Si vous voulez faire parler vos partenaires de course, ramenez le sujet de la posture sur le tapis : « Et toi, tu cours comment ? Le pied en avant, en arrière, en dedans, avant le genou, après le genou, le dos droit ? Et les bras ? En haut, en bas, descendus ou remontés ? » Vous êtes sûr de faire un tabac et de lancer un débat… Habituée à ces interrogations, l’équipe technique d’Esprit Trail vous propose 6 règles pour améliorer votre posture en course, illustrées par des photos d’une des plus belles postures et foulées du circuit, l’Américain Jim Walmsley.

Commencez par comprendre comment vous courez

Pour certains, il n’existerait qu’une seule et bonne façon de courir. Selon d’autres, la foulée, la posture ou la position seraient plus personnelles, plus individuelles. Elles prendraient en compte l’anatomie et la physionomie de chacun, mais aussi les ressentis, les sensations de course. Il est évident qu’une personne présentant une forte cambrure ne courra pas de la même façon que quelqu’un ayant une colonne vertébrale plus verticale. De même, des pieds plats ou creux donneront une foulée différente, etc. Mais bien prendre conscience de sa morphologie et de la manière dont on court donnera des pistes de progrès à chacun. Se faire filmer peut par exemple être une bonne idée pour se rendre compte de ce que l’on pourrait améliorer. Mais avant cela, comprendre ce qui se passe dans notre corps lors des différentes phases de notre foulée est un premier pas important…

Améliorer posture
Photo Instagram Jim Walmsley / RD

Améliorer votre posture en course : les 4 phases de la foulée

1 Avant l’impact
Juste avant que votre pied touche le sol, votre cerveau va envoyer un message à l’ensemble des muscles en mouvement pour qu’ils se préparent à l’impact.Les muscles se contractent pour tenir les articulations. Si la communication passe mal, l’articulation souffre.

2 L’impact, ou amortissement
Plusieurs études mettent en avant le point d’impact dans certaines blessures, comme les fractures de fatigue et les douleurs à répétition. Ainsi, plus l’impact au sol est grand, plus le risque de blessure est élevé. Avec une prédominance de blessures chez celles et ceux dont l’impact se situe loin devant le genou.

3 Le soutien, ou support
Cette phase intermédiaire n’est pas neutre. L’impact a eu lieu, tous les muscles sont relâchés, ce qui potentiellement représente le moment où le risque de blessure est le plus important. Toutes les articulations des membres inférieurs sont soumises à des forces qui peuvent représenter jusqu’à deux fois et demi le poids du corps.

4 L’extension, ou poussée
Le coureur exerce une poussée et remonte ses hanches au maximum. C’est la phase la plus délicate pour le dos.

Améliorer posture Photo Marz Merwe
Photo Marz Merwe

6 règles pour améliorer votre posture en course

Ces 6 règles vous permettront de savoir si vous avez une bonne posture de course, avec à chaque fois des pistes pour essayer de corriger vos éventuels défaut.

1 Ayez une bonne position
Votre dos doit être droit, votre buste relevé, votre tête bien droite et votre regard doit porter vers l’avant. Une mauvaise position peut engendrer des douleurs (au niveau des genoux, du dos, etc.) car votre poids de corps ne sera pas bien réparti.
> À essayer : musclez le haut de votre corps. Adoptez une bonne posture tout au long de la journée, quand vous marchez, en position assise, etc. afin que celle-ci devienne une posture naturelle.

2 Bougez les bras
Vos bras doivent aller de l’arrière vers l’avant, et vice versa. En effet, les bras jouent un rôle dans l’équilibre général du corps. Si vos bras bougent de droite à gauche, cela fait bouger votre buste et vos épaules.
> À essayer : pliez vos bras à 90 degrés et ne soyez pas crispé (ne fermez pas les poings). Gardez les coudes le long du corps et laissez-les se balancer simplement.

3 Adoptez une foulée légère
Ayez une foulée aérienne, avec un amorti plus léger. En diminuant l’impact au sol et les forces en contact, vous amenuisez les risques de blessure. En diminuant la vitesse, vous pouvez vous concentrer sur votre position.
> À essayer : faites du surplace pendant 10 secondes, puis courez 50 mètres en veillant à garder la même position. À faire trois fois avant le départ.

Améliorer posture Photo DR
Jim Walmsley et Sébastien Spehler lors du Grand Trail des Templiers 2022. Photo DR

170 à 180 pas par minute, la cadence idéale

4 Pensez au rôle des hanches
L’équilibre se situe au centre du corps. En vous focalisant sur vos hanches, vous restez inconsciemment plus droit, dans une meilleure position d’équilibre, sans vous pencher en avant.
> À essayer : gainez vos muscles quand vous courez, notamment la sangle abdominale.

5 Évaluez votre cadence
Par cadence, on entend le nombre de pas que vous faites en une minute. Plus vous en faites, plus votre foulée est courte, moins l’impact au sol est important. Avantage : cela peut soulager les articulations. Les experts internationaux s’accordent sur un chiffre : de 170 à 180 pas à la minute. Ce serait la cadence idéale. Vous pouvez compter le nombre de pas moyen que vous faites sur une minute et comparer. Si vous en faites moins, que vous n’avez pas de blessure particulière à signaler et que votre position est correcte, ne cherchez pas plus loin. Si en revanche votre cadence, trop faible, a des répercussions sur votre course, augmentez progressivement le nombre de pas par minute.

6 Courez avec vos fessiers
Contractez vos fessiers pendant quelques secondes plusieurs fois pendant la course. Cela suffit à les faire travailler. C’est important car cela vous permet de rester concentré sur votre corps et vos muscles pendant la course.

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Photo Marz Merwe

3 astuces en plus pour une meilleure posture en course

1 Allongez-vous avant de courir
À moins que vous ne sortiez du lit, votre colonne vertébrale se sera obligatoirement « tassée » parce que vous serez resté assis ou debout depuis plusieurs heures. C’est aussi souvent au niveau du dos que s’accumulent les tensions. Allongez-vous pendant quelques minutes, genoux pliés et tête légèrement surélevée (vous pouvez placer un livre sous votre tête) pour libérer votre colonne des tensions.

2 Courez lentement
C’est en courant lentement que vous pourrez vraiment décomposer votre mouvement et trouver ce qui cloche éventuellement. Votre pied est-il lourd ? Votre tête est-elle bien positionnée ? Si vous avez mal à la nuque, la réponse est non ! Votre buste est-il droit ? Petit à petit, vous pourrez trouver le meilleur mouvement.

3 Alignez votre corps
Les genoux verrouillés et le fémur dans l’alignement… Ainsi votre corps est parfaitement aligné, des épaules aux genoux en passant par les hanches. La plupart des gens courent comme s’ils étaient assis et ne s’en rendent pas vraiment compte, car ils ignorent les signaux envoyés par leur corps.

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail n°131

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Avec des journées qui s’étirent et du temps libre, l’été est le meilleur moment pour prévoir un entraînement adapté à son rythme biologique. Résultat : des séances plus efficaces. Mais encore faut-il savoir à quelle heure courir. Explications.

Planification estivale : choisissez les bons moments

C’est un fait, nos capacités physiques évoluent tout au long de la journée. Le matin, l’après-midi ou la nuit, l’organisme est plus ou moins apte à réaliser naturellement certaines activités. C’est ce que l’on appelle le biorythme. En clair, nous sommes physiologiquement mieux préparés à fournir un effort intense à des heures bien définies. Sans oublier que notre production hormonale varie elle aussi fortement du matin au soir (rythme circadien). De nombreux tests physiologiques ont ainsi démontré que les qualités athlétiques augmentent à certains moments de la journée.

En programmant vos sorties au moment les plus favorables, vous mettez donc toutes les chances de votre côté pour réaliser les meilleures séances possibles. Cette planification optimale tenant compte du biorythme va maximiser les bénéfices de l’entraînement. Et donc permettre une progression plus rapide. Bien sûr, lorsque l’on travaille, toute la difficulté est de faire coïncider son agenda, sa séance et un moment bien précis dans la journée. Mais c’est un problème surmontable, car fractionner votre entraînement ne limitera pas votre progression.

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Photo Esprit Trail

Planification estivale : la sortie longue le matin

Un des avantages de la sortie longue est de favoriser l’utilisation des lipides comme carburant principal, et d’entraîner l’organisme à soutenir un effort le plus longtemps possible. Ce qui induit une perte de poids. Pour cela, il faut courir (très) longtemps à une allure suffisamment lente. Idéalement, la meilleure heure pour ce type de sortie se situe plutôt en début de matinée. Même si la température corporelle est encore assez basse, c’est sans doute le bon moment pour un exercice d’aérobie basé sur la durée.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si pour certains coureurs le footing matinal est incontournable. Au vu des bénéfices obtenus, on peut le comprendre. Non seulement la sortie du matin permet à l’organisme de s’oxygéner, mais elle améliore également les connexions neuronales. Elle apporte au coureur la sensation d’être bien réveillé et en forme pour la journée.

