Hormis pour l’élite, la moyenne horaire des finishers d’un ultra-trail tourne aux alentours de 5 ou 6 km/h, surpassant de peu l’allure d’un bon marcheur rapide. Surtout au fil des kilomètres. S’entraîner à la marche active devient donc primordial.

En ultra-trail, la marche n’est pas un échec, mais une spécificité

Sur l’UTMB, les finishers autour des 40 heures ont réalisé environ 60 à 70% du parcours en marchant, et affichent une vitesse moyenne de 4,25 km/h. En début d’épreuve, la marche se limite aux portions à plus de 7 à 8% de pente, mais au fil des kilomètres et après une nuit sans sommeil, beaucoup ont du mal à repartir en courant après une longue montée, et ce même sur le plat. L’important, pour que votre allure ne se dégrade pas trop et pour arriver au bout dans les délais impartis, est alos de trouver le bon tempo dès le début. Si vous venez de la course sur route, il faut vraiment vous adapter et prendre la marche, non pas comme un échec, mais comme une spécificité de la discipline.

Dans cette démarche-là, vous devez l’intégrer dans votre entraînement en vous forçant à marcher dans les côtes. Dans les parties raides, si vous n’avez pas de bâtons, vous apprendrez à appuyer avec vos mains sur vos cuisses pour gagner en efficacité. Certains pensent qu’il vaut mieux courir le plus possible à l’entraînement, en se référant à l’adage de « qui peut le plus peut le moins ». Si cela peut être vrai pour les meilleurs, surtout s’ils pratiquent le ski de fond ou de randonnée en hiver, la marche reste un geste très spécifique qui sollicite les muscles de façon différente, et il vaut mieux s’y préparer spécifiquement. Cela vous permettra de plus, d’apprendre à bien utiliser les bâtons.

UTMB 2013
Xavier Thévenard en mode marche active lors de l’UTMB 2013, qu’il remportera. Photo DR

Intégrez la marche active dans votre plan d’entraînement

Pour des ultras type UTMB qui totalisent près de 10 000 mètres de dénivelé, il faut donc vous préparer à marcher. Pour cela, vous ferez de longues rando-courses, où vous adopterez la marche rapide en montée et trottinerez sur les portions plates et les descentes. Elles vous permettront de faire de très longues sorties car elles diminuent nettement l’effort cardiaque, ainsi que les traumatismes musculaires et tendineux. Dernier avantage, et pas des moindres, elles vous offriront la possibilité de découvrir de nouveaux itinéraires, cassant ainsi la monotonie de la course à pied.

Durant toutes ces rando-courses, il faut vous habituer à boire et manger régulièrement, comme vous le ferez lors de votre ultra-trail. Ce sera d’autant moins difficile que le rythme sera moins rapide que sur une sortie longue effectuée en courant de bout en bout. Au cours de ces entraînements très longs, soyez persévérant et exigeant. Mais restez tout de même à l’écoute de votre corps et de vos envies, afin de garder votre motivation intacte et de réduire le risque de blessure.

Faites des séances spécifiques axées marche

Parallèlement, n’ayez pas peur de prévoir des séances axées uniquement sur la marche. Cela peut par exemple être 1h30 à 2h de marche nordique très active. Vous en profiterez pour apprendre à vous servir efficacement de vos bâtons. Quelques cours peuvent d’ailleurs vous être profitables pour bien maîtriser la technique. Lorsque vous avez à disposition le relief qui s’y prête, cela peut aussi prendre la forme d’une séance de marche très rapide en côte avec des bâtons, la descente se faisant en mode récup. Ou encore d’une longue rando en montagne à bon rythme.

Lire aussi cet article pratique Bâtons de trail : êtes-vous sûr de bien les utiliser ?

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Anne-Lise Rousset et Courtney Dauwalter en marche active lors de la Hardrock 100 2023 remportée par l’Américaine devant la Française. Extrait du film Kisses from Silverton

Recherchez toujours le meilleur compromis entre vitesse et dépense énergétique

Quelque soit le profil du terrain, le coût énergétique de la marche est bien inférieur à celui de la course, puisqu’on ne décolle pas du sol. Par contre, sur le plat, ainsi qu’en montée et en descente peu pentues, on avance beaucoup moins vite en marchant qu’en courant. Quand la pente s’élève, la différence de coût énergétique reste présente, et en plus la différence de vitesse horaire entre marche et course se réduit très fortement. Jusqu’à devenir nulle à partir de 18% d’inclinaison.

En ultra, pas de discussion possible : si vous êtes au cœur du peloton, vous avez tout intérêt à marcher dès que ça monte. Et ce dès le début de l’épreuve, même si vous êtes plein d’énergie. Attention cependant, pour espérer passer les barrières horaires, il ne s’agit pas non plus de vous mettre en mode rando tranquille. Le pas doit toujours rester très actif. Si vous les utilisez correctement, les bâtons vous y aideront beaucoup. Les rando-courses vous auront entraîné à ce type de déplacement et aux enchaînements pas toujours évidents entre marche et reprise de course.

Sur le même thème, lire Bâtons de trail et économie musculaire : une nouvelle étude étonnante

UTMB Photo Pascal Tournaire
Katie Schide lors de l’UTMB 2022. Photo Pascal Tournaire

Ultra-trail et marche active : ménagez vos muscles

En marchant en montée, vous ne sollicitez pas vos muscles et tendons de la même façon qu’en courant. Ce sont alors surtout vos mollets qui travaillent. Avec un gros avantage si vous possédez une grande amplitude de flexion du pied par rapport au tibia, et une grande souplesse du tendon d’Achille, permettant un bon renvoi d’énergie grâce à la déformation élastique de ce tendon indispensable à la propulsion. Lorsque la pente s’adoucit et que vous vous remettez à courir, le travail prédominant va alors être fourni par vos quadriceps. Reprenez la course en trottinant tranquillement, sans chercher à relancer.

En ultra, votre but doit toujours d’être de vous économiser le plus possible, en évitant toute débauche d’énergie. Alterner les deux modes de déplacement vous permettra de ménager alternativement vos mollets et vos cuisses. Les bâtons sont plus faciles à utiliser efficacement en marchant qu’en courant. Et outre la meilleure répartition de l’effort sur tout le corps, ils aident à conserver une cadence régulière et soutenue. En règle générale, dès que vous avez l’impression de faire un peu trop de surplace en trottinant, alternez marche et course. Et quand la reprise de la course devient très dure après une période de marche, ne vous obstinez pas : marchez !

Aurélien Dunand-Pallaz Photo Simon Dugué : Scarpa
Aurélien Dunand-Pallaz. Photo Simon Dugué / Scarpa

Ultra-trail et marche active : 5 choses à retenir

1. Le coût énergétique de la marche est bien inférieur à celui de la course, puisqu’on ne décolle pas du sol.
2. En marchant, on a le cœur qui monte moins haut et on peut mieux s’aider de ses bâtons.
3. Dès le début d’un ultra, considérez la marche en côte comme une stratégie où vous la choisissez sur certaines portions où vous pourriez courir sans problème.
4. Pour espérer passer les barrières horaires, il ne s’agit pas de vous mettre en mode rando tranquille: le pas doit être très actif.
5. Préparez-vous en intégrant la marche rapide dans vos entraînements : rando-courses, séances de marche rapide en montée, marche nordique et/ou randonnée active en montagne ou terrain très vallonné.

Cet article est extrait du magazine Esprit Trail Hors Série Spécial 20 ans de l’UTMB.

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250 ou 300 mètres de D+ sur un kilomètre peuvent mettre à mal le coureur le plus aguerri. Surtout lorsque ces pentes abruptes se profilent en fin de parcours, avec des dizaines de kilomètres dans les jambes. En trail, pour bien passer les montées, se concentrer sur le fait d’être positif, calme et déterminé peut alors vous aider à atteindre le sommet.

Grand Trail des Templiers : la punition du Pouncho D’Agast

À ma montre, je suis au kilomètre 76 du Grand Trail des Templiers 2022, sur un sentier en balcon. Au loin, j’aperçois le viaduc de Millau, et juste devant, la ville qui m’attend. Si mon kilométrage est bon, il ne me reste que 4 ou 5 kilomètres pour rallier l’arrivée, enfin. La journée a été longue, avec d’énormes ampoules formées dès le 20ème kilomètre. Une erreur de débutant : des chaussettes neuves ! Jim Walmsley a fini depuis longtemps, après un joli mano a mano avec Sébastien Spehler. Soudain, au milieu du chemin, un bénévole apparaît. Et malheureusement, ce n’est pas pour plonger dans la vallée qu’il m’incite à quitter le sentier principal, mais pour enquiller une montée affolante. « Plus que 300m à grimper et ça descend », m’encourage-t-il, sympa…

Sauf que ce ne sont pas 300 mètres de sentier, mais 300m de D+. La fin de la montée du Pounch d’Agast, un morceau de bravoure de 481m de D+ sur lequel les amateurs de PR Strava adorent s’affronter. Le coup de massue absolu. J’y mets les mains, je m’arrache, les crampes déboulent de partout, mes cuisses sont en feu. Je m’assieds, je fulmine, je repars, je me traîne sur près de 2 kilomètres pour atteindre le sommet de cette corniche maudite, criant vers le ciel des « Pourquoi tant de haine ? » à l’attention des organisateurs sadiques ayant eu l’idée diabolique d’intégrer une telle punition dans le tracé, à moins de 5 kilomètres de l’arrivée. Le chrono tourne, on me dépasse de partout, je suis au bord du naufrage. Plus jamais ça !

Pouncho D'Agast Photo Templiers
Montée du Pouncho D’Agast, final du Grand Trail des Templiers. Photo Organisation Templiers / DR

L’acceptation est la première étape

Il n’y a rien de pire que les montées abruptes dans le trail. Ces sentiers de chèvres où non seulement courir est exclu, mais où même monter sans les mains est difficile. Si certains coureurs sont capables de ressentir des frissons semi-masochistes et de se réjouir de cumuler autant d’acide lactique dans une montée raide, la plupart des coureurs sont pris d’une irrépressible envie de vomir à la simple vue d’une ascension en forme de muraille. Mais dans les 2 cas, une chose fait l’unanimité : rien ne vaut la satisfaction intense de parvenir au sommet.

Une autre chose fait l’unanimité : ça fait mal aux jambes. Et pas que. Une montée raide est un type particulier de torture qui met les coureurs à rude épreuve à la fois physiquement et mentalement. Plus vos quadriceps brûlent, plus votre cerveau se bat contre le défi. Et la décision de continuer à avancer dans la douleur, en résistant à l’envie de s’asseoir et de pleurer, demande autant de force que le fait même de pousser sur vos jambes. Pourtant, que vous le vouliez ou non, les organisateurs de trails en montagne continueront à tracer des parcours incluant de telles pentes. L’accepter est la première étape. À partir de là, suivez ces quelques conseils et vous verrez, lors de votre prochaine ascension, que vous parviendrez à grimper beaucoup plus facilement.

