Quelle fut riche, cette année de trail 2022 ! Le retour à un calendrier « normal », des participants toujours aussi nombreux, des épreuves palpitantes, du suspense à tous les étages, des performances exceptionnelles, des records… Et vous, parmi tous les exploits de nos athlètes tricolores, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ? Que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, revivez leurs performances et attribuez les Esprit Trail Awards 2022 en votant pour votre athlète masculin et votre athlète féminine de l’année sur le post Athlètes Français de l’Année du Facebook d’Esprit Trail.

Esprit Trail Awards 2022 : Performance française de l’année – Hommes

Mathieu Blanchard

Pour sa 2e place à l’UTMB

Quel suspense ! Au coude-à-coude au pied de la dernière montée, Mathieu Blanchard et Kilian Jornet nous ont fait vivre une fin de course palpitante, passant tous les deux sous la barre des 20 heures pour boucler le Tour du Mont-Blanc.

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Photo Organisation UTMB / DR

Beñat Marmissolle

Pour sa victoire sur le Grand Raid de La Réunion

Malgré l’absence de quelques favoris, le Basque a réussi la course parfaite pour s’imposer dans les derniers kilomètres de ce terrible ultra. Cette performance couronne une saison remarquable, avec de belles victoires et une 6e place pleine de promesses sur l’UTMB.

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Photo Organisation Grand Raid de La Réunion / DR

François D’Haene

Pour sa 2e place sur la Hardrock 100 

La dernière montée lui a été fatale, mais que la bataille fut belle entre Kilian Jornet et François D’Haene sur cette terrible épreuve qui tutoie les sommets. Un grand moment de trail…

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Photo DR

Nicolas Martin

Pour son titre de vice-champion du monde de Trail Long à Chiang Mai

Lui-même n’y croyait pas. A 36 ans, le « vieux » Nicolas a eu la sagesse de laisser s’envoler l’Américain Adam Peterman, intouchable, et a su parfaitement gérer les conditions climatiques éprouvantes de la Thaïlande pour aller chercher une médaille d’argent qui récompense un athlète plein d’entrain et rempli d’humilité.

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Photo DR

Ludovic Pommeret

Pour sa victoire sur la TDS

Le « sage » a encore frappé. Au terme d’une course maîtrisée, l’expérimenté ultra-traileur a montré qu’à 46 ans, il était encore capable de tenir la distance.

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Photo DR

Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte

Pour son triplé sur la Lyon-SaintéLyon

Il n’est jamais facile d’assumer son statut de favori. Après une saison incroyablement dense et de belles victoires à l’Ultra 01, l’Ut4M, l’UTMJ ou encore l’ultra-trail de Kullamannen, en Suède, début novembre, le fantasque Alexandre Boucheix a su garder suffisamment d’énergie pour aller chercher une troisième victoire consécutive sur la Lyon-SaintéLyon.

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Photo Organisation Kullamannen Ultra-Trail / DR

Esprit Trail Awards 2022: Performance française de l’année – Femmes

Blandine L’Hirondel

Pour son titre de championne du monde de trail long à Chiang Mai

Difficile de faire mieux ! En conservant son titre de championne du monde acquis en 2019 en Argentine, la Française, qui a entre autres remporté la CCC cette année, a confirmé en Thaïlande qu’en à peine 3 ans, elle s’était hissé au meilleur niveau international.

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Photo DR

Anne-Lise Rousset-Séguret

Pour son record du GR20

Le défi était de taille, mais elle n’avait pas peur de l’affronter. En battant le record du GR20, Anne-Lise Rousset-Séguret a montré tout son potentiel sur ultra-distance. Et l’a confirmé quelques mois plus tard en terminant seconde de la Diagonale des Fous, derrière Courntey Dauwalter.

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Photo DR

Camille Bruyas

Pour sa victoire sur l’Ultra-Trail Cape Town

« La Machine », telle qu’elle est surnommée, avait déjà réussi l’exploit d’enrayer la bonne marche de la Néo-Zélandaise Ruth Croft, tenante du titre, en gagnant le Grand Trail des Templiers. En remportant le dernier grand ultra de la saison à Cape Town fin novembre, elle est devenue la première Française à s’imposer sur cette épreuve sud-africaine.

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Sarah Vieuille

Pour sa victoire à la SaintéLyon

Après une victoire sur l’Intégrale de l’Échappée Belle en août et une belle 4e place sur la Diagonale des Fous fin octobre, première participation et première victoire sur la SaintéLyon pour Sarah Vieuille, qui a écrasé la course de tout son talent, ne laissant aucun espoir à la tenante du titre Sandrine Fléchet.

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Photo Organisation / DR

Christel Dewalle

Pour son titre de vice-championne du monde catégorie « Kilomètre Vertical » aux Championnats du monde de Skyrunning en Italie

Christel Dewalle aurait dû se parer d’or, ayant choisi de passer la ligne main dans la main avec la Suissesse Maude Mathys. Mais le règlement en a décidé autrement et, pour 35 centièmes de seconde, a privé la championne de France de Kilomètre Vertical du titre mondial. Sans regrets pour la Française, véritable machine à grimper.

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christel Dewalle
Photo DR

Esprit Trail Awards 2022 : pour voter, rendez-vous sur Facebook Esprit Trail, post Athlètes Français de l’Année

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Après une saison 2022 palpitante clôturée par une finale inédite à Madère qui aura vu les sacres du Suisse Rémi Bonnet (team Salomon / Red Bull) et de la Néerlandaise Nienke Brinkman (team Nike Trail), la Golden Trail World Series se tourne désormais vers 2023. Au menu, un nouveau calendrier et une finale en Italie. Par ici le programme !

Golden Trail World Series 2023 : l’année des grandes classiques

Pour sa version 2023, la Golden Trail World Series a décidé de retourner sur les parcours qui ont fait son succès. Et qui sont particulièrement appréciés des coureurs. Aussi, en plus des trois classiques incontournables – Zegama, le Marathon du Mont-Blanc, Sierre-Zinal – on retrouvera cette année deux autres courses habituées de la GTWS, à savoir la Dolomyths Run en Italie et la Pikes Peak Ascent aux États-Unis.

Une seule épreuve fera son entrée sur cette saison 2023 : la Mammoth 26K du Mammoth Trail Fest en Californie. « Avec ce programme nous proposons aux coureurs de prendre part à des courses emblématiques et de participer à une véritable fête du trail running sur chaque week-end, explique Grégory Vollet, directeur de la Golden Trail Series. Ces épreuves sont toutes très attendues et possèdent une véritable âme. Prenez la Dolomyths Run par exemple : en plus de son parcours dans les Dolomites et des paysages magnifiques qu’elle parcourt, la course fêtera cette année son 25e anniversaire, ce qui promet une expérience encore plus exceptionnelle ! »

Dolomyths Run Photo GTWS : J Saragossa
La Dolomyths Run fait son entrée dans le calendrier des GTWS 2023. Photo GTWS / J Saragossa

Golden Trail World Series 2023 : une finale en Italie

C’est la région de Liguria, en Italie, qui a été choisie pour accueillir la grande finale de la Golden Trail World Series 2023. L’événement – Il Golfo dell’Isola Trail Race – sera composé d’un prologue et d’une course d’environ 25 km avec 1200 m D+. Un format bien différent de la finale de 2022, avec ses 5 courses en 5 jours. Le jeudi aura lieu le prologue femmes, le vendredi le prologue hommes. Ensuite, le samedi se tiendra la course femmes et le dimanche la course hommes. Toutes les courses sont ouvertes à tous. Elles donneront chacune lieu à un classement OPEN et ELITES, ainsi qu’à un classement par équipe des meilleures Golden Trail National Series.

« Nous avons choisi cette option afin d’offrir la même exposition médiatique aux catégories féminines et masculines, explique Grégory Vollet. Ainsi, nous serons capables de suivre les combats en tête de course du début à la fin, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. De plus, nous sommes persuadés que les athlètes viendront supporter leurs homologues s’ils ne courent pas, ce qui promet également davantage de spectacle sur le bord des sentiers ! »

Marathon du Mont Blanc Photo GTWS : DR
Comme en 2022, le marathon du Mont-Blanc sera la seule épreuve française des GTWS 2023. Photo GTWS / DR

Golden Trail World Series 2023 : demandez le programme 

Voici donc le calendrier officiel de la Golden Trail World Series 2023. Les distances et les dénivelés sont donnés à titre indicatif. Ils peuvent être modifiés par les directions de course avant l’épreuve.

14 mai : Zegama-Aizkorri, Espagne – 42 km / 2736 m D+
25 juin : Marathon du Mont-Blanc, France – 42 km / 2540 m D+
15 juillet : Dolomyths Run, Italie – 22 km / 1750 m D+
12 août : Sierre-Zinal, Suisse – 31 km / 2200 m D+
16 septembre : Pikes Peak Ascent, États-Unis – 21 km / 2382 m D+
23 septembre : Mammoth 26K  – Mammoth Trail Fest, États-Unis – 26 km / 1400 m D+

Du 19 au 22 octobre : Grande Finale, Il Golfo dell’Isola Trail Race, Italie – 23 km / 1200 m D+ (+ prologue).

