien remplie

C’est fin août que Blandine L’Hirondel reviendra à Chamonix, où elle a gagné l’OCC l’an dernier, pour se lancer dans l’inconnu avec sa première participation à un ultra. Et pas des moindres, puisqu’il s’agit de la CCC, 100 km et 6100 m D+, un vrai morceau de bravoure pour celle qui fut longtemps considérée comme la « petite sœur de l’UTMB ». On devrait ensuite retrouver Blandine le 17 septembre à la Pikes Peak Ascent, dans le Colorado, une course particulière, très exigeante physiquement, inscrite également au programme des Golden Trail World Series. Elle continuera sa tournée américaine avec une troisième course des GTWS, le Flagstaff Sky Peaks, le 25 septembre. Et, selon les résultats obtenus, une possible qualification pour la Finale Madeira Ocean Trails GTWS, à Madère, fin octobre.

BLANDINE L'HIRONDEL © utmb
Blandine L’Hirondel après sa victoire à l’OCC en 2021. © utmb / DR

Rendez-vous avec le monde en Thaïlande

Dernier grand rendez-vous au calendrier 2022 de Blandine L’Hirondel, les championnats du monde de trail et de course en montagne unifiés. Initialement programmés en novembre 2021, puis décalés à février 2022 en raison de la pandémie, de nouveau reportés en début d’année, ils se dérouleront en Thaïlande, dans la ville de Chiang Mai, du 3 au 6 novembre 2022. Mais d’ici là, nous aurons l’occasion de reparler des exploits de Blandine.

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L’énergie et la fougue de la jeunesse ou l’endurance et l’expérience de l’âge ? Un peu des deux, certainement ! S’il existe toujours des cas particuliers, l’âge moyen optimal pour performer en ultra-trail se situerait à 36 ans pour les hommes, et 38 pour les femmes. Explications et revue de détail des “extrêmes”.

Plongée dans les archives de l’UTMB

C’est en étudiant l’âge des 5 premiers hommes et des 5 premières femmes du classement général de toutes les éditions de l’UTMB que nous avons pu déterminer cet âge moyen. Cela correspond donc à une moyenne entre l’âge de 90 athlètes masculins et 90 athlètes féminines sur les 18 éditions de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (dont 2 tronquées, en 2010 et 2012). Chez les hommes, le top 5 le plus « jeune » date de 2017, avec une moyenne d’âge de 30,6 ans. François d’Haene (32 ans) avait à l’époque devancé respectivement Kilian Jornet (30 ans), Tim Tollefson (32 ans), Xavier Thévenard (32 ans) et Jim Walmsley (27 ans). Quant au top 5 le plus « âgé », il date de 2007, avec une moyenne de 42,6 ans. À l’époque, Marco Olmo (59 ans) avait devancé Jens Lukas (41 ans), Nicolas Mermoud (41 ans), Samuel Bonaudo (34 ans) et Dawa Sherpa (38 ans). Chez les femmes, c’est en 2009 que s’établit la moyenne la plus basse, avec un top 5 à 33,4 ans composé de Kristin Moehl (32 ans), Elisabeth Hawker (33 ans), Monica Aguilera (35 ans), Denise Zimmerman (34 ans) et Audrey Ehanno (33 ans). Le top 5 le plus « âgé » date quant à lui de 2006, avec une moyenne de 45,4 ans. Les 5 premières féminines étaient alors Karine Herry (38 ans), Simone Kayser (51 ans), Patricia Signorio (44 ans), Clara Mina Jargy (50 ans) et Virginie Thevenot (44 ans).

AGE PERFORMER ULTRA KILIAN JORNET © JP Clatot / utmb
Kilian Jornet, 20 ans à peine, s’impose avec une heure d’avance sur les prévisions horaires lors de l’UTMB 2008. © JP Clatot / utmb

Kilian Jornet, un OVNI âgé de 20 ans

C’est en 2008 qu’un jeune Catalan inconnu du grand public débarque sur l’UTMB. Il est alors âgé de seulement 20 ans et remporte la course avec très précisément 1 heure d’avance sur l’expérimenté Dawa Sherpa, et par la même occasion sur les prévisions des organisateurs. En bouclant le parcours en 20h 56mn 59s, Kilian Jornet signe un temps inimaginable à l’époque, qui fait couler beaucoup d’encre et provoque de multiples réclamations. En cause, entre autres, le fait qu’il n’ait pas couru avec un sac mais une banane, qu’il n’ait pas embarqué le matériel obligatoire ou encore qu’il ait été repéré au col des Montets en compagnie d’un accompagnement extérieur. Si la présence d’un accompagnateur a été officiellement sanctionnée d’une pénalité de 15 minutes, effectuée à la Tête aux Vents, rien à dire en revanche concernant le matériel obligatoire embarqué par le jeune Catalan adepte du minimalisme. Très attentifs à répondre à toutes les interrogations et lever tous les doutes, les organisateurs attendront le lendemain, dimanche 31 août 2008, pour proclamer les résultats officiels, et entériner la victoire du jeune Kilian Jornet.