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KV Marathon du Mont-Blanc. Photo Florent Schneider

Le bonheur est dans la segmentation

Qu’on se le dise, il n’y a aucun moyen de faire oublier à vos jambes le fait que vous êtes au milieu d’une ascension épuisante. Si vous asseoir et attendre que le temps passe en regardant les nuages (et en vous faisant doubler par tout un tas de concurrents) peut vous aider à soulager la pression et à reposer un peu vos jambes, cela ne changera rien au fait qu’il faudra finir la montée. Alors autant trouver des parades pour tromper votre cerveau.

Notre premier conseil sera de ne pas vous lancer dans un trail à l’aveugle. Étudiez attentivement le tracé à l’avance, afin de savoir exactement dans quoi vous vous engagez, qu’il s’agisse de la distance totale au profil précis du parcours selon le kilométrage. À partir de là, ne considérez pas le tout (ça fait trop peur) mais décomposez chaque montée en segment que vous vous sentez capable de gérer. Et, une fois en course, ne pensez qu’à un seul segment à la fois, sans vous focaliser sur les prochaines montées ou le dénivelé restant.

Si vous démarrez un UTMB en vous disant qu’il faut gravir l’Everest en partant du niveau de la mer et qu’une fois en haut du toit du monde, vous aurez encore 1200m de D+ à avaler, vous êtes à peu près sûr d’abandonner au premier coup de mou. Pensez donc d’abord à passer le col de la Voza avant de vous concentrer sur celui du Bonhomme, sans penser au Grand Col Ferret ou à la Tête aux Vents. Chaque chose en son temps !

Focalisation et concentration

La « segmentation » est un bon moyen de garder le moral et de tenir le découragement à distance. En étant concentré sur un objectif unique et proche que vous savez pouvoir atteindre (car vous êtes tout à fait capable de grimper 500 ou 600m D+!), vous mettez des « œillères » à votre cerveau et l’empêchez de vous plomber avec une vision plus large qui pourrait vous décourager. Vous pouvez même focaliser votre attention sur quelque chose de petit et de concret, qui se trouve dans votre champ de vision direct, idéalement juste sous vos pieds.

Par exemple les textures rocheuses, les colonies de fourmis en plein travail, ou même vos propres chaussures, peuvent constituer d’excellents points focaux. Posez-vous des questions sur l’origine des roches en question, imaginez l’ambiance dans la fourmilière, retrouvez dans votre mémoire le jour où vous avez acheté vos chaussures et fait votre première sortie avec. Où était-ce ? Combien de kilomètres ? Vos sensations ? Bref, occupez votre esprit. Le but est ici de bloquer la « vue d’ensemble », celle qui fait peur. Ne vous inquiétez pas du chemin qu’il vous reste à parcourir, contentez-vous de survivre à chaque étape.

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Une des montées de la Franco-Suisse. Photo UTMJ / Ben Becker

Travaillez votre capacité de concentration

Rester concentré des dizaines de minutes consécutives dans une montée bien raide n’est pas une chose facile. De plus, il ne s’agit pas non plus de garder la tête baissée sans profiter du paysage. Il est important de lever les yeux de temps en temps pour admirer la vue et se réjouir le chemin parcouru. Mais faites-le de façon parcimonieuse, et en mode « je regarde une carte postale », sans chercher à distinguer le haut de la montée, où à apercevoir des silhouettes de coureurs qui vous renverront forcément à tout le dénivelé qu’il vous reste à grimper pour arriver là où ils sont. Soyez conscient que chaque fois que vous interromprez votre concentration avec ce genre de considération, c’est comme si vous ouvriez une fissure dans un barrage, fissure par laquelle le découragement va très vite s’infiltrer.

Entraînez-vous à aiguiser vos capacités de concentration en dehors de la course pour que la tentation ne prenne pas le dessus le jour où cela comptera. Prenez pour cela 5 ou 10 minutes par jour pour travailler votre concentration en étudiant un objet avec l’intention d’en capturer toutes ses subtilités. Fermez les yeux ou éloignez-vous de l’objet après cette période d’observation, et essayez de recréer un maximum de détails dans votre esprit. Revenez ensuite à l’objet en question, et notez ce que vous avez manqué. Répétez l’opération à 3 reprises. Plus vous vous rapprochez de la précision absolue, plus vous serez en mesure, un jour de course, de saisir tous les petits détails de votre environnement immédiat. Et moins vous serez tenté par l’envie de considérer la « vue d’ensemble ».

Montée Photo Esprit Trail
Concentrez-vous sur les chaussures de celui qui vous précède. Photo Esprit Trail

Soyez votre propre booster

La façon dont vous vous parlez est importante. Personne ne peut entendre la petite voix dans votre tête, mais ce n’est pas une excuse pour être un tyran. Ni pour laisser le Diable prendre le dessus et démolir votre moral. Au lieu de cela, intéressez-vous à ce que l’on appelle le « discours intérieur de motivation ». Certains choisissent par exemple différents mantras pour chaque segment de course, qui correspondent plus ou moins au niveau d’effort qu’ils auront à fournir pour passer à l’étape suivante.

Ainsi, lors d’une première montée au début d’un trail, lorsqu’il est important de ne pas s’emballer et d’économiser des forces pour la suite, ils opteront pour des phrases du type « Facile, léger et fluide » ou « Tranquille, zen, tout en gestion » pour rester mesurés. Plus tard dans la course, ils passeront à des mantras plus agressifs du type « Allez ! » ou « Go go go ! » qui les pousseront vers la ligne d’arrivée. Plus l’effort est élevé, plus la phrase est simple.

Un discours intérieur motivant aide non seulement à contrôler la progression de l’effort, mais il vous rappelle également constamment que vous avez quelqu’un de spécial qui vous accompagne : vous-même. Or il n’y a pas de meilleur allié que votre propre cerveau. Et comme il est toujours disponible, peu importe où vous en êtes dans la course ou avec qui vous êtes, le dialogue intérieur est le moyen le plus fiable d’étouffer tout autre bruit qui pourrait menacer votre sérénité et votre détermination.

Gardez votre calme

Bien que cela puisse sembler contre-intuitif, visez la fraîcheur et la sérénité dans la montée plutôt que l’effort et la dépense d’énergie. En gros, il s’agit de minimiser le « niveau d’effort perçu » (RPE). Tout d’abord, en vous persuadant que cette pente n’est aussi dure qu’elle en a l’air, et en entamant la montée tranquillement. Si vous faites déjà beaucoup d’efforts pour vous attaquer aux premiers mètres, le stress ne fera qu’augmenter votre fréquence cardiaque. Donc votre fatigue. Et plomber votre moral. Gardez votre RPE global sous contrôle en équilibrant la sollicitation physique avec l’équilibre mental.

Une des techniques les plus utilisées consiste à se dissocier, ou se déconnecter intentionnellement des sensations présentes. C’est un moyen efficace de se détacher de l’inconfort. Par exemple, comptez vos pas, adaptez votre respiration à votre foulée ou créez un rythme dans votre tête. Des techniques dissociatives comme celles-ci donnent au cerveau quelque chose de simple à cibler. Ils ramènent votre esprit sur terre et à l’essentiel : pied gauche, pied droit, inspirez, expirez, pied gauche, pied droit, inspirez, expirez…

Cela peut paraître simpliste, mais au fond, c’est tout ce dont vous avez vraiment besoin pour gravir n’importe quelle pente. Inutile alors de compliquer les choses. Et rappelez-vous : vous êtes en contrôle ! Ne laissez pas de place au doute. Des questions du genre « Qu’est-ce que je fais là ? » ou « Pourquoi je fais ça ? » n’ont pas leur place ici. Accepter la responsabilité et s’approprier votre décision de courir vous permettra de maintenir le cap. Ce que vous faites est difficile, mais vous l’avez choisi. Rappelez-vous cela dans chaque difficulté.

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Dans la montée de La Flégère, lors du Marathon du Mont-Blanc 2023. Photo Esprit Trail

Connaissez votre « pourquoi »

Une technique utilisée par certains athlètes de haut niveau est la suivante : lorsqu’ils se préparent à courir une épreuve, ils se disent « Qu’est-ce que je veux ressentir à l’arrivée ? Épuisement ou regret ? » La réponse à cette question (qui, à tous les coups, est « épuisement ») leur donne un but. Aucun champion ne croit qu’il fait quoi que ce soit d’héroïque en finissant une course. Ils ne sauvent pas des vies, ils ne changent pas le monde, ils font juste ce qu’ils aiment, ce pour quoi ils s’entraînent. Ils ont identifié leurs capacités et les utilisent du mieux qu’ils peuvent pour performer.

Peu importe votre objectif personnel, il faut juste que vous en ayez un. Produire un effort sans qu’il y ait une intention derrière produit au mieux un résultat sans enthousiasme. Sans une forte source de motivation, vous ne faites qu’avancer sans raison valable. Et rien n’empêche alors votre cerveau ou votre corps de succomber à la souffrance.

L’objectif, en revanche, donne aux coureurs quelque chose pour quoi se battre. Il engendre la détermination. Qu’il s’agisse de l’expression de fierté que vous lirez sur le visage de votre enfant ou votre entourage lorsque vous franchirez la ligne d’arrivée ou le sentiment vital d’avoir gagné une bataille lorsque vous aurez votre médaille de finisher autour du coup après avoir surmonté un cycle de blessures, courir au nom de quelque chose de significatif est la clé pour invoquer l’énergie dont vous aurez besoin pour y parvenir. Le vrai sommet à atteindre n’est pas le col que vous êtes en train de monter, c’est l’objectif que vous vous êtes fixé. Votre « pourquoi ».

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Courtney Dauwalter, modèle de concentration et de détermination. Ici dans la Western States Endurance RUN 2023. Photo DR
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La gestion d’un ultra-trail implique de prendre en considération un certain nombre de paramètres que l’on ne peut guère tester avant le jour J. Parmi eux, le sommeil. S’engager sur une épreuve qui va durer pour certains plus de 40h d’effort en continu impliquera une dette de sommeil très sévère. Quel est alors l’effet de cette privation de sommeil sur la performance de l’ultra-traileur ? Comment bien l’appréhender ? Éléments de réponses avec Guillaume Millet, Professeur de Physiologie de l’Exercice à l’Université de Saint-Etienne et spécialiste de l’effet de la fatigue dans les sports d’endurance.

Le sommeil, à quoi ça sert ?

Selon la définition de l’Inserm, le sommeil correspond à une « baisse de l’état de conscience qui sépare deux périodes d’éveil. Il est caractérisé par une perte de la vigilance, une diminution du tonus musculaire et une conservation partielle de la perception sensitive. » Essentiel à notre santé, le sommeil possède de multiples vertus. « Cela permet de renforcer notre système immunitaire, de récupérer musculairement, notamment grâce à la première partie de la nuit. Le sommeil sert aussi à “nettoyer le cerveau” », explique Guillaume Millet, Professeur en Physiologie et expert du sujet.