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Photo Esprit Trail

Planification estivale : fractionnez l’après-midi

Au cours d’une journée, il y a deux pics importants pour le métabolisme : en fin de matinée et en fin d’après-midi. La puissance musculaire, le temps de réaction, la coordination neuro-musculaire et les capacités physiologiques sont alors à leur maximum. Un certain nombre d’études portant sur des joueurs de tennis ont notamment démontré que les meilleures performances se faisaient toujours entre 16 h et 18 h. C’est à ce moment de la journée que l’organisme est le mieux préparé à affronter un exercice physique intensif, avec de fortes contraintes musculaires et cardiovasculaires.

La température corporelle est également plus élevée en fin d’après-midi, permettant une meilleure évacuation de la chaleur et une réduction de la viscosité musculaire. Conséquence : cela limite les risques de blessure. En outre, le repas du midi aura aussi apporté les réserves énergétiques nécessaires. Bref, tous les paramètres sont réunis pour programmer vos séances de fractionné à ce moment-là. Avec l’assurance qu’elles vous apporteront un maximum de bénéfices.

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Photo Esprit Trail

Planification estivale : sachez organiser vos séances

Chaque type d’entraînement va solliciter différentes filières énergétiques. L’équilibre est toujours difficile à construire, car le principe est basé sur une récupération incomplète, mais suffisante. C’est précisément l’objectif de la diversification : en considérant l’entraînement dans sa globalité, et non comme une simple succession d’exercices, l’articulation des différents efforts va vous permettre de progresser.

Si, en règle générale, la plupart des coureurs programment leurs séances spécifiques tous les 2 ou 3 jours, le plus important est surtout de respecter un temps de récupération suffisamment long entre deux entraînements similaires. Par exemple, si vous fractionnez le mercredi ou le jeudi, idéalement la prochaine séance de fractionné sera placée 4 à 5 jours plus tard. Mais, entre les deux, vous allez pouvoir programmer d’autres types d’exercices. Votre organisme n’aura pas complètement récupéré, et devra donc s’adapter aux efforts demandés. Avec pour conséquence l’amélioration de votre niveau de forme.

Les coureurs expérimentés ont généralement besoin d’un minimum de 4 jours entre les séances de seuil, et de 4 jours entre les sorties longues. L’erreur à éviter sera de programmer des exercices similaires dans des laps de temps trop rapprochés. Vous risqueriez alors d’accumuler une fatigue excessive et de perpétuellement naviguer à la frontière du surentraînement, synonyme d’adaptation physiologique moins bonne et d’augmentation du risque de blessure. Si la récupération fait partie de l’entraînement, la planification des séances favorise la progression.

Planification estivale Photo Huckster
Photo Huckster

Planification estivale : prévoyez vos courses à l’avance

Autre paramètre important, la compétition complique nécessairement la donne. D’une certaine manière, vos jours de repos et vos différents entraînements hebdomadaires devront s’articuler autour de vos objectifs, mais toujours en gardant à l’esprit la compétition comme priorité. Difficile ici d’être très précis, tout dépend de votre niveau et de l’objectif préparé (distance, dénivelé, chrono visé).

Dans l’absolu, vous pouvez tout à fait planifier un trail de 10 ou 15 km tous les week-ends. Vous allez courir certaines épreuves plutôt pour l’entraînement, en restant « en dedans », et d’autre pour le chrono, à allure maximale. Cela vous permet de programmer vos semaines en fonction d’une compétition dominicale, et donc de jouer sur le niveau d’intensité pour éviter le surentraînement. À titre d’exemple, les bons coureurs peuvent parfaitement faire une séance de fractionné en milieu de semaine, une séance de fartlek le vendredi, récupérer le samedi et être en pleine possession de leurs moyens pour la compétition du dimanche.

Planification estivale : le programme type

Que vous soyez coureur débutant ou compétiteur à la recherche de performance, apprenez à adapter votre programmation hebdomadaire et à diversifier vos séances en fonction de votre niveau.

PLANIFICATION ESTIVALE a quelle heure courir
DR
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Si l’UTCAM propose six épreuves allant de 5 à 125 kilomètres, ce grand rendez-vous de début juillet est surtout l’occasion de participer à deux ultra-trails prestigieux qui vous permettront de découvrir l’arrière-pays niçois et, selon la course choisie, partir de la mer pour conquérir les montagnes ou découvrir la majesté du Mercantour, avec des panoramas exceptionnels à la clé. Que vous choisissiez le 75km et ses 4880m D+ ou le 115km et ses 7860m D+, la partie ne sera sans doute pas facile, mais le plaisir certainement total. Pour mettre toutes les chances de votre côté et devenir un ultra-finisher heureux, Benoît Girondel, vainqueur sur les deux distances et au départ du 75km en juillet prochain, vous offre ses conseils. Dont certains s’appliquent parfaitement à d’autres ultras…

UTCAM, un ultra pas vraiment « roulant »

La 9e édition de l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour se déroulera du 7 au 9 juillet, et proposera 6 parcours de trail, dont un Vertical de 5km. Si les courses du 10km, 30 km et 50km sont accessibles pour des traileurs débutants à confirmés, le 75km et le 125km s’adressent quant à eux à des coureurs chevronnés capables d’avaler de gros dénivelés et de maintenir leur effort sur au minimum une quinzaine d’heures, voire le double pour certains. Et ce n’est pas un hasard si de grandes pointures de la discipline ont inscrit leur nom au palmarès : Germain Grangier, Katie Schide et Benoît Girondel pour ne citer qu’eux…

D’ailleurs, les chronos de ce dernier sont un bon indicateur de ce qui vous attend : 17h09mn sur le 125km l’an dernier, soit 7,3km/h de moyenne, et 9h30 sur le 75km en 2021, soit 7,9km/h. Moins rapide que lUTMB 2022 gagné par Kilian Jornet à la vitesse moyenne de 8,68km/h sur 172km ! Vous l’aurez compris, ce n’est pas ce que l’on fait de plus « roulant ».

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Le profil de l’Utcam 75 km, une boucle autour de Saint-Martin-de-Vésubie
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Le profil de l’Utcam 125, au départ de Monaco vers Saint-Martin-de-Vésubie.

Préparation UTCAM : l’interview de Benoît Girondel

Revenir pour la 3e année consécutive sur l’ UTCAM est un signe : tu l’apprécies vraiment. Mais qu’est-ce qui t’attire autant sur cette épreuve ?

Benoît Girondel : Le repas d’après-course ! (Rires) Il faut absolument y aller pour le ravito d’après course : il est énorme ! J’ai fait pas mal de courses, mais franchement, l’organisation et tout ce qui est mis en place pour ce repas d’après course est énorme. C’est gargantuesque et c’est super bon ! Quand tu es bien cuit, souvent, tu as envie de manger, de boire un coup, et ce côté très convivial est super, c’est vraiment un bon moment où tu débriefes un peu ta course avec tout le monde, les bénévoles, les autres coureurs… C’est quand même plus sympa que de prendre sa médaille et de partir dans son coin…

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Si Benoît Girondel ne néglige pas les ravitos en course, il apprécie surtout le repas de fin de course ! Photo DR

Mais avant de passer à table, il faut quand même courir un peu, non ? Que penses-tu des deux parcours, le 75 et le 125 ?

BG : (Rires) Oui, il n’y a pas que le repas! Les deux parcours sont assez différents, même si la dernière partie du 125 est commune à celle du 75. Sur le 75, tu fais une boucle qui part et arrive à Saint-Martin-de-Vésubie. Or tout autour de Saint-Martin, c’est assez technique, il y a beaucoup de cailloux, des grosses montagnes, des bosses qui sont vraiment dures. Après, toute la partie dans le Mercantour est sacrément chouette. Mais dans l’ensemble, c’est rugueux tout le temps, c’est technique. Et puis il peut faire très chaud, ce qui rend la course encore plus dure.

Sur le 125, ce n’est pas pareil. Comme c’est une traversée, tu pars de Monaco pour te diriger vers Saint-Martin. C’est sympa parce qu’il y a différents paysages. Quand tu quittes Monaco et que tu commences à t’enquiller sur les terres, c’est pas trop technique, tu passes le col de Turini, ce sont des chemins assez roulants. Et puis petit à petit tu vas aller chercher la grosse montagne et ses chemins très techniques, pleins de cailloux.