AGE PERFORMER ULTRA Marco-Olmo © CMP / DRYARN
C’est à presque 59 ans que l’Italien Marco Olmo a remporté son deuxième UTMB, en 2007. © CMP / DRYARN

Marco Olmo, l’inusable

Tout aussi inimaginables que l’exploit du jeune Kilian Jornet, les performances de Marco Olmo participent à la légende de l’UTMB. Troisième en 2005, l’Italien né le 8 octobre 1948 remporte les deux éditions suivantes, signant en 2007 une victoire à l’âge de 58 ans et 10 mois, record absolu. Ses résultats sont d’autant plus impressionnants que Marco Olmo, né pauvre, n’a jamais bénéficié des conditions d’entraînement des athlètes professionnels d’aujourd’hui, ayant exercé son activité d’ouvrier toute sa vie. Son extraordinaire longévité a encore fait parler d’elle en novembre 2017, lorsqu’il a remporté l’Ultra Africa Race, une course par étapes de 220 km, à l’âge de… 69 ans !

AGE PERFORMER ULTRA LIZZY WALKER © lizzyhawker.com
Si elle n’est pas la plus jeune à avoir remporté l’UTMB, Lizzy Walker est celle qui totalise le plus de victoires sur l’épreuve. © lizzyhawker.com

Lizzy Hawker, à fond dans l’ultra-fond

Avec 5 victoires à son actif (2005, 2008, 2010, 2011 et 2012) et une deuxième place en 2009, la Britannique Elisabeth Hawker, surnommée Lizzy Hawker, est l’athlète féminine la plus titrée sur l’UTMB. Personnalité à part dans l’univers de l’ultra, cette scientifique, diplômée d’un master d’océanographie, est une adepte de la très longue distance et des paris un peu fous. Comme, par exemple, de rallier Katmandou depuis le camp de base de l’Everest, record qu’elle établira pour la première fois en 2007 en courant 77 heures et 36 minutes. Elle le battra 4 ans plus tard, avec une nouvelle marque à 71 heures et 25 minutes, puis de nouveau en 2013, avec un temps fulgurant de 63 heures et 8 minutes. C’est à 29 ans que Lizzy Hawker a remporté son premier UTMB. Elle n’est cependant pas la plus jeune à s’être imposée, puisque Krissy Moehl, deux fois vainqueure, est montée sur la plus haute marche du podium lors de la première édition, en 2003, à l’âge de 25 ans et 10 mois.

AGE PERFORMER ULTRA NATHALIE MAUCLAIR © utmb / DR
En 2015, Nathalie Mauclair fait parler son expérience pour s’imposer à l’âge de 45 ans. © utmb / DR

Francesca Canepa et Nathalie Mauclair, la force de l’expérience

Si la jeunesse donne de la force, l’expérience en procure aussi, surtout dans l’ultra-trail, où savoir doser son effort est primordial. C’est ainsi qu’en 2018, c’est une inattendue Italienne de 47 ans, Francesca Canepa, qui s’impose après plus de 26 heures d’effort. L’ancienne championne en snowboard slalom géant devance à l’époque des concurrentes tout aussi expérimentées qu’elle, puisque la seconde et la troisième, Uxue Fraile Azpeitia et Jocelyne Pauly, affichent alors 44 et 45 ans. 45 ans, l’âge qu’avait également la Française Nathalie Mauclair lors de sa victoire en 2015…

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À l’heure où les ultra-trails sont de plus en plus médiatisés, et leurs acteurs hissés au rang d’icônes, nous vous proposons une plongée dans l’histoire des courses d’endurance. Vous découvrirez que ce phénomène n’est pas nouveau, et qu’il a même été bien plus important par le passé.

La chasse, première course d’endurance de la Préhistoire

Bien qu’il n’existe aucune preuve scientifique l’attestant formellement, l’évolution de l’homme laisse penser qu’il est né pour courir. La chasse à l’épuisement est une théorie dans l’évolution des homininés. Elle nécessite des qualités d’endurance pour la course de fond. Lassé de manger des fruits et des baies, l’homme serait un jour descendu de son arbre pour courir après les proies des grandes plaines d’Afrique ou des forêts européennes. Il s’avère alors être doué pour l’endurance, grâce entre autres à ses longues jambes et à un système de transpiration par la peau qui lui permet de tenir la distance. Ce système de refroidissement est la clé de la chasse à l’épuisement qui permet à l’homme de venir à bout de proies agiles et bonnes sprinteuses mais qui, pour se refroidir, doivent s’arrêter et haleter, avant de pouvoir repartir. Notamment utilisée par le passé par les peuples Bochimans du désert du Kalahari (ou peuple San) ou les Tarahumaras, cette chasse à l’épuisement se pratiquait par grosse chaleur, afin que les proies se fatiguent plus rapidement.

COURSE EPUISEMENT © DR
Grâce à leur endurance, les hommes préhistoriques réussissaient à chasser des proies rapides mais ayant besoin de souffler pour récupérer. © DR

Un 100K dans l’Égypte antique

Le phénomène trail dans sa version compétition a déjà quelques centaines d’années dans les jambes. Au VIIe siècle avant Jésus-Christ déjà, dans l’Égypte antique, la XXVe dynastie pharaonique propose lors de ses jeux une course de 100 km entre Memphis et l’oasis du Fayoum. Les adorateurs du dieu Amon de Napata confrontent leurs aptitudes à la course pendant près de 8 heures. Il ne s’agit vraisemblablement pas de compétition, mais plutôt de loisir, sans autre récompense à la clé que le plaisir de courir et d’aller au bout de la performance.

