C’est une question qui divise. D’un côté, les adeptes du cassé de buste, de l’autre, ceux qui préconisent de ne pas trop se pencher. Sans compter l’autre débat : mains sur le haut des genoux ou le milieu des cuisses ? On a fait le tour de la question.

Montée raide : le cassé de buste de Courtney Dauwalter

Si la littérature sur la façon d’aborder des pentes raides en course est nombreuse, quelques règles semblent faire l’unanimité, parmi lesquelles 2 principales : pour grimper efficacement, il ne faut pas trop casser le buste mais plutôt essayer de maintenir le haut du corps redressé pour une respiration optimale. Ensuite, il faut appuyer les mains de préférence sur le haut des genoux, plutôt que sur le milieu ou le haut des cuisses.

Ceci étant dit, certaines images restent gravées dans la mémoire, parmi lesquelles celles de l’Américaine Courtney Dauwalter, très fatiguée à la fin de la Diagonale des Fous 2022, le buste complètement cassé en 2, poussant sur ses cuisses pour venir à bout d’une montée raide. Une position peu orthodoxe, allant à l’encontre de la théorie, mais qui illustre le fait qu’entre la théorie et la pratique, c’est surtout à l’individu de trouver le meilleur rendement, en fonction de son état de fatigue, de son ressenti et de ses possibilités du moment.

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Courtney Dauwalter lors de la Western States Endurance Run 2023 : poussée au niveau des genoux, mais buste cassé à 20°. Photo DR

Montée raide : se pencher en avant oui, mais pas trop

Pour contrer l’effet de la pente, les coureurs (ou marcheurs quand la pente devient trop raide) ont souvent tendance à trop se pencher en avant. Se pencher en avant est naturel et permet de décaler le centre de gravité en dehors du polygone de sustentation, donc de rompre l’état d’équilibre du corps et d’obliger l’individu à avancer pour ne pas tomber (un corps cesse d’être en équilibre quand la verticale passant par son centre de gravité tombe en dehors de son polygone de sustentation).

Cependant, trop se pencher et casser le buste va avoir 2 conséquences. La première, c’est que votre centre de gravité va être trop déporté en avant de vos pieds, et entraîner un déséquilibre trop important, au lieu de se retrouver juste au-dessus de la pointe des pieds, qui est la position la plus efficace. Vous aurez donc tendance non pas à avancer efficacement vers l’avant, mais à vous écraser vers l’avant, et devrez faire des efforts supplémentaires pour contrer cet effet et vous redresser. La seconde, c’est qu’en cassant trop votre buste, vous allez altérer votre respiration en réduisant le volume de votre cage thoracique. En faisant plus d’efforts pour respirer, votre taux d’oxygène dans le sang va diminuer, celui de gaz carbonique augmenter et… vous vous épuiserez plus vite.

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Jean-Philippe Tschumi lors du Grand Raid de La Réunion 2022. La poussée s’effectue trop haut sur les cuisses et perd de son efficacité. Photo Organisation

10°, l’inclinaison optimale du buste

Les différentes études sur le sujet s’accordent à dire que pour une pente inclinée entre 15 et 20% (considérée comme raide mais pas extrême), une inclinaison du buste de 10° en avant (ce qui est peu) et une inclinaison supplémentaire de la tête de 10° également (ce qui fait que l’on regarde à environ 2 mètres devant soi) est la meilleure position pour monter le plus efficacement possible. Faites le test vous-même : trouvez une pente d’environ 15% (limite entre montée facile et difficile) et montez-la rapidement en marchant. En penchant votre buste à 10°, vous constaterez que vos muscles abdominaux sont relâchés, ce qui facilite le travail du diaphragme et permet ainsi d’optimiser le temps abdominal de la respiration, qui est le plus efficace pour la performance.

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Casquette Verte lors du Grand Raid 2022 : bonne inclinaison du buste, mais mains un peu trop haut sur les cuisses. Photo DR

À l’inverse, en penchant votre buste à 20 ou 30°, vous allez sentir une pression abdominale plus forte, qui empêchera la respiration abdominale d’être complète. Pour compenser, vous devrez donc faire appel au temps thoracique de la respiration, plus fatigant et moins performant. L’Italien Marco Olmo, double vainqueur de l’UTMB, avait une technique bien à lui pour conserver son volume thoracique dans les montées : il grimpait avec les bras et les mains dans le dos !

Inclinaison du buste et tensions musculaires

Par ailleurs, une inclinaison du buste de 10° permet aux muscles vertébraux, cervicaux, dorsaux et lombaires de se relâcher, donc de consommer moins d’oxygène et de provoquer moins de douleurs. À l’inverse, une position plus penchée vers l’avant va créer des tensions musculaires, donc plus de consommation d’oxygène, et surtout des risques de douleurs qui se paieront cher au moment de redresser le buste pour reprendre la course sur le plat ou en descente.

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Christel Dewalle sur les pentes extrêmes du KV du Mont-Blanc : l’inclinaison du buste est alors logiquement supérieure à 10°. Photo Gaetan Haugeard

Appui des mains : sur les genoux ou sur les cuisses ?

Contrairement aux idées reçues, c’est en prenant appui juste quelques centimètres au dessus des genoux que l’aide de vos bras sera la plus efficace, et non au milieu, voire en haut de vos cuisses. Si là encore le ressenti du coureur – ou sa capacité à reproduire le bon geste, dans des moments où généralement la pente est raide et l’effort intense – est différent pour chacun, il existe une logique purement mathématique derrière cette affirmation.

En effet, les bras interviennent à la fois pour soulager l’effort musculaire demandé aux cuisses, mais aussi et surtout pour additionner les deux forces en présence. Or plus la trajectoire de la force additionnelle liée à la poussée des bras sera orientée vers l’avant du coureur, plus elle sera efficace. À l’inverse, dans le cas d’une poussée des bras sur le milieu ou le haut des cuisses, la trajectoire de la force additionnelle sera moins orientée vers l’avant, donc perdra en efficacité.

Attention, en vous servant de vos bras pour pousser sur vos jambes, vous allez adopter une position qui va refermer votre cage thoracique et entraver votre respiration, avec les conséquences que nous avons évoqué précédemment. Il sera donc important de conserver les épaules les plus ouvertes possible, quand bien même la technique utilisée impose l’inverse.

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Hillary Gerardi au Kilomètre vertical du Mont-Blanc, buste incliné à 15°, mains poussant sur le haut des genoux. Photo David Gonthier
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Monument de l’histoire de la course à pied, la SaintéLyon est devenue un véritable phénomène et la plus grande course nature de l’hexagone en terme de participants. Mais si courir la nuit au cœur d’un immense ballet de frontales sur les crêtes des monts du Lyonnais est synonyme de magie, pour que cette magie opère, il faut la préparer. Et pas à la dernière minute. Si vous avez bien entretenu votre foncier, voici comment gérer les 4 dernières semaines avant de vous lancer à l’assaut de la doyenne des courses d’ultra.

La SaintéLyon, un profil piégeux qui nécessite une bonne préparation

La SaintéLyon est révélatrice de la forme de fin de saison. Car avoir accumulé un trop gros nombre d’épreuves en automne risque de peser sur la course, qui fait 78 kilomètres pour 2020m de D+ et 2350m de D-. Or la SaintéLyon exige de la fraîcheur et une bonne préparation physique. Si le dénivelé total n’est pas insurmontable, toute la difficulté réside dans la longueur de la course et dans l’accumulation des petites bosses. C’est le type d’épreuve qui demande un savant mélange de résistance et d’endurance, ainsi qu’une bonne gestion de course.

Il faut ainsi impérativement avoir déjà un bon foncier et être capable de courir plusieurs heures en endurance. Le profil roulant du parcours fait que vous allez devoir courir souvent et longtemps, et que vous aurez moins de possibilité de récupérer en marchant, comme dans un trail long en montagne. Sorties longues, seuils assez longs et même des séances de fractionné sont indispensables pour se préparer au mieux. Ne négligez pas non plus les séances de côtes en résistance sur des pentes pas forcément raides, mais suffisamment longues. De plus, l’entraînement devra aussi se faire en priorité sur chemins accidentés pour reproduire au maximum les conditions de course.