UTCAM GIRONDEL Photo Lionel Lecourtier : Activ Images
Benoît Girondel en action. Photo Lionel Lecourtier / Activ Images

Quelles sont les principales difficultés des deux grands parcours de l’UTCAM ?

BG : Ce sont les mêmes, et elles concernent la fin des parcours, qui est très exigeante ! Il faut vraiment en garder sous la pédale pour ne pas arriver trop cuit. D’abord, entre la base de vie de Roquebillière (km80 du 125, km34,4 du 75, NDLR) et la cime surplombant le ravito du Relais des Merveilles (km94,6 du 125, km48,6 du 75, NDLR), il y a une grosse montée très raide et très exposée, avec plein de cailloux partout. En plein soleil, elle est terrible. Ensuite, juste après la sortie du Relais et un petit bout de goudron, ça part à droite avec une seconde montée très sèche de 6 kilomètres vers le point culminant de la course, la Cime de la Valette de Prals, à 2496 mètres d’altitude.

Après, ça redescend vers le ravito de la Madone de Fenestre (km106,8 du 125, km60,8 du 75, NDLR) pour enquiller direct avec une dernière montée très longue et raide aussi de 7 kilomètres vers la cime du Piagu (2338m). Et surtout, juste après, il y a une énorme descente dans les cailloux pour arriver à Saint- Martin-de-Vésubie, où tu n’as pas vraiment de répit. Si en plus il fait très chaud, comme l’an dernier, ça peut être terriblement dur.

Lire aussi notre interview : Benoît Girondel, une saison 2023 sous le signe de la Diagonale

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Le sourire de la victoire sur le 75km en 2021. Photo Organisation

Quels conseils d’entraînement donnerais-tu pour ce type d’épreuve ?

BG : Faire pas mal de rando ! En effet, c’est tellement technique qu’il faut être habitué à marcher avec des bâtons. Ça fait partie des courses, un peu comme la Diagonale des Fous à la Réunion, si tu veux être finisher, il ne faut pas privilégier la vitesse, la course et la performance, mais savoir marcher avec des bâtons. Et marcher vite, ça s’apprend. Car sur la fin du parcours, quel que soit le niveau du coureur, on marche pas mal et il faut prendre ce paramètre en compte. On peut aussi le faire sans bâtons – d’ailleurs j’avais fait le 75 sans bâtons –, mais il faut savoir pousser sur les cuisses, il faut être habitué. Si vous avez la possibilité de faire quelques recos avant, c’est toujours mieux. Surtout pour la fin.

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L’Utcam, une course exigeante mais des panoramas somptueux. Photo Organisation

Et quelques jours avant l’épreuve, tu coupes ?

BG : Je fais un gros bloc de préparation trois semaines avant, et j’essaie de surfer sur cette forme-là. Si je sens que j’ai les watts, j’essaie de garder ça, de ne pas trop couper, en faisant du vélo par exemple. Je ne réduis pas énormément non plus, j’essaie de faire des sorties, même deux ou trois jours avant, genre 15 ou 20 kilomètres, en intensité douce. Je considère que sinon, ton corps ne comprend pas trop. Si tu t’entraînes au taquet, puis que tu te reposes, puis que tu te remets dedans à fond, le message que tu envoies à ton corps n’est pas très logique, tu vas le traumatiser.

Le vélo, justement, tu en fais plus que les autres. C’est une stratégie ?

BG : Si j’en fais un peu plus que les autres, c’est sans doute dû à mon passé de cycliste sur route. Ce qui est bien avec le vélo, c’est que cela permet de faire des heures et du travail musculaire. Quand tu as fait une sortie de 3 ou 4 heures, il est plus facile de ressortir en fin de journée pour faire 2 ou 3 heures de vélo que pour faire une nouvelle séance de course à pied.

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Benoît Girondel saluant le public à l’arrivée. Photo Organisation
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En trail, même si c’est parfois frustrant, certaines sections ne vous laissent pas le choix : il faut marcher ! Mais si vous voulez éviter de perdre beaucoup de temps (et de places au classement), autant vous y préparer. Voici nos conseils pour devenir un bon marcheur.

La marche, paramètre de la course

Marcher fait partie intégrante de la gestion d’un effort sur une longue distance. L’allongement des distances et la course au dénivelé font qu’aujourd’hui, seule une petite poignée de coureurs peut prétendre réaliser un UTMB ou une Diagonale des Fous en passant davantage de temps à courir qu’à marcher. Certains coureurs, comme par exemple Benoît Girondel, vainqueur entre autres de La Diagonale des Fous, n’hésitent d’ailleurs pas à conseiller à ceux qui veulent se lancer dans un ultra de s’entraîner à marcher.

Ainsi, à propos de l’UTCAM, qu’il a déjà remporté 2 fois (sur 75 et sur 125 km), il dit : « Ça fait partie des courses, un peu comme la Diagonale des Fous à la Réunion, si tu veux être finisher, il ne faut pas privilégier la vitesse, la course et la performance, mais savoir marcher avec des bâtons. Et marcher vite, ça s’apprend. Car sur la fin du parcours, quel que soit le niveau du coureur, on marche pas mal et il faut prendre ce paramètre en compte. On peut aussi le faire sans bâtons, mais il faut savoir pousser sur les cuisses, il faut être habitué. »

Objectif : diminuer la fatigue musculaire

Attention cependant, marcher durant une épreuve de trail n’a rien à voir avec une simple balade. Il va vous falloir adopter une marche sportive volontaire, dans laquelle on s’efforce de maintenir un rythme de déplacement « rapide ». L’objectif étant de diminuer la fatigue musculaire induite par la course sans pour autant faire chuter de manière dramatique votre moyenne horaire.

Par rapport à la course, la marche supprime la phase aérienne et, avec elle, le retour au sol qui, selon les foulées, sera plus ou moins traumatisant. Les sollicitations des muscles des chaînes postérieures (lors de la poussée) et antérieure (lors du retour au sol) seront donc moins importantes en marche. Par ailleurs, marcher permet de réduire la pulsation cardiaque de 10 à 15 battements par minute. Certains soulignent cependant que le fait de marcher fait perdre le « ressort » ou effet de « rebond » occasionné par la foulée de course, même réduite. Si l’argument est recevable, il n’en reste pas moins que pour bénéficier de ce « ressort », les muscles des jambes sont plus sollicités que lors de la marche, même rapide.

Benoît Girondel lors de l’UTCAM 2021, en mode marche avec bâtons. Photo Lionel Lecourtier / Activ Images

Marcher rapidement, ça s’apprend

Reste que marcher rapidement s’apprend, car la biomécanique propre au coureur est alors chamboulée. Le temps de contact lors de chaque appui au sol est beaucoup plus long. De plus, le coureur, s’il n’a pas mémorisé la bonne technique, devra se freiner en permanence (mode excentrique) pour ne pas courir, engendrant une autre forme de fatigue et un échauffement prématuré de la voûte plantaire. Sauf si vous visez les premières places, il vous faudra intégrer la marche dans votre préparation car en trail, le relief dicte sa loi et implique d’opter pour la marche si l’on veut franchir la ligne d’arrivée dans de bonnes conditions. Le principe est d’adopter la marche rapide dès lors que l’on s’engage dans une forte pente ou dans une longue ascension. Selon la pente et la durée de l’effort, plusieurs techniques peuvent être utilisées.

Noémie vachon Golden Trail National Series
Noémie Vachon, membre de l’Équipe de France de Trail Court 2023. Photo Golden Trail National Series / DR

Marcher en mode Marche Rapide Classique

Ici, pas de technique particulière, il vous faudra juste passer du mode course au mode marche rapide ou randonnée sportive. Ce type de marche est à adopter sur des pentes où la course pourrait être maintenue si la durée de l’effort n’incitait pas à la prudence. Mais, attention, le pas doit être rapide afin de conserver une vitesse de déplacement proche de 4 km/h, alors qu’en mode balade, la vitesse peut vite s’approcher des 2 km/h en montagne. L’utilisation des bâtons peut s’avérer très efficace, soulageant vos articulations tout en augmentant votre vitesse de déplacement.

Lire aussi notre article : Bâtons de trail, êtes-vous sûr de bien les utiliser ?

Marcher en mode Pente Raide

Lorsque la pente est très raide, vous pouvez adopter le « pas du montagnard ». Il s’agit alors de marcher le buste en avant avec les mains posées sur les cuisses. Chaque poussée d’une jambe étant accompagnée d’une poussée de la main sur la même jambe. Parmi les spécialistes de ce type de marche rapide, l’Américaine Courtney Dauwalter est redoutablement efficace. Pour les « forts en bras », les bâtons pourront prendre le relais du pas du montagnard avec une poussée franche lors de chaque pas.