Ultra-trail, privation de sommeil et perception de l’effort

Forcément, la privation de sommeil, largement étudiée depuis plusieurs dizaine d’années, ne sera pas sans conséquence. Elle provoque une fatigue plus ou moins conséquente selon chaque individu. Cet état de fatigue engendre des troubles cognitifs bien connus : irritabilité, perte de réflexe, capacité cognitive réduite, etc. Mais qu’en est-il au niveau de la performance ? « On sait que l’effet d’une dette de sommeil n’est pas le même pour un effort court et intense par rapport à un effort d’endurance, rappelle d’emblée Guillaume Millet. Si on mesure la VO2Max ou la force maximale, l’effet est minime. Après une nuit blanche, je serai capable de courir un 100m ou de faire un squat avec la même force. En revanche, la performance se détériora à partir d’un effort répété », souligne le Professeur.

La conséquence d’une dette de sommeil a un impact avant tout sur la perception de l’effort. La privation de sommeil va engendrer une fatigue qui peut se définir par le fait « de percevoir une tâche plus difficile qu’elle ne l’est. On a alors l’impression que tout est plus pénible. » Cette perception se cumule à l’effort en lui-même, ce qui aura fatalement pour conséquence d’amener le coureur à ralentir, « alors même que, physiologiquement, il pourrait être capable d’aller aussi vite, voire plus vite ».

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La privation de sommeil modifie la perception de l’effort, même si celui-ci n’est pas plus intense. Photo Scott Running / DR

Ultra-trail, privation de sommeil, hallucinations et état de veille

Au-delà de cette perte irrémédiable de performance, le manque de sommeil peut avoir des conséquences bien plus « insolites » ou « effrayantes » selon les individus. Mais surtout plus dangereuses. Les hallucinations et les pertes de repères peuvent ainsi parfois s’inviter sur une épreuve au long cours. Même si Guillaume Millet estime qu’elles ne peuvent rarement arriver au bout de seulement une nuit blanche. « Pour que ce soit le cas, il faudrait alors s’engager sur un ultra avec déjà un fort déficit en sommeil », considère-t-il.

Quoiqu’il en soit, les hallucinations sont bien réelles, même si personne ne les comprend vraiment. « Ce que l’on sait, c’est que le sommeil permet de ‘’nettoyer’’ le cerveau. Or la privation de sommeil fait que l’on continue à accumuler des substances comme l’adénosine. » Ces hallucinations sont diverses et variées et dépendent de chacun. Elles peuvent être visuelles, comme ce fameux rocher qui prend soudainement les apparences d’une personne réelle, ou bien sonores, quand on a l’impression d’entendre des voix.

Hallucinations : l’expérience de Guillaume Millet

D’autres phénomènes peuvent apparaître, comme l’a lui-même expérimenté Guillaume Millet. « En 2010, lorsque je participe à la première édition du Tor des Géants (330km/24000m D+ qu’il bouclera à la troisième place en 87h), j’ai connu la sensation de ne plus savoir si je courrais ou si je rêvais. Cela a duré entre 30min et 1h, il y avait un vrai décalage entre ce que je ressentais et ce que je vivais. Certains ont rapporté des faits où un coureur dormait sur l’épaule d’un coéquipier tout en marchant. On peut en tout cas être dans un état de semi-veille, cet état dans lequel nous sommes en début de nuit, quand on s’endort, où l’on est ni réveillé, ni endormi… »

Hallucination ou pas, une chose est certaine selon Guillaume Millet : la fatigue diminue le niveau de vigilance. Les réflexes sont moins bons et l’on a tendance à moins prendre conscience du risque. Donc a en prendre davantage. Pas forcément rassurant quand un traileur se retrouve seul en pleine nuit sur un sentier escarpé en pleine montagne…

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Les hallucinations lors d’ultras sont fréquentes, même si elles dépendent de chaque individu. Illustration DR

Ultra-trail et sommeil : pas tous égaux face à l’envie de dormir

Autre problématique largement étudiée par la science : la disparité des athlètes face à cette privation de sommeil. Ce que l’on appelle le trotype. « C’est le fait que certains personnes sont plus ou moins résistantes face à la privation de sommeil, éclaire le chercheur. Si cette capacité à mieux résister à ce manque de sommeil ne sera pas la qualité prioritaire d’un ultra-traileur, elle peut en revanche éviter de vous faire abandonner. Un peu comme pour l’alimentation. Une personne capable d’avaler tout et n’importe quoi sans connaître de problèmes digestifs aura plus de chance d’aller au bout. »

Mais comment mieux résister à cette privation ? Est-ce une qualité innée, génétique ou liée à l’habitude, à une sorte d’entraînement ? La science n’a pas encore la réponse à cette question. En tout cas, Guillaume Millet l’assure : « S’habituer en amont d’une épreuve à ne pas dormir est une erreur. La plupart des études ont montré que ça ne changeait rien. Au contraire, cela faisait prendre plus de risques que d’engendrer des bienfaits. »

Privilégiez « l’extension de sommeil » en amont

Quelle est la meilleure stratégie pour accepter au mieux cette privation de sommeil durant un effort au long cours ? La solution se situe finalement en amont de l’épreuve. « Il faut accumuler, stocker du sommeil dans les jours qui précèdent. Dans une étude, on a fait dormir des personnes 2 heures plus tôt que leur habitude de coucher durant 6 jours. Cela leur a permis de dormir une heure de plus par nuit. À l’arrivée, cela a permis de démontrer qu’ils arrivaient à mieux à résister à la privation de sommeil et à mieux performer. C’est ce qu’on appelle de l’extension de sommeil. »

Ultra trail et sommeil
Solution N°1 : faire un “stock” de sommeil avant l’épreuve. Photo DR

Séquencez les phases de sommeil lors d’un ultra

Si Guillaume Millet est convaincu que l’on peut aisément enchaîner une nuit sur les sentiers sans dormir, ce n’est pas le cas de tous. Et encore moins si l’on doit s’engager sur une seconde nuit. Mais alors comment gérer ces phases de sommeil qui viendront indubitablement ? La solution sera alors de séquencer ces phases de sommeil. « Il est tout a fait possible de se ‘requinquer’ avec seulement deux périodes de sommeil de 20 minutes durant un 100 miles », affirme Guillaume Millet. Qui conseille au demeurant de ne pas excéder cette durée, au risque d’entrer dans une phase de sommeil profond est d’être « dans le gaz » après un réveil imposé.

Pour lui, il convient aussi de dormir « au bon moment ». « On sait par exemple que la pression du sommeil est plus importante au moment du lever du jour, vers 5h/6h du matin. L’idéal est donc de choisir le moment où l’on pourra dormir. Mais aussi le bon endroit, en privilégiant les zones de ravitaillements où des personnes pourront vous réveiller. » Il est ainsi déconseillé de s’endormir seul sur un chemin, d’autant plus que le risque de baisse de température peut être plus important. Il convient donc d’anticiper si possible les moments où l’on va choisir de dormir, même s’il est inutile de persister à vouloir dormir si le sommeil ne vient pas au bout de 5 minutes.

Ultra-trail et privation de sommeil: quelles conséquences sur le long terme ?

Guillaume Millet l’assure, les conséquences d’une nuit blanche sur les sentiers après un effort d’endurance sont limitées sur le long terme. Elles sont en tout cas moins importantes que de vivre cette situation de manière chronique, comme c’est le cas de certains travailleurs de nuit. « Les risques sont finalement plus accrus juste après la course si l’on prend sa voiture par exemple. Mais sinon, l’essentiel est de retrouver son rythme de sommeil rapidement et de dormir d’une traite, sans mettre de réveil. »

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En plaçant judicieusement quelques blocs d’entraînement sur des week-ends de deux à trois jours, appelés « week-end choc », vous allez vous aguerrir et vous préparer à aller encore plus loin le jour de la compétition. Explications et programmes adaptés à votre objectif.

Week-end choc : quoi, comment, pourquoi ?

Les blocs de charge, ou week- ends chocs (WEC) popularisés par Guillaume Millet, Professeur de Physiologie de l’Exercice à l’Université de Saint-Etienne, permettent souvent de franchir des caps dans la préparation et se révèlent bénéfiques pour votre organisme. En clair, ce sont des enchaînements d’exercices et de sorties d’entraînement pendant 2 ou 3 jours, à raison de quelques heures par jour (de 3 à 8), avec des intensités différentes selon les objectifs préparés. Ce sont par ailleurs d’excellents bancs d’essai pour tester en condition son matériel et ses protocoles alimentaires.

Généralement, on parle de week-end choc pour préparer un trail long ou un ultra-trail. Dans le cadre d’un ultra par exemple, on programmera dans un week-end choc des rando-courses de 5 à 8 heures. Durant ces entraînements, on cherchera à accumuler énormément de volume à intensité modérée en montée et à se lâcher un peu en descente, notamment le dernier jour. Mais autant il s’agit là d’une clé de l’entraînement pour un ultra, autant les multiplier serait suicidaire.

week-end choc Photo Dan Patitucci
Lors de vos sorties, pensez à emporter tout le matériel dont vous aurez besoin lors de votre course objectif. C’est une sorte de répétition générale. Photo Dan Patitucci

Week-end choc : apprivoiser les sensations de fatigue

Il est indispensable d’avoir déjà acquis un minimum de foncier en début de saison avant de programmer un week-end choc. Si vous travaillez toute la semaine, ces « blocs » tomberont forcément le week-end. Mais si vous êtes en congé, vous aurez le choix des dates. Vous pourrez alors cumuler les longues sorties, rando courses, et/ou autres sports d’endurance (vélo, marche active, etc.) sur 3 jours, de façon à accumuler un grand nombre de kilomètres avec beaucoup de dénivelé. Et, pourquoi pas, expérimenter également les sorties nocturnes, si vous préparez un ultra impliquant une nuit dehors. L’objectif étant de se rapprocher des conditions de course et d’apprivoiser les sensations de fatigue sur des sols et des reliefs techniques, vous partirez avec tout votre matériel pour enchaîner beaucoup de kilomètres sur une très courte période.

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Si vous préparez un ultra, effectuez également une sortie nocturne pour vous habituer à courir de nuit. Photo MIUT / DR

Week-end choc : surprenez votre organisme

Le corps doit être soumis à de nouvelles sollicitations pour progresser encore. C’est la fameuse notion de surcompensation. On épuise son corps pour qu’il « rebondisse » plus haut. Le traileur pratiquant le bloc de charge va conditionner ses muscles aux contractions excentriques nécessaires pour absorber les descentes, avec un effet maximum le 2e ou le 3e jour où un certain état de fatigue va se faire sentir. Le retour de terrain prouve que cette méthode est plus profitable et surtout moins épuisante qu’une seule très longue sortie. Il est aussi très intéressant de mixer vélo et course à pied, afin de prendre moins de risques en multipliant les heures d’effort. Le bon timing est d’un à deux blocs dans les deux mois avant un ultra-trail, au plus tard trois semaines avant l’épreuve.