Lire aussi SaintéLyon 2023, tout savoir sur le nouveau parcours

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Photo Peignée Verticale / D.Rosso

Préparation SaintéLyon : entraînement nocturne obligatoire

Point essentiel de la préparation, l’entraînement nocturne. La course de nuit est complètement différente de celle de jour, le relief éclairé à la frontale rend la perception du terrain différente, et il faut s’habituer à prendre confiance dans ses appuis et rester concentré. Il est donc nécessaire de faire quelques sorties de nuit ou en soirée à la frontale pour s’habituer au matériel et au changement de repères. Attention également au petit matin. C’est à ce moment qu’un changement de métabolisme peut survenir. Le passage de la nuit au jour peut perturber des organismes déjà usés par des heures de course. Quelques sorties juste à l’aube vont vous permettre de vous habituer à produire un effort à un moment où, physiologiquement, nous sommes plus habitués à dormir.

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Photo Peignée Verticale / D. Rosso

Votre programme 4 semaines pour préparer la SaintéLyon

Une SaintéLyon et ses 78 kilomètres ne s’improvise pas en partant de zéro. Une expérience d’une année minimum de course à pied est indispensable avant de prétendre prendre le départ sans risque. Ce plan en 4 semaines s’adresse donc à des coureurs expérimentés, habitués à 2 ou 3 sorties hebdomadaires incluant des séances spécifiques (vitesse et seuil). La séance du lundi est optionnelle. Une séance active (vendredi/samedi) peut être effectuée une fois par semaine, de nuit, à la frontale.

PLAN SAINTELYON
Source Esprit Trail
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En grosse souffrance mentale lors de sa première participation à la TDS en 2021, l’athlète du Team Cimalp Flavie Bruyneel a réussi cette année à actionner les bons leviers pour réaliser une course pleine malgré les conditions extrêmes. Résultat : un podium à Chamonix, à la 3ème place, derrière Maryline Nakache et Fiona Porte. Elle vous livre quelques clés pour renforcer votre mental.

Flavie Bruyneel, une détermination à toute épreuve

Après des études de médecine, puis de langues et de commerce, Flavie Bruyneel est aujourd’hui professeure de yoga et se passionne pour tout le travail lié à la respiration et à la façon dont on peut guider ses pensée. Curieuse de tout, elle tient difficilement en place. Installée à proximité de Chambéry, c’est dans la pratique du trail et d’expériences qui sortent de l’ordinaire qu’elle exprime sa passion pour la montagne. Sa force : la persévérance. Ses résultats 2023 parlent d’eux-mêmes : 4ème du MIUT 85 (85km et 4700m D+) en avril, vainqueure de la Grande Traversée (100km et 6600m D+) du Grand Raid du Guillestrois-Queyras en juillet, 3ème de la TDS (145km et 9100m D+) en août.

Lire aussi Résultat TDS : Maryline Nakache et Christian Meier domptent l’enfer

Flavie Photo Kilian Moni
Photo Kilian Moni

Renforcer son mental, clé n°1 : Connaître son pourquoi

“Le premier conseil que je donnerais est de prendre pleinement conscience que si on est sur une course, c’est parce qu’on l’a choisi et que c’est une chance de pouvoir vivre cette expérience dans un tel environnement. Lorsque des pensées négatives surviennent, c’est le premier réflexe à avoir : ne pas subir, mais se dire qu’on a de la chance d’être là et qu’on est capable d’aller au bout. La visualisation avant la course peut aider. Pour ma part, je m’imagine courir, je me vois passer la ligne d’arrivée. Ça me permet d’être dans l’état d’esprit de finir quoi qu’il arrive et quel que soit le résultat.”

Renforcer son mental, clé n°2 : Vivre l’instant présent

“Être dans l’instant présent sera mon second conseil. Courir en introspection, être dans ses sensations, ses émotions, réussir à trouver ce qu’il y a de positif même quand on est dans le dur – sauf en cas de grosse blessure évidemment. Personnellement, je travaille sur l’instant présent à la fois lors de mes entraînements et mes courses. Cela permet également de dégager tout ce qui est pression. J’ai la conviction que le positif attire le positif.

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors de ma dernière TDS : je suis arrivée très relâchée, je me suis mise dans ma bulle en me disant que tout allait bien se passer et qu’il fallait que je vive chaque moment intensément. Et lorsque j’ai pris conscience que mon cerveau commençait à négativer, à me dire que ça n’allait pas, que j’en avais marre, que la météo n’était pas cool, que j’avais froid, j’ai réussi à faire un switch rapide pour aller chercher des pensées positives liées à l’instant présent, me dire que j’étais là, en forme, que j’avais mes deux jambes…

Ce switch, je n’avais pas réussi à faire sur la TDS en 2021. À partir du 70ème kilomètre, j’avais été aspirée par des idées négatives, j’avais souffert et subi mentalement la course, je n’avais eu aucun plaisir.

Être dans l’instant présent, c’est aussi savoir poser le cerveau, le mettre en off, réussir à prendre tout ça comme un jeu. Par exemple, lorsque je suis dans une descente difficile, je vais essayer de prendre ça légèrement, de me dire que c’est comme dans un entraînement, que je suis une petite gazelle qui va essayer d’éviter les cailloux. Être dans mes appuis, mes sensations, dans l’environnement immédiat.”

Flavie Bruyneel Photo Cyrille Quintard cimalp
Être dans l’instant présent, en course comme à l’entraînement. Photo Cyrille Quintard / Cimalp

Renforcer son mental, clé n°3 : Aller chercher le truc en plus

“C’est quelque chose de plus personnel, mais efficace : trouver le petit truc qui nous fait pétiller au quotidien et l’utiliser le jour de la course. Chacun à le sien. Moi, c’est la chanson et les mots et les échanges avec les proches. Pour d’autres, ça va être la visualisation, se remémorer des instants positifs, des visages, des lieux, des émotions, pour les retranscrire et faire switcher le mental.

De mon côté, j’écoute des musiques différentes d’une année à l’autre et ce sont ces chansons-là que je vais me remettre dans ma tête parce que je sais qu’elles vont m’apporter le côté positif dont j’ai besoin. Sur la TDS cette année, ça a été tout l’album de la chanteuse Jain, que j’ai vue lors d’un festival cet été. J’avais adoré son peps et c’est ce peps que j’ai mis en place sur toute la course.

Je fais aussi appel à des échanges que j’ai pu avoir avec des proches, des mots qui ont été forts. Les amis, la famille, les collègues de travail, ils apportent tous des choses différentes que l’on peut utiliser comme forces et comme énergie.”

Flavie Bruyneel Photo UTMB-TDS
Flavie Bruyneel lors de la TDS, dans des conditions très compliquées. Merci Jain ! Photo UTMB-TDS
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Intégrez dès maintenant ces séances de vitesse simples dans votre routine d’entraînement pour devenir plus rapide lors de vos prochaines courses.

Entraînements de vitesse : 3 bonnes raisons de vous y mettre à tout moment

Si vous voulez améliorer votre vitesse de course, il n’y a pas 36 solutions : il faut intégrer l’entraînement de vitesse à votre programme. Et inutile de vous dire que vous vous y mettrez dès que vous aurez un objectif en vue : même si vous n’avez pas de course programmée prochainement, les entraînements de vitesse peuvent quand même vous offrir de nombreux avantages. Au moins trois raisons à cela.

La première, c’est que les séances de vitesse sont généralement plus stimulantes que les sorties longues à allure d’endurance fondamentale. Alors que vous pouvez vous détendre et écouter de la musique ou un podcast pendant une course lente, les entraînements rapides exigent de la concentration et de l’engagement. Or ce sont ces facteurs qui joueront dans votre motivation lors de votre prochaine course, lorsque vous chercherez à récolter le fruit de votre travail ! Il est plus stimulant de prendre le départ d’une course en sachant que vous vous êtes entraîné pour faire un bon classement qu’en vous disant que vous allez essayer de limiter les dégâts.

La seconde raison pour laquelle les entraînements de vitesse sont intéressants en toute période, et pas seulement en début de saison, est que d’un point de vue physiologique, ces séances apprennent à votre corps à utiliser l’oxygène plus efficacement. Au fil du temps, vous deviendrez ainsi capable de courir plus loin et plus vite avec moins. Le tout avec des temps de course plus rapides !

Une troisième raison, tout aussi valable, est que les séances de vitesse entraîneront également votre corps à recruter rapidement vos muscles lorsqu’il sera temps de passer à la vitesse supérieure. Recruter plus vite pour aller plus vite. Cela peut sembler simpliste, mais c’est très réaliste. Alors, prêt à aller vite ?