Deux types de poussées sont possibles avec les bâtons : il y a ceux qui plantent lors de chaque pas les deux bâtons en même temps (en général à l’aplomb ou juste derrière des chevilles) et ceux qui adoptent une poussée plus classique avec une alternance droite/gauche. L’expérience acquise à l’entraînement est, dans ce cas, très importante pour découvrir quelle technique vous convient le mieux. Il n’est pas rare, d’ailleurs, que des coureurs adoptent les deux techniques lors d’un trail selon le terrain et leur état de fatigue.

BON MARCHEUR ZEGAMA
La montée du Sancti Spiritu, à Zegama-Aizkorri, une montée que seuls 4 ou 5 athlètes arrivent à gravir sans marcher en poussant sur les cuisses. Photo GTWS

Marcher en mode Rando-Course

Ce mode devra être celui de l’ensemble de vos sorties longues. Ce qui implique d’adopter la marche rapide sur les montées dès le début de votre sortie, même en l’absence de fatigue musculaire. Si vous attendez la fin de la séance pour marcher, vous ancrerez ce rythme dans votre mémoire et il y a de fortes chances pour que vous adoptiez la même gestion le jour J. Mais, cette fois-ci, ce ne sera pas dans le cadre d’une sortie longue, mais d’une course… De plus, en répétant le plus souvent possible les phases de marche rapide lors de votre entraînement, vous développerez plus efficacement votre condition physique de marcheur. Vous serez alors plus efficace et économe en course.

Lire aussi notre article Comment bien choisir et mieux utiliser vos bâtons

Entraînement marche : la semaine type

La semaine type pour un coureur de trail long (ou d’ultra) devra comprendre une sortie longue en mode rando-course (de 3h à 6h pour un ultra) durant laquelle la marche rapide sera adoptée dès les premières pentes. Lors de la phase de marche rapide, votre fréquence cardiaque ne devra pas descendre en dessous de 70-75 % de votre fréquence maximale. Utilisez les bâtons en fonction de votre stratégie de course (dès le début ou en seconde partie de course).

Pratiquez au moins deux fois par semaine des exercices de renforcement musculaire du haut du corps type pompes et tractions, afin d’optimiser l’utilisation de vos bâtons. Enfin, une fois par semaine après un footing en endurance, vous pourrez, sur une pente raide, faire six à huit montées sur 1 minute d’effort en marche, en poussant fortement sur les bâtons.

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Courir ne suffit pas quand on veut devenir un traileur prêt à affronter le sentier sans risque ! Le renforcement musculaire apparaît alors comme une nécessité, tant pour se préserver que pour performer. Comment le faire efficacement ? Et comment le faire sans s’en lasser au fil du temps ? Vincent Cadoret vous livre les principales clés pour renforcer vos muscles durablement.

Le renforcement musculaire, la clé anti-blessures

Se renforcer, c’est d’abord se ménager pour réduire le risque de blessure à l’usage. Le renforcement musculaire réduit significativement les douleurs articulaires et tendineuses, surtout chez le débutant dont les tissus ne sont pas encore forgés pour le trail. Si elle est raide, technique et/ou longue, le débutant apprend à ses dépens qu’une descente peut faire siffler les genoux et chanter les chevilles. Seul le renforcement musculaire peut faire cesser durablement ce concert douloureux.

Ce que nos muscles ne peuvent plus absorber, fait souffrir les tendons. Inversement, ce qui renforce nos muscles soulage nos articulations. C’est – presque – aussi simple que cela. De ce point de vue, le renforcement musculaire est une nécessité pour une pratique du trail en bonne santé. Quel plaisir ensuite de jouer avec le terrain et prendre de la vitesse sur une descente technique !

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Photo Dynafit / DR

Le renforcement musculaire : un élément de performance

Pour Eric Lacroix, célèbre coach ayant entrainé les plus grands traileurs, l’endurance de force est la clé. Sa méthode d’entraînement « RAIDER » conjugue la course à pied et le renforcement musculaire. Tantôt le footing est un échauffement au renforcement, tantôt le renforcement est une pré-fatigue aux exercices d’intensité en course à pied. C’est ainsi que fonctionne son célèbre Myo-Cross Max.

Pour Sébastien Cornette, fondateur des Écoles de Trail, et auteur d’ouvrages de référence, c’est la force qui est davantage ciblée. Son constat est celui d’un affaiblissement musculaire générationnel. Chaque génération est plus faible que la précédente. Sa méthode envisage donc le renforcement comme un pilier, voire un préalable, quitte à rogner sur le sacro-saint volume kilométrique qui fut longtemps la bible de l’ultra-traileur comme du marathonien.

On pourrait citer aussi Thomas Lorblanchet qui a travaillé sur le lien qui existe entre le développement de la force et l’amélioration de la performance. Mais une fois admise la nécessité de se renforcer, encore faut-il s’y tenir sur la durée. Rares sont ceux qui y trouvent le même plaisir qu’en course. La bonne volonté peut alors s’étioler aussi rapidement qu’une résolution du Nouvel An oubliée dès la Chandeleur.

Renforcement musculaire : 3 recettes pour vous aider à durer

1 – Associer le renforcement et la course à pied

Vous aimez courir ? Vous aimez l’entraînement, y compris en ce qu’il a de difficile ? Corsez vos séances en y incluant un exercice de renforcement ! Le Myo-Cross Max d’Eric Lacroix fonctionne sur ce principe. Il s’agit de débuter par une posture de chaise sur 30 à 45 secondes, de poursuivre par une course à intensité soutenue sur une côte de 150m environ, et de récupérer sur la descente avant de répéter l’exercice.

Sébastien Cornette préfère quant à lui les exercices dynamiques aux exercices isométriques. Par exemple, une de ses séances consiste à courir un 400m après avoir effectué des jump squats. Les combinaisons sur ce principe sont infinies. On peut ainsi imaginer remplacer la chaise du Myo-Cross Max par des jumps squats. Ou inclure des burpees dans une séance de 30 secondes / 30 secondes. Ou encore remplacer un temps de récupération active par des jumping jacks. Ces associations sont stimulantes. Elles brisent la monotonie en même temps qu’elles favorisent les progrès.

Quelques règles élémentaires toutefois. Soyez prudents sur la vitesse après un exercice isométrique (chaise par exemple). Privilégiez une accélération progressive plutôt qu’explosive, pour éviter une lésion musculaire. Choisissez par ailleurs un exercice de renforcement musculaire que vous avez déjà travaillé sans course et que vous maîtrisez. Vous devez pouvoir réaliser l’exercice correctement même en étant fatigué. Ces précautions prises, à vous de jouer et d’inventer vos séances-phare.

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Enchaînez jumps squats et course à pied. Photo Meghan Holmes

2 – Pratiquer des mini-séances

Il est difficile de conjuguer le programme idéal d’entraînement avec la vie familiale et la vie professionnelle. Le temps manque et les débutants rognent sur les séances de renforcement au profit des séances aérobie ou anaérobie. Fort heureusement, on peut se renforcer sans forcément y dédier une séance hebdomadaire. Sébastien Cornette estime que moins de 5 minutes suffisent déjà à des exercices efficaces. Que ce soit quelques minutes le matin (pour un réveil musculaire qui permet d’entamer la journée du bon pied) ou en fin de journée (pour évacuer le stress emmagasiné), les occasions sont multiples de prendre quelques minutes pour réaliser des exercices.

À titre personnel, j’applique la règle des trois « 5 » : 5 minutes le matin, 5 minutes le soir, 5 jours par semaine. Cela fait déjà 50 minutes hebdomadaires (en plus ou à la place des autres séances), sans trop d’effort, avec un sentiment de bien-être accru. Allez à l’essentiel et variez les exercices.
– De la proprioception (ex : appui unipodal avec mouvement de la jambe libre).
– Du gainage (ex : planche, statique ou avec des mouvements de jambe).
– De la pliométrie (ex : fentes avant, simples ou sautées)
ou encore des exercices qui combinent tout cela (ex : squats sur une jambe ou mountain climbers)
Vous pouvez fonctionner aux répétitions et réaliser 2 à trois exercices en 5 minutes. Vous pouvez également choisir un exercice dynamique en TABATA : 20 secondes d’exercice, 10 secondes de récupération, à répéter 10 fois.

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Exercice de gainage. Photo Nike

3 – Se renforcer en famille

C’est une manière ludique de pratiquer le renforcement. Avec vos proches, que vous vous lanciez des challenges (qui tient le plus longtemps en chaise ? Qui fait le meilleur temps sur une série d’exercices ? etc) ou que vous inventiez des jeux (ex : les enfants sur les genoux pendant la chaise), la séance partagée donne souvent lieu à des sourires, voire des fous rires. Assez simple à organiser si le foyer compte plusieurs coureurs à pied. Plus difficile si vous êtes le seul traileur de la maison car il faudra motiver vos proches. Néanmoins, le renforcement musculaire peut bénéficier à tous. Renforcer les muscles dorsaux profitera toujours, tant le mal de dos est le mal du siècle. Le travail excentrique des ischio-jambiers donnera une toute autre dimension à vos randonnées en famille. Il suffit de trouver l’exercice adapté à l’âge et à la condition de chacun. Ensuite, il ne reste plus qu’à faire les choses sérieusement, mais sans se prendre au sérieux !