Adaptez votre week-end choc à l’objectif

On n’effectue pas les mêmes entraînements lors d’un week-end choc destiné à préparer un trail de 60km, de 100km un ultra-trail. À titre d’exemple, voici les programmes que nous vous proposons si vous deviez préparer 3 des courses de l’UTMB.

Programme week-end choc 3 jours pour préparer l’OCC (57km)
J1 : séance d’1h30 dont 4x10mn courus au seuil (récup en footing de 3mn après chaque session)
J2 : longue sortie de 2h30 à 3h en terrain vallonné + 2h de vélo ou VTT
J3 : rando-course de 4 à 5h

Programme week-end choc 3 jours pour préparer la CCC (100km)
J1 : longue sortie (courue le plus possible) de 3 à 4h
J2 : 2 à 3h de vélo avec du dénivelé + rando-course de 4 à 5h
J3 : rando-course de 5 à 6h + vélo 1h30 à 2h

Programme week-end choc 3 jours pour préparer l’UTMB (170km)
J1 : rando-course de 6 à 7h
J2 : 2 à 3h de vélo avec du dénivelé + rando-course de 5 à 6h
J3 : rando-course de 7 à 8h

week-end choc Photo Dynafit
N’hésitez pas à enchaîner les sorties avec vos partenaires. Photo Dynafit

Week-end choc : comment éviter les jambes lourdes ou douloureuses ?

Vous pouvez enfiler des chaussettes de récupération après l’effort. Quand les muscles commencent à être tendus, faites-vous masser ou massez-vous vous-même à l’huile d’arnica. Les séances d’électrostimulation en mode « récup » donnent aussi de bons résultats. Mais c’est un investissement en finances et en temps, car on ne peut travailler qu’un seul groupe musculaire à la fois. 30mn pour les mollets, 30mn pour les quadriceps, 30mn pour les lombaires… on a vite fait d’y passer plus d’une heure.

Certaines techniques comme la pressothérapie (bottes qui se gonflent et se dégonflent, en comprimant progressivement des pieds jusqu’aux cuisses, de façon à faire remonter le sang veineux, donc les toxines pour effectuer un drainage des jambes) ou la cryothérapie (chambre très froide) sont plutôt réservés à une élite. Mais renseignez-vous, vous pouvez peut-être y avoir accès dans un centre médico-sportif. L’eau très froide est un moyen plus accessible à tout un chacun pour soulager les jambes fatiguées. N’hésitez donc pas à profiter d’une fontaine ou d’un plan d’eau. Vous pouvez aussi vous organiser chez vous tout simplement, avec une grande poubelle remplie d’eau et de glaçons…

Week-end choc : soignez votre alimentation

La veille du premier jour, il faut veiller à réduire les fruits frais et les légumes pour ne pas irriter ses intestins. Chargez en revanche en glucides lents de type riz, pâtes et pommes de terre. Les deux jours d’entraînement devront être appréhendés comme un trail long, avec une gestion raisonnée de son ravitaillement en liquide et en solide.

C’est essentiellement par ce que vous ingérerez que vous aiderez votre corps à récupérer. D’abord en vous réhydratant très vite après votre effort par petites quantités, mais fréquemment, avec des eaux minérales adaptés, chargées en bicarbonates. Ensuite en mangeant des glucides, dans les 30mn après l’arrêt de l’effort. C’est ce que l’on appelle la « fenêtre glucidique », c’est-à-dire la période où le corps est prêt à assimiler les aliments de manière optimale.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pourrez rajouter un complément de poudre protéinée enrichi en acides aminés ramifiés (BCAA). Ce sont des acides aminés essentiels (que l’organisme ne peut pas synthétiser lui-même) utilisés à l’effort en complément des glucides et des lipides. Ils accélèrent la cicatrisation des micro-lésions dues aux contractions excentriques subies en course. De même, le lendemain, il ne faut pas oublier de continuer à bien s’hydrater. L’élimination des déchets se fait par les reins et le sang, aussi il convient de manger plutôt des aliments basiques (légumes et fruits frais et secs) ou pas trop acides (produits laitiers frais).

Ensuite, vous enchaînerez sur 2 jours de repos complet. Ils sont indispensables pour assimiler la charge. Avec, toujours, un souci de réhydratation en boisson minérale et en privilégiant sucres lents et protéines végétales.

week-end choc Photo UT4M Nacho Grez
Après un week-end choc, n’oubliez pas la récupération ! Photo UT4M / Nacho Grez

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail Hors-Série Spécial 20 ans UTMB

Vous pouvez vous le procurer en version papier ou digitale ICI

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Si utiliser des bâtons de trail en montée n’économise pas nécessairement de l’énergie, voire même en fait dépenser plus, une nouvelle étude publiée début juillet confirme qu’ils peuvent économiser les muscles de vos jambes. Mais pas forcément autant que vous le pensez. Explications.

Nicola Giovanelli, skyrunner et chercheur en biomécanique

Né en 1985, Nicola Giovanelli a grandi avec le ski de fond qu’il pratique depuis son enfance. Durant les étés, il s’est mis à la course d’orientation, grâce à laquelle il a pu faire le tour du monde en participant à deux championnats du monde junior. Amoureux de la montagne et des sports exigeants, il s’est lancé dans le skyrunning à l’âge de 18 ans. Sa première course en montagne a été la Dreizinnen Alpine Run, une course uniquement en montée…

Il s’est ensuite essayé à du plus long avec la Sky Marathon, avant de faire ses débuts sur la Dolomite Skyrace, la course qu’il apprécie le plus. Il la qualifie d’essence même du skyrunning : une montée très dure et une descente technique à faire en apnée. Et malheur aux erreurs ! Ayant trouvé son bonheur dans le trail, Nicola Giovanelli a remporté sa première victoire au Cortina Trail en 2012, suivie de nombreuses autres. Parallèlement à sa pratique du sport, Giovanelli exerce en tant que chercheur en physiologie et biomécanique du sport. Il est également professeur de sciences motrices à l’Université d’Udine. C’est là-bas qu’il s’entraîne et fait de la compétition aujourd’hui.

Nicola Giovanello Photo DR
Nicola Giovanelli Photo DR

Le tapis de course le plus raide du monde

Nicola Giovanelli est quelqu’un qui aime aller au bout des choses. Avec ses collègues chercheurs, il a ainsi modifié un tapis roulant pour pouvoir l’incliner à des angles allant jusqu’à 45 degrés. C’est-à-dire une pente de 100 %. Soit ni plus ni moins que le tapis roulant le plus raide du monde ! Doté d’une bande de course extra large, il permet à ceux qui pratiquent dessus d’utiliser des bâtons. Et toute cette installation n’a qu’un objectif : répondre à la question sans cesse débattue de savoir si les bâtons vous aident réellement à monter plus rapidement. Ou plus facilement.

Bâtons de trail en montée : ce que dit la science

Il existe de nombreux écrits, souvent contradictoires, sur l’utilisation des bâtons de randonnée en montée. S’il est impossible de statuer clairement, on peut néanmoins distinguer 2 axes de conclusion quasi unanimes : utiliser des bâtons vous fait brûler environ 20% d’énergie en plus, mais en retour, ils vous permettent de progresser plus vite, avec une foulée plus longue. De plus, dans certains cas, ils vous permettent de réduire votre perception de l’effort. Aucune mesure, en revanche, sur une possible économie musculaire au niveau des cuisses et des mollets.

De plus, ces observations ont principalement été faites sur des surfaces à peu près planes, ou très peu pentues, puisqu’aucun tapis ne propose des pentes suffisantes pour aller plus loin dans les recherches. Jusqu’à ce que Giovanelli bricole son tapis de course personnalisé pour tenter d’apporter des réponses à toutes ces questions concernant la montée avec des bâtons, sujet qui intéresse particulièrement les coureurs de montagne et de trail.

Photo UTMJ Ben Becker
Photo UTMJ / Ben Becker

Caractéristiques de la nouvelle étude de Nicola Giovanelli

Lors de sa nouvelle étude, publiée début juillet 2023 dans le European Journal of Applied Physiology, Nicola Giovanelli a utilisé des chaussures avec des semelles équipées de capteurs de force, afin de mesurer si les bâtons « économisent » réellement les jambes lorsque vous grimpez. En effet, lors de ses expériences précédentes, les résultats obtenus ont généralement révélé que les bâtons ne permettaient aucune économie d’énergie dans les montées, ou qu’une quantité marginale. Et pourtant, les sujets de l’étude étaient 2,5% plus rapides pour des efforts totaux sur une pente d’un peu moins de 20 degrés.

La nouvelle étude a donc soumis 15 coureurs de trail à une série de tests avec et sans bâtons, d’abord sur le tapis roulant, puis sur une vraie pente en montagne. Les coureurs portaient des analyseurs VO2 portables pour mesurer leurs efforts aérobie. Leurs bâtons étaient équipés d’un capteur de force juste en dessous de la poignée, pour mesurer la force avec laquelle ils appuyaient sur le sol avec leurs bras, tandis que les semelles intérieures des chaussures mesuraient la force exercée par leurs jambes sur le sol. Les pentes sur lesquelles ont été réalisés les tests étaient suffisamment raides pour que les sujets marchent plutôt que courent.

Conclusions de l’étude sur tapis : plus c’est raide, plus les bâtons de trail sont efficaces

L’une des principales conclusions de l’étude sur tapis est que les sujets comptent vraiment davantage sur leurs bâtons à mesure que la pente devient plus raide. Voici un graphique montrant la force de poing (sur l’axe vertical) en fonction de l’inclinaison en degrés (sur l’axe horizontal). Plus la pente augmente, plus la force de poussée exercée sur les bâtons augmente, et de façon très marquée à partir de 14,5 degrés d’inclinaison (pente d’environ 33%).

graphique 1
Source European Journal of Applied Physiology

La grande question était de savoir si cette poussée plus marquée, synonyme d’énergie supplémentaire dépensée au niveau des muscles des membres supérieurs, permet « d’économiser » réellement les jambes. Voici le graphique indiquant les forces appliquées au niveau des pieds mesurées via les capteurs de la semelle intérieure en fonction de l’inclinaison. Deux mesures ont été effectuées, avec des bâtons (cercles noirs) et sans (cercles blancs).

graphique 2
Source European Journal of Applied Physiology

À la lecture de ce graphique, on constate que l’utilisation de bâtons atténue effectivement l’augmentation de la force de poussée des jambes, et ce avec un écart de plus en plus important sur les pentes plus raides. L’analyse des résultats individuels a par ailleurs montré que, comme on pouvait s’y attendre, les individus qui ont exercé le plus de force au niveau des bâtons ont enregistré la plus grande économie de force dans leurs jambes. Il y a donc un facteur de cause à effet : pour économiser ses jambes, il faut utiliser les bâtons activement, et pas seulement se contenter de s’en servir pour se stabiliser ou s’appuyer dessus pour souffler.

