Quel meilleur moyen de savoir ce qu’ont vécu les participants de la SaintéLyon 2022 que de se plonger dans leurs récits de course ? Avec force détails, ils ont publié sur leurs réseaux sociaux des analyses qui permettent de se retrouver au cœur de l’épreuve. Voici la compilation des témoignages des 4 premiers du classement général, ainsi que celui de la marraine de la SaintéLyon 2022, Sissi Cussot, qui a bouclé sa 9e participation.

Andreu Simon Aymerich, Team Asics Trail, vainqueur de la SaintéLyon 2022

Temps : 5h 47mn 35s
Vitesse : 13,63 km/h
Première participation à la SaintéLyon

SaintéLyon 2022 Andreu Simon Photo Facebook Andreu Simon Aymerich : Le Progrès : DR
Photo Facebook Andreu Simon Aymerich / Le Progrès / DR

« Je suis surpris du rythme auquel j’ai pu courir toute la course ! »

« Chaque changement demande du temps, mais en regardant les entraînements et les sensations des 6 dernières semaines, c’était encourageant. Je voulais voir si j’étais capable de lui donner une continuité en compétition. Courir avec ce “feeling” ça fait plaisir et c’est le meilleur cadeau que je puisse faire à ceux qui se sont consacrés à me perfectionner en un temps express. Quelle libération de pouvoir commencer comme ça !
Diabète, insuline, frontale, brouillard, froid et boue m’ont accompagné sur ces 78km et 2050+, pour être enfin le premier étranger à remporter l’Asics SaintéLyon ! Je suis super content et surpris du rythme auquel j’ai pu courir toute la course ! »

A lire également, l’article sur le récit à chaud de la course et le résultat de toutes les courses de la SaintéLyon

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Thomas Cardin, team Hoka, 2ème de la SaintéLyon 2022

Temps : 5h 52mn 40s
Vitesse : 13,43 km/h
2ème participation. Vainqueur de la SaintéLyon 2021 (ex-aequo avec Romain Lieux)

SaintéLyon 2022 Thomas Cardin Photo Instagram Thomas Cardin : Le Progrès : DR
Photo Instagram Thomas Cardin / Le Progrès / DR

« J’ai rarement fini une course autant au mental. »

« La Doyenne… La SaintéLyon… 2ème place pour une 2ème participation. 78km en 5h 52, dans la boue, le brouillard et sous la pluie. L’aventure d’une nuit blanche. (…) Je retrouve beaucoup de visages connus derrière les buffs et les frontales. Les températures ne sont pas négatives mais il fait très humide. Le départ est retardé de près de 20 minutes pendant lesquelles une pluie fine commence à tomber. Nous nous refroidissons sérieusement en restant statiques sur la ligne de départ.

Les fauves sont enfin lâchés, et comme on pouvait le prévoir, ça part vite, sûrement trop vite ! 3’35, 3’40, les kms défilent et l’allure baisse peu. Ce ne sont pas des allures qui me dérangent, mais je commence à penser à la suite de la course. Partir trop vite sur la SaintéLyon, c’est prendre le risque de finir tout doucement. Ou même de ne pas finir du tout. Mais les collègues de la tête de course ne sont pas si faciles à convaincre et je les suis donc dans leur projet. »

Thomas Cardin dans le brouillard…

« On monte les premières côtes et heureusement la vitesse diminue. Mais un protagoniste s’invite, et il ne nous laissera pas souvent tranquilles : le bon vieux brouillard. Il est très épais et humide, on y voit vraiment pas grand chose. En plus, il dépose une fine pellicule d’eau sur mes lunettes en permanence. C’est le gros kiff car je cours à l’aveuglette !

Aux alentours du 20ème km, un groupe de trois coureurs s’échappe : Theo Detienne, Baptiste Chassagne et Andreu Simon Aymerich. Pour moi, c’est beaucoup trop tôt. Tout le monde me l’a répété, la course ne commence qu’à Sainte-Catherine. Et pourtant, ils prennent 3 minutes d’avance et je suis contraint de chasser en solo derrière eux. »

Quand Thomas Cardin donne tout et… coince

« Je finis par rattraper Baptiste avec qui nous partageons quelques kilomètres très glissants. Andreu reste à 3 minutes d’avance. À la mi-course je me dis que cette avance est trop stable. Andreu ne présente pas de signes de faiblesse, il faut donc que je prenne mes responsabilités et que je passe à l’attaque. C’est donc parti pour un gros effort d’une quinzaine de km pendant lesquels je prends beaucoup de risques.

Je vais très vite, je force, relance autant que possible, essaye d’en faire le plus possible dans la boue car je pense que c’est là que les écarts se font. J’arrive à remonter à 1’30” d’Andreu. À Soucieux, je suis à fond, pas d’arrêt au ravito. L’écart baisse toujours mais je commence à sentir que je ne serai pas capable de finir à ce rythme.

C’est à partir de ce moment que ça devient dur. J’essaye d’en faire le plus possible mais l’écart ne réduit plus. Je reste très concentré et même trop, car j’en oublie de manger mon gel prévu sur la portion Soucieux-Chaponost ! Erreur qui m’enfonce encore plus dans les mauvaises sensations. Les derniers km sont un chemin de croix. J’ai rarement fini une course autant au mental. Les chutes s’enchaînent, je coince en bosse, je n’arrive plus à relancer, je suis frigorifié. La totale ! »

SaintéLyon 2022 Thomas Cardin Photo DR
Photo DR

Thomas Cardin soulagé… puis heureux !

« L’arrivée n’est pas un plaisir, c’est un soulagement. C’est seulement après m’être changé et avoir parlé avec ceux qui m’entourent que je réalise que je suis satisfait de ma course. Je ne regrette rien, je suis même heureux de cette belle aventure. J’ai réussi à produire un effort physique et mental important, à quatre semaines de ma course des championnats du monde, sans oublier les conditions de vie actuelles qui ne sont pas des plus reposantes ! (Thomas Cardin est devenu papa en milieu d’année, NDLR.)

C’est une Saintélyon plus dure pour moi que celle de l’année dernière, mais qui clôture d’une belle façon une année énorme en événements perso et sportifs. Bravo à tout ceux qui ont bravé les éléments, coach, ravitailleurs, amis, coureurs ou bénévoles, ceux qui m’ont encouragés et poussés à faire au mieux. Maintenant, je vais me reposer un peu, essayer de dormir (mais ça ne dépend pas que de moi 🙂 et reprendre des forces pour pouvoir préparer 2023. »

Baptiste Chassagne, team Sidas Matryx, 3ème de la SaintéLyon 2022

Temps : 6h 03mn 23s
Vitesse : 13,03 km/h
2ème participation. 4ème de la SaintéLyon 2019

SaintéLyon 2022 Baptiste Chassagne Photo Facebook Baptiste Chassagne : Le Progrès : DR
Photo Facebook Baptiste Chassagne / Le Progrès / DR

« Pour la première fois de ma carrière, j’ai couru pour gagner ! »

« Il paraît que la nuit porte conseil. Moi je crois qu’elle porte bonheur. Hier (le 4 décembre, NDLR), j’ai couru avec mon cœur. J’en suis revenu avec des émotions rares. J’ai eu froid dehors, mais j’ai eu si chaud à l’intérieur… Pour la première fois de ma carrière, j’ai couru pour gagner. Quitte à perdre. Je ne suis pas monté sur la première marche, pourtant, c’est comme une victoire. J’ai tenté, avec mes armes, et pris des risques, afin d’aller explorer ce qui sépare les performances prometteuses et les places d’honneur de la seule et unique “gagne”. Celle que tu claques un jour, et que l’on ne t’enlève jamais.