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail N°130

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Qui tiendra le plus longtemps ? Photo DR
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Ah, la passion du trail ! Nombreuses sont les coureuses qui, à peine sorties de la maternité, se demandent quand elles vont pouvoir rechausser les baskets et repartir sur les chemins. Patience, votre organisme a subi de gros bouleversements. Reprendre trop vite, trop tôt, pourrait s’avérer désastreux. Pour Esprit Trail, Marie Delafontaine vous délivre tous les conseils pour une reprise en douceur…

Après un accouchement, commencez plutôt par un sport porté

En règle générale, il ne faut vraiment pas être pressée de reprendre les footings après l’accouchement. Recommencez plutôt par des sports portés, car il faut que les organes reprennent leur place dans votre corps. Si vous avez pris du poids pendant votre grossesse, vouloir recourir avant de l’avoir perdu, tout au moins en grande partie, vous conduira tout droit vers les blessures. Quand vous courez, vos articulations supportent quatre fois le poids de votre corps. Si vous êtes trop lourde, c’est dangereux pour vos chevilles, vos genoux, votre bassin, etc.

Pour perdre les kilos amassés durant ces 9 mois, préférez la marche nordique, le vélo ou le home-trainer, sur des durées de 45mn à 1h30 par jour en moyenne. Si vous aimez l’eau, la natation, l’aquarunning, l’aquabiking ou l’aquagym seront au moins aussi bénéfiques. Pour aller à la piscine, attendez tout de même que le col de l’utérus soit bien fermé et qu’il n’y a plus de lochies (écoulement utérin après l’accouchement), cela vous évitera les risques infectieux.

N’hésitez pas par ailleurs à profiter de toutes les occasions qui se présentent dans la vie courante pour marcher d’un bon pas. Laissez la voiture au garage pour tous vos déplacements de moins de 2km. Et ne vous inquiétez pas, votre condition physique va progressivement revenir.

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Après une telle aventure, prenez le temps avant de rechausser les baskets. Photo DR

Vous avez toute la vie pour courir !

Pour le moment, c’est une autre aventure qui s’offre à vous. Oubliez la compétition, vous n’avez pas à envier vos amis quand ils s’entraînent pour les trails auxquels vous preniez part avec eux les années précédentes. Prenez le temps de vous occuper votre bébé, de lui parler et de vous projeter dans l’avenir avec lui… Profitez bien de ce tout petit qui va grandir si vite. Inventez des activités physiques que vous pourrez pratiquer avec lui. Procurez-vous une poussette à 3 roues bien suspendue, qui vous permettra la marche très active lorsque vous sortirez avec lui, voire la course si vous investissez dans un modèle spécifique.

Un home-trainer, vélo simple ou elliptique, sera très pratique pour profiter du moindre temps disponible pour faire un peu d’exercice tout en gardant l’œil (ou l’oreille !) sur lui. Trouvez-vous de nouveaux objectifs, comme vous inscrire aux bébés nageurs et faire de nouvelles connaissances. Continuez à prendre soin de vous, ayez une alimentation riche en vitamines et minéraux et la plus saine possible. Mettez tous vos sens en alerte de façon à apprécier pleinement votre environnement.

Quel timing pour reprendre la course ?

Impossible de donner un calendrier précis de reprise, tant les vécus diffèrent en fonction de la façon dont se sont déroulés la grossesse et l’accouchement. Il est évident que si durant votre maternité, vous avez dû rester alitée de longues semaines pour ne pas perdre votre bébé, vous aurez beaucoup plus de mal à recourir que si vous avez pu rester active quasiment jusqu’au bout.

Si vous avez accouché par césarienne ou dû subir une épisiotomie, le délai avant de pouvoir reprendre le sport varie en fonction de votre cicatrisation et peut s’allonger à plusieurs mois. Si vous avez enchaîné deux grossesse rapprochées, la deuxième sera souvent plus fatigante, d’une part parce que vous n’aurez pas complètement récupéré de la première, et d’autre part parce que vous devrez vous occuper d’un enfant en bas âge durant celle-ci, avec tous les problèmes de manque de sommeil ainsi que de la nécessité de le porter et de vous pencher en avant pour le faire marcher par exemple.

Le timing de reprise va aussi dépendre en grande partie de si vous allaitez ou non votre bébé. C’est très souvent ce qui fera la différence entre une femme capable de recourir trois mois après avoir accouché, et celle qui ne reprendra que six mois plus tard.

Photo Thule : DR
Photo Thule / DR

Quand reprendre si tout s’est bien passé ?

En règle générale, vous pourrez recommencer par de la marche et du vélo à petites doses un mois après l’accouchement, une fois votre rééducation post-natale terminée. N’hésitez pas à pratiquer ces activités durant deux mois avant de réattaquer la course : celles qui ont été trop pressées de reprendre les footings, s’en sont souvent mordu les doigts, avec des problèmes de périnée, de blessures et/ou de carences.

Restez attentive aux signaux de votre corps (fuites urinaires en particulier) et n’hésitez pas à stopper votre effort si vous ne le « sentez pas ». Vos ligaments mettront 5 à 6 mois en tout pour reprendre leur tonus. Par prudence, respectez au total un délai de trois mois avant de « secouer » vos organes avec la pratique de la course à pied.

Surtout, recommencez seule, vraiment à votre rythme. Allez-y de façon très progressive en alternant avec de la marche, et en augmentant séance après séance, la part du running, pour arriver à 30 ou 40mn de course en continu après un mois à ce régime. Si tout se passe bien, vous pourrez alors allonger vos séances et reprendre un entraînement normal.

6 étapes essentielles pour une reprise sans problèmes

1 – Faites une séance d’ostéopathie. Les os de votre bassin ont été écartés. Une visite chez un bon ostéopathe, le plus tôt possible après l’accouchement, aidera votre corps à retrouver sa position naturelle.

2 – Faites des séances de rééducation du périnée. Cela vous évitera ensuite les fuites urinaires à l’effort et, plus grave, les descentes d’organes.

3 – Allez-y doucement sur les abdos. La reprise des abdominaux doit se faire en privilégiant le muscle transverse et toujours en relation avec le travail du périnée. Commencez un mois après l’accouchement, par des exercices de respiration abdominale, puis des exercices de gainage.

4 – Pas de running tant que vous êtes en surpoids. Vous n’allez pas retrouver tout de suite votre corps de jeune fille, surtout si vous allaitez. Le poids de corps ne retrouve que progressivement son niveau antérieur, ce qui surcharge dans un premier temps les articulations et les tendons. Reprenez par des sports portés (vélo, natation, etc.), puis alternez très progressivement avec des séances de marche course sur des sols bien souples.

5 – Vos seins ont besoin de soutien. Faites l’acquisition d’un soutien-gorge ou d’une brassière de sport assurant un maintien très ferme de votre poitrine. Et si cela ne suffit pas, vous pouvez porter deux brassières l’une sur l’autre.

6 – Si vous vous sentez fatiguée, demandez à votre médecin de faire un bilan complet. De cette façon, vous pourrez envisager une prise de compléments vitaminés et/ou une cure de fer, en cas de carences décelées.

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail n°130

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Les derniers articles

À partir de 40 ans, comment freiner la baisse de ses capacités physiques, voire s’améliorer sur certains points ? Grâce à une hygiène de vie rigoureuse et un entraînement bien conduit, vous pourrez faire fructifier certains atouts, en n’oubliant jamais que pour un trailer master, le plus gros challenge est de ne pas se blesser. Pour Esprit Trail, Charles Rey vous détaille pas moins de 12 aspects à travailler pour rester dans la course !

1 – La régularité

Après 40 ans, chaque arrêt sportif demande encore plus d’effort pour retrouver de l’aisance et de bonnes sensations. Alors, même un peu, même lentement, bougez et sollicitez vos articulations et vos muscles. Pour rester en forme pendant très longtemps, mieux vaut un peu au quotidien, que énormément un jour, puis plus rien pendant une semaine.

2 – Le renforcement musculaire

Sans aller jusqu’à fréquenter les salles de musculation, les séances de côtes vous permettent une musculation dans le geste, avec notamment un renforcement de vos membres inférieurs. Trouvez-vous donc une petite montée près de chez vous pour pouvoir y aller régulièrement, et n’hésitez pas à accentuer la montée de genoux dans les phases d’accélération. À vous de ressentir la juste implication.

