Comme chaque année, le réseau social aux 100 millions d’utilisateurs à travers le monde publie son Rapport « Year in Sport » . Il y dévoile des données édifiantes sur la pratique du sport. Si pour une large majorité d’athlètes, 2022 a été synonyme de retour à la compétition et de nouveaux objectifs, la réouverture des frontières a également permis à de nombreux coureurs d’élargir leurs horizons. Et ce, à l’étranger comme en France, terrain de jeu idéal pour le trail. Zoom sur les 3 grandes tendances running de l’année.
Tendance N°1 : Le retour à la compétition
La compétition a repris en 2022 et les athlètes se sont fixé des objectifs ambitieux. Le pourcentage d’athlètes ayant bouclé l’iconique distance du marathon a presque doublé par rapport à 2021 sur Strava. Dans certains pays, la hausse est encore plus prononcée. Aux Pays-Bas, la part de coureurs ayant terminé un marathon a plus que triplé ! Les marathoniens n’ont jamais été aussi nombreux.
La France, quant à elle, a vu une augmentation de 190 % des coureurs ayant effectué un marathon en 2022 par rapport à l’année précédente. Elle se positionne ainsi en 2e position à l’échelle mondiale, juste après les Pays-Bas (+269 %) mais avant l’Espagne (+171 %).
Illustration Strava
Tendance N°2 : Courir pour explorer
Qu’ils soient motivés par l’envie d’explorer, de découvrir de grands espaces ou par un besoin d’aventure, 52 % des athlètes Strava ont téléchargé une activité outdoor en 2022, toutes activités confondues. Ces activités outdoor sont 55 % plus susceptibles d’être pratiquées en groupe.
En 2022, Strava observe également un retour à la normale en termes de voyage. En effet, à l’échelle mondiale, le pourcentage d’athlètes ayant téléchargé des activités hors de leur pays de résidence a augmenté de 101 % par rapport à l’année dernière. Il atteint presque, à 3 % près, le niveau de 2019, avant la pandémie. Concernant les déplacements, les Français ont été plus raisonnables. Ils sont en effet plus nombreux à avoir joué à domicile. Seuls 25 % des utilisateurs ont enregistré une activité hors de l’Hexagone cette année.
En France, Paris et la Savoie s’affirment comme des terres de running
La France est le pays dans lequel les visiteurs étrangers ont effectué le plus d’activités sportives. Elle se place ainsi sur la première marche du podium devant l’Espagne et l’Italie. La course à pied est le 3e sport le plus pratiqué par les étrangers lors de leur visite dans l’Hexagone, après le vélo et la marche/randonnée. Une activité qui permet de lier l’utile à l’agréable, puisque Paris et son musée à ciel ouvert sont la zone géographique dans laquelle les touristes courent le plus.
Paris décroche également la place de 9e ville la plus visitée pour la course à pied à l’échelle mondiale. La capitale, principal lieu d’attractivité au niveau français, est suivie par la Haute-Savoie et les Alpes-Maritimes, régions de trail par excellence.
Les étrangers ne sont pas les seuls à aimer la Savoie, puisque la région est également la destination la plus populaire pour les utilisateurs français qui ont téléchargé des activités Strava ailleurs que chez eux.
Strava
Tendance N°3 : Ensemble, on va plus loin
Cet adage se vérifie plus que jamais sur Strava en 2022. Sortir en groupe permet d’enregistrer des sorties plus longues en durée et en distance qu’une sortie solo. Cela se vérifie de manière très nette chez les femmes, pour qui Strava enregistre des durées 22 % plus élevées et des distances 23 % plus longues. Du côté des hommes, le constat est le même, avec des durées 15 % plus élevées et des distances 14 % plus longues.
Une tendance particulièrement visible en hiver, lorsqu’il est parfois nécessaire de trouver la motivation chez un coéquipier. Ainsi, au mois de janvier 2022, les coureurs qui ont ajouté des activités de groupe sur Strava avaient 78 % de temps d’activité supplémentaire au compteur par rapport à ceux qui avaient couru en solo.