Découvrez le teaser de l’édition 2023

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Alors qu’il n’a pas fini de planifier sa saison 2023, Mathieu Blanchard, héros de l’UTMB 2022, avoue déjà avoir un objectif majeur : la Western States Endurance Run. Et oriente tout son début de saison sur cet objectif. Dans une longue interview donnée à Esprit Trail et Jogging International, l’ex-candidat de Koh-Lanta détaille son programme qui l’amènera en stage au Kenya, puis au marathon de Paris, avant son rendez-vous américain du 24-25 juin 2023. Extrait.

3e de l’UTMB en 2021, 2e en 2022… La victoire pour 2023 ?

Mathieu Blanchard : Je suis encore entrain de penser à ma saison 2023. Cette année, je veux aussi voir un peu des nouvelles choses, parce que le monde des ultra-trails est assez vaste en terme de courses, les années passent et je veux tenter d’expérimenter les plus grandes courses du monde à mon plein potentiel. Je ne veux pas faire ça quand j’aurais 50 balais !

UTMB 2022 Mathieu Blanchard Photo UTMB : DR
Mathieu Blanchard lors de son arrivée à l’UTMB en 2022, quelques minutes seulement après Kilian Jornet. Photo UTMB / DR

Revivez sa formidable course lors de l’UTMB 2022 ICI

Donc pas d’UTMB ?

Mathieu Blanchard : Je ne sais pas encore. Pour ma première partie de saison, je vais mettre le focus sur la Western States, aux États-Unis, qui est la course la plus mythique là-bas. J’ai eu la chance d’avoir un « golden ticket », c’est-à-dire un accès direct sans passer par la loterie, grâce à l’UTMB l’année dernière, donc je vais en profiter. Ensuite, à partir de juillet, ce sera une deuxième partie de saison que je construirai en fonction de comment je ressortirai de la Western States. Si, 10 jours après la course, je me sens bien et capable d’attaquer un nouveau bloc pour l’UTMB, alors éventuellement j’irai à l’UTMB. Ou alors peut-être au Grand Raid de La Réunion…

Mathieu Blanchard Photo UTMB : DR
Mathieu Blanchard et Kilian Jornet sur la ligne d’arrivée après leur formidable bras de fer lors de l’UTMB 2022. Photo UTMB / DR

Comment comptes-tu préparer ta Western States ?

Mathieu Blanchard : Je vais tout donner pour la Western States, et faire un programme très spécifique en première partie de saison. Je vais beaucoup courir à plat, ce que je n’ai pratiquement pas fait pendant 3 ans. J’ai prévu d’aller faire un stage au Kenya pendant un mois, pour m’entraîner avec les Kenyans. Je vais également faire le marathon de Paris… Je vais mettre en place un programme très très spécifique pour être capable de gagner en vitesse. Parce que la Western States est une course qui demande de la vitesse.

Donc tout pour la vitesse, dès le mois de janvier ?

Mathieu Blanchard : Non, car mon début d’année est assez chargé. Je dois d’abord m’occuper de la tournée de mon film, Polaire, en janvier-février (film sur son expédition polaire à ski dans des conditions extrêmes, intitulée Uapapunan, réalisée au Quebec en février/mars 2022 avec son ami Loury Lag, ndlr). Ensuite, je vais faire le Kilimandjaro début mars, puis le stage d’entraînement au Kenya. Je dois également m’occuper de la sortie de mon livre fin mars, une autobiographie sur laquelle je travaille depuis plus d’un an. Je vais devoir assurer toute la partie relations médias, aller sur les plateaux télé, les dédicaces… Il y aura le marathon de Paris, et j’irai peut-être au Marathon des Sables fin avril. Et ensuite les États-Unis pour la Western States, fin juin…

Et dans ce programme de folie, tu auras encore de la place pour une « aventure » hors course ?

Mathieu Blanchard : Si il y a une aventure, ce sera plutôt en automne-hiver, en pur trail. Comme traverser un pays de long en large, peut-être du côté d’Israël, ou de la Mongolie, ou d’un de ces pays qui finissent par « stan »… Kurdistan, Ouzbékistan, il y a quelques trucs sympas à faire par là-bas, et qui ne sont pas trop connus. J’ai aussi d’autres idées d’expéditions polaires, parce que j’ai adoré mon aventure début 2022. Et des projets autour du café, aussi, qui m’amèneront à courir en Amérique Centrale ou en Afrique. Et encore d’autres projets pour connecter l’océan à la montagne… Les idées sont là, elles ne manquent pas, mais rien n’est fixé. Sachant que pour tout préparer sérieusement, c’est 6 mois de travail, donc c’est énorme…

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Mathieu Blanchard et Loury Lag lors de leur expédition polaire. Photo DR

Western States Endurance Run, le mythe américain

La Western States Endurance Run est la plus ancienne course de trail de 100 miles au monde. La course commence à Olympic Valley, en Californie, près du site des Jeux olympiques d’hiver de 1960, et se termine 100,2 miles plus loin à Auburn, en Californie. Au cours des décennies qui ont suivi sa création en 1974, Western States est devenu l’un des tests d’endurance ultimes au monde. Le parcours de 161 kilomètres traverse les terres des Nisenan, Washoe et autres peuples autochtones et présente un profil plutôt descendant, avec 5514m D+ et environ 7001m D-. Le tracé, très accidenté, suit en grande partie les pistes des chercheurs d’or et d’argent des années 1850, entre hautes montagnes et canyons profonds.

Pour découvrir la liste des 271 sélectionnés de la Western States 2023, c’est ICI

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Le profil de la Western States Endurance Run.
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À l’heure des bilans de fin d’année, retour sur les livres qui ont marqué la rédaction et que nous avons le plaisir de vous conseiller. Des lectures trail pour apprendre, progresser, vous motiver ou tout simplement vous faire voyager à travers les mots.

Lectures trail : l’Europe à pied, c’est possible !

Deux pas vers l’autre, de Nil Hoppenot et Marie Couderc, Éditions Glénat

Nil et Marie l’ont fait. Pendant deux ans, ces deux jeunes aventuriers ont grillé 10 000 km sous leurs chaussures, pour une randonnée épique. Une épopée au plus près de nous avec rien moins qu’une traversée de l’Europe, du Portugal à la Turquie par la haute route des montagnes. Au-delà de l’engament physique que cela demande, ce projet s’est voulu résolument tourné vers l’autre et « écoresponsable ». Il a d’ailleurs reçu le Haut Patronage du Parlement européen pour ses dimensions culturelles et humaines.

Rien ne destinait ces deux trentenaires à vivre cette expérience hors norme. Mais, frustrés par les perspectives des modes de vie urbains, Marie et Nil ont sans doute pris la décision la plus importante de leur vie en se lançant dans cette aventure. Habitués des réseaux sociaux, leur livre est conçu comme un journal de bord, richement illustré de photos, de témoignages, de cartographies et de données pratiques. Le livre se butine plus qu’il ne se lit. Comme une invite à suivre leur chemin ? En tout ou partie, en fonction de votre appétit d’horizon !
Paru en septembre 2022. 340 pages. 25,95 €

Lectures Trail 2 pas vers l'autre

Lectures trail : dans les pas de Sylvain Bazin

Chemins d’histoire, de Sylvain Bazin, Éditions Glénat

Sylvain Bazin a beaucoup couru… Et marché ! Partout dans le monde. Les sentiers et les chemins, il en connaît un rayon ! Et il aime à « dire » ces pistes, ces lieux, ces pays. Avec ses mots qu’il cisèle depuis longtemps. Tour à tour compétiteur, journaliste, randonneur, écrivain, chroniqueur régulier de radio, Sylvain devient peu à peu le « randonneur-communiquant », de sa voix douce, au rythme du montagnard qui économise ses forces ! Dans ce nouvel ouvrage, objet de belle facture, Sylvain Bazin nous invite à suivre les pas des « pionniers-marcheurs » qui ont tracé les grands chemins au fil des siècles.

Des pèlerins bien sûr, mais aussi des colporteurs, ces marchands de grand chemin, des bergers avec leur troupeau… Oui, ces sentiers ont vu défiler bien des semelles, souvent animées par la foi, mais aussi par la nécessité ou même déjà par l’envie de découverte. Le point commun des 25 itinéraires présentés : leurs origines historiques, leur beauté, leur variété qui mêle ruralité et urbanisme, nature préservée et patrimoine. Le livre est composé de quatre parties : les itinéraires jacquaires en France d’abord, puis en Espagne et au Portugal, ainsi que les grands classiques ou plus méconnus, car ils restent des incontournables du genre.
Paru en octobre 2022. 192 pages. 35,95 €

Lectures Trail Chemins-d-histoire

Lectures trail : un récit de résilience

Une Odyssée, de Jacob Lis, Éditions Atlande

Il y a des livres qui sont des leçons de vie. L’Odyssée dont il s’agit ici, c’est le parcours d’un jeune homme face à la maladie, et, oserait-on dire, « grâce » à la maladie : il relate cette expérience de résilience qu’est de devenir finisher d’un IronMan tout en étant sous chimiothérapie. Ce récit autobiographique, malgré le contexte, est d’une belle légèreté. Il n’a d’autre prétention que de dire avec des mots simples ce voyage si particulier que vivent ceux qui traversent un cancer, physiquement et psychologiquement. Il narre ce qui naît au cœur de cette tragédie individuelle qu’est la maladie.