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Photo DR

3 – La vitesse maximale aérobie

Conservez toujours une séance de fractionné de qualité par semaine, en vous concentrant sur le rythme et la qualité de votre foulée, que ce soit sur un stade ou dans la nature. En réduisant votre volume général de kilomètres, en réalisant quelques séances de 30sec vite/30sec lent, et en rajoutant un peu de travail au seuil sur des fractions un plus longues, vous allez redécouvrir que votre corps est moins rouillé que vous ne le pensiez !

4 – Le bon choix de vos chaussures

Investissez dans du matériel de qualité, en particulier dans des chaussures adaptées à votre morphologie et à votre type de pratique. Au premier signe d’usure, changez-en ! Ne succombez pas à la tentation du minimalisme et privilégiez la qualité de l’amorti, car si à 20 ans vos muscles et tendons sont assez souples pour encaisser les tensions suscitées par ce type de chaussures, les traileurs masters n’ont plus la capacité de s’adapter à cette nouvelle sollicitation extrême.

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Photo Esprit Trail

5 – La foulée

Votre appui au sol doit être furtif et tonique. Pour travailler cela, commencez par courir sur la pelouse d’un stade, si possible pieds nus en vous concentrant sur vos sensations. Une fois ce ressenti acquis, enfilez des chaussures légères, et peu à peu accélérez l’allure. Pour améliorer votre foulée, vous pouvez aussi faire des montées de genoux, des talons-fesses et des bondissements, suivis d’accélérations progressives de façon à transférer la tonicité dans le geste. La difficulté sera de garder la qualité de contact de pied au sol que vous aurez acquise grâce à ces exercices.

Lire aussi notre article Améliorez votre foulée pour courir plus vite

6 – Les abdos en gainage

Si vous pouvez monter les genoux et ramener les jambes au plus vite vers l’avant, c’est grâce à votre bassin, qui joue un rôle essentiel dans ce mouvement de balancier permanent avant-arrière. Pour qu’il soit bien placé et solide, il vous faudra rajouter à votre programmation plusieurs séances par semaine d’abdos en gainage.

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Lire aussi notre article Musclez tout votre corps en seulement 5 minutes par jour

7 – La planification

Au-delà de 40 ans, il est difficile de vouloir faire un grand nombre de trails dont des longs et un ou plusieurs ultras. À ce rythme, vous vous retrouvez vite un spectateur frustré de ne plus pouvoir courir à cause de blessures à répétition qui ne veulent pas guérir. Il va vous falloir faire des choix, qui doivent être construits à partir de ce que vous avez vraiment envie de faire vous-même, et non pas pour exister aux yeux des autres. C’est le privilège de l’âge ! Planifiez donc vos objectifs dans l’année et organisez vos entraînements en microcycles et en macrocycles.

8 – La récupération dans votre programme

Faites toujours 2 entraînements faciles en endurance après une séance de qualité. Respectez au minimum un jour de repos complet sportif par semaine après 40 ans, et deux après 50 ans. Et dans la plupart des cas, au-delà de 60 ans, alternez un jour de course, un jour d’un autre sport, un jour de repos. De même, choisissez soigneusement vos compétitions et n’enchaînez pas les épreuves difficiles sans un temps de récupération indispensable.

9 – Les sports annexes

La qualité de votre entraînement se mesurera à son éclectisme, subtile alchimie entre intensité, récupération, endurance, et diversité des sports sculptant votre musculature de manière harmonieuse. Faire du vélo, de la natation, de la randonnée en montagne et même du yoga, complétera idéalement vos séances de trail en leur offrant des bases plus larges.

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10 – Le retour d’expérience

Pour progresser après 40 ans, il faut avant tout pouvoir courir à différentes allures, donc éviter les douleurs invalidantes. L’un de vos atouts viendra de l’expérience et la sagesse acquises au cours des années, et surtout de votre capacité à bien les utiliser. Après de nombreuses années à courir, vous devez vous connaître par cœur et savoir ce qui vous fait du bien et ce qui vous « casse ». Au-delà de 40, voire 45 ans, le moindre excès se paie cash par une douleur ou un surmenage.

Sachez déceler la fatigue avant qu’elle ne s’installe : un sommeil agité, une irritabilité inhabituelle, des crampes au repos… Au moindre signe, levez le pied sur les séances. De même, évitez les grands défis et fixez-vous des objectifs raisonnés en fonction de vos capacités. Tenez à jour un cahier d’entraînement très personnalisé dans lequel vous noterez le maximum d’informations pour vous y référer au fil des ans.

11 – La qualité du sommeil

C’est en dormant que vous allez faire fructifier vos séances d’entraînement. Après 40 ans, il faut faire un choix : faire la fête et peu dormir, ou s’entraîner. Favorisez votre qualité de sommeil en évitant les séances dures de sport après 19h. Ne regardez pas la télé dans votre chambre, ni l’écran de votre smartphone. Prenez un repas léger et digeste le soir, terminé deux à trois heures avant le coucher. Essayez aussi de faire chaque jour une mini sieste.

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12 – L’hygiène de vie

Il en va de la course à pied comme des autres activités. Si à 25 ans, vous pouviez récupérer d’une nuit blanche en un clin d’œil, grignoter n’importe quoi en guise de repas sans inconfort digestif ou bourrelets sur les hanches, à partir de la quarantaine, votre crédit « bêtises » est révolu. Et il va vous falloir payer cash toutes vos incartades. Adoptez une conduite alimentaire qui marie plaisir et bien-être. Votre capacité à continuer à bien courir sera dépendante de votre volonté de concilier des nécessaires moments de « convivialité » et de plaisir, avec un équilibre de vie au quotidien…

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Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail n°130

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Pour progresser en aisance et en performance, les spécialistes du 10000m et du marathon savent que la séance au seuil est la clé de la réussite. Ce modèle de séance est transposable pour le trail si on sait la mettre en place et la programmer avec justesse. Les techniciens d’Esprit Trail vous expliquent les fondamentaux de ce qui va être votre prochaine étape de traileur performant.

Qu’est-ce qu’une séance au seuil ?

Le principe de la séance au seuil est d’habituer son organisme à tenir un rythme au plus près de ses limites sans les entamer. Pour faire simple, on dira que la séance se fait à l’intensité d’un trail d’une heure, qu’elle développe les capacités physiologiques et prépare à l’effort de la course. Le coureur sur route a pour contrainte principale de tenir un rythme régulier pour réaliser une performance cible. Il va donc s’entraîner progressivement pour être en équilibre d’oxygène sur ce rythme et réaliser sa performance. Ses entraînements se découperont en séances de seuil allant de 6x1000m jusqu’à 3x3km près de l’objectif. Combiné à des sorties en endurance de 1h à 1h30, et à des séances d’intervalles courts pour améliorer sa VMA et la qualité de la foulée, le principe de la performance est posé.

Mais en trail, avec ses distances disparates, ses chemins granuleux, ses incessantes montées et descentes, à quoi sert la séance au seuil ?

À quoi sert la séance au seuil, version trail ?

Même si le rythme est décousu en trail, les portions courues sont majoritaires pour une grande partie du peloton, et l’aptitude à être à l’aise à bon rythme déterminera votre capacité à performer. La grande différence sera de devoir supporter ces incessants changements de rythme et de posture. L’attitude du grimpeur, du descendeur ou de l’équilibriste sur pierriers et racines, ne ressemble en rien à l’effort du routard rasant le bitume en tenant son immuable tempo.

Le traileur doit aller vite, mais sur des terrains variés, avec des différences d’allure imposées par le profil ou les caractéristiques du sentier. Un mauvais pierrier doit vous contraindre à ralentir ? C’est l’occasion de récupérer ! Une descente sur une large piste vous impose un rythme élevé pour garder votre place ? Il vous faut savoir être relâché ! Une montée raide vous fait hésiter entre marche et course ?

Voilà des situations concrètes qui s’éprouveront encore mieux à haute intensité pour que votre corps intègre des automatismes qui seront très efficaces lors de votre prochain trail. C’est le but des séances de seuil version trail qui vous feront développer de nouvelles aptitudes au vite-lent-vite en situation, très loin des séances de 30s rapides – 30s lentes des routiers ou pistards.

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Photo Esprit Trail / DR

Adaptez votre séance au seuil à votre objectif trail

En premier lieu, il vous faut bien connaître l’épreuve que vous préparez. Étudiez sur le site web de la course, les caractéristiques de celle-ci (roulante ou montagneuse, plus ou moins technique, etc.). Cherchez ensuite dans la nature un parcours de 1 à 3km, en boucle, en étoile, en huit, comme bon vous semble, que vous pourrez répéter plusieurs fois. Le circuit devra comprendre l’ensemble des types de difficultés et d’obstacles que vous rencontrerez sur votre trail objectif.