Quand trail rimait avec travail

Pour les coursiers des armées grecques en revanche, la course à pied était un travail. Ainsi Philippidès, messager qui aurait couru de la ville de Marathon jusqu’à Athènes, distante d’environ 42 km, pour annoncer la victoire contre les Perses à l’issue de la bataille de Marathon lors de la Première Guerre médique en 490 avant J.-C., n’avait fait que son job. On retrouve bien plus tard ce phénomène des valets-coursiers dans les riches familles anglaises. Eux aussi parcourent de longues distances pour porter leurs messages, peu avant que la révolution industrielle et son lot de moteurs à explosion ne les mettent au chômage. Quant à l’organisation de la première compétition à proprement parler, on l’attribue au roi écossais Malcolm III au XIe siècle, alors qu’il est en quête d’un coursier. Celui qui remportera la course vers le sommet d’une montagne de la région, se verra attribuer sa récompense : un emploi.

PHILIPIDES © DR
En courant entre la ville de Marathon et Athènes, le messager Philippidès a donné naissance à ce qui allait devenir la course de référence de l’athlétisme. © DR

L’avénement des Pedestrians

Walter Thom, journaliste né en Écosse au XVIIIe siècle, situe les premiers exploits de coureurs de fond à partir de 1762. Cette année-là, un jeune homme de Wandsworth, au sud de Londres, court 70 km en 7 heures 57. La même année, un certain John Hague parcourt 160 km en 23 heures 15. C’est le début des compétitions appelées « matches » entre les marcheurs / coureurs de fond les plus aguerris, le tout sur fond de paris juteux. Les athlètes, que l’on appelle à l’époque les « pedestrians », touchent une partie de la recette. L’engouement pour ces « matches » est tel que les compétitions commencent à foisonner.

Les stades font le plein !

Aux États-Unis et en Angleterre, les passionnés de la discipline se rendent massivement dans des stades pour suivre les exploits. En 1875, dans le New Jersey, est même organisée la première d’une longue série de « courses de 6 jours » : les concurrents tournent sur une piste de 200 mètres pendant 144 heures d’affilée, le tout dans une ambiance bruyante et enfumée. En 1880, la course est même la discipline sportive la plus suivie du pays, déchaînant les passions et faisant s’envoler les montants des paris, avant que la législation ne vienne l’interdire, estimant qu’elle ne respecte pas le bien-être des participants.

PEDESTRIANS © DR
Avec leur tenue plutôt inattendue, les Pedestrians étaient considérés comme de véritables athlètes, objets de nombreux paris. © DR

Foster Powel, chapeau l’athlète !

Parmi les grandes vedettes de l’ultra-endurance de l’époque, Foster Powell a un parcours atypique. Né en 1734 au nord de l’Angleterre, le jeune Foster ne fait pas sensation dans son village. On le décrit comme un garçon banal, discret et plutôt asocial. La seule chose remarquable chez lui est son endurance. C’est cette aptitude exceptionnelle qui fera de l’homme ordinaire une star. Alors qu’il travaille à Londres comme notaire, ses collègues se moquent sans cesse de ses manières. Un jour, alors qu’ils s’enquièrent de ce que ce dandy timide prévoit pour le samedi suivant, il répond qu’il compte faire l’aller-retour à pied jusqu’à Windsor, soit près de 80 km, ce qui provoque la moquerie générale. Vexé, Powell les met au défi de l’accompagner. Deux d’entre eux acceptent ; le premier le suivra pendant 10 km, le second 20 avant d’abandonner à son tour. Ceux-là mêmes qui le raillaient font alors la promotion de son exploit, et il rejoint rapidement le cercle des pedestrians les plus célèbres du XVIIIe siècle.

Déjà une certaine science de l’endurance

L’homme longiligne aux mollets robustes, toujours élégamment – quoique lourdement – vêtu, est reconnaissable à son chapeau qui ne le quitte jamais. Mais si sa tenue est loin d’être idéale pour la pratique sportive, ses habitudes démontrent déjà une certaine science de l’endurance. Ainsi, lors de ses parcours, jamais il ne mange pas de viande et chacune de ses pauses rafraîchissement est savamment planifiée. Sur son parcours favori, Londres-York aller-retour, soit près de 650 km, il réalisa à l’âge de 58 ans un temps record de 5 jours, 15 heures et 15 minutes. Contrairement à d’autres pedestrians de son époque, Powell mourra dans le dénuement le plus total.

FOSTER POWEL © bridgemanart.com
S’il était connu pour son chapeau, Foster Powel l’était également pour la taille de ses mollets. © bridgemanart.com

Barclay, père de la marche rapide

Quelques années plus tard, c’est un Écossais qui fait sensation. Né en 1 779, Robert Barclay Allardice est considéré comme le père de la marche rapide. Celui que l’on surnomme le “Celebrated Pedestrian”, passionné d’outdoor et incapable de rester enfermé, se démarque par ses capacités exceptionnelles en tant que marcheur à l’âge de 17 ans, en remportant son premier pari sportif : 10 km en marche rapide (un pied toujours en contact avec le sol) en 1 heure. Si ses compétences n’étonnent pas ceux qui le connaissent déjà, le montant du gain, 100 guinées, une somme rondelette, est en revanche surprenant. Barclay apprend donc très tôt que ses capacités hors normes peuvent lui rapporter beaucoup à une époque où les paris sportifs et les jeux d’argent sont plus qu’à la mode.

41 marathons d’affilée !