Je me suis incliné face à Andreu Simon Aymerich et Thomas Cardin, 2 athlètes de classe internationale, tout simplement plus forts que moi. J’ai découvert un autre versant du sport de haut-niveau : gagner est encore différent de performer. J’ai beaucoup appris et observé, et j’ai franchi la ligne d’arrivée la tête haute, sans regret, empreint d’une émotion puissante. Parti fort, en tête jusqu’à Sainte-Catherine, j’ai traversé un moment réellement obscur, de Saint-Genou (km 44) à Chaponost (km 65). Grâce à mes hooligans, nombreux, bouillants, je suis allé voir ce qu’il se passait au fond de moi et y ai déniché un supplément d’âme. Celui qui m’a permis de décrocher le podium et de vivre, à l’arrivée, un moment de communion magique avec mes proches. »

Baptiste Chassagne en route pour les « France »

« 4ème pour ma 1ère participation, 3ème pour la 2ème… Marche après marche. En attendant, je vais savourer, puis repartir doucement mais sûrement à l’entraînement afin de poursuivre ma préparation aux Championnats de France, qualificatifs aux « Monde ». Une échéance dont la SaintéLyon représentait la première étape, par son format roulant assez semblable. Un immense merci pour tous les encouragements que j’ai reçus de vive voix ou par messages touchants. Je suis gorgé de bonnes ondes pour avoir chaud tout l’hiver. Vive la Doyenne… »

Manu Meyssat, team Hoka, 4e de la SaintéLyon 2022

Temps : 6h 12mn 10s
Vitesse : 12,73km/h
Double vainqueur de la SaintéLyon (2016 et 2017)

SaintéLyon 2022 Manu Meyssat Photo Facebook Manu Meyssat : Le Progrès : DR
Photo Facebook Manu Meyssat / Le Progrès / DR

« Ce n’est pas une victoire, et pourtant, c’en est une quand même ! »

« Le sourire sur les photos, résume assez bien, cette SaintéLyon 2022 ! Comme souvent, j’embarque avec moi mon pote Paulo Valour dans cette aventure, et nous rejoignons la zone de départ vers 22h… Petit temps calme et j’enfile la tenue de combat ! Il ne fait pas très froid, et j’avais jeté un œil dans l’après-midi sur la météo, qui n’annonçait rien d’exceptionnel. Donc ce sera un thermique + coupe-vent !

Un léger échauffement d’une quinzaine de minutes et en route pour un bain de foule sur cette ligne de départ où j’ai largement le temps de saluer tous les copains, puisque nous y resterons plantés dessus, immobiles pendant 15min, suite à un petit incident qui oblige l’organisation à repousser le start. Tiens, la pluie commence à faire son apparition. Mais cela ne devrait être qu’une averse passagère… »

Manu Meyssat à l’aveugle

« On commence à se refroidir, mais sous les ordres et l’ambiance impulsés par le fidèle et irremplaçable Éric Garcia, la meute est libérée… Un gros plateau cette année, une belle densité, et rapidement un groupe d’une trentaine de coureurs se détache, avec parmi eux quelques relayeurs. Le rythme paraît cool, mais les km défilent à environ 3’35/km, voire 3’25 en légère descente.

Sorbiers et les premières difficultés sont déjà là et je sens que le rythme augmente… Je décide de ne pas partir au combat de suite, ma préparation sur cette édition a été très particulière après mes 2 années sans courir, et je ne suis pas complètement serein sur ma capacité à tenir une telle distance.

La pluie est toujours présente, la pente s’élève et nous rentrons dans un brouillard impressionnant ! Même sur les parties goudronnées, j’ai parfois le sentiment qu’à la moindre courbe, je vais finir dans les barbelés. Visibilité 2/3m, on navigue à l’aveugle, et sur les descentes en chemin, j’avoue que je suis complètement sur les freins. Victime de 2 entorses ces dernières semaines, je n’arrive pas à lire le terrain. Je suis également obligé d’enlever mes lunettes que j’utilise uniquement par temps froid, car je suis un peu sensible des yeux, mais qui pour le coup, trempées par l’humidité, n’arrangent pas les choses. »

Manu Meyssat et la bataille des intestins

« KM 17, St-Christo, 1er ravito où je retrouve Paulo afin de refaire le plein. Il m’annonce à 40 secondes de la tête et me demande si les sensations sont bonnes. Et bizarrement, je lui réponds que je n’en sais rien ! Ni bonnes, ni mauvaises, juste étranges… Une purée Baouw prise de suite, quelques gorgées de St-Yorre et c’est reparti.

Puis vers le 20ème kilomètre, des crampes intestinales apparaissent, ce qui est plutôt rare chez moi. Elles sont assez douloureuses mais au bout d’une vingtaine de secondes, elles disparaissent. Je compose avec. Cela revient toutes les 10min environ, mais sans sensations d’écœurement pour autant. Je continue de m’alimenter, simplement cela devient décousu, alors que je suis assez méticuleux d’habitude et que je n’aime pas modifier mon plan de bataille, surtout sur une course longue… Bref, ça n’annonce rien de positif pour la suite, mais je reste dans ma bulle, à l’écoute des moindres informations que mon corps m’envoie.

KM 31, ravito de Sainte-Catherine. Ce n’était pas prévu au programme, et d’ailleurs pas plus que la pluie, toujours présente, mais vu mon équilibre intestinal instable, je me dis que si je m’engage sur ce tronçon de 25km en direction de Soucieu et que cela dégénère, cela risque d’être très long, voire très, très long… »

Manu Meyssat, un coup de barre et ça repart !

« La facilité aurait été de mettre le clignotant à ce moment-là (cela m’a quand même effleuré l’esprit…), mais je ne suis pas encore dans le mal musculairement pour rendre les armes et anéantir toutes ces heures passées à l’entraînement ces dernières semaines, afin d’être de la fête cette nuit. Alors je fais ma ‘princesse” et j’opte pour un changement intégral. Je sais que je vais perdre du temps (environ 4 minutes), mais je l’accepte. Paulo doit comprendre que ça sent le sapin quand je change mes plans, et reste observateur, pour ne pas m’influencer.

C’est reparti, Goretex sur le dos, bien au chaud et au sec. L’énergie commence malgré tout à me faire défaut, car cela fait déjà une dizaine de kilomètres que je suis dépendant de mes crampes intestinales, et je sens que je commence à caler à l’entrée du Bois d’Arfeuille. Avec la pluie en continu et les autres courses qui sont passées devant, les chemins commencent à être défoncés par la boue. Le seul point positif, c’est que le brouillard se fait plus rare, donc la visibilité bien meilleure.

Malgré cette baisse d’intensité, je rattrape coup sur coup Kevin Vermeulen et Théo Detienne qui sont bien dans le mal. Après quelques mots d’encouragement, le premier, assez clairvoyant, me lâche “je crois vraiment avoir sous-estimé la difficulté de cette course, et en plus je suis gelé !”. Quant à Théo, apparemment victime d’une entorse, il n’est pas mieux. Leurs route s’arrêteront quelques kilomètres plus loin.é

Manu Meyssat, le coup de la crampe

« Rampeau est là, la pente est raide, et je marcherais une grosse partie de ce raidard. Je n’ai pas la force musculaire pour encaisser une montée tout en puissance, alors je gère. Cela fait longtemps que je cours seul, les crampes intestinales me rappellent régulièrement qu’elles sont toujours là et que j’ai toujours du mal à m’alimenter, mais sans être malade pour autant… Par contre, ce qui devait arriver arriva, mais sans prévenir : je me chope une crampe de l’espace ! Musculaire, cette fois, à l’adducteur. En un quart de seconde, elle m’arrête net à l’entame d’une bosse (KM42).