Pour trouver les conditions nécessaires à ce type de séance, il vous faudra sans doute un minimum de recherches géographiques. Vous pourrez aussi programmer des « stages-vacances » dans des sites adaptés à votre prochain objectif. Quelques jours en montagne pour celui qui veut réussir à Chamonix, un gros week-end à la plage avec des étendues de sable et des dunes pour celui qui part courir le Marathon des Sables…

Le principe est bien de développer vos qualités proprioceptives et de lecture du terrain. En variant les sols de nombreuses fois, vous assimilerez peu à peu des aptitudes nouvelles. L’idée est de vous placer à chaque fois face à cette problématique : maîtriser votre potentiel physique dans un cadre imposé et irrégulier et avec des contraintes techniques toujours différentes. C’est ce qui fait la magie du trail !

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Photo Brooks

Bien construire sa séance au seuil, mode d’emploi

Dans un premier temps, vous allez courir pour faire le meilleur chrono possible sur un tour. Faites la même chose sur 2 tours enchaînés, puis sur 3, pour atteindre 30mn d’effort en fonction de votre objectif et de la longueur de la boucle réalisée. Pourquoi vous chronométrer sur un tour dans le premier cycle de préparation ? Pour ressentir objectivement ce qui est le plus performant, avec peu à peu la capacité à aller vite sur les portions sans difficulté, à récupérer en marchant vite en montée ou dans les parties techniques, à relâcher en descente, etc.

Oubliez la fonction cardiofréquencemètre de votre montre, et faites un retour au naturel en privilégiant vos sensations. Vous en sortirez gagnant, car c’est en adaptant votre rythme du jour à votre ressenti interne que vous deviendrez un coureur expert. Vous serez d’ailleurs surpris de constater que, plutôt que de tout vouloir faire « à fond », votre temps au tour sera meilleur en acceptant de ralentir sur les parties techniques, en marchant dans les montées raides et en vous relâchant sur les descentes rapides, pour ainsi aller beaucoup plus vite sur les portions qui le permettent. De plus, au fil des tours, votre aptitude à récupérer pendant les portions techniques sera plus grande. C’est un apprentissage : relâchement et concentration conjugués, relance et récupération alternées.

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Photo DR

Séance au seuil : à chaque type de trail sa séance

Pour les trails en montagne : une boucle incluant une montée de plus de 20% forçant à la marche, un faux-plat montant, un sentier délicat avec pierres et racines, une descente très raide avec des virages à angle droit, une piste large en descente facile, un bout de plat sur sentier sans obstacles, etc.

Trails roulants en moyenne montagne ou pleine campagne : une boucle incluant un passage très boueux, du hors-sentier dans un champ d’herbes hautes, un ruisseau à sauter, une clôture à enjamber, un faux-plat montant, une descente sur une petite route, un passage en forêt avec des racines, etc.

Pour les trails dans le désert : une boucle incluant un passage dans du sable mou, une dune à grimper, un passage sur sable dur, un sol très caillouteux, une large piste où le regard porte au loin, etc.

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail n°130.

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Les derniers articles

La charge et l’efficacité de vos entraînements ne se mesurent pas uniquement au nombre d’heures, à la distance ou aux mètres de dénivelé parcourus. Votre engagement personnel et la difficulté perçue sont très importants aussi. Mais comment les quantifier ? Voici quelques clés données par les équipes techniques d’Esprit Trail pour mieux évaluer vos charges d’entraînement et en tirer les conséquences utiles pour progresser.

Charge d’entraînement : il n’y a pas que la durée, la distance et le dénivelé qui comptent !

Après chaque séance, vous savez combien de temps vous avez couru. Si vous connaissez votre altitude de départ et les différentes altitudes auxquelles vous êtes passé, vous pouvez en déduire le dénivelé que vous avez grimpé et descendu. Et si vous avez une montre GPS – elles sont de plus en plus abordables financièrement et de plus en plus précises -, vous avez aussi une idée des vitesses que vous avez soutenues et de la distance que vous avez parcourue…

Par delà les multiples applications qui analysent vos sorties, téléchargeables sur votre Smartphone, nous vous conseillons de noter au jour le jour tous ces chiffres, ou de garder en mémoire dans votre ordinateur les données récoltées à chaque sortie. Cela vous permet de comparer et d’analyser d’année en année vos programmes de préparation à tel ou tel objectif. Vous pourrez ainsi faire évoluer votre pratique en essayant de reproduire ce qui vous a conduit au succès et d’éviter ce qui n’a pas fonctionné.

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Photo DR

En cumulant les distances parcourues, les durées et les vitesses d’entraînement, vous obtenez les chiffres caractérisant le travail que vous avez fourni. On décortique presque tous nos bilans de type Strava de fin d’année ! Mais la même sortie ou séance n’aura pas les mêmes effets sur deux traileurs de niveau différent. Pour l’un ce sera une agréable balade de santé, tandis que l’autre sera épuisé au retour.

Pour évaluer la charge d’entraînement de chacun d’eux, connaître leurs fréquences cardiaques respectives est primordial, ainsi que leur ressenti sur la difficulté de l’effort qu’ils viennent de fournir. Rester à trouver le moyen de les quantifier…

Charge d’entraînement : la méthode des trimps (training impulses)

Sa version basique, qui nécessite tout de même le port d’un cardiofréquencemètre, propose de multiplier le temps d’effort en minutes par la fréquence cardiaque moyenne soutenue durant cet effort. Si par exemple vous courez 1h30 (90mn) à une moyenne de 120 pulsations par minute, vous obtenez 10 800 trimps. Si vous courez 1h (60mn) à une moyenne de 140 pulsations par minute, vous obtenez 8 400 trimps. Cette méthode des trimps est cependant controversée, car elle sous-estime la fatigue engendrée par l’intensité d’un effort par rapport à sa durée.

Pour améliorer sa fiabilité, Foster (et all) l’a modifiée en déterminant 5 zones d’intensité en fonction du pourcentage de Fréquence Cardiaque Maximale. Ces zones vont de la zone1 – 50 à 60% de FCM -, à la zone 5 – 90 à 100% de FCM. Le nombre de trimps est alors calculé en fonction du temps passé dans chaque zone (nombre de minutes multiplié par le numéro de la zone. Cela donne bien sûr des chiffres complètement différents de ceux de la méthode basique, et qui ne peuvent pas être comparés entre eux.

Avantage de la méthode des trimps

Pour quantifier votre charge de travail, il vous faut donc choisir l’un ou l’autre de ces deux modes de calcul. Mais quel que soit celui que vous retiendrez, lorsque vous effectuerez une séance de fractionné, il faudra faire ce calcul pour chaque phase à intensité différente, puis additionner les trimps correspondants, et non pas vous contenter de la durée globale et de la FC moyenne, qui sous-estime la charge totale. Le gros avantage des trimps, c’est qu’ils vous permettent de prendre en compte dans l’estimation de votre charge d’entraînement les efforts que vous réalisez dans des sports d’endurance autres que la course à pied (vélo, ski de fond, natation, marche nordique, etc.). À condition bien sûr de toujours porter un cardiofréquencemètre.

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Photo Dynafit

Comment quantifier la charge par le ressenti

A côté des données objectives de durée, de vitesse, de distance, de dénivelé et de fréquence cardiaque, votre ressenti du jour par rapport à l’effort accompli est aussi à prendre en compte pour mesurer l’impact d’une séance ou d’une succession de séances sur votre état de fatigue. L’échelle de perception de l’effort de Borg note ainsi de 0 à 10 les degrés de difficulté (du très faible au maximum absolu), en passant par 3 (modérée), 5 (forte) et 7 (très forte). À la fin de chaque entraînement, vous vous auto-évaluez et vous mettez une note à l’intensité de votre effort en vous basant sur vos sensations physiques et psychiques.

Lire aussi notre article : Echelle de Borg et perception de l’effort, comment ça marche

Et l’une des méthodes les plus simples pour évaluer la charge d’un entraînement, c’est de multiplier le degré perçu par la durée (en minutes) de l’effort. Ainsi pour une séance d’1h (60 min) à allure soutenue avec un degré de difficulté perçu comme fort (5), on obtiendra une valeur de perception de difficulté de 5 x 60 = 300 points de charge. Pour un footing cool d’1h30 (90 min) avec un degré de difficulté perçu comme modéré (3), on obtiendra une valeur de perception de difficulté de : 3 x 90 = 270 points de charge. On obtient ainsi une charge inférieure pour la séance la plus longue. En cas de séance de fractionné, il faudra bien sûr comptabiliser chaque période séparément selon son degré de difficulté perçue, puis additionner les points obtenus.