Parmi les exploits de Barclay, en 1801, il parcourt 177 km en 19 h 27. Puis, en 1806, 161 km en 19 heures sur des routes accidentées. En 1809, en Angleterre, la foule se presse à Newmarket aux côtés de grands lords de l’époque, non pas pour assister aux courses de chevaux habituelles, mais pour apercevoir l’homme de presque 30 ans qui vient de parcourir en marchant 1 000 miles (1 600 km) en 1 000 heures, soit quasiment un marathon par jour pendant 41 jours d’affilée. Durant son exploit, il aura perdu 14 kg mais aura fait monter la somme des paris à près de 5 millions de livres sterling, une véritable fortune pour l’époque. Ce sera sa performance la plus suivie, près de 10 000 personnes l’acclamant tout au long de son trajet. Cinq jours après son exploit, Robert Barclay est réquisitionné par l’armée et prend alors le nom de Captain Barclay. Devenu l’un des pedestrians les plus riches de son époque, il s’engagera ensuite dans le milieu de la boxe en tant que coach, et décédera en 1854 des suites d’une blessure causée par… un coup de sabot de cheval.

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Incapable de rester sur place, Robert Barclay est considéré comme le père de la marche rapide longue distance. © DR

Mensen, le Norvégien le plus riche du monde

Parmi les pedestrians grassement rémunérés pour leur endurance, Ernst Mensen, surnommé « le Norvégien le plus riche du monde », était connu pour ses exploits invraisemblables. Né en 1795, Mons Mensen Oyri, alias Ernst Mensen, est le septième fils d’une famille modeste. Sa carrière débute dans la marine marchande britannique. Bien qu’il ait le pied marin, c’est sur la terre ferme qu’il s’illustre en remportant une course en Afrique du Sud. Cette victoire marque un tournant dans sa carrière. Il part alors pour l’Angleterre, où les courses d’endurance connaissent leurs heures de gloire, et devient un des premiers traileurs professionnels. Il devient riche, richissime même et enchaîne les voyages avec de nombreux arrêts à Paris, où il mène la grande vie. Les routes n’étant pas sûres à l’époque, Mensen faisait toutes ses courses équipé d’une arme.

Un ultra-exploit qui change tout

En 1832, Mensen se lance un défi qui va changer la face de la discipline et surpasser de loin les exploits de ses prédécesseurs : le Paris-Moscou. Équipé d’une boussole et se fiant aux étoiles, il parcourt les 2 500 km qui séparent les deux capitales en 14 jours, à raison de 180 km par jour en moyenne. S’il n’y avait pas eu de témoins, personne n’aurait cru cela possible. Encore plus audacieux, Mensen remet ça entre Constantinople et Calcutta, soit 7 000 km en 59 jours à raison de 140 km par jour, trouvant gîte et couvert chaque soir sur son trajet. La presse de l’époque rapporte qu’il mange toujours froid et dort peu. Depuis trop longtemps déraciné, il ne retournera jamais dans son pays natal. Il n’ira pas non plus au bout de son dernier voyage, un défi au départ de Paris pour trouver la source du Nil. Il mourra pendant l’expédition, près de la frontière entre l’Égypte et le Soudan.

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Au palmarès d’Ernst Mensen, des exploits longue distance qui font de lui l’un des tout premiers traileurs professionnels. © DR
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Vous rêvez de participer à une course de l’UTMB® Mont-Blanc mais n’avez pas l’endurance nécessaire pour un grand format ni les points requis ? Une nouvelle course, l’ETC, vient de voir le jour, accessible à tous. Mais attention, les places sont, là aussi, limitées !

Un 15 km et 1300m D+ au départ de Courmayeur

Au départ de Courmayeur le mardi 23 août prochain, cette nouvelle course vous propose une balade de 15 km et 1 300m de dénivelé positif à travers les plus beaux panoramas des Alpes italiennes : une belle ascension de 750m de D+ vers les alpages de Tirecorne et de la Suche, des terrasses naturelles avec vue directe sur le massif du Mont-Blanc, avant de finir par un parcours forestier en direction de Courmayeur et de sa ligne d’arrivée. Le goût de l’UTMB® Mont-Blanc, des panoramas dignes de l’UTMB® Mont-Blanc mais à un niveau très raisonnable.

Une course accessible à tous


Ce format, accessible à tous et sans prérequis nécessaire, vous permettra de faire le plein d’émotions et profiter, vous aussi, de l’atmosphère exceptionnelle procurée par cette semaine UTMB® Mont-Blanc à Chamonix et dans les environs. Et la possibilité, dans la foulée de votre course, d’aller admirer les élites qui prendront le départ de l’UTMB 2022 le vendredi. Pour vous inscrire, si vous n’en avez pas déjà un, vous devez d’abord remplir un “Espace Coureur” sur le site de l’UTMB. Dépêchez-vous, c’est par ici.

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Il fallait s’y attendre, c’est désormais officiel. La championne suédoise Emelie Forsberg, compagne de Kilian Jornet depuis 7 ans, l’a rejoint dans l’aventure Nnormal, la nouvelle marque lancée par le Catalan au mois de mars.

Energie et gentillesse, l’ADN d’Emilie Forsberg

Si vous êtes passionné d’outdoor et de trail running, vous avez certainement déjà entendu parler d’Emelie. Son énergie et sa gentillesse sont uniques dans le monde du skimo et du skyrunning. Partout où elle passe, elle marque les esprits. Ce sont surtout dans les années 2013 à 2016 qu’elle a enchaîné les victoires sur différents formats et courses prestigieuses, en ultra-trail comme en skyrunning. Mais elle figure aujourd’hui encore parmi les meilleures athlètes dans ces disciplines. Après avoir mis au monde une petite fille en mai 2019, puis lui avoir donné une petite sœur en avril 2021, elle portera donc les couleurs de Nnormal cette saison.