Un relayeur qui arrive à ce moment-là me demande si je me suis fait mal, quand il m’a vu m’arrêter soudainement, et continue sa route après avoir compris que ce n’était pas grave. Je marche quelques mètres, afin que cela cesse, mais impossible, alors je prends une quinzaine de secondes pour m’étirer, ce qui me permet de relancer la machine. Je commence à trouver le temps long, ma progression s’annonce difficile, mais quelques centaines de mètres plus loin, je retrouve mon relayeur sympa qui me lâche un “je vois que ça va mieux !” »

« KM44, St-Genou. Le ravito étant un peu difficile d’accès, j’ai fait le choix de me ravitailler seul. Je remplis une flasque sans perdre de temps et repars de suite. La descente qui suit me permet de manger et boire un peu, je retrouve un semblant d’énergie et compose un peu plus loin avec une énième crampe intestinale, mais qui sera la dernière. Malgré tout, sur ce profil descendant en direction de Soucieu, je sens un regain de forme et j’arrive à reprendre une alimentation normale : je bois quand je veux, je mange à nouveau régulièrement, tout redevient plus fluide. Par contre, j’ai mon gros orteil au pied gauche qui me fait souffrir depuis pas mal de temps. Là encore, cela ne m’arrive jamais !!! Ce sont les chaussures que j’avais utilisées sur ma dernière sortie longue de 50km, sans aucun échauffement ! »

Manu Meyssat en mode « robot »

« KM 55, ravito de Soucieu. Je change encore mes plans, et je change de chaussures, je bois, me ravitaille (tiens, un morceau de parmesan bien salé, ça change et ça fait du bien) ! Paulo n’y comprend plus rien. Il continue de me donner des infos sur les écarts, mais je l’écoute à peine, je suis rentré en mode “robot” et l’arrêt sera assez bref malgré tout.

Je repars plein de conviction, je sens que je reviens dans le fight et j’allonge la foulée dans les rues de Soucieu, quand un début de crampe à l’adducteur me rappelle à l’ordre et m’invite à ne pas trop m’enflammer.

J’ai le mollet gauche bien dur, mais les nouvelles chaussures me font du bien sur l’orteil, et finalement, les tensions vont s’atténuer au fil des kilomètres restants. Je profite que cette section avant Chaponost soit assez courte (47′ pour ma part) pour boire les 50cl de ma flasque, puisque Paulo m’attendra au ravito. Ce secteur se passe plutôt bien physiquement. Par contre, les chemins sont complètement défoncés, et je n’aurais pas pensé pouvoir retrouver des conditions similaires à celles de 2019.

KM65, ravito de Chaponost. Pas d’arrêt cette fois-ci, je chope juste une flasque en plein vol et écoute Paulo qui m’annonce les 3 premiers assez loin, mais le 4ème à 2’30. Donc je viens de découvrir que je suis 5ème. Mais l’écart me paraît trop important pour espérer davantage… Malgré tout, cela fait du bien au moral. Et de savoir que, sauf incident, j’irai au bout de l’aventure est déjà une victoire. »

Manu Meyssat, une victoire personnelle

« KM 72, et voilà la terrible côte des aqueducs qui s’érige devant moi. J’attaque en courant, je marche quand même une cinquantaine de mètres dans son premier virage très relevé, puis prolonge en courant jusqu’au sommet. Il y a beaucoup de coureurs maintenant (concurrents des autres courses, NDLR) que je rattrape, avec pas mal d’encouragements qui minimisent la douleur.

KM 74. Ouhahou ! Je reviens sur le 4ème, Pierre-Emmanuel Alexandre. On échange quelques mots mais il est dans le dur et ne pourra par rester au contact. Et puis voilà, un cycliste de l’organisation m’accompagne dans ce dernier kilomètre. J’oublie les muscles broyés par l’effort, et je file vers l’arrivée.

C’est fait, je retrouve la ferveur de l’accueil, la voix du micro dÉric Garcia, Ludovic Collet , ce parterre de journalistes, et tous les passionnés présents en masse ! Contrairement à ce que beaucoup espéraient, ce n’est pas une victoire, et pourtant, c’en est une quand même. J’ai vécu tellement de moments difficiles ces 2 dernières années… Et pas seulement dans le sport (car comme on dit, ce n’est “que” du sport), c’était mon quotidien qui était impacté. Un quotidien où toutes les choses basiques devaient être réfléchies, où les nuits étaient en permanence hachées par les douleurs. Et malgré les infiltrations répétées, quand tu en arrives à te lever du lit le matin uniquement avec une dose de morphine, je peux vous dire que je suis heureux de cette 4ème place au milieu de ce plateau d’athlètes !

Bravo au vainqueur, et aux copains devant moi, Thomas Cardin et Baptiste Chassagne pour la course de costauds qu’ils ont réalisée. Et, bien entendu, à tous les participants. Car ce n’était pas simple d’être à l’arrivée, cette SaintéLyon est impitoyable ! »

Sissi Cussot, Team Asics, marraine de la course, 197e, 10e féminine de la SaintéLyon

Temps : 8h 21mn 14s
Vitesse : 9,45 km/h
9ème participation. 2ème féminine en 2014 et 2016, 3ème en 2013 en 2018, 4e en 2017, 5e en 2015

SaintéLyon 2022 Sissi Cussot Photo Instagram Sissi Cussot : Le Progrès : DR
Photo Instagram Sissi Cussot / Le Progrès / DR

« L’abandon n’a jamais été une option ! »

« J’avais dit que j’y mettrai mes dernières forces physiques et mentales… C’est chose faite ! Et comme j’étais loin d’avoir pu faire le plein de carburant avant le départ, j’ai vite senti que je risquais la panne sèche avant l’arrivée. Mais l’abandon n’a jamais été une option. Juste terminer, en composant avec la forme du moment. Du mieux possible. J’aime bien cet état d’esprit : “Faire du mieux qu’on peut.” Et nos capacités ne sont pas linéaires. Et ne sont d’ailleurs pas les mêmes pour tous. Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas admirables pour autant…

Une forme à l’image de ces dernières semaines jusqu’au 40/42e kilomètre… À subir ! Poussive, lourde, sans énergie et sans réelle motivation de me “rentrer dedans”. Déblocage soudain à 35km de l’arrivée ! Je ne sais trop expliquer pourquoi ni comment. Pas eu le temps de passer à la station service faire le plein de carburant pourtant ! J’avais plutôt même continué à bien le vider…

Je double quasiment 400 coureurs en 35km. On va dire que c’est ma petite perf du jour à moi. Avec mes capacités du moment. Surtout, cette seconde vie m’a permis de ne pas passer plus de 8h à subir. Et à réaliser, une fois de plus, que l’être humain possède des ressources incroyables insoupçonnées !

Sissi Cussot, faiblesses et forces en présence

En tout cas, même s’il m’a clairement manqué :
➡️De la niaque,
➡️Des ischios suffisamment préparés,
➡️Un carrefour postérieur prêt à encaisser,
➡️Ma musique pour m’apporter du réconfort dans les moments durs,
➡️Mon papa.

J’ai aussi eu la chance :
➡️De recevoir énormément d’amour et de soutien !
➡️D’avoir une équipe d’assistance au top niveau !
➡️D’avoir opté pour le bon équipement et de ne pas avoir subi le froid !

Mais quand même… Courir 78km en plein hiver et en pleine nuit… On est 15 000 barjots quoi ! C’était ma 9ème SaintéLyon, soutenue par mes fidèles partenaires Asics Running et i-run.fr. On se donne RDV pour la 10ème ?

Profil SaintéLyon 2022
Profil SaintéLyon 2022
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Sauf désistement ou annulation pour cause de météo, il y aura 5 athlètes français sur la ligne de départ de la mythique Hardrock 100 2023 en juillet prochain dans le Colorado. Parmi eux, la recordwoman du GR20, membre du team Scott Running Anne-Lise Rousset, 2e de la Diagonale des Fous 2022, et son vainqueur, le Basque Beñat Marmissolle.