Photo Cimalp
Photo Cimalp

Séance vitesse n°1 : les accélérations / décélérations pour débuter ou en reprise

Si vous avez arrêté l’entraînement de vitesse depuis plusieurs semaines consécutives (pause estivale, ou pause hivernale), ou si vous n’avez jamais fait de séances de vitesse spécifiques auparavant, commencez par intégrer des exercices d’accélérations / décélérations à vos sorties, et ce pendant 2 semaines. Pour ce faire, courez à votre allure de course (60 à 70% FC Max), puis accélérez progressivement pendant 20 secondes, puis décélérez pendant 20 secondes pour revenir à votre allure de course. Ensuite, ralentissez et courez lentement pendant une minute pour réduire votre fréquence cardiaque, et enchaînez sur une nouvelle accélération / décélération.

Commencez par intégrer avec 6 ou 7 accélérations / décélérations dans votre première séance, puis ajoutez-en une par entraînement jusqu’à ce que vous ayez atteint un total de 9 ou 10. Vous aurez alors intégré un premier exercice de vitesse pendant 2 semaines, et serez prêt à passer aux autres entraînements de vitesse. Attention, une fois que vous êtes au stade de l’entraînement de vitesse régulier, limitez vos séances à 2 par semaine. Assurez-vous d’effectuer ces séances de vitesse des jours non consécutifs, afin que votre corps ait suffisamment de temps pour récupérer entre les 2. Commencez et terminez toujours vos entraînements de vitesse par un jogging facile de 10 minutes.

Séance vitesse n°2 : la répétition sur piste

Oubliez le temps d’une séance les sentiers et trouvez une piste d’athlétisme près de chez vous. Effectuez un tour (400 mètres) avec un niveau d’effort correspondant à 8 sur l’échelle de Borg de perception de l’effort (RPE) allant de 0 à 10. Reposez-vous 90 secondes, puis effectuez un second tour. Essayez de courir un total de 6 tours avec le même niveau d’effort.

Lire à ce sujet Échelle de Borg et perception de l’effort, comment ça marche

Séance vitesse n°3 : la course au tempo

Une course au tempo de 20 minutes est l’un des entraînements de vitesse les plus simples et les plus efficaces. Après votre échauffement (10 minutes minimum), accélérez simplement le rythme jusqu’à ce que vous atteigniez un niveau d’effort de « confortablement dur », c’est-à-dire entre 6 et 7 sur l’échelle de Borg. À ce rythme, vous devriez être capable de dire quelques mots à la fois, mais vous préférez ne pas parler du tout. Vous maintiendrez ce rythme pendant 20 minutes complètes. Revenez ensuite à un niveau 4 ou 5 pour terminer votre séance.

Séance vitesse n°4 : les répétitions en montée

Trouvez une pente d’environ 400 mètres de long. Si vous n’êtes pas sûr de la longueur, visez une montée qui vous prend entre 90 et 120 secondes pour atteindre le sommet en courant à votre allure normale. Si cette pente se termine par une portion plate vous permettant de vous entraîner à maintenir votre effort au-delà de la montée, c’est parfait. Après vous être échauffé, effectuez une première montée à un rythme équivalent à un niveau d’effort de 7 sur l’échelle de Borg (de 1 à 10). Redescendez en trottinant ou en marchant, et répétez l’exercice. Les débutants commenceront avec 4 répétitions au total. Ls coureurs plus avancés peuvent effectuer jusqu’à 8 répétitions par séance.

Séance vitesse n°5 : course en pente progressive sur tapis

Commencez par courir pendant 15 minutes à un rythme modérément facile (niveau d’effort 5/6), puis augmentez le rythme pendant 10 minutes (niveau d’effort 7). Enfin, augmentez l’intensité pendant 5 minutes (niveau d’effort 8) avant de revenir au rythme initial pendant 5 minutes pour récupérer.

Alternative à cette séance, vous pouvez procéder en augmentant progressivement l’inclinaison du tapis de 1% tous les 400 mètres. Commencez par courir pendant 15 minutes à un rythme modérément facile (niveau d’effort 5/6) sans inclinaison, puis débutez la course en pente directement avec une inclinaison de 4% pendant 400 mètres (l’équivalent d’un tour de piste) en essayant de maintenir votre vitesse de course. Ramenez l’inclinaison à zéro pendant 400 mètres pour récupérer, puis enchaînez avec 400 mètres à une inclinaison de 5%. Procédez ainsi jusqu’à atteindre une inclinaison de 8%, soit 5 séries de course en pente. Récupérez pendant 10 minutes à un rythme modérément facile (niveau d’effort 5/6) et sans inclinaison en fin de séance.

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Monter, descendre, monter, descendre… le profil d’une course de trail se résume très régulièrement à ce duo infernal, qu’il convient en toute logique de préparer en priorité. Si les descentes constituent, pour le coureur non aguerri, une difficulté particulière de par les risques de chutes qu’elles génèrent, les montées nécessitent, elles aussi, un entraînement singulier. Les séances de côtes que nous vous proposons ici vous permettront de travailler votre puissance musculaire, votre endurance musculaire et votre capacité à relancer.

Courir ou marcher en côte : sachez vous préserver

Peu importe leur longueur, leur pourcentage et leur revêtement, les côtes en trail sont légion. C’est ce qui fait toute la particularité de la discipline. L’inclinaison et la longueur de certaines ascensions peuvent être tellement conséquentes, notamment sur les ultra-trails montagneux, que le coureur est presque toujours obligé d’activer à un moment donné le mode « marche », même pour les champions. Aucun athlète, même un Jim Walmsley ou un Mathieu Blanchard au meilleur de sa forme, ne peut grimper en courant la montée vers la croix du Bonhomme, première grosse difficulté du parcours de l’UTMB. Marcher permet alors non seulement de soulager muscles et articulations, mais aussi et surtout de ne pas épuiser d’un coup toute la réserve énergétique.

Cependant, tous les trails ne proposent pas des profils avec un D+ astronomique et des pentes monstrueuses. Sur les trails moins accidentés, lorsqu’on s’éloigne des montagnes, les parcours se rapprocheront plutôt d’une accumulation de bosses assez courtes à la déclivité plus ou moins sévère. Ces trails, que l’on qualifie généralement de « roulants », ont cependant la réputation d’être particulièrement cassants et usants. En effet, de nombreux coureurs vont être tentés d’enchaîner les bosses en courant, ce qui est très coûteux en énergie. Pour habituer son organisme à ces particularités, l’entraînement doit alors s’axer sur l’accumulation de côtes, dont les bénéfices sont très nombreux. Ces séances de côtes devront s’insérer dans votre programme hebdomadaire.

Séance de cotes Photo TNF :Mathis Dumas
Dans certaines conditions de sentier, courir n’est pas une option. Photo The North Face / Mathis Dumas

Séances de côtes : quels bénéfices ?

Les séances de côtes peuvent se décliner à l’envi et posséder parfois un aspect très ludique. Le coureur peut, en effet, jouer sur différents paramètres. Les 4 principaux sont la longueur, l’intensité, la déclivité et la durée. L’avantage de ces séances de côtes sont multiples.

Dans un premier temps, elles font office de séance de musculation naturelle. En effet, la course en montée va particulièrement solliciter en profondeur les différents muscles de l’appareil locomoteur : les cuisses (ischios et quadriceps), les mollets, les fessiers ainsi que les bras. Le coureur va alors développer sa puissance et son endurance musculaire, ce qui lui permettra de reculer le seuil de fatigue musculaire (le moment où les crampes font leur apparition par exemple).

Même si une séance de côtes est différente d’une séance de fractionné sur piste, elle permettra logiquement d’accentuer le travail cardio-vasculaire, tant l’effort demandé sera important. Cela permettra à terme d’améliorer le Volume d’Oxygène Maximal (Vo2Max) et donc la vitesse maximale aérobie.

Aussi, d’un point de vue purement technique, l’ascension en côte implique une posture différente de celle adoptée sur le plat. La foulée est plus courte et la cadence est plus fréquente. Le travail des bras est plus important. À terme, c’est votre économie de course qui deviendra plus efficace.