En groupe de trois ou plus, les chiffres sont encore supérieurs. En France, Strava enregistre des activités d’une durée et d’une distance 21 % supérieure lors d’une sortie effectuée à 3 personnes ou plus. Une belle illustration de la façon dont les sportifs trouvent de nouvelles façons de se dépasser et de s’amuser au quotidien. Ils s’y attellent ensemble, se motivent mutuellement et tirent ainsi leurs camarades vers le haut.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/12/Strava-Trail-Running.jpg6001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-12-13 03:37:002022-12-13 09:18:28Quelles sont les 3 grandes tendances running de l’année ? La réponse du rapport “Year in Sport” 2022 de Strava
Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais Thibault Marquet est un habitué des podiums. Dernière performance en date, sa 12e place (et 5e Français) sur l’UTMB, à moins de 2h40 du chrono record de l’extraterrestre Kilian Jornet (19h49mn). Pourtant, malgré ses classements prometteurs, ce touche-à-tout des sports outdoor reste simple. Et avoue modestement que depuis qu’il a mis un pied dans la montagne, il est l’homme le plus heureux du monde. Il raconte sa passion dans une vidéo pleine d’oxygène. Idéal pour une soirée d’hiver…
Une première course qui en dit long
Avec Thibault Marquet, tout a l’air si simple. Peu de temps après s’être installé dans le Beaufortain, cet ex-vététiste de haut niveau entend parler de l’Ultra Tour de Beaufortain, un bon 107 km et 7300m de D+. Même pas peur ! Il décide de s’entraîner et en fait sa première course, en juillet 2019. Il nourrit alors le secret espoir de pouvoir terminer dans les 10 premiers. Bingo, il termine 5e. Et même si, pendant 2 jours, il lui sera impossible de marcher, il le reconnaît : il est atteint par le virus de l’ultra…
Un habitué des podiums
Parmi ses victoires les plus probantes, l’Intégrale de 148km de l’Échappée Belle en 2021 ou le 42km de l’Ultra-Trail des Montagnes du Jura 2022. Et quand il n’est pas sur la plus haute marche du podium, Thibault Marquet n’en est pas loin. En 2022, il a fini 2e de l’Ultra Tour du Beaufortain, devancé uniquement par Jim Walmsley. Ou encore 5e de la Marathon Race de la MaXiRace, derrière Jonathan Albon. Et bien sûr 12e de l’UTMB, une course qu’il a eu en tête dès ses débuts en trail.
Qu’est-ce qui fait courir Thibault Marquet ?
C’est, en filigrane, la question à laquelle Thibault Marquet répond dans une vidéo de 9 minutes signée Rémy Berthod. Comment en est-il arrivé là ? Quelles sont ses motivations ? Son état d’esprit ? Avec un secret espoir : que cette vidéo puisse inspirer d’autres coureurs, les aider à imaginer, et réaliser, un objectif de ce type.
Qui est Thibault Marquet, la vidéo
A voir aussi, la vidéo où Thibault Marquet explique comment il a réussi à finir 12e de l’UTMB 2022
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/12/THIBAULT-MARQUET-OPEN.png11842318Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-12-12 02:00:002022-12-10 17:49:31Jusqu’où ira Thibault Marquet, 5e Français à l’UTMB 2022 ?
En terminant 5e féminine de son deuxième Grand Raid de La Réunion, Sylvaine Cussot a bouclé sur cette île qui l’a accueillie les bras ouverts il y a 3 ans une très belle saison 2022. 24 heures après qu’elle ait franchi la ligne d’arrivée dans la fournaise du stade de la Redoute, Serge Moro l’a retrouvée sur la plage ensoleillée de la Pointe au Sel. La Diag’, la vie sur l’île, le trail, la vie tout court, Sissi Cussot se dévoile, plus attachante que jamais.
ESPRIT TRAIL : En 2021, tu avais couru en tête ton premier Grand Raid de La Réunion pendant la première moitié de course. Mais une chute au bilan douloureux (côte cassée et péroné fissuré) t’avait contrainte à finir péniblement dans la souffrance…
Sissi Cussot : Effectivement, et il m’a fallu encaisser cette course où durant la première partie tout allait au mieux : un départ prudent avec tous les voyants au vert, la sensation d’être au bon rythme tout en prenant la tête de course sur presque 80km… Et puis le reste : cette chute, violente, et le chrono qui devient secondaire car il ne s’agit plus que de finir. Marcher, piétiner, avec une fissure osseuse.