Hardrock 100 2023 : 147 “élus” tirés au sort

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Découvrez les raisons de l’absence de Kilian Jornet ICI

Découvrez les raisons des l’absence de François D’Haene ICI

Hardrock 100 2023 : 5 Tricolores à l’assaut des sommets

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Quant au record absolu de Kilian Jornet, il ne craint rien. Réalisé en 2022 dans le sens des aiguilles d’une montre, son chrono de 21h 36mn 24s ne pourra être battu en 2023. En effet, alternance oblige, le parcours s’effectuera cette fois-ci dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et c’est donc le record de François D’Haene, établit en 2021, qui sera dans le viseur des concurrents 2023 : 21h 45mn 51s. Avis aux amateurs !

Lire le récit de la course 2022 et la victoire de Kilian Jornet devant François D’Haene

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Kilian Jornet tout sourire après son record sur la Hardrock en juillet 2021. Photo Organisation / DR

Hardrock 100 2023 : Anne-Lise Rousset-Séguret et Beñat Marmissolle en têtes d’affiche

Anne-Lise Rousset-Séguret ne cachait pas sa joie, à l’annonce du résultat du tirage au sort. « C’est avec une joie immense que j’ai découvert mon nom sur la liste du résultat du tirage au sort de la mythique Hardrock Hundred Endurance Run », a-t-elle écrit sur son compte Facebook dès l’annonce des résultats publiés. « Quelle chance incroyable de pouvoir cavaler sur ce 100 miles légendaire qui m’a toujours fait rêver et qui m’a incité à courir ces distances. Rendez-vous en juillet prochain ! »

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Anne-Lise Rousset-Séguret, prête à retrouver Courtney Dauwalter. Photo DR

Elle retrouvera sur la ligne de départ la tenante du titre et détentrice du record féminin de la course en 26h 44mn 36s, Courtney Dauwalter. De quoi reproduire la bataille qu’elles se sont livrées sur la Diagonale des Fous, où l’Américaine, après avoir été au bord de la rupture, s’est imposée devant la Française.

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Courtney Dauwalter face au bélier après un chrono record en 2021. Photo Organisation / DR

De son côté, le Basque Beñat Marmissolle, après une année 2022 somptueuse couronnée par son succès à la Diagonale des Fous, va pouvoir se mesurer à la concurrence américaine. Un défi qui, n’en doutons pas, saura le motiver.

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Beñat Marmissolle à l’arrivée de la Diagonale des Fous 2022. Photo Organisation / DR

Hardrock 100 2023 : les 3 autres Tricolores tirés au sort

Outre Anne-Lise Rousset et Beñat Marmissolle, seuls 3 autres Tricolores ont obtenu leur billet pour le Colorado. Chez les femmes, Claire Bannwarth, grande habituée des ultra-distances, sera de la partie. Chez les hommes, Jean-Francois Geiss, qui a déjà couru la Hardrock en 2013, 2014, 2015, 2016 et 2018, repartira pour un tour. Aurélien Dunand-Pallaz, 2e de l’UTMB 2021, a également décroché son ticket. Quant à la Française Maria Semerjian, régulière dans les Top 10 des ultras auxquels elle participe, elle peut encore croiser les doigts. Elle se retrouve en effet dans la longue liste d’attente. En cas de désistements…

Mauvaise pioche en revanche pour Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, candidat à l’épreuve mais qui n’a pas été tiré au sort. Le Parisien devra donc attendre au moins un an de plus avant d’aller faire sa dégustation de bières dans le Colorado… Même punition pour Ludovic Pommeret et Arthur Joyeux-Bouillon, privés de désert…

Pour découvrir les résultats complets du tirage au sort, c’est ICI

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Blandine L’Hirondel a été élue athlète féminine de l’année lors d’une élection qui a cumulé plus de 100 000 votes sur athle.fr, les comptes de la Fédération Française d”Athlétisme sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook et Twitter) et un panel de spécialistes sollicités*. Coup double pour le trail féminin avec l’équipe de France féminine de trail qui a obtenu le trophée du collectif de l’année.

Le trail à l’honneur avec Blandine L’Hirondel

Lauréate du prix du président de la Fédération Française d’Athlétisme en 2019 pour son titre de Championne du Monde de Trail, Blandine L’Hirondel a obtenu cette fois la plus prestigieuse des récompenses en étant désignée athlète féminine de l’année 2022. Championne d’Europe de trail à El Paso (Espagne) en juin, puis Championne du monde de trail long à Chiang Mai (Thaïlande) en novembre, l’athlète de l’Alençon Running Club, encore inconnue il y a 4 ans, s’affirme comme la patronne incontestée de la discipline.

Avec 21,5 % des voix, elle devance de peu Rénelle Lamote, désormais triple vice-championne d’Europe en plein air du 800 m (19,97 %). Le podium est complété par une autre fondeuse, adepte des distances beaucoup plus longues : Floriane Hot (16,37 %), championne du monde du 100 km. Mathilde Sagnes, médaillée de bronze européenne en trail, et Christel Dewalle, médaillée de bronze européenne en course verticale, figuraient parmi les nominées.

BLANDINE L'HIRONDEL
Le sacre de Blandine L’Hirondel sur le trail long à Chaing Mai en novembre. Photo DR

La réaction de Blandine L’Hirondel

« Je suis très honorée. Surtout de me savoir élue devant des filles comme Rénelle et Floriane, qui m’inspirent toutes les deux. Elles ont fait de super performances cette année. Floriane a été championne du monde avec le record d’Europe, et Rénelle vice-championne d’Europe sur une discipline plus exposée que le trail, avec une sacrée densité. J’ai regardé un peu les votes sur les réseaux sociaux, et je pensais que Rénelle avait trop d’avance. Ça me fait vraiment plaisir ! J’avais voté à cette élection, mais pas pour moi, par principe ! J’avais opté pour Rénelle. Et pour le reste, j’avais été un peu chauvine, en choisissant Sylvain Cachard chez les hommes et notre équipe de France de trail parmi les collectifs. »

L’équipe de France féminine de trail élue collectif de l’année

Le trail fait donc coup double avec, en plus de la consécration de Blandine L’Hirondel, la victoire de l’équipe de France femmes au classement du collectif de l’année. Championnes d’Europe (avec Blandine L’Hirondel, Mathilde Sagnes, Audrey Tanguy et Laure Paradan) et du monde (avec L’Hirondel, Audrey Tanguy, Marion Delespierre, Jocelyne Pauly, Manon Bohard Cailler et Laure Paradan) par équipes, les traileuses françaises ont réalisé une saison 2022 de toute beauté et récoltent 22,65 % des suffrages. Six ans après leurs homologues masculins, elles replacent leur discipline au sommet dans cette catégorie.

Elles devancent l’équipe de France senior masculine de cross, médaille d’or à Dublin en décembre 2021, qui obtient 18,83 % des voix. Le podium illustre la diversité de l’athlétisme, avec la piste sur la troisième marche grâce au 4×100 m tricolore masculin (13,78 %) en bronze aux Europe de Munich.

EQUIPE DE L'ANNEE
L’équipe de France de Trail. Photo FFA

Les autres athlètes de l’année

Chez les hommes, après 2016, 2018 et 2021, Kevin Mayer, champion du monde du décathlon à Eugene (Etats-Unis) a décroché son quatrième trophée d’athlète masculin de l’année. Le symbole de la régularité au plus haut niveau de l’athlète de 30 ans, qui a largement dominé les débats en recueillant 28,34 % des suffrages, face à ses 13 concurrents. Parmi eux figuraient Arnaud Bonin, vice-champion d’Europe de trail, Sylvain Cachard, champion d’Europe de Course en montagne, Thomas Cardin, médaillé de bronze européen et Nicolas Martin, vice-champion du monde de trail. Chez les espoirs (U18 et U20), ce sont les sauteurs Sohane Aucagos et Anthony Ammirati qui ont été récompensés. 

*Le collège électoral ayant voté se répartit de la manière suivante : 50 % des suffrages sur athle.fr, 30 % sur les réseaux sociaux, 20 % pour un panel de spécialistes.