Ce récit d’un exploit physique est suivi d’un tour de l’Asie et de l’Amérique du Sud, voyages qui n’auront été possibles que grâce à la remise en question provoquée par la maladie. C’est un texte inspirant, une ode à la vie, au voyage et au sport, dont tout un chacun pourra en retirer quelque chose. Ce témoignage est préfacé par Bernard Tapie, qui s’est sans doute reconnu dans ce parcours battant. C’est d’ailleurs l’un des derniers textes qu’il ait signé.
Paru en juillet 2022. 204 pages. 18 €

Lectures Trail Une odyssée

Lectures trail : aux sources du trail

Dossard 127, de Thibaut Bertrand, Éditions Gypaète

Les romans au cœur des trails commencent à fleurir, signe que ce phénomène de société sort du cadre du sport. Ici, nous nous retrouvons à Cauterets à 5 heures du matin. C’est une fiction, et si ce n’est pas le Trail du Vignemale ou le Tour des Refuges, épreuves régulièrement organisées dans ce haut coin des Pyrénées, on s’y croirait. L’auteur crée une fiction avec le départ du Grand Trail Henry. Ce n’est pas seulement un trail comme les autres, c’est un récit intime, un flot enivrant de sensations qui changent à chaque kilomètre. Le temps d’un roman, les traileurs retrouveront cette manière originale de vivre la montagne et se replongeront dans l’ambiance particulière des ultras de montagne. Avec le dossard 127, 120 km d’émotions et de surprises vous attendent. Et là, pas de barrière horaire, vous serez tous finishers !
Paru en juin 2022. 176 pages. 15,90 €

Lectures Trail Dossard 127

Vous aimez les lectures trail ?

Abonnez-vous au magazine Esprit Trail. Tous les deux mois, le plein de lecture sur tout ce qui touche au trail. En version papier ou numérique, Esprit Trail, c’est par ICI

Lectures trail : dans la tête de Patrick

Itinéraire bis, de Patrick Bohard. Autoédition

Vainqueur de courses mythiques comme le Tor Des Géants, Patrick Bohard est un véritable amoureux du trail. C’est un adepte des très longues distances, de celles qui inspirent crainte et respect à ceux qui les courent et à ceux qui en rêvent. Mais que se passe-t-il donc dans la tête de ceux qui se présentent au départ de telles épreuves ? Patrick nous en fait le récit, au hasard de ses courses : TransMartinique, Tor des Géant, 6666, Ultra Trail du Sancy, UTMB… et bien d’autres. À chaque ligne d’arrivée, le plein d’émotions et d’aventures intérieures. Patrick sait écrire comme il court, avec légèreté, sans donner l’impression de l’effort. Avec une préface pétrie de tendresse écrite par « The Voice » de l’ultra trail, Monsieur Ludovic Collet lui-même. Un ouvrage autoédité à parcourir comme on s‘évade, pour une promenade sur le sentier : à son rythme ! Et cela vaut le détour.
320 pages. 20 €

Lectures Trail itineraire bis

Lectures trail : plus qu’un livre, un monde !

La Clinique du coureur, de Blaise Dubois et Frédéric Berg. Éditions Mons

Le titre ne dit pas ce que l’on y trouve. La clinique du coureur, dans sa nouvelle édition enrichie et actualisée de 2022, est bien plus qu’un traité de médecine qui recense les « bobos » des coureurs. C’est une encyclopédie de tout ce qu’il faut savoir pour être en peine forme en conjuguant santé et entraînement au fil parfois trop fougueux de sa passion. Des témoignages, du vécu, des analyses d’experts, tout est là pour vous guider sur le bon chemin. Et en plus, c’est un bel objet d’édition, un ouvrage solidement charpenté qui vous promet de trouver tout ce qu’il vous faut savoir, écrit dans un style simple et direct, compréhensible par le plus grand nombre.

C’est le livre référence de Blaise Dubois, le grand expert mondial de la santé en course à pied. En 10 ans, ce physiothérapeute et sa Clinique du Coureur sont devenus incontournables, formant chaque année des milliers de kinés, notamment en France, révolutionnant leur manière d’anticiper et soigner les blessures des coureurs. La méthode Blaise Dubois, c ́est une lecture implacable de la science qui bouleverse les idées reçues et déconstruit de nombreuses fausses vérités. Manuel érudit, mais accessible et pédagogique, c’est un livre pour courir autrement, un manuel pour apprendre à mieux courir.
Paru en juin 2022. 545 pages. 35,90 €

Lectures Trail La clinique du coureur

Lectures trail : l’endurance autrement

Sans limites, de Chloë Lanthier. Guérin, Éditions Paulsen

Cette collection des éditions Paulsen nous offre d’abord le plaisir d’un bel objet : ce livre est agréable à prendre en main, et on se surprend à le caresser de la paume avant que de l’ouvrir. En le feuilletant pour un premier regard, on y découvre une approche innovante de l’endurance, permettant de se recentrer sur l’essentiel pour devenir plus performant. Pas de recette toute faite, mais une approche rigoureuse et des conseils à suivre si on en a la volonté et l’envie.

Il faut dire que Chloë est une sportive engagée, experte dans le domaine de la performance humaine. Elle explore les mécanismes du cerveau pour nous permettre de repousser nos efforts au-delà de nos perceptions afin d’affronter la longue distance. Apprenez l’art de « ne pas ralentir », découvrez l’élasticité mentale, la science de la fatigue et de la douleur, le « blue print » de l’endurance, et des stratégies d’entraînement efficaces pour optimiser votre potentiel, le tout illustré par des exemples de grands sportifs. C’est différent de tout ce qui est paru sur le sujet, et rien que cela vaut le détour.
Paru en juin 2022. 287 pages. 29 €

Lectures Trail Sans limites

Lectures trail : ne jamais baisser les bras

Extrême résilience, de Christophe Santini, Éditions Les Presses Littéraires

Un livre préfacé par Cécile Bertin ne peut que donner envie d’en tourner les premières pages. Ensuite, on est aspiré pour dévorer d’un seul trait la centaine de pages qui narre ce qui pourrait être le parcours de chacun d’entre nous pour revenir de l’enfer. En octobre 2020, Christophe Santini, sportif de haut niveau en diverses disciplines extrêmes, est victime d’un malaise. Il se réveille à l’hôpital. Dans sa chute, deux vertèbres cervicales ont été fracturées, risquant de le rendre paraplégique. Pourtant dès son réveil, après une longue opération, il va se lancer un nouveau défi, celui de revenir très vite au plus haut niveau. Christophe Santini évoque son parcours semé de maladies et d’accidents qu’il a pu surmonter grâce à son Extrême résilience.

Enfant, Christophe était interdit de pratiquer toute forme d’activité physique en raison d’un asthme sévère. Mais c’est finalement par le sport qu’il a vaincu cette maladie et est devenu un athlète de haut niveau. D’abord gardien de but en centre de formation, il s’est ensuite lancé dans les sports de combat (semi-contact) avec plusieurs titres européens. Puis il a dédié sa vie aux expéditions engagées comme le record de la traversée Ersa-Bonifacio sur 250km, 1800m D+ en 26h15. Il fut aussi le premier Français à réaliser la traversée des déserts de Gobi, Atacama, Antarctique, Nouvelle-Zélande et Namibie, 1250km en 10 mois. Par-delà ces exploits, le message est clair : la motivation de se relever fait partie du processus qui permet de repartir vers l’avant !
Paru en avril 2022. 105 pages. 12 €

Lectures Trail extreme résilience

Lectures trail : c’est dans la tête

Un mental pour gagner, d’Anthony Mette, Éditions Vigot

Les sportifs en recherche de progression doivent dépasser constamment leurs peurs et leurs limites. Au-delà des capacités physiques et des compétences à améliorer, il faut oser aller à la rencontre de soi, s’aventurer hors des sentiers battus. Dans ce livre, Anthony Mette, docteur en psychologie du sport, spécialisé en psychologie de la performance et du bien-être, propose aux sportifs, et à ceux qui veulent atteindre l’excellence, d’appliquer 7 axes de travail pour atteindre les sommets et surtout y rester : commencer par être heureux, investir et se professionnaliser, s’entraîner comme un guerrier, mentaliser sa saison, devenir un Maître Zen, s’entraîner à voler, et enfin développer la compassion.