Mesurez l’impact de chaque séance

Cela devient laborieux, mais heureusement la plupart des montres cardio-GPS font désormais ce calcul pour vous en fonction de votre âge et du ressenti que vous indiquez pour votre séance, et vous informent ainsi sur vos charges cardiaque et musculaire, ainsi que sur le nombre d’heures de repos à respecter avant votre prochain effort. Avec toutes ces infos, vous aurez une idée plus précise de l’impact de chaque séance et vous pourrez les comparer. Cela vous permettra aussi de vous rendre compte si vous travaillez trop souvent aux mêmes intensités et de rectifier le tir en y mettant plus de variété. Cette évaluation peut paraître subjective, mais des études ont montré que les différents niveaux de ressentis de fatigue sont bien corrélés à des phénomènes physiologiques tels que l’élévation du taux des lactates ou l’atteinte du seuil ventilatoire.

Charge d’entraînement : comment utiliser ces mesures ?

En vous permettant de mesurer votre état de fatigue, ces mesures vous donnent la lucidité nécessaire pour adapter votre programme d’entraînement. Ou, tout au moins, votre prochaine séance,, afin de prévenir le surentraînement. Elles vous apprennent ainsi à piloter votre fatigue qui, si elle est bien maîtrisée, est une vraie source de progrès, alors que si elle est mal gérée, vous allez stagner ou vous blesser. Elles vous donnent aussi les moyens de prendre en compte les charges de vos activités physiques annexes, et de combiner la pratique de différents sports de façon optimale.Ces mesures vous permettent également de mieux gérer les périodes d’entraînement intense, ou d’enchaînement de compétitions plus ou moins rapprochées, en vous incitant à planifier des périodes de récupération pour bien utiliser la surcompensation.

Toute séance d’entraînement provoque en effet une fatigue qui nécessite un temps plus ou moins long de récupération au cours duquel l’organisme va réagir pour se défendre de l’agression qu’il vient de subir. Lorsque cette récupération se poursuit au-delà de l’équilibre perdu, on entre dans la phase de la surcompensation où vos capacités montent à un niveau supérieur à celui que vous aviez avant d’effectuer votre séance. Si vous mesurez bien votre fatigue, vous saurez déceler ce moment où celle-ci aura disparu et où il sera donc temps de refaire une séance à forte charge qui vous permettra de progresser.

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail n°130.

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Le problème des sorties longues en trail, c’est que le plus souvent la blessure sera au rendez-vous. Alors osez le deux roues, comme par exemple Benoît Girondel, double vainqueur de la Diagonale des Fous et grand adepte de la bicyclette. Comment bien utiliser le vélo pour au final être plus fort en trail ? Voilà les fondamentaux à maîtriser.

Conservez votre charge d’entraînement avec le vélo

D’abord une évidence : un traileur ne doit pas s’entraîner comme un cycliste. Le cycliste va multiplier les heures de selle, développer ses aptitudes à rouler en peloton, et s’efforcer à maîtriser l’art de la descente à 80km/heure… Tous ces apprentissages, très ardus à partir d’un certain âge, vous seront inutiles pour intégrer du vélo dans votre entraînement de traileur.

Monter sur son vélo quand on est traileur, c’est d’abord chercher à préserver son capital physique. Et agir en prévention d’un grand nombre de blessures. C’est en plus une certaine rupture avec une monotonie de l’entraînement, pour un regain de motivation. C’est enfin la possibilité de favoriser la récupération des séances pédestres de manière active sur son vélo. Ainsi, le lendemain d’une sortie longue, vous aurez tout intérêt à remplacer votre footing récup par une sortie vélo sur le plat en moulinant.

Le vélo, en remplaçant en totalité ou en partie votre sortie longue, va d’abord vous aider à conserver intacte, voire à augmenter votre charge d’entraînement sans vous blesser. Et, ce n’est pas négligeable, vous permettre également d’arrêter de courir quelques jours tout en gardant la forme. Par exemple quand vous aurez un début de douleur, pour éviter qu’elle ne se transforme en vilaine blessure.

Sortie vélo 3 Photo Ekoi DR
Pour la récup le lendemain d’une course ou d’une sortie longue, optez pour le vélo et moulinez… Photo Ekoi

Le vélo, mais pas que !

Le défi, quand on prépare un trail, c’est d’allonger les durées d’effort sans pour autant perdre en qualité de pied. Et sans se blesser. Vous pouvez bien sûr remplacer intégralement une sortie longue par une sortie vélo, mais cela ne doit être qu’occasionnel. Et seulement en tout début de préparation. En effet, le vélo ne pourra pas remplacer complètement la course à pied. Certaines qualités sont indispensables pour réussir en trail, et le vélo ne les développe pas : la force du pied, la proprioception en tout terrain, l’aptitude à courir vite.

La sortie longue « croisée », mode d’emploi

C’est dans une alternance de pratiques que l’on trouvera le bon équilibre. Le plus intéressant sera de faire des sorties longues dites « croisées ». Elles permettent d’allonger les séances et d’y adjoindre de la qualité en minimisant les risques de blessure.

Concrètement, il faut procéder comme suit. Sur deux jours, on fera le premier jour une séance de fractionné, en effort sous-maximal, en cherchant le dynamisme de foulée. Le deuxième jour, on commencera par 30mn de footing facile, puis on montera sur son vélo pour 2h de sortie, et enfin on reprendra ses trainings pour 30mn à 1h. En fin de séance, vous serez sorti 2h30 à 3h, sans la fatigue musculo tendineuse que vous auriez si vous l’aviez fait tout en courant.

Ce « duo » est très bénéfique. A répéter 3 à 4 fois sur une préparation de 3 mois, en stoppant 3 semaines avant le trail objectif. Les bénéfices à tirer de ce choix sont principalement liés à la réduction des fortes contraintes musculo-tendineuses de la course à pied.

Sortie vélo 3 Photo Ekoi DR
Photo Ekoi

Vélo ou VTT, quelles différences ?

Le vélo de route va vous permettre de travailler dans la durée en maîtrisant les intensités. Vous pouvez, sur la route, avoir une allure régulière sur une montée de col en réalisant un effort un seuil. Vous pouvez aussi alterner des vite / lent / vite avec des portions assis en danseuse, pour muscler vos cuisses et le bas de votre dos.

En VTT, le terrain plus instable et l’irrégularité du profil va développer vos aptitudes à l’agilité et au renforcement du haut du corps pour tenir la machine. Mais attention aux chutes dans les deux cas ! En vélo de route, le danger vient plutôt de le circulation automobile. En VTT, c’est le sol et vos aptitudes à piloter qui seront à bien appréhender.

Sortie vélo Photo BUFF
Photo BUFF

Le bon style de pédalage

La seule aptitude technique sur un vélo qui demande un peu d’apprentissage, est de savoir pédaler « rond ». Sur votre vélo, une fois les premiers kilomètres passés, cherchez à sentir ce que vous faites en pédalant sur une portion plate. Votre pied appuie sur la pédale, puis tire vers l’arrière, et ensuite remonte la pédale par un mouvement de traction vers le haut. En combinant l’effort de vos deux jambes, vous parviendrez ainsi à rouler « rond », c’est-à-dire à pédaler sans saccades, avec un mouvement d’entraînement qui maintiendra facilement votre rythme.

Les pros recommandent 100 tours pédales par minute, mais pour le coureur à pied, ce n’est pas vraiment important de respecter ce rythme, et tirer un gros braquet vous procurera un bon renforcement musculaire. Les traileurs auront d’ailleurs intérêt à se hausser fréquemment en danseuse, debout sur les pédales, avec un mouvement qui reproduit de très près le geste du coureur, le choc plantaire en moins. La position bec de selle, dos bien à plat, bras gainés pour tirer les jambes vers le haut sans saccades, vous sera moins utile, sauf lors des « bouts droits » sur le plat quand il faudra lutter contre vent.

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Le travail en danseuse peut être très bénéfique pour le traileur. Photo Ekoi

Le récap : avantages et inconvénients du vélo pour le traileur

Avantages
Capacité à développer l’endurance par les sorties longues sans souffrance articulaire et posturale.
– Renforcement musculaire du bas du dos et des cuisses.
– Diversification des parcours d’entraînement et possibilité de faire de « belles sorties ».
– Absence de choc au sol.

Inconvénients

– Désaccoutumance aux chocs plantaires et aux efforts excentriques de la course à pied, surtout dans les descentes.
– Perte de proprioception.
– Perte d’aptitude à la vitesse des coureurs.
– Danger de la circulation automobile.
– Prix d’un bon matériel.

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail Hors-Série Spécial Entraînement 2023.

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