ATHLETES DE L'ANNEE
Tous les athlètes de l’année. Montage FFA
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Il ne faudra pas traîner pour décrocher votre dossard pour une des 6 courses de la 3e édition du Grand Trail de Serre-Ponçon 2023, qui se déroulera du 15 au 17 septembre prochains. En effet, l’organisation a décidé d’imposer une limitation stricte des dossards par course, afin de faire bénéficier aux coureurs d’une fluidité maximale sur les parcours, de préserver les chemins parcourus et de respecter les sites traversés. Aurez-vous le vôtre ? C’est le moment de réserver !

Grand Trail de Serre-Ponçon 2023 : 6 courses au programme

LE GRAND TRAIL DE SERRE-PONCON, en SOLO, DUO ou TRIO
164km et 10600m D +/-. Une longue bambée par les sommets encadrant le lac de Serre-Ponçon, le Pic de Morgon, le Pic de Dormillouse, le Mont Colombis, le Pic de Piolit, le col de la Coupa et le terrible Mont Guillaume en final !
400 dossards maximum au total.

LE TRAIL DE SERRE-PONCON, en solo
74km et 5200m D+/-. À mi-parcours du Grand Trail, un beau demi-tour de lac avec le Mont Colombis, le Pic de Piolit, le col de la Coupa et le Mont Guillaume en final.
330 dossards individuels.

LE TRAIL LAC ET MONTAGNES, en solo
49km et 3500m D+/-. Un 50km sur la partie nord du lac, avec le Col de Chorges, La Coupa, Les Gourniers, et toujours le Mont Guillaume en final.
450 dossards individuels.

lac serre ponçon
Le lac de retenue de Serre-Ponçon, avec tout à droite la ville d’Embrun, point de départ du Grand Trail.

LE TRAIL DU MONT GUILLAUME, en solo
28km et 1650m D+ / 2310m D-. Le Mont Guillaume au menu, par son côté le plus sauvage !
200 dossards individuels seulement !

LE TRAIL DES CONTREFORTS DU MORGON, en solo
18 km et 510m D +/-. Un très beau parcours épousant les contreforts du Pic de Morgon pour redescendre vers le lac et finir à Embrun.
400 dossards individuels.

RENDEZ-VOUS EN TRAIL INCONNU, en solo
Sur environ 30km, avec un parcours entièrement nouveau en 2023, inconnu jusqu’au moment du départ, en quasi auto-suffisance. A essayer pour l’aventure !
220 dossards individuels.

GRAND TRAIL SERRE PONCON
Photo Grand Trail de Serre-Ponçon / DR

Grand Trail de Serre-Ponçon 2023 : engagé pour la protection de l’environnement

Depuis la première édition, l’environnement est au cœur des préoccupations de l’équipe d’organisation du Grand Trail de Serre-Ponçon. Parmi les différents engagements, notons :
– une somme d’argent reversée pour l’entretien des chemins
– une signalétique directionnelle et d’information réutilisable
– des navettes mises à disposition pour l’acheminement des participants
– une limitation stricte du nombre de dossards
– des lots d’accueil et finishers produits sur le bassin de vie
– a minima 75% de produits bio et locaux sur les ravitaillements
– tri systématique des déchets sur l’ensemble des bases de vie et ravitaillements.

Grand Trail de Serre-Ponçon 2023 : une aventure gustative

A noter que chaque base de vie proposera un thème et un accueil différent suivant les valeurs de son territoire. Un plat chaud préparé localement sera proposé sur chaque base de vie et à l’arrivée.

Autre bonne nouvelle, le choix de l’organisation de réduire les tarifs d’inscription en les limitant strictement à 1 euro du kilomètre, tout en garantissant la qualité des services, en particulier en matière de sécurité, expérience sportive et de convivialité.  

Informations supplémentaires et inscriptions ICI

affiche grand trail serre poncon
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Le dernier « grand » ultra-trail de l’année se courait en Afrique du Sud ce week-end. Sur l’épreuve phare du 100 kilomètres, Camille Bruyas, surnommée « la Machine », est devenue la 1ère Française (et Français) à s’imposer, terminant 7e au scratch. Déception pour Sébastien Spehler, qui abandonne après une chute.

Ultra-Trail Cape Town : 100 kilomètres entre mer et montagne

Imaginez un parcours avec de grandes sections de sable blanc, des montées terribles, des chemins plein de cailloux, le tout sous le soleil de l’Afrique du Sud. 98 km et 4972m D+, tel est le profil de cette course en boucle au départ du Cap. Sa particularité : offrir à la fois des passages très techniques en montagne et des kilomètres roulants dans le sable blanc en bord de plage. Un contraste saisissant qui en fait un lieu particulièrement apprécié des ultra-traileurs, où il faut savoir ménager ses forces pour réussir à dompter tous les paramètres, dont le vent et la chaleur de l’été austral.

Les principales difficultés se situent dans la première moitié de course, avec les deux terribles montées sur le plateau de Table Mountain, la montagne en forme de table qui domine la ville du Cap, et les sentiers qui sillonnent le massif de Karbonkelberg. Dans la seconde moitié de course, si le dénivelé est similaire, il est dû à des enchaînements de montées et descentes moins impressionnants, mais tout aussi épuisants.

utct table mountain
Table Mountain, la montagne qui domine la ville du Cap. Photo DR
UTCT PROFIL

L’UTCT, une épreuve qui ne sourit qu’aux meilleurs

La lecture du palmarès de l’UTCT ne laisse pas de place au doute : seuls les grands champions parviennent à s’imposer ici. Ainsi, lors de la précédente édition, en novembre 2021, c’est l’Américain Jim Walmsley qui l’avait emporté. Il avait devancé de près de 30 minutes le Français Sébastien Spehler. À noter que sur cette édition, Mathieu Blanchard avait pris la 4e place. Côté féminin, c’était la numéro 1 mondiale Courtney Dauwalter qui s’était imposée, terminant 8e au scratch. Elle avait devancé la Canadienne Marianne Hogan et la Française Maryline Nakache, alors 14e au scratch.

Tout aussi parlant, le palmarès 2019 illustre bien le niveau de l’épreuve. L’Américain Cody Reed s’était alors imposé devant le duo français François D’Haene et Nicolas Martin.

Résultat Ultra-Trail Cape Town : la course d’attente de Camille Bruyas

Gagnante du format 65km en 2018, Camille Bruyas connaissait bien les principaux pièges du parcours. Les difficultés techniques bien sûr, mais aussi les conditions météo à dompter. Les consignes de course de la « Machine », également surnommée la « Girafe » en raison de sa taille, étaient claires : ne pas partir trop vite, rester en embuscade en tête de course et garder suffisamment de jus pour la fin. Et c’est exactement la stratégie que la Française a adoptée. Calée à la troisième place des féminines pendant tout le premier tiers de course, Camille Bruyas a laissé le soin de mener à la Suédoise Mimmi Kotka et l’Américaine Kelly Wolf, restant toujours à moins de 2 minutes des leaders. Ce n’est qu’à mi-course que la Française a pointé le bout de ses chaussures, pour revenir à quelques secondes de Mimmi Kotka, alors en tête.

UTCT 100 Camille Bruyas paysage
Camille Bruyas sur des terres qui lui ont bien réussi. Photo DR

Résultat Ultra-Trail Cape Town : Camille Bruyas en mode “machine”

Prenant plus de temps que la Suédoise sur les ravitaillements, à la fois pour se poser, s’alimenter et s’hydrater, la Française a ensuite fait parler sa gestion du combo vent + chaleur pour se détacher progressivement dans les 30 derniers kilomètres de course. De 8 minutes d’avance à Alphen Trail, au km 76, l’écart est monté à 11 minutes à Nursery Ravine, au km 82, pour finir à 20 minutes sur la ligne d’arrivée. Camille Bruyas prend au passage une très belle 7e place au scracth, à seulement 1h30 des 2 vainqueurs du jour.