J’étais tombée après la Plaine des Merles, sur une portion de relance très caillouteuse. J’avais déjà une fracture – ça c’était fait – à la main, et je courais avec ! Mais vu que j’avais interdiction formelle de retomber dessus, non guérie, j’ai chuté vers l’avant de tout mon poids sans me retenir avec les mains… Donc tout a pris, hanche, coudes, côte brisée. C’est la seule chose qui me fait peur sur la Diag’ : tomber. Ma spécialité, soit-dit en passant !
Un ultra comme le Grand Raid, c’est une aventure hors norme ?
SC : Oui, tous ceux qui courent ici le savent ! Pour cette édition 2022, je me suis préparée consciencieusement. J’étais au départ avec beaucoup d’envie, surtout avec le plateau qu’il y avait cette année. J’étais d’ailleurs assez lucide sur mes chances : je ne pourrai jamais challenger Courtney Dauwalter ou Anne-Lise Rousset. Je n’ai jamais cherché à me comparer aux autres. En ultra, tu cours avec toi-même et parfois tu sors même du classement.
Sur le Grand Raid, un paramètre est important : les écarts de température. Et il faut gérer sa course… Ne pas partir trop vite car les 30 premiers kilomètres sont euphorisants, mais sans s’endormir car ça peut bouchonner rapidement… Il faut aussi bien gérer la nuit en surveillant ses appuis. Il y a des parties techniques : la descente du Bloc by night, c’est chaud. Une fois que le jour se lève, il faut tout avoir fait en amont pour être capable de savourer, sans s’être brûlé les ailes. C’est la plus belle partie. En haut de Dos d’Âne, il y a encore de la route jusqu’au finish, donc il faut garder de la lucidité.
Dossard 1584, le sésame pour la Diag’ 2022. Photo Instagram Sissi Cussot – DR
Ton Grand Raid 2022 a connu moins de mésaventures qu’en 2021 ?
SC : Ce Grand Raid est une course tellement à part, si exigeante, mais riche de tant de rencontres, de variations de climat, de différences de terrain, avec du très raide en montée ou en descente… Tout cela fait la difficulté de l’épreuve et lui donne son caractère unique. Et pourtant ça court, c’est loin d’être une longue randonnée active ! L’effet « pas de bâtons » (NDLR : interdit par le règlement) est aussi une difficulté supplémentaire. Si sur l’UTMB, c’est rare d’utiliser les mains, ici elles sont indispensables pour s’accrocher aux arbres !
Je suis partie exactement sur les mêmes temps de passage qu’en 2021. Après Domaine Vidot, au bout de 15km, le parcours ayant changé, je n’avais plus de repères, mais j’avais des sensations identiques. Le début de course est euphorisant. Tu vas vite : j’ai couru mes deux premiers kilomètres en 4mn06s… Puis dès que tu t’éloignes de cette euphorie du départ, tu te mets dans ton monde intérieur. Je n’ai pas eu l’impression d’être en sur-régime. Je savais que devant il y avait des avions, et qu’il m’était impossible de jouer un podium. Dans la nuit, j’ai été hyper concentrée parce que je ne voulais surtout pas tomber. A contrario de beaucoup d’hommes, je n’ai pas eu froid, un signe que je devais être en forme ! J’avais vraiment préparé cette portion nocturne.
Sissi Cussot à l’arrivée de la Diagonale des Fous 2022. Malgré la fatigue, le sourire, toujours. Photo Instagram Sissi Cussot – DR
Tu fais des reconnaissances spécifiques pour le Grand Raid de La Réunion ?
SC : Oui. Par exemple, une semaine avant le départ, j’ai reconnu le sentier entre Domaine Vidot et Nez de Bœuf. Ainsi, je savais exactement où j’en étais, et où je devais faire très attention. Durant la nuit, j’étais dans ma bulle ! Surtout qu’on a eu vraiment très mauvais temps… Quand le jour s’est levé, c’était le soulagement pour tout le monde ! Après, c’est la nouveauté de la descente par Kerveguen vers Cilaos qui est très difficile ! A Cilaos, tu fais le point, c’est un moment intéressant, c’est là où on se change complètement. Les vêtements et les idées ! Puis tu repars, et tu sais que tu vas rentrer dans Mafate…
J’ai mes repères dans Mafate. Cet endroit me ressource beaucoup, c’est calme, beau vertigineux… C’est énormément de plaisir pour moi dans ce cirque. Je l’ai traversé sans difficulté, même s’il pleuvait… Musculairement, tu arrives dans les 100 km et tu commences à taper dans les cailloux, les chevilles tournent plus souvent. À la Plaine des Merles, l’endroit où j’ai chuté en 2021, j’ai été très attentive et finalement très soulagée de passer sans encombre majeur. Bien sûr, j’ai chuté ici ou là, on ne peut pas faire la Diag’ sans tomber ! Rien de grave en tout cas.