Lire aussi notre article Progressez en trail en descente : les conseils d’Antoine Guillon

Séance de cotes Photo TNF :Mathis Dumas
Photo The North Face / Mathis Dumas

Entre 6 et 12% sur 200 mètres de long, le profil de la bonne pente

Il est parfois difficile de trouver une pente adéquate pour s’entraîner régulièrement, surtout si l’on n’habite pas en montagne. Cette pente doit, si possible, offrir un terrain propre, sans aspérité, pour se concentrer sur le travail de puissance et de vitesse plutôt que sur le positionnement des pieds au milieu des cailloux. La rampe ne doit pas nécessairement être très longue, sauf pour certaines séances particulières, axées sur l’endurance musculaire. Une côte d’environ 200 mètres pourra donc largement faire l’affaire dans la plupart des cas.

Dernier point important : la déclivité de la côte. Celle-ci doit être comprise entre 6% et 12%. En dessous, le risque est de ne pas travailler assez efficacement. Au-dessus, elle rendra le travail moins efficient, car il sera difficile d’enchaîner les exercices et de véritablement courir. La foulée s’en trouvera dégradée et la fatigue accumulée risquerait de créer trop de traumatismes. Le pourcentage de la côte doit également être choisi en fonction de ce que le coureur souhaite travailler. Ainsi, si l’on souhaite développer sa puissance (qui est le résultat de la force par la vitesse), la déclivité doit être moins importante (autour de 6%). Si on veut à l’inverse concentrer son travail sur la force, alors la pente peut être plus raide (jusqu’à 15% max).

L’escalier peut enfin être un précieux allié pour le traileur urbain. Il a l’avantage de pouvoir encore davantage diversifier les exercices. Le grimpé de marche classique, une par une, permettra de travailler l’intensité et l’efficacité du geste. Avaler les marches deux par deux accentuera le travail sur la puissance. Attention, les appuis doivent être souples et la foulée rythmée. Inutile donc de prolonger l’effort au-delà de la minute. Le temps de récupération en descente peut largement être supérieur à celui de l’effort en montée.

¸Photo Cyrille Quintard : CimAlp
Photo Cyrille Quintard / Cimalp

6 conseils avant d’aborder vos séances de côtes

1- Échauffez-vous correctement avec 10 à 20 mn de course continue à 60- 65% de VMA ou 65-70% de FCM, 5 à 10 mn d’éducatifs et deux côtes en accélération progressive.

2- Adoptez la bonne posture de course. Poussez énergiquement avec les pieds, étendez complètement la jambe de poussée, portez le genou de la jambe avant vers le haut et vers l’avant, portez le buste légèrement en avant, utilisez les bras pour leur rôle moteur.

3- Privilégiez un appui puissant, tonique et dynamique.

4- Préférez une pente sur route ou large chemin forestier plutôt qu’un sentier étroit et irrégulier pour un travail efficace.

5- Réalisez une séance de côtes en l’absence de fatigue.

6- Après une séance de côtes, récupérez bien avant de reprogrammer une nouvelle séance intense.

Photo New Balance
Photo New Balance

Séance de côtes pour développer la puissance musculaire

Cette séance permettra d’accroître la force concentrique sur un temps assez court. La côte doit être comprise entre 6% et 10% de déclivité. Elle doit être courue facilement.

Réalisez trois séries de cinq répétitions de l’exercice suivant.
La récupération entre les séries est de trois minutes complètes.

> Débutez par la réalisation de 5 squats.
> Enchaînez immédiatement par une accélération en côte sur 100 à 150m. Le rythme doit être élevé, proche de sa zone cardiaque située autour de sa VMA.
> Récupérez en descendant.

Variante : il est possible de réaliser de nouveau 5 squats une fois que l’on est arrivé en haut de la côte.

Séances de côtes pour développer l’endurance musculaire

Voici 2 options pour développer votre endurance musculaire, c’est-à-dire votre capacité à durer dans l’effort, et ainsi à retarder la fatigue musculaire.

1/ La côte en continu

> Réalisez 4 répétitions d’ascension d’une côte d’environ 6 à 8% durant 3 à 5 minutes. L’objectif est de monter à un rythme régulier, proche de votre allure de course.
> Redescendez en footing pour récupérer.

2/ La côte intermittente

> Sur une côte plus pentue (entre 10% et 15%) et suffisamment longue, alternez les phases de course et les phases de marche. Exemple : 30 secondes en courant puis 30 secondes en marchant. Effectuez cette alternance sur toute la longueur de la pente, durant 8 à 10 minutes.
> Réalisez 2 séries de côtes intermittentes en récupérant dans la descente. La phase de marche doit être active.

Séance de côtes en circuit-relance

Le but de cette séance est de vous permettre de conserver de l’énergie après avoir gravi une côte en course, et ainsi de travailler la relance.

Réalisez ce circuit à deux reprises pendant 8 minutes, avec une pause de 4 minutes entre les deux séries.

> Courez en côte sur 100 mètres puis enchaînez avec une relance sur du plat pendant 100 mètres.
> Récupérez en descendant au point de départ.

Variante possible : réalisez cet exercice sur un escalier ou récupérez sur 100m de plat après l’ascension et relancez dans la descente.

Quand effectuer ces séances de côtes ?

Les séances ont été imaginées par Stéphane Rey, coach sportif en course à pied et trail running et auteur du blog www.coachsportif01.fr

Stéphane Rey préconise d’installer ces séances une fois par semaine de manière progressive. Commencez par le travail de puissance pendant un mois, puis le travail d’endurance pendant un mois, et enfin le travail de relance pendant un troisième mois. Durant le mois où une qualité sera travaillée en particulier, il est possible de faire évoluer la séance d’une semaine à l’autre en jouant sur la longueur, l’intensité ou la durée de l’effort et/ou de la récupération.

Photo Cimalp Tignes Trail : andyparant.com
Photo Cimalp Tignes Trail / andyparant.com
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Même si les principales courses d’ultra se déroulent durant l’été, d’octobre à décembre, il reste encore de belles épreuves de trail courte et moyenne distance au calendrier. À vous de cibler la course de votre choix, selon votre fraîcheur, vos objectifs et votre préparation.

Mieux planifier pour mieux performer

Tout l’intérêt de prévoir ses courses sur une année est de pouvoir ensuite planifier ses objectifs en fonction de ses cycles de préparation (endurance, vitesse, dénivelé). L’objectif sera de faire coïncider sa préparation pour arriver à un pic de forme lors d’une épreuve majeure. Gardez à l’esprit que vous ne pourrez prévoir que deux ou trois objectifs importants (ou moins selon la difficulté) sur une année. Cette planification annuelle tiendra compte des périodes de récupération. Pour un traileur désireux d’optimiser sa saison et de se faire plaisir sur plusieurs épreuves, la planification reste encore l’option la plus sûre.

Le Festival des Templiers est un rendez-vous majeur de fin de saison et l’occasion de réaliser une dernière belle performance. Photo Greg Alric

Vous aviez un rendez-vous majeur en août ou septembre

Pour des courses longues comme des ultras (distances supérieures à 100 kilomètres), vous avez sûrement réalisé une grosse préparation depuis ce printemps et couru votre objectif cet été. Raisonnablement, il ne faudrait pas envisager d’être performant dans les deux mois suivant un ultra. Les désordres hormonaux et la casse musculaire sont trop importants. Même si on a toujours l’illusion de croire que tout va bien. Mais rien n’empêche de se faire plaisir en planifiant deux ou trois courses de 40 à 60 kilomètres d’ici à la fin de l’année. Poursuivez un travail d’entretien, avant d’attaquer la fin de l’année sans objectif particulier.

Vous avez enchaîné les courses depuis le printemps

Vous avez la condition physique et surtout l’entraînement, donc vous êtes très bien armé pour réaliser une belle fin de saison. Il n’y a pas de casse musculaire ni de fatigue excessive accumulée. Poursuivez votre entraînement et continuez à travailler le spécifique (VMA, résistance, dénivelé, endurance). Vous pouvez là aussi prévoir une course de 40 à 60 kilomètres tous les mois. Dans cette configuration, il peut s’avérer intéressant de placer des blocs d’entraînement, des week-ends chocs consacrés à de longues randos-courses ou au travail du dénivelé ou de la résistance. Bref, si vous n’avez pas trop « poussé la machine » cet été, tous les espoirs sont permis pour tenter de belles performances et vous faire plaisir. Enfin, n’oubliez pas de rester à l’écoute de vos sensations et de lever le pied au moindre signal d’alerte.