Chaque chapître est construit selon le même schéma : le témoignage d’un sportif, une analyse de la thématique choisie, et des exercices pour se mettre à l’épreuve. Le lecteur est libre de privilégier certains axes de travail, en fonction de ses priorités du moment, mais aussi d’adapter les exercices par rapport à sa discipline. Parce que les champions s’entraînent sur le long terme et qu’ils ne sont jamais rassasiés, l’auteur s’est adapté à eux en leur proposant constamment de nouveaux exercices. Lui-aussi a donc dû se dépasser, tant au niveau de ses connaissances que de ses domaines d’expertise. Ce sont tous ces outils éprouvés qui sont compilés dans ce livre.
Paru en août 2021. 192 pages. 19,90 €

Lectures Trail mental pour gagner

Lectures trail : il n’y a pas d’âge…

Athlète master, s’entraîner et performer à 40, 50 ans et plus… de Romuald Lepers, Outdoor Éditions

Écrit par Romuald Lepers, professeur de physiologie à la Faculté des Sciences du Sport à l’Université de Bourgogne, auteur de plus de 200 articles scientifiques, passionné de sciences et de triathlon, ce livre propose une synthèse efficace et concise sur tous les aspects de l’entraînement des compétiteurs de plus de 40 ans, ces sportifs d’endurance appelés masters. De nombreux facteurs entrent en compte lors d’un entraînement et d’autant plus en vieillissant, tels que la physiologie, la psychologie, la nutrition, le mental…

Tous ces thèmes sont abordés dans ce livre bien documenté, plein d’informations et de conseils pour rester performant tout en vieillissant, avec le témoignage de nombreux sportifs dont la recordwoman de France du marathon, Christelle Daunay. Après le détail des bénéfices qu’apporte la pratique sportive pour bien vieillir, on rentre dans la pratique avec des conseils pour adapter son entraînement, sa nutrition, sa motivation en vieillissant, avec un chapitre spécifique consacré à la sportive master féminine.
167 pages. 25 €

LECTURES TRAIL ATHLÈTE MASTER

Lectures trail : en avant, marche !

La marche nordique, de Jean-Pierre Guilloteau, Livres Glénat

Pour simplement garder la forme, rien ne sert de courir… il suffit de marcher ! Alors quoi de mieux que de se mettre à la marche nordique qui doit son succès à son accessibilité et à ses nombreux bienfaits pour la santé. Docteur en biophysique, l’auteur a été chercheur au CNRS et directeur de laboratoire chez Aventis Pharma, avant de devenir en 2000 accompagnateur en montagne dans le Vercors. Il s’est spécialisé dans la marche nordique, qui représente près de la moitié de son activité.

Passionné, il nous explique dans le détail comment pratiquer cette activité, mais aussi comment et pourquoi elle est bénéfique pour le corps et pour l’esprit. Conseils d’équipements, exemples de « séances », techniques de marche tonique, cet ouvrage est didactique, très bien illustré, et vous donne envie de partir bâtons à la main pour une première initiation à cette discipline qui complète parfaitement la course à pied par son aspect « doux » pour le corps et l’appareil locomoteur.
Paru en mars 2022. 144 pages. 15 €

LECTURES TRAIL LA MARCHE NORDIQUE

Lectures trail : à la recherche de la passion perdue

70 jours pour réussir mon (premier) trail, d’Ivan Raça, Éditions L’Harmattan

L’auteur est docteur en sciences du sport, enseignant en fac de sport, entraîneur en course à pied et pratiquant lui-même. Il revient sur une aventure sportive et humaine qui a littéralement changé sa vision du sport. Guidé par sa passion et le besoin de se découvrir au travers du sport, il décrit les 70 jours de préparation qui lui ont permis d’atteindre un objectif perçu comme inatteignable. C’est avant tout un récit. Celui de son aventure. Sportive. Humaine aussi. Spécialiste des épreuves de courtes distances, il ne se destinait pourtant pas forcément au trail. « Je veux courir par passion, ce que le chronomètre et les podiums m’ont fait oublier », dit-il en préambule de son livre. « Oui, je veux vivre ma vie avec passion, je veux me retrouver face à moi-même au cœur de la nature tout en étant accompagné par des personnes en qui j’ai totale confiance. »

C’est parti ! En ligne de mire, sa toute première épreuve, le Font-Romeu Nature Trail dans les Pyrénées, soit une course de 42 km et 2000m de dénivelé. On le suit dans les coulisses de sa préparation pendant 70 jours : footing, renforcement musculaire, repos, sorties longues… Mais aussi, euphorie, plaisir, souffrance et partage. À mi-chemin entre ouvrage d’entraînement et guide de tourisme d’itinérance, ce livre offre une plongée dans la préparation d’un trail. Une belle aventure humaine.
Paru en décembre 2021. 283 pages. 29,50 €

LECTURES TRAIL 70 JOURS

Lectures trail : à 7 millions de pas du bonheur

Tirer un trail sur le passé. 4260 km à pied du Mexique au Canada sur le Pacific Crest Trail, de Michael Dessagne

Un monde fait de purées déshydratées et de barres protéinées, de serpents à sonnette et d’ours, de déserts arides et de cols enneigés à plus de 4 000 mètres d’altitude, où les cailloux peuvent servir de papier toilette, où vos amis s’appellent Dindon Sauvage ou Poudre Mystérieuse et où la joie la plus pure côtoie la souffrance la plus brutale. Sur le Pacific Crest Trail, suivez Michael, trentenaire ordinaire, dans une traversée intimiste des États-Unis à pied. Au-delà du défi physique, c’est avant tout une aventure humaine et sociale qu’il est venu chercher. Pour oublier son divorce et retrouver le goût de vivre. Pour se retrouver. Des plus profonds abysses de la dépression à l’euphorie des plus hauts sommets de la Sierra Nevada, il n’y a que 7 millions de pas…
Paru en juin 2021. 388 pages. 18 €

Tirer un trail sur le passé
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Jim Walmsley, François D’Haene, Julien Chorier, Ludovic Pommeret, Casquette Verte, Anne-Lise Rousset ou encore Sissi Cussot, nombreux sont ces coureurs qui réalisent des performances remarquables en ultra-endurance et qui se sont déjà alignés sur la distance mythique de 42,195 km. Que ce soit un essai « pour voir », ou dans le cadre de préparations diverses, par exemple pour gagner en vitesse… Zoom sur leurs meilleurs temps sur marathon.

Marathon : Jonathan Wyatt et Jim Walmsley missiles sol-sol

À ceux qui imaginent que les spécialistes de la course en montagne ne sont pas capables de performances sur un marathon sur route, la plus belle des réponses serait celle du Néo-Zéalndais Jonathan Wyatt. Sextuple champion du monde de course en montagne entre 1998 et 2005, il a à son actif d’impressionnants chronos sur marathon, dont un stupéfiant 2h 13mn au marathon de Hambourg 2003, qu’il termina en 7e position.

Plus récemment, le missile américain Jim Walmsley, qu’on ne présente plus, a signé un chrono de 2h 15mn 05s aux Trials d’Atlanta en février 2020, un marathon qualificatif pour la sélection des athlètes américains pour les JO de Tokyo. En ne terminant « que » 6e, il n’avait pas décroché sa place.

Foulée Walmsley Photo Hoka
Jim Walmsley, 2h 15mn 05s sur marathon. Photo Hoka

Marathon : ils ont fait moins de 2h30

Même si c’est loin de ces 2 missiles, faire moins de 2h30 sur un marathon, ça installe déjà un bonhomme. Avec un tel chrono, un coureur serait rentré dans le Top 75 du Marathon de Paris 2022, remporté par Deso Gelmisa en 2h 05mn 07s. Cette prouesse, Sébastien Spehler l’a réalisée. Le traileur, second du Grand Trail des Templiers en 2021 derrière Jonathan Albon et en 2022 derrière Jim Walmsley, est ainsi un redoutable marathonien. Son record : 2h 24mn 43s au marathon du Beaujolais, qu’il a remporté en 2018. En septembre 2022, il a même établi un nouveau record sur le marathon de Colmar, gagnant l’épreuve en 2h 29mn 55s.

Les stars féminines du trail ne sont pas en reste. Ainsi, la Néerlandaise Nienke Brinkman, qui vient de remporter les Golden Trail World Series 2022, circuit le plus relevé de la planète trail, a réalisé 2h 22mn 51s sur le marathon de Rotterdam 2022. Un chrono qui lui a valu de prendre la 2ème place sur le podium féminin, et de battre le record national des Pays-Bas, au nez et à la barbe des spécialistes de la route. Un exploit qu’elle a d’ailleurs réédité quelques mois plus tard, en août, lors des championnats d’Europe d’athlétisme, où elle a décroché une médaille de bronze avec un chrono de 2h 28mn 52s !

Sebastien Spehler Templiers 2017 Photo Cyrille Quintard
Sebastien Spehler aux Templiers 2017, redoutable marathonien. Photo Cyrille Quintard

Marathon : ils ont fait moins de 3h00

C’est entre 2h30 et 3h00 que se situe le gros du peloton des traileurs élite habitués des podiums. Parmi eux, soulignons :

Ludovic Pommeret, qui s’est aligné sur son premier marathon en 2022 et a réalisé un chrono de 2h 31mn 51s. À 46 ans, il s’était inscrit sur le marathon d’Annecy pour servir de lièvre à son beau-frère. Un sacré lièvre !

François D’Haene, dont les titres à l’UTMB et la Diagonale des Fous font de lui l’un des Français les plus titrés en ultra, n’a couru qu’un seul marathon, celui du Beaujolais, en 2013. A l’époque, faisant cela en dilettante, il avait bouclé les 42,195km en… 2h 34mn 52s, prenant la seconde place de l’épreuve.

Julien Chorier, double vainqueur de la Diagonale des Fous, a claqué un chrono de 2h 35mn 29s au marathon de Paris en 2015.