Mimmi Kotka, très éprouvée par la chaleur, sauve sa seconde place de 3 petites minutes, la Russe Varvara Shikanova terminant sur la 3e marche du podium. Les performances féminines ont d’ailleurs été exceptionnelles sur cette course, puisqu’elles occupent les places 7 à 10 du classement général. À noter également la belle 5e place (et 18 au scratch) de l’inusable Maryline Nakache.

UTCT 100 PODIUM FEMMES
Le podium féminin du 100 kilomètres. Photo DR

Résultat Ultra-Trail Cape Town : Mityaev et Namberger ex-aequo

Grand favori de la course masculine, Hannes Namberger était loin d’avoir course gagnée. Parmi les principaux rivaux figurait en effet le Français Sébastien Spehler, second de l’édition 2021 derrière Jim Walmsley. Récent second du Grand Trail des Templiers, toujours derrière ce même Jim Walmsley, Spehler avait coché cette course et était déterminé à faire un résultat. Hélas pour lui, après un très bon départ (il pointait en tête au 25e kilomètre), Sébastien Spehler, victime d’une chute, a abandonné peu après la mi-course.

C’est finalement le Russe Dmitry Mityaev qui aura été l’autre grand animateur de la course. Mityaev et Hannes Namberger, qui ont couru ensemble la majorité de la course, ont choisi de franchir la ligne d’arrivée ensemble, pour partager la victoire. L’Américain Drew Holmen prend la troisième place, à seulement 6 minutes des 2 vainqueurs.

UTCT 160 VAINQUEURS
Mityaev et Namberger main dans la main pour partager la victoire sur le 160 kilomètres. Photo Facebook UTCT

Voir le classement complet de la course ICI

UTCT 100 TOP 10
Le Top 10 du 100 kilomètres.

UTCT 2022 : le Grec Fotis Zisimopolous s’impose sur la 1ère édition du 160 kilomètres

Outre le fameux 100 kilomètres, cette édition de l’UTCT inaugurait un nouveau format ultra de 100 miles (166 kilomètres et 7516m D+). Sur cette distance, c’est le Grec Fotis Zisimopolous, en tête durant pratiquement toute la course, qui s’impose en moins de 21 heures (20h 48mn 17s). Il devance de 40 minutes le Russe Aleksei Tolstenko. Le Suédois Elov Olsson termine 3e. Le Français Julien Zimmer prend la 13e place.

Fotis Zisimopoulos Photo Neville Sharwood
Fotis Zisimopoulos, vainqueur de la première édition du format 160km. Photo Neville Sharwood

La course féminine a été beaucoup plus indécise. Très attendue, la Néerlandaise Ragna Debats a mené la course pendant les 70 premiers kilomètres, avant d’abandonner. C’est alors que l’Américaine Hillary Allen a pris les commandes, pour ne plus quitter la tête. Elle s’impose en un peu moins de 25 heures, terminant à une remarquable 4e place au scratch. Elle devance 2 Sud-Africaines, Kerry-Ann Marshall et Naomi Brand.

Voir le classement complet de la course ICI

Hillary Allen Photo Neville Sharwood
Hillary Allen s’impose chez les femmes, et prend la 4e place au général. Photo Neville Sharwood

Pour découvrir l’univers de l’UTCT, découvrez les images du teaser de l’édition 2022

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9e mondial et deuxième Français derrière Thibaut Baronian au classement final les Golden Trail World Series 2022, Anthony Felber a encore franchi un cap en devenant, à 25 ans, un des athlètes tricolores les plus performants sur 40-50 kilomètres. Entretien avec un pilier du team Sidas-Matryx fraîchement diplômé d’architecture et assoiffé de performances.

Tu as passé toute ta jeunesse du côté d’Annecy, donc forcément tourné vers l’outdoor. Pourquoi le trail ?

En fait, j’y suis venu tardivement. J’ai fait beaucoup de tennis, pendant 9 ans, avec du cyclisme à côté pour le plaisir, avec mon père. Je n’ai commencé à courir qu’en terminale, donc vers l’âge de 17 ans. J’ai intégré un club où il y avait une super ambiance, et ça m’a motivé à pousser à fond, en entrant dans une école où tout le monde arrêtait le sport pour les études. Mais le fait d’avoir deux passions totalement opposées, l’architecture et le trail, m’a permis de pouvoir gérer les deux calmement.

Sur quel format as-tu commencé ?

J’ai commencé sur des courses courtes. Mais mon premier dossard a été la Short Race de la MaxiRace, un 15 kilomètres, en 2015, quand j’étais en première. J’avais de la famille qui le faisait, mais moi je n’avais jamais couru en montagne. Je les ai accompagnés et j’ai gagné en catégorie cadet. C’est là que j’ai eu un coup de cœur sur ce sport.

Et le véritable déclic, celui qui t’a fait dire que tu avais un truc à faire à haut niveau ? C’est ton titre de vice-champion de France à Méribel en 2019 ?

Oui, je pense. C’est à la fois un résultat national – donc j’étais très content -, et être vice-champion, ça motive à s’entraîner, parce que tu as encore quelqu’un qui est au-dessus de toi.

Anthony Felber Marathon du Mont Blanc Photo Cédric Manoukian
Anthony Felber à l’arrivée du Marathon du Mont-Blanc. Photo Cédric Manoukian

Le format 40-50 km semble être celui qui te convient le mieux…

C’est vrai, même si cette année je me suis un peu réconcilié avec les courses courtes, avec mes résultats aux États-Unis (7e et 1er Français sur les 21km pour 2382m D+ de la Pikes Peak Ascent, 5e et 1er Français sur les 26km pour 1266m D+ du Flagstaff Sky Peaks, NDLR). Au départ, je voulais surtout m’aligner sur des formats 40 kilomètres, mais cet été j’ai travaillé et progressé sur des distances plus courtes, sur des formats de course de 2h30 où il faut mettre plus de vitesse.

Es-tu tenté par plus long ? Monter sur du 80, voire 100 kilomètres ?

Oui, mais pas pour tout de suite. Peut-être en 2024 ou 2025, pas avant. Par le passé, j’aurais dit que c’était une trajectoire logique, commencer par 15, puis 30, 40, 50, 80, 100, mais maintenant je me rends compte que ce sont deux sports que l’on pourrait presque différencier, et la logique est un peu moins claire dans mon esprit. Du coup, j’ai plus envie de tester ça comme la découverte d’une autre branche du trail que me dire que je passe au format supérieur.

Quelles sont les clés de ton entraînement ?

Ce qui me caractérise le plus, c’est la précision et la régularité. D’ailleurs, on me surnomme l’horloge suisse… Le fait de tout le temps vouloir aller m’entraîner, peu importe la météo, la motivation. Je suis convaincu que c’est la régularité qui finit par payer. Mais il ne faut pas que cela devienne une contrainte, cela doit rester un plaisir. En plus, j’ai la chance d’être dans des environnements qui me permettent d’augmenter le volume sans me lasser, d’avoir autour de moi des terrains de jeu formidables, que ce soit à Annecy, en Suisse où j’ai fait mes études, et maintenant à Chamonix.

Anthony Felber Sierre Zinal training Photo Justin Galant
Anthony Felber à l’entraînement pour Sierre-Zinal. Photo Justin Galant

Une semaine d’entraînement type, chez Anthony Felber, ça ressemble à quoi ?

Deux à trois vraies séances d’intensité, où je me donne vraiment bien, deux sorties longues, une à pied, l’autre à vélo en entraînement croisé, et le reste c’est du volume cool, des sorties récup’ où je cours tout doucement. Et je fais aussi un peu d’entraînement croisé en hiver avec le ski de rando et le ski de fond.

Tu travailles avec une planification précise à l’année ou tu adaptes durant la saison ?