EMELIE FORSBERG NNORMAL
© nnormal.com

Une athlète active et impliquée

Depuis quelques années, Emelie Forsberg conseille également la communauté outdoor sur la nutrition et le lien qu’elle entretient avec la nature. C’est notamment le cas à travers Moonvalley, la marque de nutrition sportive qu’elle a co-créée avec Ida Nilsson et Mimmi Kotka. Egalement impliquée dans la Fondation Kilian Jornet pour la protection des montagnes, elle rejoint donc très logiquement son compagnon dans le projet Nnormal. Rappelons que l’ADN de cette nouvelle marque est le respect de l’environnement.

EMELIE FORSBERG © moonvalley.me
Ida Nilsson, Mimmi Kotka et Emelie Forsberg © moonvalley.me

Rejoindre Nnormal pour réaliser une ambition

La collaboration d’Emelie Forsberg est pour elle une façon d’affirmer ses convictions sur la façon dont le sport doit aller de pair avec la protection de la nature. Ainsi exprime-t-elle son enthousiasme sur le site de la marque espagnole : « J’ai choisi d’être une athlète, mais j’ai toujours lutté avec une partie de moi qui a l’impression d’être égoïste, en ne contribuant pas suffisamment à la protection du monde naturel. Toute ma vie, j’ai été passionnée par la nature, les forêts et les montagnes. Cette passion m’a guidée tout au long de mes études universitaires en biologie, mais je n’ai pas eu l’occasion d’en faire quelque chose. Les valeurs fondamentales et la philosophie du projet (Nnormal) m’encouragent à penser que je peux être une athlète et aider à protéger la nature en même temps. Je suis vraiment excitée à ce sujet – et cela m’inspire à en faire encore plus ! » Un engagement que l’on ne peut que saluer.

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Après deux annulations liées à la crise sanitaire, le circuit des Golden Trail World Series débutera bien dans le Pays basque espagnol, comme en 2019. Créé par Salomon en 2018, ce circuit permet de rassembler les meilleurs athlètes mondiaux autour de 6 épreuves de très haut niveau, entre grandes classiques et nouvelles destinations. La grande finale sélectionne les meilleurs du classement pour une ultime étape à Madère. Présentation de la saison 2022.

Les 3 meilleurs résultats comptent

Les 6 étapes ont été choisies spécifiquement pour leur environnement exceptionnel, le challenge qu’elles représentent, leur histoire et l’atmosphère unique qu’elles offrent à la fois au public et aux coureurs. Le circuit combine ces courses emblématiques dans un concept clair et simple : les trois meilleurs résultats de chaque coureur sur les six courses comptent. Cela permettra de générer de l’engouement pour le public qui pourra suivre le classement des courses toute la saison et de faire en sorte que les élites se retrouvent un maximum de fois dans l’année, garantissant un haut niveau à chaque course. En 2021, ce sont le Norvégien Stian Agermund et la Suissesse Maude Mathys qui ont remporté le classement général.

Pour voir le teaser de l’édition 2022, c’est ici.

GOLDEN TRAIL WORLD SERIES 2022
GOLDEN TRAIL WORLD SERIES 2022, le programme.

Etape 1 : 29 mai 2022 – Zegama-Aizkorri – Espagne

Distance : 42 km – D+ : 2736 m

« Zegama est Zegama » La fièvre basque. Seuls quelques coureurs chanceux ont l’opportunité de parcourir les plus hauts sommets du Pays Basque et de tomber sous le charme des spectateurs qui les encouragent à chaque pas, puisque la participation est limitée à 500 coureurs. Le temps d’un week-end unique, cette petite ville d’un peu plus de 1500 habitants se métamorphose pour devenir l’épicentre du trail. Cette année plus particulièrement, pour 2 raisons. D’abord, parce que les 2 dernières éditions avaient dû être annulées. Ensuite, parce que ce sera le premier grand rendez-vous de Kilian Jornet avec son nouvel équipement Nnormal. Buzz assuré !

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GTWS ZEGAMA © Igor Quijano : zegama-aizkorri.com
© Igor Quijano / zegama-aizkorri.com

Etape 2 : 26 juin 2022 – Marathon du Mont-Blanc – France

Distance : 42 km – D+ : 2540 m

Le 42km du Mont-Blanc est la course mythique à courir au moins une fois dans sa vie ! Autant plébiscitée par les meilleurs sportifs du monde qui rêvent d’inscrire leur nom au palmarès que par les amateurs de trail, cette course offre des paysages de rêve et une ambiance festive. Elle fait d’ailleurs partie de la sélection Esprit Trail des 15 plus beaux trails à faire dans les Alpes cet été. Pour la première fois, le tracé est modifié et la ligne d’arrivée sera située au centre de Chamonix, pour une meilleure communion avec le public.

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GTWS MONT BLANC © David Gonthier : marathonmontblanc.fr
© David Gonthier : marathonmontblanc.fr

Etape 3 : 6 août 2022 – Stranda Fjord Trail Race – Norvège

Distance : 25 km – D+ : 1700 m

Cette course emmène les participants dans une folle chevauchée dans les fjords norvégiens. Le parcours de la course a tout, des sentiers rapides et fluides, des montées raides et des descentes techniques. 

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GTWS STRANDA FJORD © GTWS.com
© GTWS.com

Etape 4 : 13 août 2022 – Sierre-Zinal – Suisse

Distance : 31 km – D+ : 2200 m

Le Fast & Furious version suisse ! Cette course, la plus rapide de la série, attire les meilleurs athlètes. Le spectacle est délirant dans le sprint du dernier kilomètre pour la victoire. Le parcours emprunte l’un des sentiers de course en montagne les plus pittoresques au monde. Sierre-Zinal a d’ailleurs été salué comme le « Marathon de New York » des courses en montagne. C’est aussi la plus ancienne course de ce type en Europe.