Anaïs Quéméner, revenue à la vie grâce à la course à pied après une terrible épreuve liée à un cancer du sein, et qui a remporté cette année les 24km de l’Oxy-Trail, a terminé 16e féminine du marathon de Paris 2022 en 2h 37mn 26s.

Thibaut Baronian, meilleur Français des Golden Trail World Series 2022, régulier dans les Top 10 des courses sur lesquelles il s’aligne, a pour meilleure performance 2h 45mn 26s au marathon de Bordeaux-Métropole en 2016.

Anne-Lise Rousset, recordwoman du GR20 et deuxième du Grand Raid de La Réunion 2022 derrière Courtney Dauwalter, a signé un chrono de 2h 51mn 01s au marathon de Paris en 2018.

Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, est un habitué du marathon de Paris, la capitale étant son terrain d’entraînement. En 2018, il est passé pour la première fois sous la barre des 3 heures, en 2h 56mn 08s.

Anne-Lise Rousset-Seguret
Anne-Lise Rousset-Seguret vaut moins de 3h sur marathon. Photo DR

Marathon : ils ont fait moins de 3h30

Parmi les autres grandes figures du trail, nombreuses et nombreux sont ceux qui ont réussi à passer sous la barre des 3h30, ou presque. Nous n’en citerons que 2, le Népalais Dawa Sherpa, qui a bouclé les 42,195km en 3h 24mn 22s lors de la dernière édition du marathon de Paris. Et nous n’oublierons pas Sylvaine Cussot, qui, jadis, s’essaya au marathon et réalisa un chrono de 3h 30mn 18s. C’était au Marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes, en… 2010 !

Marathon : l’énigne Kilian Jornet

Difficile de ne pas évoquer le cas de Kilian Jornet. L’Espagnol n’a pas de référence sur marathon, sauf le marathon du Mont-Blanc, bouclé en 3h 23mn 39s lors de sa 3e victoire, en 2014, sur un parcours certes modifié en raison de la météo pluvieuse, mais comportant tout de même 42km et 2200m D+ ! (Il l’a gagné 5 fois, les 2 dernières victoires remontant à 2017 et 2018.) En revanche, Kilian Jornet a réalisé un chrono référence en juin 2020, lorsqu’il a participé au relais du défi MA RA TH ON, où il avait pris un relais sur 10,5km en courant à « son allure semi-marathon ». Il avait alors terminé son relais en 32mn 25s. Soit environ 1h 04mn sur semi… On vous laisse imaginer le chrono sur le double de distance…

Et, dans un autre registre, son temps réalisé en juin 2022 en Norvège sur le semi-marathon tout en montée de Geiranger laisse rêveur : 1h 29mn 40s, avec 1600m D+ !

kilian Jornet semi-marathon de geiranger
Kilian Jornet lors du semi-marathon de Geiranger, en Norvège. Photo DR
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Pour la troisième fois consécutive, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, a remporté début décembre la LyonSaintéLyon, la version XXL de la mythique Asics SaintéLyon. Une caméra l’a suivi durant toute la durée de l’évènement, du retrait du dossard au débriefing d’après-course. Plongée dans l’univers de l’homme qui courait vite et aimait la bière.

Casquette Verte : 156 km pour un exploit

Même s’il faisait office de grand favori pour sa propre succession, la pression était bien là et il fallait assurer. Car le défi était de taille : 156 km à parcourir et 4 100 mD+ à boucler en deux temps. Au départ de Lyon, il fallait tout d’abord rallier Saint-Etienne sur 78 km et 2 050 mD+ dans la journée du samedi 3 décembre 2022 sur une partie de course non-chronométrée. Une sorte de répétition générale et de mise en jambes (plutôt bien corsée !) avant que les choses sérieuses ne commencent.

Stratégie mise en place pour gagner à nouveau, progression durant la course, réaction et débriefing d’après-course, dans cette vidéo haletante de 27 minutes, Casquette Verte se livre à sa manière, sans langue de bois. Et cette première partie de course ne fut pas aussi tranquille qu’on pouvait le penser : pris de douleurs à la cuisse, le retour vers Lyon, qui sera cette fois-ci chronométré, s’annonce plus compliqué que prévu. Au point qu’à un moment, Alexandre Boucheix se dit même que le triplé, « c’est dans le baba quoi ». Il ne pense alors même plus au résultat mais simplement d’aller au bout.

« Jamais 2 sans 3 ! » : quand le mental vient au secours du physique

Après sa seconde victoire consécutive l’an passé, son objectif était pourtant clair : jamais deux sans trois ! Et cette troisième victoire, c’est au mental qu’il va aller la chercher. En compagnie des concurrents de la SaintéLyon, la fameuse doyenne de 78 km, il repart en direction de Lyon plus déterminé que jamais. À quelques points stratégiques de la course, il arrive à placer quelques accélérations fatales à ses principaux concurrents avec qui il bataille depuis le début.

Lire aussi le récit de la SaintéLyon, avec la victoire d’Andreu Simon Aymerich devant Thomas Cardin ICI

Chacun de ses ravitaillements sont plus « express » les uns que les autres. Son plan de course fonctionne comme prévu, malgré le brouillard assez dense qui ne lui permet pas de foncer comme il le souhaite. Au beau milieu de ce ballet de frontales toujours impressionnant sur la SaintéLyon, le raid nocturne historique, il a toujours un petit mot d’encouragement pour les coureurs des autres épreuves qu’il croise au fur et à mesure de son avancée.

C’est finalement en solitaire, et même en sprintant sur les derniers kilomètres, qu’il parvient à franchir la ligne d’arrivée en 7h 12m 53s. C’est à travers cette belle aventure vécue en compagnie de Cécile Bertin, son assistante de choc et sa première supportrice durant la course, que cette vidéo vous propose de vous replonger.

Lire aussi le débrief des 4 premiers de la SaintéLyon, et de Sissi Cussot, marraine de l’événement, ICI

Casquette Verte : la vidéo du triplé

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Comme chaque année, le réseau social aux 100 millions d’utilisateurs à travers le monde publie son Rapport « Year in Sport » . Il y dévoile des données édifiantes sur la pratique du sport. Si pour une large majorité d’athlètes, 2022 a été synonyme de retour à la compétition et de nouveaux objectifs, la réouverture des frontières a également permis à de nombreux coureurs d’élargir leurs horizons. Et ce, à l’étranger comme en France, terrain de jeu idéal pour le trail. Zoom sur les 3 grandes tendances running de l’année.

Tendance N°1 : Le retour à la compétition

La compétition a repris en 2022 et les athlètes se sont fixé des objectifs ambitieux. Le pourcentage d’athlètes ayant bouclé l’iconique distance du marathon a presque doublé par rapport à 2021 sur Strava. Dans certains pays, la hausse est encore plus prononcée. Aux Pays-Bas, la part de coureurs ayant terminé un marathon a plus que triplé ! Les marathoniens n’ont jamais été aussi nombreux.

La France, quant à elle, a vu une augmentation de 190 % des coureurs ayant effectué un marathon en 2022 par rapport à l’année précédente. Elle se positionne ainsi en 2e position à l’échelle mondiale, juste après les Pays-Bas (+269 %) mais avant l’Espagne (+171 %).

Strava marathon
Illustration Strava

Tendance N°2 : Courir pour explorer

Qu’ils soient motivés par l’envie d’explorer, de découvrir de grands espaces ou par un besoin d’aventure, 52 % des athlètes Strava ont téléchargé une activité outdoor en 2022, toutes activités confondues. Ces activités outdoor sont 55 % plus susceptibles d’être pratiquées en groupe.

En 2022, Strava observe également un retour à la normale en termes de voyage. En effet, à l’échelle mondiale, le pourcentage d’athlètes ayant téléchargé des activités hors de leur pays de résidence a augmenté de 101 % par rapport à l’année dernière. Il atteint presque, à 3 % près, le niveau de 2019, avant la pandémie. Concernant les déplacements, les Français ont été plus raisonnables. Ils sont en effet plus nombreux à avoir joué à domicile. Seuls 25 % des utilisateurs ont enregistré une activité hors de l’Hexagone cette année.

En France, Paris et la Savoie s’affirment comme des terres de running

La France est le pays dans lequel les visiteurs étrangers ont effectué le plus d’activités sportives. Elle se place ainsi sur la première marche du podium devant l’Espagne et l’Italie. La course à pied est le 3e sport le plus pratiqué par les étrangers lors de leur visite dans l’Hexagone, après le vélo et la marche/randonnée. Une activité qui permet de lier l’utile à l’agréable, puisque Paris et son musée à ciel ouvert sont la zone géographique dans laquelle les touristes courent le plus.

Paris décroche également la place de 9e ville la plus visitée pour la course à pied à l’échelle mondiale. La capitale, principal lieu d’attractivité au niveau français, est suivie par la Haute-Savoie et les Alpes-Maritimes, régions de trail par excellence.

Les étrangers ne sont pas les seuls à aimer la Savoie, puisque la région est également la destination la plus populaire pour les utilisateurs français qui ont téléchargé des activités Strava ailleurs que chez eux.