Sur un ravito lors de la Diag’ 2022. Photo Instagram Sissi Cussot – DR
Après avoir couru deux éditions successives de ce Grand Raid de La Réunion, te reverra-t-on au départ en 2023 ?
SC : Sur cette édition 2022, j’ai dû gérer une douleur au tendon d’Achille que je traîne depuis deux ans… Sur certains appuis, je souffre. J’ai une pathologie nommée « contrainte du carrefour postérieur » qu’il me faut soigner ! Cela m’a pollué le cerveau.
Je veux revenir une troisième fois pour exprimer mon potentiel et courir sans gêne, et en espérant avoir une météo favorable. Et puis la Diag’ est dans mon Top 3 des spots de trail que j’affectionne particulièrement, avec le Madère Ultra Trail, et le GR20… J’aime les îles et les montagnes, et ces trois lieux marient harmonieusement la mer et les reliefs escarpés. Pourtant, je ne suis pas une montagnarde, ni une insulaire. Je suis née en ville, mes parents habitent Le Mans, dans la Sarthe… Récemment, j’ai découvert le Maroc, et j’ai envie d’y courir.
Sylvaine Cussot sur son premier Marathon des Sables, en avril 2022. Elle prendra une superbe 2e place féminine. Photo Cimbaly-ABENKHELIFA MDS 2022
Tu as choisi de partir vivre à la Réunion en 2019 !
SC : Le point de départ de tout, c’est ma séparation d’avec mon conjoint. Un bouleversement total, avec beaucoup de changements dans ma vie. J’avais un besoin vital de m’éloigner de tout cela et de me reconstruire. Partir loin, c’était nécessaire. J’étais un peu perdue… Quand tu vis avec quelqu’un pendant 10 ans dans un endroit et que tu t’en vas, tu coupes les racines qui te font tenir debout.
Un jour, par hasard, après avoir cherché vers Toulouse ou ailleurs, je suis tombée sur le web sur une annonce d’un appartement à la Réunion. Comme un signe. J’ai cliqué dessus, et la décision était prise. Au départ, ce n’était pas pour la Diag’ et le trail : c’était pour m’éloigner. Repartir de zéro, sur une île, très loin… À la base, j’étais partie avec mon sac à dos pour trois mois. Plus de maison, plus de chéri, je suis arrivée ici un tantinet désorientée. Et j’ai immédiatement accroché.
Peux-tu expliquer ce qui te plaît à La Réunion ?
SC : C’est très simple : ce sont les gens… Et en particulier leur art de vivre et leur bienveillance envers les autres ! Ici, si tu as un problème, tu as toujours quelqu’un qui te tend la main. Et puis, il y a ces couleurs, partout sur l’île. J’y puise une énergie folle, mais aussi paradoxalement un grand apaisement ! C’est fou, je suis là depuis deux ans déjà, et je viens d’investir dans un appartement ici. Même si je n’y reste pas toute ma vie, j’aurai un pied à terre à La Réunion. Un début de racine…
Le bémol, ce sont les allers-retours vers la métropole : mon job demeure en métropole et je n’y rentre jamais pour des vacances. Ce balancier entre la métropole et La Réunion n’est bon ni pour la planète, ni pour ma santé ou mes finances. L’idéal serait de faire 6 mois à la Réunion et 6 mois en métropole, et ainsi vivre toujours en période estivale. Les choses se mettront en place d’une façon ou d’une autre, je pense…
Sissi Cussot sur la plage de la Pointe au Sel. Photo Franck Oddoux
Tu es désormais une icône du trail féminin…
SC : Ce n’est pas à moi de le dire. Je constate qu’à ce jour, il y a peu de femmes qui font de l’ultra… Mais leur nombre augmente peu à peu, et le niveau augmente aussi. Ici, sur cette Diag’ 2022, les 5 premières filles sont classées dans le Top 100. Je constate, en parlant et en rencontrant beaucoup de femmes, qu’une majorité n’ose pas passer le cap de l’ultra. C’est d’ailleurs le message que je m’efforce de transmettre : arrêtez de vous mettre des barrières, et lancez- vous ! Venez essayer ! Si vous échouez, ce n’est pas grave !