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Photo Cyrille Quintard / Festival des Templiers

Vous n’avez pas pris de dossard cet été

Si vous avez couru un marathon ou un trail moyenne distance au printemps ou poursuivi un entraînement diversifié ces derniers mois, vous partirez sur une préparation classique trail adaptée au kilométrage et à l’objectif. Vous avez déjà un bon foncier, mais il vous manquera du spécifique. Travaillez le dénivelé, avec des séances de côtes, l’endurance (rando-course) et la résistance. Vous pourrez suivre une préparation complète en vous fixant un objectif de fin de saison. C’est la configuration idéale pour préparer un rendez-vous tel que les Templiers à la fin du mois d’octobre, la SaintéLyon en décembre ou deux trails de 60 kilomètres. Profitez-en, vous avez gardé fraîcheur physique et envie de courir, vous êtes donc prêt et motivé.

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Bâtons et sac à dos bien chargé font partie intégrante de la panoplie des traileurs sur les ultras type UTMB. Mais attention, ces deux équipements indispensables vont modifier votre foulée. Esprit Trail vous aide à les dompter !

Sac et bâtons de trail : choisissez les bons modèles

Bien heureusement, grâce au développement exponentiel de la pratique du trail et en particulier de l’ultra, des progrès constants ont été fait dans la conception des sacs à dos et des bâtons de trail, allant vers toujours plus de légèreté et surtout vers une meilleure ergonomie. Si vous vous aventurez sur ces formats longs, prenez un sac le plus léger possible et concentrant le portage sur le haut du dos, avec des bretelles très larges de type gilet et sans coutures ou bourrelets pouvant blesser.

En ce concerne les bâtons, ils doivent rester solidaires de vos bras sans brinquebaler même quand vous ouvrez la paume des mains. De simples dragonnes lanières ne permettent pas cela. L’idéal est de prendre un modèle comportant des gantelets entourant la main grâce à un scratch. Ces gantelets doivent de plus être « déclipsables » instantanément, pour n’avoir pas à les défaire chaque fois que l’on a besoin d’avoir les mains libres. Les poignées doivent être fines comme celles des bâtons de ski de fond. Sur un ultra type UTMB, l’idéal sera d’avoir des « 3 brins » repliables, faciles à ranger sur votre sac dans les parties roulantes où vous n’en aurez pas besoin. Il faudra d’ailleurs vous entraîner à les déplier, les replier et les accrocher sur votre sac, de façon à ce que cela devienne une routine.

Hillary Gerardi Photo Dan Patitucci
Hillary Gerardi. Photo Dan Patitucci

Comment courir avec sac et bâtons ?

Tout d’abord, veillez à ce que vos bâtons ne soient pas trop grands par rapport à votre taille. Sinon, vous vous fatiguez exagérément les épaules en devant lever les bras trop haut à chaque pas, et en vous en servant par traction, au lieu de pousser dessus. Pour connaître la bonne longueur à prendre, référez-vous aux conseils donnés en marche nordique où l’on se sert des bâtons de façon optimale et où on préconise de multiplier sa taille par 0,67.

Si vous choisissez vos bâtons en magasin, vous devez avoir le coude plié à angle droit lorsque vous tenez votre bâton devant vous, bâton dont l’attache du gantelet devra donc se trouver au niveau de votre nombril. Cela peut vous paraître court, mais vous apprécierez leur moindre encombrement durant la phase où vous les refaites passer vers l’avant, surtout sur terrain technique ou dans la végétation.

Les bâtons vous seront principalement utiles en montée où vous marcherez en poussant alternativement sur l’un et l’autre en pente moyenne, et en poussant simultanément sur les deux en pente raide. En descente technique, veillez par sécurité à sortir vos mains des dragonnes ou à « déclipser » les gantelets. En effet, en cas de chute, nombreux sont les traumatismes de type luxation créés par les bâtons restant coincés entre deux rochers, ou pliés sous votre corps.

Lire à ce sujet l’article Bâtons de trail et économie musculaire : une nouvelle étude étonnante

Photo Dan Patitucci
Photo Dan Patitucci

Les bâtons : encore plus utiles lorsque le sac est lourd

Sur un ultra type UTMB, avec tout le matériel que l’on doit emporter, le sac devient conséquent, et son choix ainsi que celui du matériel emporté vont alors être fondamentaux. Le poids et le volume du sac rempli vont en effet provoquer une baisse plus ou moins importante de vos performances physiques. Même en marchant, l’effort engendré par le portage d’un sac à dos de quelques kilos n’est pas négligeable, car les muscles du buste et des jambes doivent s’opposer à la contrainte qu’exerce la masse supplémentaire sur le corps.

En footing lent et pour des personnes entraînées, un accroissement de 20% du rythme cardiaque et de 22% du volume d’oxygène inspiré peut être observé lors du port d’un sac à dos pesant 10% du poids du corps (pourcentage qui peut être vite atteint : 4,5kg pour une femme de 45kg par exemple). Et cet accroissement du rythme cardiaque et du volume d’oxygène augmente bien sûr avec la charge portée.

Ainsi, la limitation de la puissance et les modifications du schéma corporel (modification de la position du centre de gravité et répartition différente du volume corporel) semblent jouer un rôle important dans la dégradation des capacités physiques. C’est là que les bâtons vont jouer un rôle fondamental en vous soutenant et en répartissant la charge entre vos jambes et le reste de votre corps par l’intermédiaire de vos bras. Plus votre sac sera lourd, plus vous aurez d’ailleurs intérêt à marcher d’un pas très actif, vos bâtons étant encore plus utiles et faciles à utiliser qu’en courant.

Sac et bâtons Photo The North Face
Photo The North Face

Adaptez votre style de course au port du sac grâce aux bâtons

L’augmentation de la charge conduit le coureur à réaliser des foulées plus petites. Cette adaptation spontanée permet une amélioration de la stabilité latérale et un transfert plus rapide de la charge d’un pied sur l’autre. De plus, avec l’accroissement de la charge, le genou est davantage fléchi et la pose du pied au sol est modifiée afin d’obtenir un contrôle plus précis de la course.

On constate aussi qu’à charge égale, lorsque l’effort devient plus important (course plus rapide ou augmentation de la pente), le buste s’incline vers l’avant. La qualité et la coordination de vos appuis et poussées sur vos bâtons deviennent alors très importantes et vont conditionner à la fois votre performance et votre intégrité physique à long terme.

Lorsqu’on a les mains encombrées par des bâtons, il est encore plus important que d’habitude, que le sac soit hyper pratique, avec notamment des petites poches très accessibles, de façon à pouvoir attraper une barre de céréales ou y glisser un mouchoir en toute facilité, sans être obligé de se contorsionner. Il est fondamental aussi de pouvoir boire quasiment sans se servir des mains, grâce à des bidons installés sur les bretelles et munis de pipettes à portée de bouche.

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Pau Capell aux prises avec ses bâtons lors de son solo sur l’UTMB 2019. Photo DR

Sac et bâtons de trail : l’essentiel à retenir

-Les bâtons permettent de répartir l’effort musculaire sur les bras et les épaules, soulageant les cuisses qui ne sont plus les seules à travailler.

-Ils donnent un meilleur équilibre, surtout sur les passages en dévers et dans les terrains instables.

-Le choix de la bonne longueur est primordial, ainsi que celui du dispositif de maintien, gantelet plutôt que dragonne.

-Le sac à dos devra être parfaitement ajusté au buste. Il ne faudra prendre que l’essentiel, en veillant à tout caler pour éviter les ballotements.

Retrouvez cet article, mais aussi toute l’histoire de l’UTMB, les vainqueurs, les anecdotes et tout ce qu’il faut savoir pour le préparer à votre tour dans le magazine Esprit Trail Hors Série Spécial 20 ans de l’UTMB.

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Une endurance parfaite et un matériel au top ne suffiront pas à vous emmener au bout du chemin sur un ultra-trail de montagne comme l’UTMB. L’immensité de la tâche à accomplir va immanquablement vous faire toucher « le mur », ce moment de grande fatigue où votre corps dit stop. Pour passer ce cap, votre mental devra prendre le relais… Il faut vous y préparer !

Travail mental et ultra-trail : détermination et « positive attitude »

Premier point, et non des moindres : il vous faudra avant tout être déterminé à boucler votre ultra quelles que soient les conditions météo et la fatigue. Autrement dit, vous devez avoir une sérieuse conversation avec vous-même afin de définir pourquoi ce défi est un bon projet pour vous. Soyez bien conscient avant le départ qu’à un moment ou un autre, vous serez confronté à des passages difficiles où vous aurez mille raisons d’arrêter en chemin.