Strava running
Strava

Tendance N°3 : Ensemble, on va plus loin

Cet adage se vérifie plus que jamais sur Strava en 2022. Sortir en groupe permet d’enregistrer des sorties plus longues en durée et en distance qu’une sortie solo. Cela se vérifie de manière très nette chez les femmes, pour qui Strava enregistre des durées 22 % plus élevées et des distances 23 % plus longues. Du côté des hommes, le constat est le même, avec des durées 15 % plus élevées et des distances 14 % plus longues.

Une tendance particulièrement visible en hiver, lorsqu’il est parfois nécessaire de trouver la motivation chez un coéquipier. Ainsi, au mois de janvier 2022, les coureurs qui ont ajouté des activités de groupe sur Strava avaient 78 % de temps d’activité supplémentaire au compteur par rapport à ceux qui avaient couru en solo.

Lire aussi notre article : Courir en groupe, motivation et progression ICI

En groupe de trois ou plus, les chiffres sont encore supérieurs. En France, Strava enregistre des activités d’une durée et d’une distance 21 % supérieure lors d’une sortie effectuée à 3 personnes ou plus. Une belle illustration de la façon dont les sportifs trouvent de nouvelles façons de se dépasser et de s’amuser au quotidien. Ils s’y attellent ensemble, se motivent mutuellement et tirent ainsi leurs camarades vers le haut.

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Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais Thibault Marquet est un habitué des podiums. Dernière performance en date, sa 12e place (et 5e Français) sur l’UTMB, à moins de 2h40 du chrono record de l’extraterrestre Kilian Jornet (19h49mn). Pourtant, malgré ses classements prometteurs, ce touche-à-tout des sports outdoor reste simple. Et avoue modestement que depuis qu’il a mis un pied dans la montagne, il est l’homme le plus heureux du monde. Il raconte sa passion dans une vidéo pleine d’oxygène. Idéal pour une soirée d’hiver…

Une première course qui en dit long

Avec Thibault Marquet, tout a l’air si simple. Peu de temps après s’être installé dans le Beaufortain, cet ex-vététiste de haut niveau entend parler de l’Ultra Tour de Beaufortain, un bon 107 km et 7300m de D+. Même pas peur ! Il décide de s’entraîner et en fait sa première course, en juillet 2019. Il nourrit alors le secret espoir de pouvoir terminer dans les 10 premiers. Bingo, il termine 5e. Et même si, pendant 2 jours, il lui sera impossible de marcher, il le reconnaît : il est atteint par le virus de l’ultra…

Un habitué des podiums

Parmi ses victoires les plus probantes, l’Intégrale de 148km de l’Échappée Belle en 2021 ou le 42km de l’Ultra-Trail des Montagnes du Jura 2022. Et quand il n’est pas sur la plus haute marche du podium, Thibault Marquet n’en est pas loin. En 2022, il a fini 2e de l’Ultra Tour du Beaufortain, devancé uniquement par Jim Walmsley. Ou encore 5e de la Marathon Race de la MaXiRace, derrière Jonathan Albon. Et bien sûr 12e de l’UTMB, une course qu’il a eu en tête dès ses débuts en trail.

Qu’est-ce qui fait courir Thibault Marquet ?

C’est, en filigrane, la question à laquelle Thibault Marquet répond dans une vidéo de 9 minutes signée Rémy Berthod. Comment en est-il arrivé là ? Quelles sont ses motivations ? Son état d’esprit ? Avec un secret espoir : que cette vidéo puisse inspirer d’autres coureurs, les aider à imaginer, et réaliser, un objectif de ce type.

Qui est Thibault Marquet, la vidéo

A voir aussi, la vidéo où Thibault Marquet explique comment il a réussi à finir 12e de l’UTMB 2022

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En terminant 5e féminine de son deuxième Grand Raid de La Réunion, Sylvaine Cussot a bouclé sur cette île qui l’a accueillie les bras ouverts il y a 3 ans une très belle saison 2022. 24 heures après qu’elle ait franchi la ligne d’arrivée dans la fournaise du stade de la Redoute, Serge Moro l’a retrouvée sur la plage ensoleillée de la Pointe au Sel. La Diag’, la vie sur l’île, le trail, la vie tout court, Sissi Cussot se dévoile, plus attachante que jamais.

ESPRIT TRAIL : En 2021, tu avais couru en tête ton premier Grand Raid de La Réunion pendant la première moitié de course. Mais une chute au bilan douloureux (côte cassée et péroné fissuré) t’avait contrainte à finir péniblement dans la souffrance…

Sissi Cussot : Effectivement, et il m’a fallu encaisser cette course où durant la première partie tout allait au mieux : un départ prudent avec tous les voyants au vert, la sensation d’être au bon rythme tout en prenant la tête de course sur presque 80km… Et puis le reste : cette chute, violente, et le chrono qui devient secondaire car il ne s’agit plus que de finir. Marcher, piétiner, avec une fissure osseuse.

J’étais tombée après la Plaine des Merles, sur une portion de relance très caillouteuse. J’avais déjà une fracture – ça c’était fait – à la main, et je courais avec ! Mais vu que j’avais interdiction formelle de retomber dessus, non guérie, j’ai chuté vers l’avant de tout mon poids sans me retenir avec les mains… Donc tout a pris, hanche, coudes, côte brisée. C’est la seule chose qui me fait peur sur la Diag’ : tomber. Ma spécialité, soit-dit en passant !

Un ultra comme le Grand Raid, c’est une aventure hors norme ?

SC : Oui, tous ceux qui courent ici le savent ! Pour cette édition 2022, je me suis préparée consciencieusement. J’étais au départ avec beaucoup d’envie, surtout avec le plateau qu’il y avait cette année. J’étais d’ailleurs assez lucide sur mes chances : je ne pourrai jamais challenger Courtney Dauwalter ou Anne-Lise Rousset. Je n’ai jamais cherché à me comparer aux autres. En ultra, tu cours avec toi-même et parfois tu sors même du classement.

Sur le Grand Raid, un paramètre est important : les écarts de température. Et il faut gérer sa course… Ne pas partir trop vite car les 30 premiers kilomètres sont euphorisants, mais sans s’endormir car ça peut bouchonner rapidement… Il faut aussi bien gérer la nuit en surveillant ses appuis. Il y a des parties techniques : la descente du Bloc by night, c’est chaud. Une fois que le jour se lève, il faut tout avoir fait en amont pour être capable de savourer, sans s’être brûlé les ailes. C’est la plus belle partie. En haut de Dos d’Âne, il y a encore de la route jusqu’au finish, donc il faut garder de la lucidité.

Photo Instagram Sissi Cussot - DR
Dossard 1584, le sésame pour la Diag’ 2022. Photo Instagram Sissi Cussot – DR

Ton Grand Raid 2022 a connu moins de mésaventures qu’en 2021 ?

SC : Ce Grand Raid est une course tellement à part, si exigeante, mais riche de tant de rencontres, de variations de climat, de différences de terrain, avec du très raide en montée ou en descente… Tout cela fait la difficulté de l’épreuve et lui donne son caractère unique. Et pourtant ça court, c’est loin d’être une longue randonnée active ! L’effet « pas de bâtons » (NDLR : interdit par le règlement) est aussi une difficulté supplémentaire. Si sur l’UTMB, c’est rare d’utiliser les mains, ici elles sont indispensables pour s’accrocher aux arbres !

Je suis partie exactement sur les mêmes temps de passage qu’en 2021. Après Domaine Vidot, au bout de 15km, le parcours ayant changé, je n’avais plus de repères, mais j’avais des sensations identiques. Le début de course est euphorisant. Tu vas vite : j’ai couru mes deux premiers kilomètres en 4mn06s… Puis dès que tu t’éloignes de cette euphorie du départ, tu te mets dans ton monde intérieur. Je n’ai pas eu l’impression d’être en sur-régime. Je savais que devant il y avait des avions, et qu’il m’était impossible de jouer un podium. Dans la nuit, j’ai été hyper concentrée parce que je ne voulais surtout pas tomber. A contrario de beaucoup d’hommes, je n’ai pas eu froid, un signe que je devais être en forme ! J’avais vraiment préparé cette portion nocturne.

Photo Instagram Sissi Cussot Arrivée Diag - DR
Sissi Cussot à l’arrivée de la Diagonale des Fous 2022. Malgré la fatigue, le sourire, toujours. Photo Instagram Sissi Cussot – DR

Tu fais des reconnaissances spécifiques pour le Grand Raid de La Réunion ?

SC : Oui. Par exemple, une semaine avant le départ, j’ai reconnu le sentier entre Domaine Vidot et Nez de Bœuf. Ainsi, je savais exactement où j’en étais, et où je devais faire très attention. Durant la nuit, j’étais dans ma bulle ! Surtout qu’on a eu vraiment très mauvais temps… Quand le jour s’est levé, c’était le soulagement pour tout le monde ! Après, c’est la nouveauté de la descente par Kerveguen vers Cilaos qui est très difficile ! A Cilaos, tu fais le point, c’est un moment intéressant, c’est là où on se change complètement. Les vêtements et les idées ! Puis tu repars, et tu sais que tu vas rentrer dans Mafate…

J’ai mes repères dans Mafate. Cet endroit me ressource beaucoup, c’est calme, beau vertigineux… C’est énormément de plaisir pour moi dans ce cirque. Je l’ai traversé sans difficulté, même s’il pleuvait… Musculairement, tu arrives dans les 100 km et tu commences à taper dans les cailloux, les chevilles tournent plus souvent. À la Plaine des Merles, l’endroit où j’ai chuté en 2021, j’ai été très attentive et finalement très soulagée de passer sans encombre majeur. Bien sûr, j’ai chuté ici ou là, on ne peut pas faire la Diag’ sans tomber ! Rien de grave en tout cas.