Lire l’article Bâtons de trail : êtes-vous sûr de bien les utiliser

Photo Dynafit
Photo Dynafit

Conclusion de l’étude en extérieur : un résultat plus nuancé

Si les résultats sur tapis sont intéressants, d’un point de vue pratique, les données les plus importantes proviennent des tests en extérieur, dans le monde réel. Or l’utilisation de bâtons à l’extérieur sur une surface irrégulière est assez différente de la surface régulière d’un tapis roulant. En effet, la nécessité de placer le bâton (et vos pieds) à un bon endroit rend plus difficile la coordination des bras et des jambes. Cependant, les mêmes tendances générales s’appliquent : les forces exercées par les jambes, mesurées via les capteurs de la semelle intérieure, étaient d’environ 5 % inférieures avec les bâtons lors des ascensions en plein air, et ce même si les sujets étaient 2,5 % plus rapides que sans les bâtons.

Utilisation de bâtons de trail en montée et économie des jambes : la conclusion

Ce qui ressort de cette étude est que les bâtons aident à grimper plus rapidement dans les montées raides, non pas parce qu’ils économisent de l’énergie, mais parce qu’ils déplacent une partie de la charge des jambes, sur-sollicitées, vers les bras, moins sollicités. Cela peut sembler une évidence, mais ce n’est pas nécessairement intuitif pour les coureurs habitués à courir le plus léger possible. Il permet en tout cas d’expliquer pourquoi, pendant des années, les coureurs européens, plus enclins à utiliser des bâtons, ont eu tendance à sur-performer sur les parcours de montagne les plus difficiles, par rapport aux coureurs nord-américains plus réticents à l’usage des bâtons.

Ceci étant dit, la plupart des courses en montagne impliquent une grande variété de terrains, et pas seulement des montées abruptes. Les avantages des bâtons sont alors moins évidents, même s’ils ne sont pas nécessairement nuls, sur les sentiers plats, ondulés ou en descente. C’est une des raisons pour lesquelles il devient de plus en plus nécessaire d’envisager des compromis entre la légèreté d’une paire de bâtons et la facilité avec laquelle ils se replient. Mais si vous vous attaquez à un parcours avec une ascension longue et raide, les résultats de cette étude constituent un argument convaincant pour amener vos bâtons.

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L’ultra a la cote. Avec ses stars, sa médiatisation, les records qui tombent, le public qui se passionne… Mais au-delà de la distance de 100 kilomètres, on entre vraiment dans un autre monde. Surtout lorsqu’il s’agit de parcours montagneux. Pas question de se présenter au départ de telles épreuves sans une sérieuse expérience de coureur et un bon entraînement. Sinon, les fameuses BH (Barrières Horaires) auront vite raison de vous. Alors même si le challenge est tentant, avant de vous embarquer dans la grande aventure de l’ultra-trail et de partir à la rencontre de vous-même, demandez-vous si vous avez les moyens de réussir en répondant honnêtement aux six questions suivantes.

1 – Suis-je assez disponible pour préparer un ultra-trail ?

Si un ultra peut se dérouler sur un week-end (voire 4 jours, avec un jour avant pour se rendre sur place et un jour après pour récupérer un minimum et retrouver un peu de mobilité des jambes), le préparer demande de la disponibilité. Et cette disponibilité dépend d’un certain nombre de critères. Les plus basiques d’entre eux tiennent en 2 questions. Avez-vous un travail à plein temps ? Avez-vous des enfants ?

Si c’est le cas, soyez conscient que même si vous trouvez le temps d’enchaîner les rando-courses de plus de 5 heures, ce sera forcément au détriment de votre vie familiale. Voire professionnelle. Car outre le temps passé dehors, il ne faut pas négliger la fatigue engendrée par ces sorties. Et cette fatigue, on le sait, rend moins patient et disponible pour son entourage. Et moins efficace et motivé au boulot.

Photo Art of trailrunning
Photo Art of trailrunning

2 – Suis-je assez costaud physiquement pour faire plus de 100km ?

Si vous enchaînez les contractures et les tendinites à la moindre accélération ou allongement de séance, il faut totalement revoir votre préparation physique avant d’imaginer vous lancer sur 100km ou plus. Car non, l’ultra, ce n’est pas de la randonnée. Pour passer les barrières horaires, il faut être capable de courir sur le plat et en descente. Et ce, même après plus de 50km et de nombreuses heures passées sur les sentiers.

Photo Dan Patitucci
Photo Dan Patitucci

Lire l’article Allonger la distance, mode d’emploi

3 – Comment est-ce que je supporte le manque de sommeil ?

Tout ultra-trail de plus de 100km implique au minimum une nuit sans sommeil. Car même si 100km sur route se bouclent généralement en moins de 15h, en trail, avec le dénivelé et la technicité du terrain, les durées sont beaucoup plus conséquentes pour un même kilométrage. Sur l’UTMB, où le départ s’effectue vendredi en fin d’après-midi, la première nuit arrive très vite. Et la plupart des concurrents doivent ensuite en affronter une deuxième. Si le manque de sommeil vous met dans un état très désagréable, réfléchissez bien avant de vous engager sur une telle épreuve. Se retrouver de nuit en pleine somnolence sur une portion de sentier exposé où la moindre chute peut être fatale n’est pas anodin.

Photo Ben Becker
Oubliez votre matelas confortable, au mieux, vous pourrez grapiller quelques minutes de sommeil sur un lit de camp, au milieu de la foule. Photo Ben Becker

4 – Ultra-trail : est-ce que je digère bien en courant ?

L’une des principales difficultés de l’ultra, c’est qu’il est obligatoire de manger durant l’effort pour espérer tenir jusqu’au bout du chemin et voir l’arrivée. Or de très nombreux estomacs ne supportent pas d’être peu irrigués et ballottés durant la digestion. Si le vôtre est dans ce cas, comme de nombreux traileurs, vous risquez fort de vous retrouver plié en deux sur le bord du sentier, incapable d’avaler ni boire quoi que ce quoi. Cette situation, très courante dans le peloton, est la cause d’un grand nombre d’abandons. Pour durer, soyez conscient qu’il faut s’alimenter quasiment en continu. Or ce protocole déstabilise fortement le système digestif.

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Savoir s’alimenter en continu, cela s’apprend. Photo Ben Becker

5 – Suis-je prêt à investir un vrai budget dans l’aventure ultra-trail ?

Entre le coût de l’équipement nécessaire (et pour partie obligatoire), les tarifs élevés des inscriptions, les frais de déplacement et d’hébergement, la pratique de l’ultra-trail demande un vrai budget. En plus de l’investissement en temps et en énergie que cette pratique va requérir, demandez-vous aussi comment votre famille ou votre entourage va accepter que vous consacriez toutes ces sommes et ce temps, qui seront retranchés à d’autres loisirs plus collectifs. Même si l’on parle là de passion, passer pour un égoïste n’est jamais très agréable…

Lire l’article Comment progresser au contact des ultra-traileurs

6 – Suis-je assez costaud au niveau mental pour être finisher d’un ultra-trail ?

Autant vos rando-courses (de 7 à 8h grand maximum) et vos éventuelles reconnaissances de parcours ne seront globalement que du plaisir, autant il faut vous attendre à réellement souffrir le jour J, lorsque vous en serez à plus de 10h de course avec peut-être déjà une nuit sans sommeil ou bien du sommeil largement amputé par un départ aux aurores.

Vous allez passer par des moments où vous allez vraiment vous demander ce que vous faites là, et où il vous faudra être très motivé pour ne pas monter dans la navette prévue pour les abandons ou dans la voiture d’un proche venu vous encourager ou vous assister. Autant dire que si votre mental est friable, vous êtes quasiment sûr d’abandonner en route. Il existe tout un tas de techniques pour renforcer son mental, commencez déjà par les étudier.

Franco Suisse Photo Ben Becker
Sur un ultra, les envies d’abandonner ne manqueront pas. Il faut un mental à toute épreuve pour être finisher. Photo UTMJ / Franco Suisse / Ben Becker

Notre conseil : allez-y progressivement

Même si vous avez répondu positivement à toutes ces questions, évitez de vous lancer sans transition du trail court à ultra. Pour la première année, il sera pertinent de passer au moins une fois sur une distance de 40km à 60km. La deuxième année, vous pourrez programmer un trail de 60 à 80km. Vous en ferez l’objectif de votre année, avec une progression en charge d’entraînement et en courses de préparation, et vous vous offrirez ensuite une bonne période de régénération.

Après ces deux expériences, la troisième année pourra éventuellement être celle d’un ultra. L’objectif sera d’y être en bonne santé du début à la fin, et de ne pas être dégoûté du sport ensuite… Votre patience le permettra, puisque vous aurez permis à votre corps d’adapter sa structure interne et externe, avec en particulier l’optimisation de votre système hormonal, la perte de masse adipeuse, et le renforcement cardiaque. En complément de cet apprentissage du corps, vous aurez aussi apprivoisé l’approche mentale et logistique de ces épreuves qui sont de vraies aventures personnelles, même dans des domaines aussi faussement simples que la gestion du matériel ou de la nourriture par exemple…

Lire l’article Renforcer votre endurance

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Un échauffement réussi vous permet d’adopter immédiatement l’intensité requise par la séance d’entraînement ou la compétition, en évitant les blessures. Bien s’échauffer vous permet également de gagner en performance. Explications et exercices à réaliser avec les équipes techniques d’Esprit Trail.

Échauffement trail et montée en puissance progressive

Le premier avantage de l’échauffement est simple : les exercices permettent à vos muscles de se chauffer grâce à l’augmentation de la circulation sanguine périphérique. L’objectif est de passer de 32 degrés, qui est la température du muscle au repos, à 39 degrés, qui est la température optimale pour que les muscles soient efficaces et souples. Pour atteindre cette température optimale, il convient de courir entre 12 et 30 minutes en endurance fondamentale (70-75 % de FCM). Cette durée varie en fonction du moment de la journée où vous pratiquez votre échauffement, ainsi que des températures extérieures.

En favorisant l’augmentation de la circulation sanguine, l’échauffement permet à vos muscles d’être mieux alimentés en oxygène et en glucides. Ce phénomène intervient progressivement, afin que le système cardio-respiratoire se mette en route doucement. Or en cas de course trop rapide en début de séance, un déséquilibre se crée entre l’effort fourni par vos muscles et l’oxygène qui y parvient. Cette différence crée ce que l’on appelle une dette d’oxygène, qui risque de rendre votre sortie trail ou votre course très inconfortable. D’où l’intérêt de toujours commencer votre séance d’échauffement par un léger footing.

Échauffement trail et articulations

Le second avantage de l’échauffement est qu’il aide à préparer ses articulations. Lors d’une séance, notamment sur terrain instable ou à haute intensité, les articulations doivent supporter de très fortes pressions. Le pied subit une véritable onde de choc, plus ou moins importante selon la difficulté de la séance. La contrainte mécanique est en outre augmentée par l’amplitude de la foulée. Pour diminuer ces agressions, il suffit de commencer très doucement son footing d’échauffement et de le terminer par une série de petits mouvements de balanciers des jambes (étirements balistiques). En stimulant ainsi ses articulations, on libère un liquide synovial qui va agir comme un lubrifiant. Et faciliter le mouvement.