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GTWS SIERRE ZINAL_Kilian Jornet, à Sierre-Zinal. © J. Saragossa : GTWS
© J. Saragossa / GTWS

Etape 5 : 17 septembre 2022 – Pikes Peak Ascent – Etats-Unis

Distance : 21 km – D+ : 2382 m

La Pikes Peak Ascent est une course pas comme les autres, qui emmène les coureurs de Manitou Springs, Colorado, le long de Barr Trail jusqu’au sommet de Pikes Peak à 4302 m. Le parcours de la course est unique et très exigeant physiquement par rapport aux autres courses de la série. Avec une pente moyenne de 11 %, le Barr Trail de Pikes Peak est un sentier souvent étroit, sinueux ou escarpé et peut être constitué de graviers, de rochers ou de terre avec des virages serrés et des changements brusques d’élévation ou de direction. Pour faire monter la tension, 10 000$ de gains additionnels seront remis aux coureurs capables de briser les temps décidés par les organisateurs. Temps à battre pour les hommes : 2h00. Pour les femmes : 2h21.

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GTWS PIKES PEAK © Christian-Murdock : inov-8.com
© Christian Murdock / inov-8.com

Etape 6 : 25 septembre 2022 – Flagstaff Sky Peaks – Etats-Unis

Distance : 26 km – D+ : 1266 m

Le Flagstaff Sky Peaks a rejoint les Golden Trail World Series cette année et permettra à certains des meilleurs coureurs de trail au monde de s’affronter sur le bord volcanique des San Francisco Peaks, montant jusqu’à un peu plus de 3500 mètres avant d’emprunter une section de l’emblématique Arizona Trail qui s’étend sur plus de 800 miles du Mexique à l’Utah.

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GTWS FLAGSTAFF © ATRA
© ATRA

Finale : 26 octobre 2022 – The Madeira Ocean Trails – Portugal

Les 30 premiers du classement général après les 6 courses seront considérés comme des élites internationales. Ils seront pleinement invités à Madère. La Finale Madeira Ocean Trails GTWS s’inspire du « Tour de France ». Il s’agit d’une course par étapes de 5 jours, d’une distance totale d’environ 105 km, avec des prix distribués quotidiennement : vainqueur d’étape, meilleur grimpeur d’étape, meilleur descendeur d’étape, meilleur sprinter d’étape… À la fin des 5 jours, un classement général sera établi, et les gagnants des Golden Trail World Series, hommes et féminin, seront ceux qui auront le plus grand nombre de points sur les 3 meilleurs résultats des 6 courses du circuit + la course par étapes finale obligatoire à Madère.

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La vitesse à laquelle courent les meilleurs ultra-traileurs du monde dépend bien entendu de la distance qu’ils ont à parcourir, du dénivelé positif et négatif total et du profil général de la course. Mais en prenant en compte la règle du km-effort, on obtient des résultats spectaculaires. Démonstration.

Le km-effort, une formule reconnue

Le km-effort est une formule reconnue en trail running qui prend en compte la distance et le dénivelé positif. Ainsi, le km-effort est calculé en ajoutant 1 kilomètre pour 100 mètres de dénivelé positif à la distance totale de la course. Par exemple, une course de 100 km avec 5000 mètres de dénivelé positif correspond à 150 km-effort.

L’incroyable UTMB 2019 de Pau Capell

Le coureur espagnol, parti seul dès le 2e kilomètre, a réalisé une course parfaite en 2019 en bouclant le parcours en 20h 19mn 07s. Il a ainsi établi le temps de référence sur parcours complet. Pour mémoire, l’ancien record était détenu depuis 2015 par Xavier Thévenard en 21h 09mn 15s. A noter qu’on ne peut pas prendre en compte le temps canon de 19h 01mn de François D’Haene en 2017. En effet, le parcours avait été modifié et légèrement raccourci en raison des intempéries. Paul Capell a donc parcouru les 171 km et 10140m D+ en 20h 19mn 07s. Soit une vitesse réelle de 8,42 km/h, arrêts ravitos compris. Mais en prenant en compte la formule du km-effort, la distance passe à 282 km (171 + 101). Soit une vitesse relative de 13,88 km/h.

Pau Capell © utmb19
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Un UTMB à plus de 12km/h de vitesse relative pour Courtney Dauwalter

Après l’avoir déjà remporté en 2019, l’Américaine Courtney Dauwalter a établi en 2021 le record de l’UTMB en 22h 30mn 54s. Elle a amélioré de près de 2 heures son temps de 2019. Cela représente une vitesse réelle de 7,60 km/h. Mais en prenant en compte le km-effort, la vitesse relative s’établit à 12,52 km/h.

courtney dauwalter © utmb21
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Ragna Debats “réellement” supersonique

En dynamitant le record de l’épreuve sur la course RED de l’Istria 100 2022, la Néerlandaise Ragna Debats a montré qu’elle n’avait rien à envier aux hommes en matière de vitesse pure. En bouclant les 168 km et 6515 m D+ du parcours en 20h 14mn 52s, elle a établi une vitesse moyenne réelle de 8,29 km/h. Un score très proche de celui des meilleurs traileurs masculins sur ce type d’épreuve de montagne. En prenant en compte le km-effort, et donc le dénivelé bien moindre que sur un UTMB par exemple, sa vitesse relative s’établit quant à elle à 11,50 km/h.