Ces pensées négatives, bien légitimes au vu de l’immensité et de la dureté de votre défi, il va falloir à chaque fois les chasser le plus rapidement possible. Comment faire ? Simplement en les remplaçant par d’autres, plus optimistes, que vous vous serez préparées à l’avance. Qu’il tombe des cordes, qu’il neige, que la chaleur soit accablante ou que votre vitesse de progression ne soit pas à la mesure de ce que vous espériez, vous devrez toujours vous focaliser sur le bon côté de la situation : l’ambiance surréaliste, une rencontre chaleureuse, la beauté des paysages, la chance que vous avez d’être là en bonne santé, le prochain ravito ou point de rencontre…

UTMJ 2022 Photo Ben Becker
Parfois, le mauvais temps peut altérer la motivation. Soyez prêt à l’affronter, vous avez la chance d’y être, c’est l’essentiel ! Photo UTMJ 2022 / Ben Becker

Travail mental et ultra-trail : visualisez le parcours morceau par morceau

C’est le second point le plus important : visualisez le parcours morceau par morceau. Vous engager sur un trail long et montagneux sans savoir le plus précisément possible ce qui vous attend, c’est mettre votre santé mentale en péril, et aller au devant de grandes déceptions.

Par exemple, dans le cadre de l’UTMB, si vous n’êtes encore jamais allé sur le parcours, renseignez-vous le plus précisément possible, en visionnant par exemple le Live 2022. Découpez ensuite la distance en portions logiques, de point de ravitaillement en point de ravitaillement. Ces points vous serviront à chaque fois d’objectifs intermédiaires à atteindre.

Installez-vous dans un endroit calme et confortable, fermez les yeux et imaginez-vous au départ, puis sur le parcours, comme si vous y étiez vraiment. Faites le film complet de votre course, en essayant de ressentir vos émotions. Visualisez-vous précisément en train d’accomplir certains gestes, forgez-vous un état d’esprit optimiste et faites votre scénario où tout se passe de la meilleure façon possible. Cette prévisualisation en étapes à dimensions humaines vous aidera à rester motivé au fil des kilomètres en toutes conditions, à bien gérer vos efforts, et à ne pas perdre de vue vos objectifs.

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Imaginez chaque point de ravitaillement comme un objectif atteint. Prenez le temps, réjouissez-vous du parcours accompli et attaquez la suite. Photo UTMJ 2022 / Ben Becker

Travail mental et ultra-trail : quelques techniques pour chasser vos idées noires

Vous pouvez par exemple inspirer profondément, puis expulser tous vos soucis par la bouche en soufflant très fort, pour les envoyer le plus loin possible. Imaginez aussi un nuage dans lequel vous mettrez toutes vos pensées négatives. Celui-ci deviendra tout noir, puis la lumière parviendra à le dissoudre en vous apportant la sérénité. Certains préfèreront serrer les poings très fort en y enfermant tous leurs problèmes, et les ouvrir ensuite pour libérer tous ceux-ci dans l’espace. D’autres chercheront à se remémorer les dernières histoires drôles qu’ils ont entendues, ou se réciteront leurs sketches préférés, afin de mettre de la bonne humeur dans leur tête. Enfin, les plus imaginatifs pourront ouvrir leur crâne comme un œuf à la coque, afin de dépoussiérer leur cerveau de toutes les idées sombres qui l’encombrent !

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Souriez, vous courez ! Photo UTMJ 2022 / Ben Becker

Travail mental et ultra-trail : laissez de côté la peur de l’échec

En cas de difficulté, de résultat mitigé, d’échec, ou même d’abandon sur un ultra-trail, cela sera de votre seule responsabilité. Inutile de chercher ailleurs des excuses. Personne ne pourra se substituer à vous, pour créer ce « plus » qui vous fera progresser et vous transcender. C’est de cette lucidité que naîtra la victoire sur vous-même.

Évitez surtout d’essayer de vous motiver par la peur de l’échec, car elle crée une forte inhibition dans l’action, faisant ressurgir vos déboires passés, vos douleurs enfouies, toutes choses désagréables qui pourraient encore vous arriver et qui vous angoissent. Ne redoutez pas l’échec, car il vous apprend beaucoup. C’est souvent lui qui vous fera progresser en provoquant une remise en question de vos habitudes et de votre fonctionnement. Celui qui ne subit jamais de défaite, ne prend pas assez de risques et évolue moins vite. En acceptant vos faiblesses, vous vous découvrez des forces pour les surmonter.

Travail mental et ultra-trail : n’oubliez pas de lâcher prise

Bien sûr, il est important de bien se préparer, d’être clair sur ses objectifs, et de ne pas se présenter au départ d’un ultra de montagne sans un entraînement adéquat. Mais comme en tir à l’arc, il arrive un moment où il faut laisser la flèche partir, sans pouvoir l’accompagner jusqu’au bout. Renoncez donc à garder le contrôle sur tout, malgré vos craintes de mal faire, de vous tromper, d’être dépossédé, de ne pas être reconnu, de manquer votre but, ou d’être confronté à vos doutes.

Acceptez ce qui arrive et non ce que vous pensez qu’il aurait dû advenir. Cet abandon relatif vous détendra totalement et apaisera vos peurs les plus profondément ancrées. Dans la vie comme dans les descentes techniques, celui qui se crispe et s’angoisse passera un très mauvais moment, alors que celui qui se maintient à flot de manière détendue, accomplit la même descente avec bonheur et affronte les difficultés avec souplesse.

Lâcher prise, c’est aussi savoir parfois s’extraire d’un strict programme d’entraînement trop élaboré et ne pas attendre en permanence de résultats tangibles, pour redevenir disponible à soi et aux autres.


Lire aussi notre article 4 principales erreurs des coureurs d’ultra-trail à l’entraînement

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Participer à l’UTMB, le rêve de nombreux traileurs ! Malgré l’apparente banalisation des grands défis, le pari reste difficile. Outre l’obtention des points nécessaires en participant à des courses qualificatives du circuit labellisées UTMB, le plus gros challenge est la préparation sportive. Alors comment s’y prendre pour passer de trails dits courts à des trails longs, jusqu’à l’ultra ? On vous dit l’essentiel !

Préparation UTMB : comprendre le processus

C’est une vraie lame de fond : des sportifs débutants, parfois même en forme précaire, déclarent tout de go qu’ils veulent faire l’UTMB. Et le finir ! Et ces mêmes apprentis traileurs ne réalisent pas qu’il faut des années pour passer sans encombre des trails courts de 2 à 3h, aux trails longs de 7 à 8h, puis aux ultras de 20 ou 30h, voire plus.

Pour les coachs comme pour les traileurs experts, ce n’est pas toujours facile de faire admettre à ces coureurs en demande d’UTMB qu’il leur faut prendre le temps de s’aguerrir, de franchir une à une les étapes, s’ils ne veulent pas faire comme un grand nombre de finishers de ce défi : finir l’épreuve en mauvais état, s’accorder ensuite une pause, puis ne jamais reprendre ou se blesser à la reprise, et finalement stopper le sport…

Départ UTMB Photo Buff : DR
Départ de l’UTMB 2022. Avant d’être là, même au fond de la troupe, il faudra vous donner du temps. Photo Buff / DR

Préparation UTMB : les fondamentaux à connaître

Physiquement, vous devez avoir plus de 20 ans, et si vous avez plus de 50 ans, un long passé sportif. Vous devez être en forme, sans pathologie cardiaque, posturale, digestive. Dans l’idéal, vous ne devez pas avoir de surpoids, ou avoir la motivation de perdre très progressivement cet excès pondéral avant que de vous mettre sur la ligne de départ.

Mentalement, vous devez avoir fait le tour de votre motivation, et vous rendre compte que cette pratique aura un impact sur votre quotidien, donc sur votre entourage familial, social et professionnel. Enfin, vous devez avoir de la patience et programmer votre progression sur plusieurs années, ne serait-ce que pour accumuler suffisamment de Running Stones pour réussir à être tiré au sort !