L’exercice à faire : 
Laisser sa jambe se balancer naturellement d’avant en arrière, puis de droite à gauche.

Échauffement trail et réflexes

Troisième avantage, l’échauffement permet également de réveiller ses réflexes (avec des exercices de proprioception) pour protéger ses articulations. Au fil des entraînements, l’organisme garde les gestes en mémoire. Les répéter avant d’attaquer la séance proprement dite permet d’éviter les blessures.

L’exercice à faire : 
Sautiller quelques secondes sur place sur une jambe puis sur l’autre. Tenir en équilibre sur une jambe, genou fléchi, puis monter sur la pointe du pied.

Echauffement Photo Hendrik Morkel
N’imaginez pas partir à bloc dans une montée sans un échauffement adapté, le risque de blessure est trop important. Photo Hendrik Morkel

Échauffement trail adapté aux conditions météo

En fonction de la température – chaude ou froide – les muscles ne mettront pas le même temps à atteindre la température idéale de 39 degrés. En cas de forte chaleur, l’échauffement peut se limiter à 15 mn de course lente. Attention à ne pas dépasser cette durée pour ne pas trop monter en température et perdre en efficacité.

Lorsqu’il fait froid (températures inférieures à 10 degrés), l’échauffement peut se prolonger jusqu’à 30 mn. Il faut ensuite tenter de maintenir la température atteinte. Pour cela, le port d’une tenue longue (haut et bas) est vivement conseillé. Tout comme l’enchaînement sans transition de l’échauffement et du cœur de la séance ou du départ de la course. On limite ainsi les déperditions de calories et les blessures. Et on gagne en efficacité.

L’exercice à faire par temps froid :
30 mn de footing progressif entre 70 et 75 % de FCM
2 mn de sautillements sur une jambe (droite/gauche)
3 mn d’étirements balistiques (balancements des jambes)
3 accélérations progressives sur 20 secondes.

Échauffement trail adapté au moment de la journée

L’échauffement doit également s’adapter au rythme et au moment de la journée. On ne s’échauffe pas de la même façon le matin, à midi ou le soir. Le matin, l’échauffement doit être très complet pour permettre une montée en température progressive des muscles, un « déverrouillage » articulaire et un réveil de tous les réflexes. Pour cela, on peut débuter sa sortie par quelques minutes de marche, puis réaliser quelques étirements balistiques (balancements des jambes) avant de débuter une course progressive. Un échauffement matinal bien construit, c’est la garantie d’éviter les petits bobos articulaires (torsion de chevilles) et musculaires (contractures). C’est également la certitude de ne pas conserver de fatigue résiduelle de sa sortie tout au long de la journée.

L’exercice à faire après 10 mn de footing :
4 x 10 secondes de pas chassés, puis 2 x 10 secondes de petits sauts latéraux.

En milieu de journée, c’est le moment idéal pour fournir un effort. L’échauffement doit alors surtout tenir compte de la météo et du contenu de la séance.

Le soir, selon la journée passée (travail physique ou intellectuel), la musculature est plus ou moins proche de la température idéale à atteindre pour l’effort. Après une journée éprouvante (stress, tensions), on peut inclure dans son échauffement des exercices de proprioception (sautillements sur place, équilibres sur chaque jambe) afin de se recentrer sur l’effort et réveiller ses réflexes. Un réveil articulaire négligé pourrait conduire à la blessure (entorse), notamment pour une course en nature.

Echauffement Photo DR
On ne s’échauffe pas de la même façon le matin, le midi ou en fin de journée. Photo DR

Échauffement adapté au contenu de la séance ou à la course à suivre

Plus la séance sera contraignante d’un point de vue physiologique et musculaire, ou plus la course exigera une intensité immédiate, plus l’échauffement devra être complet.

> Pour un footing en endurance ou un trail long : au-delà de l’adaptation à la météo et au moment de la journée, un footing doit toujours débuter très progressivement afin de ne pas créer de dette d’oxygène qui perturberait toute la première partie de la sortie ou de la course.

L’exercice à faire si le début de footing ou de course est difficile : 
Trottiner 2 à 3 mn puis s’arrêter 20 secondes pour réaliser un étirement passif (étirement léger d’un muscle), puis reprendre progressivement le cours de son footing. Le rythme cardio-respiratoire sera beaucoup plus adapté sans période d’essoufflement.

> Pour une séance au seuil, il est préférable de débuter son échauffement très progressivement et de le faire durer de 20 à 30 mn (footing en endurance) selon la météo.

L’exercice à faire durant le footing d’échauffement : 
2 séries de 10 secondes de talons-fesses, puis 2 séries de 10 secondes de montées de genoux – sans monter très haut les genoux mais en essayant d’avoir une pose de pied très dynamique au sol. Puis 2 séries de 20 secondes d’accélération très progressive pour augmenter la fréquence cardiaque avant de débuter la partie spécifique de l’entraînement.

> Pour une séance type VMA ou un trail court avec départ rapide, il faut un échauffement adapté à l’effort. Faites d’abord un footing en endurance de 20 à 30 mn (selon la météo). Puis, durant 5 mn, alternez des mouvements de type balistiques (balancements des jambes) et des étirements activo-dynamiques – on étire très doucement un muscle puis on le sollicite.

L’exercice à faire : 
Étirer ses quadriceps (avant de la cuisse) puis faire des talons-fesses sur place durant 10 secondes. Etirer ses triceps (mollets) puis sautiller sur place pieds joints. Ajouter quelques exercices d’équilibre au niveau des chevilles si la séance se déroule en nature. Enfin, réaliser trois accélérations progressives sur 20 secondes pour augmenter la fréquence cardiaque. Toutes ces phases doivent être enchaînées sans périodes passives afin de conserver la chaleur produite tout au long de l’échauffement et de maintenir la fréquence cardiaque à un rythme élevé avant de débuter les premières fractions ou de prendre le départ de la course.

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Que vous soyez un adepte de l’ultra-trail depuis quelques années ou que vous débutiez en allongeant la distance, vous avez probablement déjà dû faire face à quelques problèmes inattendus. Qu’il s’agisse de ne pas avoir emporté assez d’eau, d’avoir des problèmes d’estomac ou de se perdre sur un parcours sans avoir de carte à portée de main, il y a de nombreux pièges dans lesquels les coureurs peuvent facilement tomber. Or une étude rapportée par Jason Koop dans son ouvrage Training Essentials for Ultrarunning : How to Train Smarter, Race Faster, and Maximize Your Ultramarathon Performance montre que parmi les 10 principales raisons d’abandon lors d’un ultra, un certain nombre sont évitables. Découvrez ici quelles sont les plus grandes erreurs communément commises par les athlètes d’ultra-trail sur les sentiers et comment en atténuer les effets négatifs sur vos propres courses.

Erreur d’ultra-trail n°1 : être obsédé par les chiffres

C’est une des erreurs les plus répandues : être obsédé par les chiffres d’entraînement comme le kilométrage, le dénivelé ou la fréquence cardiaque, au détriment du ressenti. Dans l’ensemble, les coureurs ont tendance à vouloir en faire trop, à toutes les échelles, lors d’une séance d’entraînement, par peur de ne pas en faire assez. Comme si, pour pouvoir être finisher d’un ultra, il fallait impérativement avaler des dizaines et des dizaines de kilomètres à l’entraînement.

Erreur de calcul ! Il faut, au contraire, savoir rester dans l’instant, sans se préoccuper outre mesure de ce que sera la course à venir. 160 kilomètres, c’est beaucoup trop à avaler d’un coup. Mais en se focalisant sur le nombre de kilomètres qu’il faudra parcourir, on peut facilement se laisser piéger et être aveuglé. Plutôt que de vous infliger des séances à rallonge et d’avaler des kilomètres, essayez de décomposer vos objectifs en plus petits morceaux. En vous concentrant sur chaque séance ou chaque semaine d’entraînement à la fois, vous rendrez l’entraînement plus gérable.

Par exemple, vous pouvez commencer en vous fixant comme objectif de courir 3 jours par semaine, puis augmenter jusqu’à 5 ou 6 jours selon vos possibilités, en ajoutant progressivement 2 ou 3 kilomètres à votre sortie longue. Le but sera de rajouter chaque semaine entre 10 et 15% de kilométrage supplémentaire, en prenant soin de vous ménager une semaine de récupération ou d’entraînement cool toutes les 3 à 4 semaines. En validant chacun de ces petites étapes comme autant de victoires dans votre préparation, vous vous sentirez plus connecté à votre objectif, qui vous apparaîtra alors plus largement à portée de main.

Erreurs ultra Photo Dan Patitucci
Photo Dan Patitucci

Erreur d’ultra-trail n°2 : ne pas écouter son corps

La seconde erreur la plus répandue chez les coureurs d’ultra-endurance est de ne pas écouter leur corps. Même lorsque la course objectif approche à grands pas, il ne faut pas ignorer les signaux que celui-ci envoie et savoir se reposer quand c’est nécessaire. Ne pas prendre en compte la douleur est le plus sûr moyen d’être victime de surentraînement et de se blesser, voire de prendre le départ d’une course dans un état physique ou mental qui mènera inévitablement au DNF. Certains coureurs considèrent que la seule façon de bien s’entraîner pour un ultra est de s’infliger des séances qui font mal. Se préparer à souffrir en souffrant à l’entraînement, en étant persuadés que l’exercice physique poussé payerait le jour J.

Mais en procédant ainsi, ils négligent d’autres formes de préparation dont le corps a également besoin, comme la récupération et le repos, qui seuls permettent d’assimiler des charges de travail importantes. Faire appel à un coach peut être un moyen utile de vous assurer que vous n’en faites pas trop. En tant qu’expert qualifié, il vous délivrera des conseils individualisés et agira en « garde-fou ». N’oubliez pas que courir « trop » existe et que votre santé mentale mérite autant, sinon plus d’attention que votre santé physique. Assurez-vous de prévoir des jours de repos et de récupération, à raison d’au moins 1 à 2 fois par semaine. Et assurez-vous également d’écouter tous les signes que votre corps donne indiquant qu’une pause pourrait être judicieuse. Il ne se trompe jamais…

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Jim Walmsley, victime d’une grosse défaillance lors de l’UTMB 2022 alors qu’il menait la course. Photo DR

Erreur d’ultra-trail n°3 : ne pas avoir de plan B

Penser à tout ce qui peut dérailler et avoir une solution toute prête peut vous sauver une course. Qu’il s’agisse de problèmes d’estomac, de jambes lourdes, de douleurs musculaires, de troubles de la vision (yeux secs, ou froids, ou qui pleurent…), d’ampoules qui font mal à chaque foulée, de maux de tête, de symptômes d’insolation, de douleurs liées au froid, ou à l’humidité, de frottements et d’irritations insupportables, ou de mille autres choses, il faut être prêt à tout affronter. Planifier ce qui pourrait mal tourner est la meilleure façon d’anticiper la façon dont vous surmonterez les problèmes s’ils surviennent. Avoir une solution pour soigner une ampoule ou pour surmonter les nausées vous permettra non seulement de gérer ces problèmes avec facilité, mais également d’accroître votre adaptabilité et résilience.