Ragna Debats © Franck Oddoux : UTMB
© Franck Oddoux : UTMB

François D’Haene tout là-haut sur la Hard Rock 100

Le Français est indiscutablement le meilleur ultra-traileur au monde ces dernières années. Il détient depuis 2021 le record absolu de la Hardrock 100 à Silverton, États-Unis. Il a battu de plus d’1h40 le record détenu depuis 2015 par Kilian Jornet. Son temps de 21h 45mn pour parcourir les 161 km et 10000m D+ correspond à une vitesse réelle de 7,40 km/h. Et, en prenant en compte le km-effort, donc avec une distance portée à 261 km, une vitesse relative de 12 km/h. La différence de vitesse, réelle comme relative, entre la Hardrock 100 et l’UTMB s’explique par l’altitude moyenne à laquelle se déroule l’épreuve américaine : 3 352 m. Sachant qu’à partir de 2000 m les effets du manque d’oxygène se font sentir, on mesure mieux l’incroyable performance de D’Haene.

François d'haene © DR
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Une fusée nommée Walmsley

En terme de vitesse pure, tout le monde s’accorde à reconnaître que l’Américain Jim Walmsley en connaît un rayon. C’est sur les 161 km de la Western States 2019 que nous pouvons le mieux mesurer ses capacités à courir vite un ultra-trail. En 2019, en établissant un record en 14h 09mn 28s, il a signé une vitesse moyenne réelle de 11,38 km/h. En prenant en compte le km-effort, les 161 km et 6490 m D+ se transforment en 226 km. Soit une vitesse relative de… 16 km/h ! Imagninez courir quasiment 4 marathons de Berlin d’affilée à 16km/h de moyenne ! Une folie.

Jim Walmsley © DR
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Ellie Greenwood, une femme ultra-rapide

Toujours sur ce même parcours de la Western States, c’est l’athlète britannique Ellie Greenwood qui détient le record de l’épreuve. Elle a établi cette marque en 2012. En ayant parcouru les 161 km et 6490m D+ en 16h 47mn 19s, elle affiche une vitesse réelle de 9,59 km/h. Et en prenant en compte le km-effort, sa vitesse relative est portée à 13,46 km/h.

Flashé à plus de 20km/h sur le 42K du Marathon du Mont-Blanc

En raccourcissant la distance, la vitesse, réelle comme relative, augmente forcément. Ainsi, le Norvégien Stian Angermund, spécialiste de skyrunning et de kilomètre vertical, champion d’Europe de SkyRace 2021, a-t-il établi un impressionnant record sur le Marathon du Mont-Blanc en 2021. Il a bouclé les 42km et 2540 m D+ en 3h 18mn 08s. Soit une vitesse réelle de 12,73 km/h. Et une vitesse relative, en prenant en compte le km-effort, de 20,30 km/h.

Et si c’était tout plat ?

La performance de Stian Angermund peut être comparée au record du monde du marathon détenu par Eliud Kipchoge. Avec un temps de 2 h 1 min 39 s établi le 16 septembre 2018 lors du marathon de Berlin, connu comme étant le marathon le plus rapide du monde du fait de son parcours très plat (moins de 20 m de dénivelé), le Kényan a couru à une vitesse réelle (et relative) de 20,83 km/h. A peine plus vite que le Norvégien sur le Marathon du Mont-Blanc, finalement…

Stian Angermund et Davide Magnini © D. Gonthier : MarathonduMontBlanc
Stian Angermund en embuscade derrière Davide Magnini sur le Marathon du Mont-Blanc 2021 © D. Gonthier : MarathonduMontBlanc
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Souffrant de la cuisse, la championne française et leader du Team Women Evadict avait décidé de se faire opérer. C’est aujourd’hui chose faite, et tout s’est bien passé.

Une douleur à la cuisse trop handicapante

« Voilà un an que je serre les dents avec cette douleur à la cuisse, que je suis dans l’inconnu, mais là stop, je n’en peux plus ! », déclarait il y a quelques semaines l’actuelle championne du monde de trail, et toute récente leader du Team Women Evadict après son départ de chez Hoka. Le diagnostic : endofibrose de l’artère iliaque externe, une pathologie encore peu connue dans le monde de la course à pied, mais plutôt présente dans le monde du cyclisme, avec comme exemple la cycliste olympique Pauline Ferrand-Prévot. Après un long échange avec son professeur de médecine, Blandine, elle-même gynécologue-obstétricienne, avait pris la décision de se faire opérer.

team evadict © DR
La toute nouvelle Team Women Evadict © evadict / DR

Une dernière victoire avant l’opération

Le moins que l’on puisse dire, c’est que même diminuée, L’Hirondel avait sacrément bien démarré son printemps. Après avoir signé une belle victoire au Trail du Ventoux mi-mars, Blandine avait remis ça sur sa toute dernière course, le Trail de la Cité de Pierres. Invitée de dernière minute, elle avait amélioré son propre record établi en 2020. Elle avait dominé l’épreuve en bouclant les 31km et 1500m D+ en 2 heures 43 minutes et 36 secondes.

Convalescente mais soulagée

Blandine L’Hirondel est donc passée sur le billard le 5 avril. Et tout s’est bien passé, a-t-elle fait savoir à ses fans sur son compte Instagram, photos à l’appui. « Ma santé reste ma priorité », a-t-elle sagement déclaré. « Le regard est déjà posé sur l’après, avec l’envie de revenir sur ces sentiers plus que jamais. Je saurai m’armer de patience. Malgré tout, je garde le sourire et le moral, car tout cela reste relatif face à l’actualité de ces dernières semaines. » Toute l’équipe d’Esprit Trail lui souhaite un prompt rétablissement.