Lire aussi l’article 6 questions à se poser avant de tenter un ultra-trail

Préparation UTMB : donnez-vous le temps

La première des choses à faire avant de programmer l’UTMB, est de faire le point sur votre pratique. Quelle place pouvez-vous consacrer à l’entraînement ? Où en êtes-vous de votre condition physique, de votre poids de forme ? En bref, si vous avez entre 20 et 50 ans, que vous avez un bon passé de sportif avec au moins deux ou trois années de pratique, que vous avez terminé récemment des trails de plusieurs heures sans trop de dégâts, vous pouvez penser à passer aux trails plus longs.

Pour la première année, il sera pertinent de passer une fois maximum sur une distance tout juste supérieure à 40km et de pas plus de 60km. Et pourquoi pas de vous « qualifier » pour l’OCC (Orsières-Champex-Chamonix – 57km / 3500mD+). L’objectif ne sera pas de faire une grande performance, mais plutôt d’éprouver vos capacités à gérer à la fois les ravitaillements, l’alternance inéluctable de marche-course, les coups de fatigue et la démotivation éventuelle. À la suite de ce trail long, vous devrez bien récupérer, avec 5 à 6 jours de repos quasi-complet, pour pouvoir reprendre une activité et du plaisir à courir sans séquelle.

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Travailler l’endurance en milieu alpin, une tâche à laquelle Jim Walmsley s’adonne non stop depuis 2 ans. Photo UTMB / Hoka-One-One

Préparation UTMB : deuxième étape l’année suivante

Soyez patient… Après cette première participation, et si elle vous a séduit, vous pourrez programmer la deuxième année un ultra trail d’au maximum 100km, comme par exemple la CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix – 100km / 6100mD+). Faites-en l’objectif de votre année, avec une progression en charge d’entraînement et en courses de préparation, en vous offrant ensuite une bonne période de régénération. Et le processus peut recommencer.

Après ces deux expériences, la troisième année pourra éventuellement être celle de l’UTMB, avec l’objectif d’y être en bonne santé du début à la fin, et de ne pas être dégoûté du sport ensuite… Votre patience le permettra, puisque vous avez permis à votre corps d’adapter sa structure interne et externe, avec en particulier l’optimisation de votre système hormonal, la perte de masse adipeuse, et le renforcement cardiaque.

En complément de cet apprentissage du corps, vous aurez aussi apprivoisé l’approche mentale et logistique de cette épreuve qui est une vraie aventure personnelle, même dans des domaines aussi faussement simples que la gestion du matériel ou de la nourriture par exemple…

Préparation UTMB : offrez-vous des mini-stages

Que ce soit dans un groupe de traileurs ou en famille (compréhensive ou très sportive), vous accorder un long week-end ou une semaine de congés en montagne (plus ou moins haute) renforcera votre motivation et vous fera certainement franchir un cap en ultra. Il existe forcément un très bel endroit à découvrir pas trop loin de chez vous… Entraînez-y (à tous les sens du terme) vos compagnons d’entraînement, pour un séjour intense où vous couplerez séances rapides, longues sorties, rando course et vélo ou VTT sur quelques jours.

Lire à ce sujet l’article Préparation trail : programmez le bon week-end choc

Si vous privilégiez la famille, choisissez votre destination de façon à satisfaire petits et grands, en repérant les attractions qui combleront les envies de chacun. Votre « stage » sera alors un peu moins intensif, car vous devrez diviser votre journée en une partie « trail » et une partie « activités familiales » plus ou moins actives (randonnées, sorties vélo, baignades, visites, etc.).

La deuxième option ne sera pas forcément moins productive que la première, car le risque d’un stage « commando » reste d’être conduit à dépasser ses limites et à se blesser. Restez donc toujours à l’écoute de votre corps et sachez dire stop, même si votre ego doit en prendre un coup.

Photo Cyrille Quintard : cimalp 2022
Photo Cyrille Quintard / Cimalp 2022

Préparation UTMB : les grands principes de l’entraînement pour passer du court au long

CÔTÉ SPORTIF : il va falloir progressivement allonger les distances, réduire le rythme, accepter de marcher dès le début de vos sorties quand ça monte, de consacrer des week-ends à des rando-courses de 7 à 8 heures en fin de cycle, et de vous mettre au vélo pour pratiquer l’entraînement croisé qui permet d’augmenter la quantité sans se blesser…

CÔTÉ LOGISTIQUE : il vous faudra peaufiner vos « routines » de ravitaillement, pour trouver la bonne recette qui vous permet de conserver votre énergie sans vous créer des troubles digestifs. Vous devrez faire des tests afin d’adopter le meilleur équipement, celui qui vous gardera au chaud et au sec tout au long du parcours sans trop alourdir votre sac, et participer à des courses de préparation qui vous mettront en situation.

Lire aussi notre article 4 principales erreurs des coureurs d’ultra-trail à l’entraînement

Retrouvez toute l’histoire de l’UTMB, les vainqueurs, les anecdotes et tout ce qu’il faut savoir pour le préparer à votre tour dans le magazine Esprit Trail Hors Série Spécial 20 ans de l’UTMB.

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Si les côtes font mal aux jambes, un bon entraînement vous préparera à n’importe quelle ascension. Voici comment faire en sorte de progresser en montée, afin que chaque montagne ressemble à une colline. Et, cerise sur le gâteau, pas besoin de vivre dans les Pyrénées ou les Alpes pour devenir un bon grimpeur !

Petit Trail des Aiguilles Rouges 2015 : une punition et 8 leçons

Lorsque je me suis présenté à mon premier trail de montagne, le PTAR, ou P’tit Trail des Aiguilles Rouges, en 2016, j’avais déjà quelques trails de vingt-trente kilomètres dans les jambes, mais avec des dénivelés toujours inférieurs à 800 mètres. Pourtant, cette première épreuve alpine ne me faisait pas plus peur que ça : le parcours d’environ 16km me paraissait tout à fait gérable, malgré les 1250 mètres de D+ annoncés. Et ce qui devait arriver arriva : après être parti de Servoz la fleur au fusil, la montée vers le lac de Pormenaz, à près de 2000 mètres d’altitude, fut un véritable calvaire. Ils étaient là, les 1250 mètres, concentrés sur les 8 premiers kilomètres, avec une pente qui dépassait tout ce que j’avais connu dans mes précédents trails. Je me souviens m’être assis une bonne dizaine de fois sur le bord du sentier, m’écartant pour laisser passer des concurrents.

Comme moi, ils avaient l’air de souffrir, mais eux parvenaient à progresser. Une fois la boucle bouclée, j’ai parlé à tous les traileurs habitués des sentiers alpins que je connaissais pour obtenir des conseils. Comment pouvais-je progresser, moi qui vivait en région parisienne, sans aucune montagne à proximité pour m’entraîner, et sans Casquette Verte pour m’inspirer (Alexandre Boucheix n’a débuté la course à pied qu’en 2014, 2 ans seulement avant mon PTAR) ? Voici les 8 leçons pour devenir un meilleur grimpeur que j’ai retenues.

Le lac de Pormenaz, point culminant du P’tit Trail des Aiguilles Rouges 2016. Photo DR

Conseil n°1. Pour progresser en montée, travaillez la force fonctionnelle des jambes

Courir ne suffit pas toujours, surtout si vous n’avez pas de montagnes dans votre jardin. Travaillez les jambes à la salle ou chez vous en cherchant à reproduire des mouvements que vous utilisez dans les ascensions. Vous augmenterez ainsi la force et la puissance de vos cuisses et vos mollets. Attention cependant, ne confondez pas avec du bodybuilding ! La clé du succès est de vous concentrer sur des mouvements fonctionnels et spécialisés pour la course, pas de vous employer pour avoir des cuisses à la Schwarzenegger ! La plupart des coureurs adoptent une routine que l’on pourrait appeler « 5 minutes Mountain Legs ». Tout ce dont vous avez besoin est de quelques marches d’escalier et d’une bonne résistance à la douleur. Cet exercice, effectué deux ou trois jours par semaine au retour de vos sorties d’entraînement, vous forgera rapidement des cuisses de montagnard aguerri.

Trouvez un escalier d’une vingtaine de marches (soit l’équivalent d’un étage). Grimpez les marches une à une en petite foulée. Redescendez en soufflant. Recommencez en grimpant les marches 2 par 2 en marchant et poussant avec vos bras sur vos cuisses. Redescendez en soufflant. Répétez ensuite ce schéma (marches 1 par 1 en petite foulée, puis 2 par 2 en marchant) pendant 5 minutes. Vos cuisses vont brûler, mais vous aborderez vos prochains trails alpins bien plus sereinement.