Considérez par exemple qu’une petite ampoule sur le côté de votre orteil peut nécessiter un traitement différent d’une ampoule sous le talon. La première pourrait se contenter d’un simple pansement et d’un coup de strap par dessus, là où la seconde pourrait avoir besoin d’une talonnette en mousse type semelle de propreté avec un trou découpé pour réduire la pression. Soyez prêt également à modifier votre plan nutritionnel en cas de températures élevées ou de courses à des altitudes plus élevées. Même si un schéma d’alimentation précis est nécessaire sur une longue course, il est important de savoir quand octroyer une pause à votre estomac et d’avoir un plan de nutrition de secours.

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Lors de la Western States Endurance Run 2023, Mathieu Blanchard, en manque de jambes et ici rattrapé par Courntney Dauwalter, a eu à lutter toute la course pour trouver des solutions. Photo DR

Expérience et plan B selon Kilian Jornet

Dans un article intitulé « My 2022 season Training and Racing » qu’il a lui-même rédigé fin 2022 pour le site open source manath.com, Kilian Jornet revenait en détail sur sa saison d’entraînement et de course, et sur sa façon d’anticiper ce qui pourrait ne pas bien se passer. Dans le paragraphe « La planification de mes courses », le champion espagnol expliquait l’importance d’avoir des réponses toutes prêtes, issues de son expérience, pour ne pas se retrouver dans le doute, l’ignorance et la tentation de l’abandon.

« Je ne planifie que ce que je peux planifier (carburant, équipement, entraînement, connaissance de l’itinéraire…) et je me prépare à affronter des inconnues (problèmes gastro-intestinaux, problèmes musculaires, mauvaise forme physique, blessures, sommeil, douleur…). Pour cela, je pense que l’expérience est un gros avantage qui me permet de ne pas paniquer en cherchant à comprendre ce qui arrive, et de prendre des décisions judicieuses qui m’évitent de dépenser de l’énergie supplémentaire. Généralement, en cas de problème, cela donne : Oh merde ! C’est arrivé → Pourquoi ? → Essaie de trouver pourquoi → Que dois-je faire ? : Arrêter ? C’est dangereux ? Ralentir ? Changer ma façon de courir ? Manger quelque chose de différent ? → Ok j’essaie ça… → Ça n’a pas marché, ré-analyse et essaie quelque chose différent… Ce processus prend beaucoup de temps et d’énergie, alors que chez moi, la réponse est automatique : Oh merde ! ​​C’est arrivé → Je change cela d’après l’expérience acquise. »

Lire l’intégralité de l’article de Kilian Jornet « Ma saison 2022 » ICI

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À force d’expérience, Kilian Jornet sait désormais comment réagir en cas de problème. Photo NNormal

Erreur d’ultra-trail n°4 : le piège du « plus c’est mieux »

Les ultra-runners ont tendance à tomber dans ce piège du « plus c’est mieux ». Ils pensent généralement que s’entraîner plus dur mènera à des niveaux de performance plus élevés. Pourtant, l’expression qu’il faut retenir n’est pas celle-ci, mais plutôt « travaillez plus intelligemment, pas plus dur ». Courir plus (du moins jusqu’à un certain point) peut effectivement être bénéfique, mais ce n’est pas toujours l’option que nous devons privilégier pour parvenir à de meilleures performances. Ainsi, plutôt que de simplement courir plus, prenez quelques minutes pour réfléchir par vous-même à vos points faibles. Est-ce votre alimentation en course ?Des problèmes récurrents de crampes ? Une appréhension à courir de nuit ? Après avoir fait cela, demandez à un ami proche, idéalement un partenaire avec qui vous vous entraînez souvent, ce qu’il en pense. Fait-il la même analyse que vous ?

Une fois que vous avez identifié certains domaines spécifiques à améliorer, trouvez les moyens de le faire. Renforcer vos faiblesses fera de vous un coureur plus équilibré lors des courses. Mais au-delà, cela vous conduira probablement à une plus grande durabilité et longévité dans le sport, et à de meilleures performances. À l’approche d’un nouveau bloc d’entraînement, vous réfléchirez donc aux domaines dans lesquels vous êtes le plus fort, que vous pourrez entretenir sans pousser, et surtout aux domaines d’amélioration. Travailler avec un coach ou un autre professionnel (nutritionniste, physiothérapeute, psychologue du sport ou thérapeute) peut être un excellent moyen d’identifier et de travailler sur ces domaines dans un environnement collaboratif, afin de recevoir un soutien pour donner le meilleur de vous-même.

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La course de nuit, un des points faibles fréquents des ultra-traileurs. Photo Ben Becker / Ledlenser

Apprenez à avoir une vue d’ensemble

Bien que nous nous concentrions souvent sur les aspects techniques précis du trail, tels que la posture, la foulée, l’art de la descente, etc, les principales erreurs que nous venons de lister ci-dessus nous rappellent que la vue d’ensemble de l’entraînement joue un rôle essentiel. Laissez votre entraînement se dérouler naturellement, écoutez votre corps et ne vous inquiétez pas trop des chiffres. Une fois sur le parcours, anticipez les pièges potentiels pendant les courses, tels que les problèmes d’estomac, les ampoules et les stratégies nutritionnelles en fonction des diverses conditions.

De nombreux athlètes et entraîneurs mentionnent également l’importance d’avoir un système de soutien – qu’il s’agisse d’un préparateur physique, d’un entraîneur de course à pied, d’un nutritionniste sportif, d’un coach mental ou d’un autre athlète. Il est en effet toujours utile de tirer des leçons de ceux qui les ont appris durement et peuvent partager leur expérience.

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Enchaîner 2 trails à la suite, espacés de seulement 1, 2 ou 3 semaines… C’est parfois tentant lorsque 2 épreuves rapprochées nous font envie, et que l’on veut profiter à fond de sa forme ou des offres d’une région. Même si c’est souvent risqué, c’est possible, et parfois payant. La condition : improvisation interdite, il faut savoir appliquer quelques grands principes de récupération et de surcompensation. Notre équipe technique vous aide à élaborer votre plan d’action !

Enchaîner 2 trails : bien récupérer dès l’arrivée du 1er trail

Si vous avez prévu d’enchaîner deux trails, commencez par faire le maximum pour optimiser votre récupération dès l’arrivée du premier. Buvez de l’eau, gazeuse de préférence, pour « tamponner » l’acide lactique que votre organisme a produit à l’effort. Et mangez des aliments glucidiques tels que fruits, pain d’épice, biscuits, etc. afin de recharger le plus rapidement possible vos réserves en glycogène et nourrir vos muscles.

Allongez-vous jambes surélevées dans un endroit calme et frais dès que vous en avez la possibilité. Evitez de rester debout en position statique. Vous pouvez par contre marcher un peu pour activer légèrement la circulation sanguine de vos membres inférieurs. Profitez des massages que les organisations des courses proposent très fréquemment. Si ce n’est pas le cas, faites-vous masser par un proche ou massez-vous vous-même, en remontant toujours des chevilles vers le cœur et sans provoquer la douleur. Vous pouvez aussi enfiler des chaussettes de récupération.

Vos premiers repas ne comporteront pas de viande, en privilégiant les protéines ovo-lacto-végétariennes (œufs, produits laitiers semi-écrémés, légumes secs, soja…), les légumes et les féculents. Évitez de vous coucher tard : bien dormir est la meilleure façon de bien récupérer. Ne vous forcez pas à aller courir le lendemain et le surlendemain si vous avez mal aux jambes (courbatures ou contractures). Faites plutôt un peu de natation ou de vélo sans forcer.

enchaîner 2 trails 1 Photo Evadict
Photo Evadict

Enchaîner 2 trails : comprendre vos programmes

LD = Lignes droites : Accélérations progressives sur 80 à 100m, de préférence sur terrain souple. Par exemple sur un terrain de grands jeux, avec accélération sur la longueur ou la diagonale, et récupération en trottinant dans la largeur.
20’ = 20 minutes
30’’ = 30 secondes
R’ : Temps de récupération en trottinant
RC : Temps de retour au calme en trottinant
FCM : Fréquence Cardiaque Maximum
*Spé trail pyramide : séance calibrée pour un trail d’environ 30km, à adapter en fonction de la distance préparée

Programme pour enchaîner 2 trails 2 week-ends de suite

Disons-le tout de suite, ce n’est raisonnable que si le premier est court (inférieur à 20km) car au-delà, l’organisme n’a pas suffisamment de temps pour se régénérer. Vous courez donc de gros risques de blessures, de grosse fatigue, et de déception sur votre second résultat. Sinon, que vous enchaîniez sur un 2ème trail court ou sur un plus long, votre semaine sera quasiment identique, avec une séance de VMA courte en milieu de semaine pour vous redonner du rythme. Si votre 2ème trail est long, c’est votre entraînement en amont qui aura été différent. Ce n’est en effet pas la dernière semaine que vous allez faire du quantitatif. Quoi qu’il en soit, dans l’idéal, cette 2ème épreuve ne devrait pas dépasser 30km. Au-delà, vous manquerez de fraîcheur si vous avez couru le week-end précédent en compétition.

enchaîner 2 trails en 1 semaine
Programme pour enchaîner 2 trails en 1 semaine. Source Esprit Trail

Programme pour enchaîner 2 trails en 15 jours

Que vous enchaîniez deux trails inférieurs à 25km, un trail court et un plus long ou vice versa, votre stratégie d’entraînement sera quasiment identique sur ces deux semaines, avec une VMA courte en milieu de 1ère semaine, une séance spécifique trail durant le week-end intermédiaire, et une autre séance de VMA courte en milieu de 2ème semaine. La seule différence concernera la séance à allure spécifique du week-end intermédiaire, qui devra être effectuée un peu plus rapidement si votre 2ème trail est court.

enchaîner 2 trails en 2 semaines
Programme pour enchaîner 2 trails en 15 jours. Source Esprit Trail

Programme pour enchaîner 2 trails en 3 semaines

Si vous disposez de trois semaines entre deux trails, vous allez pouvoir insérer un véritable cycle d’entraînement spécifique. C’est pourquoi il faudra adapter vos séances « spé trail » et « sortie longue » à la longueur de votre 2ème trail.

enchaîner 2 trails en 3S semaine 1
Programme de la 1ère semaine pour enchaîner 2 trails en 3 semaines. Source Esprit Trail
enchaîner 2 trails en 3S semaine 2
Programme de la 2ème semaine pour enchaîner 2 trails en 3 semaines. Source Esprit Trail
enchaîner 2 trails en 3S semaine 3
Programme de la 3ème semaine pour enchaîner 2 trails en 3 semaines. Source Esprit Trail

Programme pour enchaîner 2 ultras en 8 semaines

Deux mois sont vraiment nécessaires entre deux ultra-trails. Et cet intervalle ne sera suffisant que si vous avez d’excellentes conditions et capacités de récupération. Pour savoir si votre régénération se passe bien et vous ne courez pas droit vers un échec cuisant en envisageant de prendre le départ d’un 2ème ultra, faites le test suivant. Après une première semaine consacrée au repos, incluant de nombreuses heures de sommeil pour compenser la ou les nuits blanches passées dans l’effort, enfourchez votre vélo pour une petite sortie tranquille. Si vos muscles sont toujours fatigués et que pédaler réveille quelques douleurs tendineuses, accordez-vous quelques jours de repos supplémentaires en soignant votre récupération et vos douleurs si nécessaire, avant de retenter l’expérience.