BLANDINE L'HIRONDEL © instagram / DR
Sur le compte Instagram de Blandine L’Hirondel, le Trail de la Cité de Pierres, l’opération à Lyon et le sourire de la leader de la Team Evadict © instagram / DR
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Les UTMB® World Series, sésame pour l’UTMB Mont-Blanc 2023, commencent ce mois d’avril en Croatie. Avec, pour les meilleurs, l’ambition de se qualifier directement pour l’UTMB® Mont-Blanc l’an prochain. Et pour les autres, de récolter le plus de points de finisher pour le tirage au sort. Mode d’emploi et calendrier des courses à suivre.

Un nouveau championnat mondial

L‘UTMB® World Series 2022 est la première édition de l’UTMB® World Series, un véritable championnat international d’ultra-trail regroupant 25 courses en Europe, Asie, Océanie et Amérique. Cette compétition, qui promet d’accueillir les meilleurs athlètes du monde, succède au circuit mondial Ultra-trail World Tour, qui a connu sa dernière édition en 2021 et permis de qualifier les athlètes favoris pour l’UTMB 2022.

Les World Series Events, ou la course aux Running Stones

Les UTMB® World Series Events sont des courses qui permettent de collecter des Running Stones, indispensables pour participer au tirage au sort des UTMB® Wolrd Series Finals, qui se dérouleront à Chamonix lors de l’UTMB®Mont-Blanc en août 2023. Pour participer au tirage au sort des courses reines du Mont-Blanc et obtenir une place pour les Finales, il faut posséder au moins 1 Running Stone. Donc avoir fini au moins une course des UTMB® World Series. Sachant qu’un 100M rapporte 4 Running Stones, un 100K 3, un 50K 2 et un 20K 1. Plus le coureur a de Running Stones, plus il a de chances d’être tiré au sort. La saison 2022 compte actuellement 25 événements organisés à travers 16 pays, donc autant de possibilités de collecter des Running Stones. Petite exception, les 3 premiers hommes et femmes dans les catégories 50K, 100K et 100M (160K) des courses des World Series seront automatiquement qualifiés pour les finales à Chamonix, sans passer par le tirage au sort.

UTMB WORLD SERIES COURSE © UTMB
Les UTMB® World Series 2022, nouveau championnat dont l’apothéose sera l’UTMB® Mont-Blanc 2023. © UTMB

Les Majors, 3 chances supplémentaires de voir Chamonix l’an prochain

Dernière possibilité d’échapper au tirage au sort : finir dans les 10 premiers (hommes et femmes) des catégories 50K, 100K et 100M des World Series Majors, les 3 événements qui tiennent lieu de finales continentales. Cette année, ces courses seront la Val d’Aran by UTMB® pour l’Europe, la TransLantau by UTMB® pour l’Asie et un événement non encore défini pour l’Amérique. Quant à celles et ceux qui termineront au-delà de la dixième place de chaque catégorie, ils empocheront deux fois plus de Running Stones que lors des World Series Events. Donc auront deux fois plus de chances d’être tirés au sort pour obtenir leur sésame pour Chamonix.

UTMB WORLD SERIES pyramide © utmbworldseries
© utmbworldseries

Calendrier des UTMB® World Series Events et World Series Majors de 2022

Printemps 2022

Istria 100, Croatie – 100M, 100K, 50K. 7 au 10 avril 2022

The Canyons Endurance Runs, Etats-Unis – 100K, 50K. 23 avril 2022

L’Ultra-Trail Australia, Australie – 100K, 50K. 14 et 15 mai

Trail du Saint-Jacques, France – 100M, 100K, 50K. 10 et 11 juin

Mozart 100, Autriche -100K, 50K. 18 juin

Éte 2022

La Sportiva Lavaredo Ultra Trail, Italie -100M, 100K, 50K. 24 et 25 juin

Trail 100 Andorra, Andorre – 100M, 50K. 24 et 25 juin

Western States Endurance Run, Etats-Unis – 100M. 25 juin

Ultra-Trail Snowdonia, Royaume-Uni – 100M, 100K, 50K. 1er et 2 juillet

Restonica Trail, France – 100M, 100K, 50K. 7 au 9 juillet

Val d’Aran, Espagne – 100M, 100K, 50K. 7 au 10 juillet

Trail Verbier Saint-Bernard, Suisse – 100M, 100K, 50K. 8 et 9 juillet

Eiger Ultra-Trail, Suisse – 100K, 50K. 15 au 17 juillet

Speedgoat, Etats-Unis – 50K. 22 juillet

UTMB Mont-Blanc, France – 100M, 100K, 50K. 25 et 26 août

Wildstrubel, Suisse – 100K, 50K. 9 au 11 septembre

Julian Alps Trail Run, Slovénie – 100M, 100K, 50K. 16 et 17 septembre

Automne 2022

Nice Côte d’Azur, France -100M, 100K, 50K. 23 et 24 septembre

Transvulcania La Palma Island, Espagne – 100K, 50K. 22 octobre

Puerto Vallarta Méxica, Mexique -100M, 100K, 50K. 28 et 29 octobre

Kullamannen, Suède – 100M, 100K. 4 et 5 novembre

Translantau, Chine – 100M, 100K, 50K. 5 novembre

Doi Inthanon Thailande, Thaïlande – 100M, 50K. 9 et 10 décembre

Uutra-Trail Kosciuszko – 100M, 100K, 50 K. 15 et 16 décembre

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