C’est planifié car j’ai la chance d’avoir Simon Gosselin qui me coache au sein du team Matryx, et qui est avec moi depuis 3 ans. On commence à bien se connaître, il sait comment me préparer avant un objectif, ce dont j’ai besoin… Je dois d’ailleurs dire que l’aide du team est vraiment géniale à tous niveaux, à la fois pour le coaching, mais aussi pour pouvoir performer sans avoir la tête occupée par d’autres choses, notamment au niveau des sponsors, de la logistique, des trajets, hébergements… On a même un coach mental à disposition, un ostéo, donc on peut travailler sur tous les aspects. Et être avec le groupe, c’est quand même plus sympa qu’être tout seul…

En début de saison, tu avais coché 3 courses sur lesquelles tu rêvais de performer : Zegama, Sierre-Zinal et Pikes Peak Ascent. Tu fais 18e, 12e et 7e. Objectif atteint ?

Oui, car je n’ai foiré aucune des trois courses, alors que quand tu as des objectifs, tu te mets un peu plus de pression. En plus j’ai été assez progressif tout au long de l’année, j’ai eu des bons résultats sur d’autres courses (8e au Marathon du Mont-Blanc, 5e au Flagstaff Sky Peaks, NDLR), donc je suis vraiment content.

Lors des finales des Golden Trail World Series 2022 à Madère. Ça pique un peu, Anthony ? Photo Golden Trail World Series / J. Saragossa

Quels sont tes objectifs 2023 ?

Pour la première partie de saison, je vais essayer de gagner ma sélection en Équipe de France pour aller aux Championnats du Monde de Trail Court en Autriche, c’est-à-dire le format type marathon, et ensuite repartir sur les Golden Trail Series en deuxième partie de saison.

Anthony Felber, le CV Express

Âge : 25 ans
Origine : Annecy
Résidence : Argentière
Métier : Architecte
Terrain de jeu : Chamonix
Club : Changement en cours
Objectifs 2023 : Intégrer l’équipe de France

Les 3 résultats dont il est le plus fier :
1 – Sierre-Zinal 2022 (12e). Parce que cette course était un objectif dont je rêvais.
2 – La MCC 2021 (1er). Parce que gagner à Chamonix sur l’une des courses de l’UTMB, c’est une sacrée expérience.
3 – Flagstaff Sky Peaks 2022 (5e). Pour la surprise, parce que je ne m’attendais pas à être si performant sur ce type de terrain.

Si vous avez raté le premier épisode, retrouvez notre article Laure Paradan, Graine de Championne ICI

Anthony Felber team-sidas-matryx Photo Simon Dugué
Photo Simon Dugué
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Désert mythique avec ses canyons, ses arches naturelles et ses falaises, le Wadi Rum était un décor idéal pour accueillir la première édition du Half Marathon des Sables Jordanie. La course, composée de 3 étapes en autosuffisance alimentaire, est parfaitement calibrée pour découvrir ce type d’épreuve, dont la plus célèbre reste bien entendu le Marathon des Sables. Retour en vidéo sur l’événement, avec la victoire de Rachid El Morabity sur la plus longue des distances. Mais aussi l’émouvante aventure vécue par Mathieu Blanchard et son jeune frère Luca, amputé d’une jambe.

Half MDS Jordanie : 120, 100 ou 70 kilomètres au choix

En remportant chacune des 3 étapes de la course la plus longue (120 km), Rachid El Morabity a prouvé que quel que soit le désert, il reste le meilleur dès qu’il y a du sable et qu’il fait chaud. Avec 9 victoires à son actif sur le fameux Marathon des Sables, le Marocain n’avait pas grand chose à redouter de la concurrence. Il s’est contenté de maîtriser la course de bout en bout pour accrocher une nouvelle médaille à son cou.

Deux autres formats étaient proposés aux concurrents, afin de leur permettre de découvrir ce type d’épreuve par étapes en autosuffisance alimentaire : 100 et 70 kilomètres. Après une première étape commune de 26 kilomètres, c’était sur la seconde étape que les parcours divergeaient. 62 kilomètres pour la « longue », contre une vingtaine pour la « courte » et une quarantaine pour l’ « intermédiaire ».

Rappelons que dans ces courses, chaque concurrent doit transporter sur son dos l’ensemble de ses vêtements, nourriture, matériel de couchage, etc. Et ce pour toute la durée de l’épreuve. Seule l’eau (rationnée) et le toit (tente) sont fournies par l’organisation.

HALF MDS JORDANIE MORABITY
Rachid El Morabity, une nouvelle victoire pour le roi des déserts.

Half MDS Jordanie : l’émouvante aventure de Mathieu Blanchard et son jeune frère Luca

Il lui avait promis, quand il serait grand, de l’emmener avec lui sur une aventure. Et ce fut le Half Marathon des Sables Jordanie. Amputé d’une jambe à l’âge de 15 ans et muni d’une prothèse, le jeune frère de Mathieu Blanchard a donc fait son baptême de l’ultra sur le format 70 kilomètres. Et que ce fut dur ! En effet, qui dit désert dit sable mou. Et qui dit sable mou dit prothèse qui s’enfonce inlassablement dans le sable. Donc efforts supplémentaires pour avancer. Souvent au rupteur, à deux doigts d’abandonner, Luca a dû aller puiser au fond de lui-même pour parvenir à franchir la ligne d’arrivée, après 3 jours de souffrance. Mais avec, au bout, la fierté de l’exploit accompli.

HALF MDS JORDANIE LUCA
Luca, petit frère de Mathieu Blanchard, ira au bout de lui-même pour rallier l’arrivée.

Voir la vidéo du Half MDS Jordanie

Des vues aériennes somptueuses, de la souffrance, des sourires et de l’émotion, embarquez pour 15 minutes d’aventure dans l’un des plus beaux déserts du monde, aux portes de la fabuleuse cité de Petra.

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Après les 4 semaines de repos forcé suite à un problème osseux au talon qui l’a empêché de participer à la Diagonale des Fous début novembre, François D’Haene enchaîne les ennuis physiques avec une fracture des malléoles qui compromet le début de sa saison hivernale.

Fin d’année compliquée pour François D’Haene

Le 3 octobre, François D’Haene avait annoncé devoir renoncer à participer au Grand Raid de La Réunion pour cause de problème osseux au calcanéum. Une mise au repos forcé de 4 semaines, qui ne l’avait pas empêché d’être sur les chemins réunionnais et même d’assister Courtney Dauwalter, qui a pu profiter de la grande expérience du quadruple vainqueur de l’épreuve pour réaliser une course superbe.

Alors que l’athlète Salomon avait repris le chemin des montagnes alpines et voyait arriver avec plaisir les premières neiges, un nouveau coup dur l’oblige à mettre fin à sa saison : une fracture des malléoles.

FRANCOIS DHAENE MALLEOLE
Cheville droite plâtrée jusqu’au dessous du genou et immobilisation. Photo Instagram François D’Haene

Ecouter son corps, la sage philosophie de François D’Haene

Obligé de faire une pause prolongée, François D’Haene commente cet événement avec philosophie. « Il faudra patienter un peu avant d’y retourner. J’avais pas laissé beaucoup de répit aux premières neiges pour rechausser les skis et enfin reprendre l’activité après les petits pépins physiques qui m’avaient privés des festivités de l’automne. »

« Hélas, un mauvais appui et une fracture franche de la jambe au niveau des malléoles mettent un sérieux coup d’arrêt à cette saison hivernale qui débutait juste. »

« Même si j’avais eu la chance d’être épargné par les blessures depuis 10 ans, il paraît que cela fait partie de la vie d’athlète, alors on va devoir essayer de composer avec. Je vais faire comme avec chaque imprévu : analyser, essayer de comprendre et tirer les bons enseignements de cette blessure pour revenir au plus vite, en écoutant et en respectant mon corps. »

FRANCOIS DHAENE CHEVILLE
Sur le plâtre, les petits dessins s’accumulent. Photo Instagram François D’Haene

La première pause totale de sa carrière

Contraint de devoir stopper totalement toute activité physique, François D’Haene se retrouve dans une situation inédite, avec rien au programme de ses prochaines semaines. Il annonce : « Au programme des prochaines semaines : pause totale (la 1ère de ma carrière voire de ma vie, ça va pas être évident à gérer !) et rééducation sérieuse. »