Si vous êtes réfractaire au vélo, allez marcher d’un bon pas en étudiant vos sensations. Ne reprenez la course à pied que lorsque vos jambes retrouvent leur puissance et que vous sentez que tout va bien. Ne banalisez surtout pas l’effort que vous a imposé ce premier ultra. Il a fortement impacté votre organisme aussi bien au niveau musculaire qu’au niveau nutritionnel (taux de vitamines et minéraux), hormonal et mental.

Enchaîner 2 ultras : faites le point au bout de 3 semaines

Si la fatigue est toujours présente après trois semaines au cœur d’une sortie vélo très calme, c’est que votre organisme est marqué profondément. Ce n’est donc pas encore le moment de relancer la machine. De même, si vous êtes encore épuisé lors d’un footing d’une heure couru à rythme lent sur un parcours plutôt plat, commencez à vous faire à l’idée qu’il est plus raisonnable de renoncer à votre 2ème ultra. Faites votre choix sans contrainte extérieure, car c’est de votre santé et de votre énergie vitale à long terme dont il s’agit.

À l’inverse, si les sensations – et l’envie de forcer – reviennent peu à peu, vous pouvez passer à la phase suivante de préparation pour le second ultra.

Votre programme sur 8 semaines entre 2 ultras

Premier ultra le dimanche précédent la SEMAINE 1

1ère SEMAINE : Repos complet et soins.

2ème SEMAINE : Reprise légère avec deux petites randos d’1 à 2 heures et une sortie de vélo.

3ème SEMAINE : Une sortie de vélo de 2 heures / 2 footings d’une heure avec variations d’allure à l’envie / une rando-courses de 4 à 6 heures.

4ème SEMAINE : Deux sorties de vélo de 3 à 4 heures / 2 footings de 90’ avec 4 fois 8 minutes de 30 secondes vite-30 secondes trot / deux rando-courses de 5 à 7 heures.

5ème SEMAINE : Deux sorties de vélo de 4 à 5 heures et un footing de 90’ dans la semaine / week end choc de trois jours : une séance de dénivelé en continu d’au moins 1000 m de dénivelé et deux rando-courses de 5 à 7 heures.

6ème SEMAINE : Une sortie de vélo de 3 heures / 1 footing de 90’ avec 5 à 6 fois 8 minutes de 30 secondes vite – 30 secondes trot / une rando-course de 7 heures.

7ème SEMAINE : Une sortie de vélo de deux heures / un footing d’une heure / une rando de 3 heures

8ème SEMAINE : Trois footings de 30’ et trois jours de repos total

Deuxième ultra le dimanche en fin de la SEMAINE 8

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail Hors-Série N°10 Spécial Entraînement.

Vous pouvez vous le procurer en version papier ou en version numérique ICI

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Vous voulez passer un cap ? C’est le moment d’enrichir votre entraînement hebdomadaire avec un rendez-vous supplémentaire. Mais attention à bien le choisir pour ne pas risquer la fatigue ou la blessure… En fonction votre niveau de départ, de votre rythme d’entraînement (de 2 à 5 séances/semaine) et de vos objectifs à préparer (cross, trail court, trail long ou ultra-trail), nos programmes vous indiquent la meilleure séance pour réussir votre défi.

Rajoutez une séance par semaine pour progresser

Quand on débute, quelques sorties régulières en endurance suffisent pour s’améliorer, mais pour progresser encore au bout de quelques années d’entraînement, il faut rajouter une séance bien ciblée en fonction de l’objectif que l’on s’est fixé… Selon votre nombre initial d’entraînements hebdomadaires et l’épreuve que vous préparez (cross, trail court, trail long ou ultra), la séance supplémentaire sera différente. Nous vous proposons donc 16 séances à choisir précisément en fonction de votre cas de figure, replacées dans 16 semaines types à titre d’exemples à adapter à votre niveau d’entraînement et à faire évoluer au fil de votre préparation.

Photo Cyrille Quintard-cimalp
Photo Cyrille Quintard / Cimalp

Comprendre vos programmes

LD = Lignes droites : Accélérations progressives sur environ 80m de préférence sur terrain souple, par exemple sur un terrain de grands jeux, avec accélération dans les longueurs ou les diagonales et les récupérations dans les largeurs.
R’ : Temps de récupération en trottinant.
R’ en desc : Récupération en redescendant au départ de la côte à l’aise.
RC : Temps de retour au calme en trottinant.

Rajoutez une séance par semaine pour préparer un cross

Si vous courez 2 fois, ajoutez une séance de lignes droites
Elle va vous faire changer de rythme, par de courtes accélérations (voir encadré). Votre foulée va ainsi se délier et se préparer au travail de fractionné.

cross 2 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 3 fois, ajoutez une séance à 110% de VMA
Elle va vous permettre d’augmenter cette Vitesse Maximale Aérobie dont vous utilisez près de 95% sur un cross. En progressant à cette allure, vous serez plus à l’aise à la vitesse inférieure que vous devrez tenir tout au long de votre cross.

cross 3 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 4 fois, ajoutez une séance à vitesse spécifique cross
Parallèlement à l’amélioration de votre VMA (séance 3), elle va vous entraîner à tenir un pourcentage élevé de celle-ci, le pourcentage que vous allez devoir tenir tout au long de votre cross.

cross 4 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 5 fois, ajoutez un footing de récupération
Vu que votre entraînement est intense pour cette distance relativement courte, cette 6ème séance ne devra pas rajouter de fatigue et se fera toute en souplesse et en douceur pour favoriser votre régénération musculaire.

cross 5 séances
Source Esprit Trail

Rajoutez une séance par semaine pour préparer un trail court

Si vous courez 2 fois, ajoutez une séance plus longue
Elle va être indispensable pour tenir la distance de votre trail court. Commencez par 1h20, pour allonger jusqu’à 1h40-1h45.

trail court 2 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 3 fois, ajoutez une séance à 100% de VMA
Elle va vous permettre d’augmenter cette vitesse maximale aérobie dont vous utilisez environ 90% sur un trail court. En progressant à cette allure, vous serez plus à l’aise à la vitesse inférieure que vous devrez tenir tout au long de votre trail court.

trail court 3 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 4 fois, ajoutez une séance en accélération progressive
Difficile à maîtriser au début, elle vous apprend à améliorer votre ressenti et votre évaluation intime de votre allure.

trail court 4 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 5 fois, ajoutez une séance de Préparation Physique Spécifique
Consistant en éducatifs de pieds (montées de genoux, talons-fesses, bondissements, escaliers, etc.) et en travail des abdos et dorsaux (surtout en gainage), ce sera un gros plus pour tonifier votre foulée et vous permettre de supporter des vitesses plus élevées.

trail court 5 séances
Source Esprit Trail

Rajoutez une séance par semaine pour préparer un trail long

Si vous courez 2 fois, ajoutez une longue sortie
Elle va être indispensable pour tenir la distance de votre trail long, tout en sachant que 3 entraînements hebdomadaires sont vraiment un minimum pour préparer une telle épreuve. Commencez par 1h30, pour allonger jusqu’à 2h-2h15.

trail long 2 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 3 fois, ajoutez une séance de VMA longue
Elle va vous permettre d’augmenter le temps de soutien de votre vitesse maximale aérobie. En progressant à cette vitesse, vous serez plus à l’aise à l’intensité inférieure que vous devrez tenir tout au long de votre trail long.

trail long 3 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 4 fois, ajoutez une séance à allure spécifique
Difficile à soutenir au début, elle vous apprend à améliorer votre ressenti et votre évaluation intime de votre allure, de façon à ne pas partir sur un faux rythme le jour J.

trail long 4 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 5 fois, ajoutez une sortie vélo
Pour travailler votre endurance cardio-vasculaire sans traumatisme supplémentaire, votre 6e sortie se fera en vélo. Elle pourra d’ailleurs être réalisée le même jour que votre longue sortie, soit avant en pré-fatigue pour reproduire les sensations que vous aurez à la fin de votre trail long, soit après pour allonger la sortie en faisant tourner les jambes.

trail long 5 séances
Source Esprit Trail

Rajoutez une séance par semaine pour préparer un ultra-trail

Si vous courez 2 fois, ajoutez une rando course
Consistant à alterner marche en montée et course en descente et sur le plat, elle va être indispensable à la fois pour vous accoutumer à votre nouvel équipement (sac à dos, bâtons…), à assurer votre autonomie (ravitaillement solide et liquide) et pour tenir la distance de votre trail, tout en sachant que 3 entraînements hebdomadaires sont vraiment un minimum pour préparer un ultra trail, surtout s’il comporte beaucoup de dénivelé. Commencez par 3h30, pour allonger jusqu’à 7h-7h30 en fonction de la durée de votre épreuve.

ultra trail 2 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 3 fois, ajoutez une séance de côtes
Même si vous habitez en plaine, vous trouverez certainement une petite côte de préférence hors bitume, sur laquelle vous effectuerez le nombre de répétitions nécessaires en fonction de sa longueur, pour totaliser au minimum 15 à 20 minutes d’effort (sans compter les temps de récup en descente jusqu’à votre point de départ). Si vous avez plusieurs sites possibles, n’hésitez pas à varier les types de côtes au fil des semaines (courtes ou longues, peu pentues ou très raides, au sol lisse ou très technique, etc.) de façon à vous préparer à tous types de terrains.

ultra trail 3 séances
Source Esprit Trail

Fartleck et VTT, des compléments idéaux

Si vous courez 4 fois, ajoutez une séance de fartleck
Ce « jeu de course » (traduction de « fartleck » mot scandinave) en nature, consiste en accélérations à l’envie en fonction du terrain rencontré. Il vous apprend à améliorer votre ressenti et votre évaluation intime de votre allure, en l’adaptant à tous les terrains.

ultra trail 4 séances
Source Esprit Trail

Si vous courez 5 fois, ajoutez une séance de côtes en VTT
Le VTT est un très bon outil pour le renforcement musculaire, surtout en côte et en danseuse (debout sur les pédales). Les descentes au point de départ étant très rapides, les récups sont réduites et sans chocs, ce qui vous permet de cumuler le dénivelé sans traumatisme musculaire.

ultra trail 5 séances
Source Esprit Trail
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