Ravito Diag 2022 - Photo Instagram Sissi Cussot - DR
Sur un ravito lors de la Diag’ 2022. Photo Instagram Sissi Cussot – DR

Après avoir couru deux éditions successives de ce Grand Raid de La Réunion, te reverra-t-on au départ en 2023 ?

SC : Sur cette édition 2022, j’ai dû gérer une douleur au tendon d’Achille que je traîne depuis deux ans… Sur certains appuis, je souffre. J’ai une pathologie nommée « contrainte du carrefour postérieur » qu’il me faut soigner ! Cela m’a pollué le cerveau.

Je veux revenir une troisième fois pour exprimer mon potentiel et courir sans gêne, et en espérant avoir une météo favorable. Et puis la Diag’ est dans mon Top 3 des spots de trail que j’affectionne particulièrement, avec le Madère Ultra Trail, et le GR20… J’aime les îles et les montagnes, et ces trois lieux marient harmonieusement la mer et les reliefs escarpés. Pourtant, je ne suis pas une montagnarde, ni une insulaire. Je suis née en ville, mes parents habitent Le Mans, dans la Sarthe… Récemment, j’ai découvert le Maroc, et j’ai envie d’y courir.

Lire aussi notre article Sissi Cussot, l’interview Marathon des Sables à propos de son premier MDS, en avril 2022.

Sylvaine Cussot Photo Cimbaly-ABENKHELIFA MDS 2022
Sylvaine Cussot sur son premier Marathon des Sables, en avril 2022. Elle prendra une superbe 2e place féminine. Photo Cimbaly-ABENKHELIFA MDS 2022

Tu as choisi de partir vivre à la Réunion en 2019 !

SC : Le point de départ de tout, c’est ma séparation d’avec mon conjoint. Un bouleversement total, avec beaucoup de changements dans ma vie. J’avais un besoin vital de m’éloigner de tout cela et de me reconstruire. Partir loin, c’était nécessaire. J’étais un peu perdue… Quand tu vis avec quelqu’un pendant 10 ans dans un endroit et que tu t’en vas, tu coupes les racines qui te font tenir debout.

Un jour, par hasard, après avoir cherché vers Toulouse ou ailleurs, je suis tombée sur le web sur une annonce d’un appartement à la Réunion. Comme un signe. J’ai cliqué dessus, et la décision était prise. Au départ, ce n’était pas pour la Diag’ et le trail : c’était pour m’éloigner. Repartir de zéro, sur une île, très loin… À la base, j’étais partie avec mon sac à dos pour trois mois. Plus de maison, plus de chéri, je suis arrivée ici un tantinet désorientée. Et j’ai immédiatement accroché.

Peux-tu expliquer ce qui te plaît à La Réunion ?

SC : C’est très simple : ce sont les gens… Et en particulier leur art de vivre et leur bienveillance envers les autres ! Ici, si tu as un problème, tu as toujours quelqu’un qui te tend la main. Et puis, il y a ces couleurs, partout sur l’île. J’y puise une énergie folle, mais aussi paradoxalement un grand apaisement ! C’est fou, je suis là depuis deux ans déjà, et je viens d’investir dans un appartement ici. Même si je n’y reste pas toute ma vie, j’aurai un pied à terre à La Réunion. Un début de racine…

Le bémol, ce sont les allers-retours vers la métropole : mon job demeure en métropole et je n’y rentre jamais pour des vacances. Ce balancier entre la métropole et La Réunion n’est bon ni pour la planète, ni pour ma santé ou mes finances. L’idéal serait de faire 6 mois à la Réunion et 6 mois en métropole, et ainsi vivre toujours en période estivale. Les choses se mettront en place d’une façon ou d’une autre, je pense…

Réunion Sissi Cussot Photo Franck Oddoux
Sissi Cussot sur la plage de la Pointe au Sel. Photo Franck Oddoux

Tu es désormais une icône du trail féminin…

SC : Ce n’est pas à moi de le dire. Je constate qu’à ce jour, il y a peu de femmes qui font de l’ultra… Mais leur nombre augmente peu à peu, et le niveau augmente aussi. Ici, sur cette Diag’ 2022, les 5 premières filles sont classées dans le Top 100. Je constate, en parlant et en rencontrant beaucoup de femmes, qu’une majorité n’ose pas passer le cap de l’ultra. C’est d’ailleurs le message que je m’efforce de transmettre : arrêtez de vous mettre des barrières, et lancez- vous ! Venez essayer ! Si vous échouez, ce n’est pas grave !

Il faut de la volonté, de la ténacité pour suivre un entraînement adapté. Et dans ces domaines, les femmes sont au top ! Je leur dis aussi que pour prendre le départ de la Diag’, il faut des années de préparation. J’ai souvent constaté que les femmes sont plus réfléchies. Et sur le terrain, il y a moins d’abandons chez les femmes, qui ne lâchent rien, que chez les hommes !

Peut-on dire que ta marque de fabrique, c’est la joie de vivre et le sourire ?

SC : Pourquoi pas… C’est important pour être heureux que de sourire. Il faut ne pas s’enfermer dans ses soucis, s’isoler et ressasser le visage fermé. Si tu ne prends pas ton destin en mains, il ne se passera rien. La chance n’y est pour rien… C’est toi qui construis ton bonheur. Il faut sourire à la vie pour qu’elle te sourie. Quand tu te lèves le matin, tu sors, tu souris aux gens et ils te sourient en retour… Cela crée la base de ton petit bonheur du jour. J’ai à cœur d’essayer de positiver. Je suis née comme ça, c’est ma personnalité. Et j’essaye de m’entourer de gens qui me tirent vers le haut. C’est primordial de savoir s’entourer des bonnes personnes.

À propos d’entourage, tu es d’une grande fidélité à ton sponsor équipementier…

SC : Un partenariat solide, cela se construit effectivement dans la durée. Plus j’avance avec Asics, mieux c’est. C’est une vraie amitié. Et quand tu es bien avec quelqu’un, pourquoi changer ? Je n’ai aucune raison d’aller voir ailleurs, et je me considère même comme chanceuse que d’être toujours accompagnée par Asics. Ici je ne fais que 5ème, et j’ai conscience qu’il y a des filles plus fortes que moi. Mais peut-être que je porte d’autres valeurs ?

C’est un honneur qu’ils me reconduisent mon contrat chaque année. Je tiens à dire que je n’ai jamais ressenti de contrainte de la part de mes partenaires, tout en sachant que le jour où cela s’arrêtera, ma passion continuera. Je laisserai sereinement ma place à d’autres, et je continuerai à transmettre. Hier, une fille m’a dit : « Quand je n’ai pas envie d’aller courir, je regarde ton compte Instagram et cela me booste pour mettre mes baskets ! » C’est la plus belle chose que l’on puisse me dire !

Sissi Cussot : ses principaux résultats 2022

Source UTMB Index

Cette interview est parue dans le magazine Esprit Trail N°128.

Pour commander le magazine complet en version papier ou digitale, c’est ICI

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Si remplacer le sel perdu est un pilier de la nutrition sportive, son dosage dans les boissons d’effort n’est peut-être pas aussi crucial que vous le pensez. Et de nouvelles recherches publiées en 2022 suggèrent que plus n’est pas toujours mieux. Sel et boissons d’effort, voici une histoire qui ne manque pas de sel…

Gatorade, le sel du business

Au milieu des années 1960, un chercheur de l’Université de Floride nommé Robert Cade s’est rendu dans une banque et a emprunté 500 dollars pour acheter du sucre et du sel. La boisson maison qu’il avait conçue pour l’équipe de football américain de l’université locale, surnommée Gatorade, attirait l’attention de tous au point qu’il voulait en mélanger une grande quantité pour la vendre. Mais si le sucre fournissait une énergie cruciale aux joueurs lors du quatrième quart-temps, le sel, quant à lui, reste aujourd’hui encore sujet de discussion. En effet, 60 ans plus tard, les scientifiques et les athlètes débattent toujours du rôle que joue le sel des boissons d’effort dans les performances sportives.

Gatorade
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Compensations en sel : que dit la science ?

C’est la question qui se trouve en arrière-plan d’une nouvelle étude publiée en juin 2022 dans le European Journal of Sport Science par le chercheur en nutrition sportive Alan McCubbin, de l’Université Monash, en Australie. L’étude utilise un modèle mathématique pour déterminer exactement la quantité de sodium nécessaire pendant des exercices d’intensité et de durée variables. Plusieurs paramètres sont pris en compte dans les calculs, comme la quantité de sueur dégagée par une personne, la salinité de cette sueur, la quantité d’alcool qu’elle consomme et d’autres facteurs liés à son alimentation. Et dans la grande majorité des situations réelles, McCubbin conclut que nous n’avons pas à nous soucier de compenser les pertes en sel lors des séances de sport.