Commentant sa première semaine de pause, François D’Haene explique : « Le but principal était de gérer la douleur – évacuer l’œdème – garder le moral – prévenir et gérer les activités socio professionnelles et familiales. Le plus clair de mon temps se passe au ralenti, voire à l’arrêt, allongé. Je ne pensais pas un jour arriver à poster une photo de mon chat mais c’est l’occasion rêvée. Bref, un programme qui va se densifier j’espère. En attendant on peaufine les dessins sur le plâtre et on regarde la neige tomber… »

Inondé de messages de soutien en cette période d’immobilisation post opératoire, il précise son objectif : « Retrouver mes aptitudes physiques pour pouvoir retrouver les montagnes dès que possible en pleine forme. Le chemin risque d’être long, technique et sinueux. D’habitude, c’est ce que j’affectionne ! »

Parmi les très nombreux commentaires, celui de Kilian Jornet, qui a connu ce même type de blessure et d’arrêt total, n’est pas dénué d’humour, si l’on se réfère à leur mano a mano sur la Hardrock en juillet : « Bonne récup ! Par expérience, on revient toujours plus fort de blessure… Donc j’ai peur d’imaginer ! »

Toute l’équipe d’Esprit Trail aussi…

Retrouvez l’interview exclusive de François D’Haene en mode pause réalisée à La Réunion par Serge Moro dans le N°128 d’Esprit Trail.

Version digitale disponible ICI

DHAENE ESPRIT TRAIL 128
La première double page de la longue interview à retrouver dans le magazine Esprit Trail 128.
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24 heures après l’annonce de Kilian Jornet, c’est au tour de François D’Haene d’annoncer qu’il ne participera pas à la prochaine édition de la Hardrock 100 aux États-Unis en juillet prochain. Raison invoquée : sa soif de renouveau, après 4 années rythmées par cette classique américaine.

Hardrock 100 : 4 ambitions, 2 réalisations

« Depuis 2019, la Hardrock 100 rythme mes saisons et motive mes préparations… » Ainsi débute le communiqué fait par François D’Haene le 14 novembre sur ses réseaux sociaux. L’athlète Salomon a choisi le dernier jour pour candidater à la loterie du tirage au sort de la prochaine édition, qui désignera les 145 heureux élus habilités à courir l’épreuve, pour annoncer qu’il ne ferait pas partie de l’aventure en 2023.

Pour François D’Haene, la Hardrock 100 a été au cœur de ses saisons de trail pendant 4 années, même s’il ne l’a courue que deux fois. En 2019, la course a été annulée à cause de la neige et d’une mauvaise météo, qui ne permettaient pas le déroulement de l’épreuve. En 2020, nouvelle annulation, due ce coup-ci à la pandémie de Covid19.

Ce n’est que ces deux dernières années que le Français a pu exprimer tout son talent sur les sentiers du Colorado. En 2021, il s’est imposé dans la version anti-horaire de la boucle de Silverton. En 2022, après une lutte sans merci avec Kilian Jornet, il a terminé à la seconde place de la course dans le sens horaire.

HARDROCK100 2022 Photo DR
A l’arrivée de la Hardrock 100 2022, le respect entre le vainqueur Kilian Jornet et son second, François D’Haene. Photo DR

François D’Haene : une ambition toujours intacte

Suite à son forfait sur blessure pour la Diagonale des Fous 2022 et sa mise au repos forcée, nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur les motivations de François D’Haene, qui va avoir 37 ans. Là aussi, le champion français se veut rassurant. Rappelant qu’il essaye de limiter depuis un certain temps son nombre d’objectifs et de courses par an, il déclare ainsi : « Ma soif de renouveau, de découverte et de challenge est toujours intacte et prédominante sur tout le reste. » Et s’il conclut en disant qu’il ne serait pas en 2023 une 3ème fois de suite sur le parcours, il précise : « Même si j’espère bien y revenir dans le futur, d’autres aventures m’attendent pour la prochaine saison. »

HARDROCK100 2023 Photo DR
Pas de baiser au rocher symbolisant l’arrivée de la course à Silverton pour D’Haene en 2023 ! Photo DR
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Depuis le 11 novembre, Mathieu Blanchard participe avec son frère Luca, amputé de la jambe gauche, à la première édition du Half MDS Wadi Rum, en Jordanie. Un ultra par étapes en plein désert, histoire de montrer au monde de quoi l’homme est capable, quand il en a la volonté.

2018, l’année où tout a basculé

En 2018, le jeune frère de Mathieu Blanchard, Luca, 15 ans, est percuté par une voiture à proximité de la maison familiale, en France. « Luca a été retrouvé baignant dans une mare de sang, avec sa jambe gauche éclatée », racontera Mathieu Blanchard. « Qu’il ait survécu ce jour-là est un miracle. » Mathieu, à l’époque, brille déjà sur de nombreux trails et ultras, principalement au Québec où il réside. Il rentre précipitamment en France pour être auprès de son petit frère, qui ne peut échapper à l’amputation de sa jambe gauche. Il vivra désormais avec une prothèse en carbone. Ne cédant pas au fatalisme, Mathieu motive Luca à l’accompagner à l’UTMB, auquel il a prévu de participer. Un événement qui le changera pour toujours.

Le film de Caroline Côté, Balance – A Trail Running Story : Mathieu Blanchard retrace ce premier UTMB de l’athlète, qui ira au bout de lui-même pour son petit frère. Il terminera 13e de la course, accompagné sur les derniers mètres par Luca, courant avec une prothèse.

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La promesse de Mathieu Blanchard à son petit frère Luca

Un an plus tard, en 2019, Mathieu fait une promesse à Luca : « P’tit frère, quand tu seras grand, je t’emmènerai à l’aventure, tu montreras au monde que toi aussi tu peux le faire ! » Et c’est cette année, alors que Mathieu est devenu l’un des ultra-traileurs les plus admirés du monde après son incroyable bataille avec Kilian Jornet lors du dernier UTMB, que ce jour est arrivé. Lieu de leur aventure : le désert de Wadi Rum, en Jordanie. Objectif : tenter de finir la première édition du Half MDS Wadi Rum, un ultra en 3 étapes en autosuffisance. Une aventure rendue possible grâce à Salomon et à Hopper, fournisseur d’une prothèse de course à lame carbone pour le jeune Luca.

mathieu et luca blanchard UTMB 2018
Mathieu et Luca Blanchard à l’arrivée de l’UTMB 2018 : la fierté du petit frère, qui a accompagné Mathieu sur les derniers mètres dans Chamonix. Extrait du film Balance.

Half MDS Wadi Rum : une première étape comme une victoire

Depuis le temps qu’ils en rêvaient, les deux frères se sont élancés le 13 novembre pour une première étape de 27 kilomètres. Sur ses réseaux sociaux, Mathieu Blanchard raconte cette journée à la fois terrible et merveilleuse. « Découverte du désert de Wadi Rum, quelle merveille ! Les images parlent d’elles-mêmes. Le sable mou quasi permanent a rendu la progression extrêmement difficile pour Luca, sa prothèse s’enfonçait puis ramassait le sable comme une pelle. Il s’est battu comme un chef pour rejoindre le camp 1. Une nuit très froide qui nous empêche de pleinement régénérer. On sert les dents et on avance. Que l’aventure est belle, difficile et inspirante. »

Mathieu et Luca Blanchard Arrivée étape 1 Photo Instagram Mathieu Blanchard : Justin Galant Julien Rai
Mathieu et Luca Blanchard à l’arrivée de l’étape 1 du Half MDS Wadi Rum. Photo Instagram Mathieu Blanchard / Justin Galant / Julien Rai

N’hésitez pas à suivre leur aventure sur le compte instagram de Mathieu Blanchard : @mathieu_blanchard

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