De nombreux autres exercices de renforcement des jambes au poids de corps fonctionnent également, comme ceux sur une jambe de type step-up. Votre poids corporel devrait être suffisant pour développer la force d’escalade. N’hésitez cependant pas à demander l’avis d’un coach pour vous assurer que les mouvements que vous effectuez vont dans la bonne direction.

Marche active- Photo Christopher Burns
Photo Christopher Burns

Conseil n°2. Améliorez votre économie de course dans les montées

L’économie de course, c’est-à-dire la quantité d’énergie nécessaire pour courir à un rythme donné, est la clé pour devenir un bon coureur, et ce que vous couriez sur du plat ou en montagne. On peut décomposer l’économie de course spécifique à la montée en vitesse horizontale et vitesse verticale. Même sur une pente raide de 15%, la plupart des mouvements sont horizontaux, donc l’économie de course à plat est toujours la variable la plus importante. C’est la raison pour laquelle un coureur rapide sur du plat peut exceller dans une course de montagne avec un minimum d’entraînement.

Pour améliorer l’économie de la course à plat, c’est simple : courez autant de kilomètres que vous le pouvez en faisant des foulées courtes et rapides qui stimulent les adaptations neuromusculaires et biomécaniques. Peu à peu, votre corps s’habituera naturellement à économiser sa dépense d’énergie. La vitesse verticale joue cependant aussi un rôle important. Après avoir travaillé sur l’optimisation de votre économie de course horizontale pendant quelques semaines, travaillez sur le paramètre vertical en faisant des intervalles de côte entre 30 secondes et trois minutes. Concentrez-vous sur le maintien d’une bonne posture tout en courant aussi vite que possible. Si votre lieu de résidence ne vous propose aucune côte, vous pouvez faire ces exercices sur un pont ou, au pire, un tapis roulant de grand magasin ou de métro.

Photo Cyrille Quintard : cimalp 2022
Photo Cyrille Quintard / Cimalp 2022

Conseil n°3. Pour progresser en montée, penchez-vous en avant pour profiter de la gravité

Vous connaissez tous le principe de la gravité. Posez une balle dans une pente, elle descendra. À vous : mettez-vous droit dans une pente, vous aurez tendance à être attiré vers l’arrière. Maintenant, penchez-vous vers l’avant. Votre centre de gravité va se retrouver incliné vers l’avant à partir de la cheville. Laissez-vous alors tomber lentement en avant, jusqu’à ce que vous soyez obligé de faire un pas en avant pour vous arrêter. Vous avez avancé, sans faire d’effort, simplement en vous penchant pour profiter de la gravité.

C’est une des clés mentales qui fonctionnent le mieux pour les athlètes performants : réussir à décliner ce principe lorsqu’ils courent. Si vous progressez dans une pente inclinée à 5%, penchez-vous en avant de 5%. C’est presque imperceptible, mais cela modifiera fortement l’effort produit. Si vous montez droit dans l’pentu, sur des pentes à 20 ou 30%, vous devrez être le plus en avant possible.

Conseil n°4. Faites des foulées courtes et soyez le plus détendu possible

En trail, les ascensions sont difficiles en raison de la tension constante nécessaire pour maintenir la puissance tout en combattant la gravité. Pour réduire l’effort, essayez de rester totalement détendu, en faisant des pas courts, presque délicats. Afin de vous entraîner, faites cette expérience : trouvez une longue montée, sur route, sentier ou même tapis roulant, et grimpez-la en courant avec un moniteur de fréquence cardiaque. Répétez cet exercice plusieurs fois au cours d’une semaine, en vous entraînant à être le plus détendu possible. Gardez vos bras relâchés et votre foulée la plus tranquille possible, et regardez la fréquence cardiaque. Vous la verrez chuter, signe que vous êtes sur la bonne voie. Même un seul battement de cœur par minute compte !

Photo Cimalp : Julien Glintz
Photo Cimalp / Julien Glintz

Conseil n°5. Courez (ou marchez) à l’effort, pas au rythme

Même les meilleurs grimpeurs sont lents dans les grosses montées, et ils n’en font pas un drame. La clé est de se sentir à l’aise en étant plus lent, en se concentrant sur le maintien d’un effort constant. En général, à moins que l’épreuve ne soit un trail court, votre effort ne doit pas dépasser le seuil de lactate (c’est-à-dire un effort que vous pourriez soutenir pendant environ une heure). Si vous dépassez ce seuil, il sera difficile de récupérer et de terminer avec toute votre pleine force, à moins que vous ne soyez très entraîné.

Lorsque vous attaquez une longue montée, pensez donc à l’effort d’ascension que vous pourriez supporter pendant une heure. Votre rythme sera certainement assez lent, sans doute plus lent que ce que vous sentez pouvoir faire au début de l’ascension, mais il vous permettra d’arriver au bout sans être trop entamé. Pour de nombreux coureurs, cela nécessitera une bonne quantité de marche active. Mais peu importe : quoi que vous fassiez, ne laissez pas votre niveau d’effort grimper en fonction du profil d’élévation. Mieux vaut aller plus lentement dans les montées mais parvenir au sommet en forme et être capable d’aller plus vite dans les descentes que d’arriver carbonisé en haut d’une montée et de ne pas être capable de descendre correctement. Lire à ce sujet notre article Ultra-trail et marche active, comment s’entraîner

8 conseils pour progresser en montée (même si vous vivez là où c’est plat)

Conseil n°6. Pour progresser en montée, n’insistez pas trop sur le vertical à l’entraînement

En montée, vous serez plus lent. Donc si vous grimpez trop, vous deviendrez plus lent. N’oubliez pas que le facteur horizontal est toujours prédominant pour toutes les pentes, sauf les plus raides. Et les pentes les plus raides ne sont pas les plus fréquentes, quel que soit le trail sur lequel vous vous alignerez. Si vous vous entraînez trop souvent sur des montées, avec des ralentissements de rythme tout le temps, votre économie de fonctionnement en souffrira. Pour rester compétitif, veillez à conserver la majorité de vos entraînements sur des terrains rapides, et ne vous inquiétez pas outre mesure si vous ne pouvez pas aller souvent dans les montagnes. Dans un monde parfait, l’idéal serait de vous entraîner sur un terrain rapide pendant la semaine et sur des sentiers vallonnés le week-end.

Photo Dynafit
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Conseil n°7. Pratiquez des mouvements de montée sur un tapis roulant

Bien que vous n’ayez pas besoin de vous entraîner à monter pendant des kilomètres pour être un bon grimpeur, votre corps doit être adapté aux exigences biomécaniques spécifiques de l’escalade, comme l’inclinaison vers l’avant et le stress des muscles du mollet. Si vous vivez dans les zones de montagne, intégrez beaucoup de montées dans votre sortie longue hebdomadaire. Si vous vivez en ville, répétez la montée la plus raide que vous pouvez trouver pendant votre sortie longue, ou faites des ascensions prolongées sur tapis de course inclinable toutes les semaines ou deux pour vous entraîner. L’exercice idéal sur tapis : 4 x 15 minutes à 10% avec 5 minutes à plat entre chaque session de montée.

Lire l’article : 3 programmes d’entraînement sur tapis de course

Conseil n°8. Pour progresser en montée, gardez les yeux baissés

Cela peut paraître évident, mais c’est une règle de base : à l’abord d’une grosse montée, ne levez pas les yeux, sous peine de découragement immédiat. Le plus long voyage commence par un seul pas, et la plus haute montagne est escaladée un pas à la fois. Mettez un pied devant l’autre et ne désespérez pas. En progressant pas à pas, le plus tranquillement possible, vous arriverez toujours au sommet.

Une des techniques à laquelle je fais appel, et que je partage avec de nombreux coureurs qui m’ont fait la même réflexion, est de penser aux sherpas qui gravissent l’Everest. Pour rejoindre les camps d’altitude, à 6 ou 7000 mètres, ils progressent pas à pas, centimètre après centimètre, dans des pentes à 30 ou 40% avec des sacs de 20 à 30 kilos sur le dos. Visualisez la scène, et dites-vous que finalement, dans votre « petite grimpette », vous êtes plutôt bien, non ?

Photo Sebastian Pena-Lambarri
Si eux y arrivent avec des sacs de 30 kilos sur le dos, vous y arriverez aussi ! Photo Sebastian Pena-Lambarri
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