Pourtant, il ne fait aucun doute que le sodium, l’électrolyte clé du sel, a un rôle crucial dans le fonctionnement de l’organisme. Il aide les muscles à se contracter, participe à la transmission des signaux nerveux et maintient l’équilibre des niveaux de liquides internes. Il est également indiscutable que nous perdons du sodium par la sueur. Mais prendre du sel pendant l’exercice sportif pour compenser ces pertes est une autre affaire. Étudions ainsi les trois raisons principales pour lesquelles vous pourriez vouloir absorber du sel pendant un effort.

SEL ET BOISSONS D'EFFORT NA
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Sel et boissons d’effort : du sel contre les crampes ?

La raison la plus fréquemment citée de vouloir absorber du sel pendant l’effort est de conjurer les crampes musculaires. Mais les preuves scientifiques contredisent largement cette idée. Des études impliquant des coureurs et des triathlètes n’ont trouvé aucune différence significative dans les niveaux de sodium entre ceux qui ressentent des crampes pendant l’exercice et ceux qui n’en ressentent pas. Et abaisser délibérément ces niveaux semble n’avoir aucun effet dans un sens ou dans l’autre. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles nous avons des crampes, et le sodium peut être impliqué dans certaines d’entre elles. Mais en ce qui concerne les crampes liées à l’exercice, augmenter notre consommation de sel ne semble pas être la solution.

Sel et boissons d’effort : du sel pour éviter l’hyponatrémie ?

La deuxième raison pour laquelle nous pouvons être amenés à augmenter l’apport en sel pendant l’exercice est d’éviter l’hyponatrémie, llittéralement un faible taux de sodium dans le sang. En effet, cette situation est dangereuse, et peut parfois être mortelle. Sur le papier, boire quelque chose de salé semble être un bon moyen d’assurer des niveaux sains de sodium. Mais les boissons pour sportifs sont moins salées que le sang. Donc plus vous buvez, plus votre sang se dilue. Par conséquent, le principal facteur de risque d’hyponatrémie est en fait de consommer trop de liquides, que ce soit de l’eau ou des boissons pour sportifs, et non pas trop peu de sel. C’est pourquoi les directives actuelles conseillent de boire quand on a soif plutôt que de suivre un plan d’hydratation agressif.

Sel et boissons d’effort : du sel pour réguler les concentrations des fluides de l’organisme ?

La troisième raison pour laquelle nous pouvons être amenés à augmenter l’apport en sel pendant l’exercice est celle que McCubbin considère légitime : la régulation des concentrations de fluides. Le corps humain est rempli de fluides, que ce soit dans le sang, dans les cellules et dans les espaces entre les cellules. Votre corps surveille les niveaux de sodium pour décider comment répartir les réserves de liquide entre ces trois domaines. Et comme il est bien organisé, il a prévu un « tampon » lorsque vous commencez à vous entraîner et produire un effort. Ainsi, même si vous transpirez, les fluides peuvent se déplacer dans votre plasma sanguin pour maintenir la concentration de sodium aux endroits précis où c’est nécessaire.

Cependant, si une transpiration prolongée épuise trop les niveaux de sodium et que vous ne buvez que de l’eau, l’inverse se produit : le liquide se déplace hors de votre plasma pour empêcher les concentrations de chuter ailleurs, vous laissant avec un volume sanguin inférieur pour transporter l’oxygène vers les muscles et dissiper la chaleur. C’est, en théorie du moins, un vrai problème.

sel et boissons d'effort
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Sel et chute de la concentration sanguine, la vraie question

La question pertinente n’est donc pas la quantité de sodium dont vous avez besoin pour remplacer ce qui est perdu par la transpiration. C’est plutôt la quantité de sodium dont vous avez besoin pour empêcher votre concentration sanguine de chuter, en tenant compte du fait que votre corps est susceptible de déplacer du liquide de l’intérieur de votre organisme en cas de manque. Vous l’aurez compris : fondamentalement, la réponse ne dépend pas seulement de la quantité de sodium que vous perdez par la transpiration. Cela dépend aussi de la quantité de liquide que vous absorbez. Et de sa teneur en sel…

« Il y a une grande différence entre perdre quatre litres de sueur salée dans un marathon et en remplacer deux par de l’eau ordinaire, et perdre 20 litres dans un 100 miles et les remplacer par 18 litres d’eau ordinaire », explique McCubbin. Pourtant, dans les deux cas, vous avez perdu la même quantité de liquide : deux litres. Soit environ deux kilos de poids corporel. Mais c’est le chiffre brut qui compte. Dans le cas de l’ultra, vous avez transpiré 20 litres, donc beaucoup plus de sodium. Vous êtes donc plus susceptible de dépasser la capacité de votre corps à compenser la perte. Voyons ce que dit l’étude de McCubbin

Lire aussi notre article Boissons d’effort: lesquelles choisir (et éviter) !

Perte de sel : un problème pour l’ultra-endurance

Pour son étude, McCubbin a utilisé des algorithmes développés par des spécialistes des reins pour calculer la concentration de sodium dans le sang. Pour les marathoniens, il a conclu que faire un effort délibéré pour remplacer le sodium au-delà de ce que dictent les préférences gustatives est « inutile dans tous les scénarios réalistes ». En gros : salez votre alimentation à votre goût et ne faites rien de plus ! En revanche, dans les ultras de 100 miles et plus, où une durée d’effort plus longue entraîne une perte de sel beaucoup plus importante, la conclusion est plus nuancée.

Pour les coureurs dont la sueur est plus salée que la moyenne, même si ils boivent suffisamment pour limiter les pertes de liquide à 2 % de leur poids de départ, il est avéré que boire de l’eau seule, non enrichie, entraînera un déficit de sodium. Et encore faut-il tenir compte du fait que ces ultras sont si éprouvants que les coureurs perdent également du poids avec les réserves de glucides et de graisses qu’ils brûlent, de sorte qu’ils peuvent être de 3 à 5% plus légers sur la balance au moment où leurs pertes de liquide atteignent la fameuse limite des 2%. Alors, que faire ?

Sel et boissons d'effort © Kayvan Mazhar
Lors de courses d’ultra-endurance dans le désert, où la transpiration est importante, les pertes de sel peuvent être un problème. Photo Kayvan Mazhar

Teneur en sel : compenser ou ne pas compenser ?

La teneur en sodium de votre sueur peut être grossièrement déduite de la quantité de sel séché laissé sur vos vêtements et votre peau après une séance d’entraînement. Mais difficile de l’évaluer concrètement. Scientifiquement, elle peut être déterminée avec une plus grande précision grâce à des tests proposés par des sociétés spécialisées. Mais même si votre tee-shirt ressemble à un bloc salé après chaque sortie longue, vouloir compenser les pertes avec des comprimés de sodium est risqué. En effet, une consommation excessive de sel peut vous donner plus soif, donc augmenter les chances que vous buviez trop. Et, paradoxalement, peut-être même vous exposer à un risque d’hyponatrémie.

Pour Martin Hoffman, chercheur spécialisé dans les efforts d’ultra-endurance à l’Université de Californie, la réponse est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Voire même simpliste : au lieu de vouloir compenser les pertes de sodium par des comprimés ou des boissons d’effort enrichies en sel, il recommande de prendre du sel avec de la nourriture en fonction… de vos envies. Inutile, selon lui, de suivre un régime de consommation de sel prédéterminé.

Si Hoffman reconnaît l’intérêt des calculs de McCubbin, il estime que les besoins de compenser le sodium perdu sur un 100 miles peuvent être encore plus faibles que ne le suggèrent l’étude australienne. En effet, le chercheur américain affirme qu’il existe des preuves que le corps contient du sodium supplémentaire, un peu comme un « stock de réserve », qui est libéré dans la circulation lors d’une transpiration prolongée. Une théorie de l’adaptation séduisante, mais qui est controversée parmi les scientifiques.

Sel et boissons d’effort : la conclusion des chercheurs

Si leurs avis divergent quelque peu, Hoffman et McCubbin conviennent l’un comme l’autre qu’il existe une petite minorité de personnes avec une sueur inhabituellement salée qui pourrait rencontrer des problèmes lors d’un événement de plusieurs heures comme un ultra. Pour ces personnes, les deux chercheurs recommandent d’avoir recours à des tests de sudation, pour déterminer exactement la quantité de sel qu’ils perdent lors d’un effort prolongé. En connaissant ces valeurs avec précision, ils pourraient a minima bénéficier d’un plan spécifique pour réapprovisionner le sodium perdu par le biais d’aliments, de boissons pour sportifs et peut-être même de comprimés de sel.

Mais pour le reste d’entre nous, les conseils de McCubbin comme ceux d’Hoffman reflètent l’évolution de la réflexion sur l’hydratation au cours des dernières décennies, qui est passée du « Buvez pour remplacer ce que vous perdez » au plus subjectif « Buvez quand vous avez soif ». Dans cette même logique, en ce qui concerne le sel, la nouvelle règle serait donc la suivante : « Assaisonnez selon votre goût ! »

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