Il faut de la volonté, de la ténacité pour suivre un entraînement adapté. Et dans ces domaines, les femmes sont au top ! Je leur dis aussi que pour prendre le départ de la Diag’, il faut des années de préparation. J’ai souvent constaté que les femmes sont plus réfléchies. Et sur le terrain, il y a moins d’abandons chez les femmes, qui ne lâchent rien, que chez les hommes !
Peut-on dire que ta marque de fabrique, c’est la joie de vivre et le sourire ?
SC : Pourquoi pas… C’est important pour être heureux que de sourire. Il faut ne pas s’enfermer dans ses soucis, s’isoler et ressasser le visage fermé. Si tu ne prends pas ton destin en mains, il ne se passera rien. La chance n’y est pour rien… C’est toi qui construis ton bonheur. Il faut sourire à la vie pour qu’elle te sourie. Quand tu te lèves le matin, tu sors, tu souris aux gens et ils te sourient en retour… Cela crée la base de ton petit bonheur du jour. J’ai à cœur d’essayer de positiver. Je suis née comme ça, c’est ma personnalité. Et j’essaye de m’entourer de gens qui me tirent vers le haut. C’est primordial de savoir s’entourer des bonnes personnes.
À propos d’entourage, tu es d’une grande fidélité à ton sponsor équipementier…
SC : Un partenariat solide, cela se construit effectivement dans la durée. Plus j’avance avec Asics, mieux c’est. C’est une vraie amitié. Et quand tu es bien avec quelqu’un, pourquoi changer ? Je n’ai aucune raison d’aller voir ailleurs, et je me considère même comme chanceuse que d’être toujours accompagnée par Asics. Ici je ne fais que 5ème, et j’ai conscience qu’il y a des filles plus fortes que moi. Mais peut-être que je porte d’autres valeurs ?
C’est un honneur qu’ils me reconduisent mon contrat chaque année. Je tiens à dire que je n’ai jamais ressenti de contrainte de la part de mes partenaires, tout en sachant que le jour où cela s’arrêtera, ma passion continuera. Je laisserai sereinement ma place à d’autres, et je continuerai à transmettre. Hier, une fille m’a dit : « Quand je n’ai pas envie d’aller courir, je regarde ton compte Instagram et cela me booste pour mettre mes baskets ! » C’est la plus belle chose que l’on puisse me dire !
Sissi Cussot : ses principaux résultats 2022
Source UTMB Index
Cette interview est parue dans le magazine Esprit Trail N°128.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/12/Sissi-Cussot-Open-Photo-Franck-Oddoux.png9301976redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2022-12-11 05:05:002022-12-08 09:56:06La tête et les jambes, épisode 3 – Sissi Cussot, entre trail et joie de vivre
Si remplacer le sel perdu est un pilier de la nutrition sportive, son dosage dans les boissons d’effort n’est peut-être pas aussi crucial que vous le pensez. Et de nouvelles recherches publiées en 2022 suggèrent que plus n’est pas toujours mieux. Sel et boissons d’effort, voici une histoire qui ne manque pas de sel…
Gatorade, le sel du business
Au milieu des années 1960, un chercheur de l’Université de Floride nommé Robert Cade s’est rendu dans une banque et a emprunté 500 dollars pour acheter du sucre et du sel. La boisson maison qu’il avait conçue pour l’équipe de football américain de l’université locale, surnommée Gatorade, attirait l’attention de tous au point qu’il voulait en mélanger une grande quantité pour la vendre. Mais si le sucre fournissait une énergie cruciale aux joueurs lors du quatrième quart-temps, le sel, quant à lui, reste aujourd’hui encore sujet de discussion. En effet, 60 ans plus tard, les scientifiques et les athlètes débattent toujours du rôle que joue le sel des boissons d’effort dans les performances sportives.
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Compensations en sel : que dit la science ?
C’est la question qui se trouve en arrière-plan d’une nouvelle étude publiée en juin 2022 dans le European Journal of Sport Science par le chercheur en nutrition sportive Alan McCubbin, de l’Université Monash, en Australie. L’étude utilise un modèle mathématique pour déterminer exactement la quantité de sodium nécessaire pendant des exercices d’intensité et de durée variables. Plusieurs paramètres sont pris en compte dans les calculs, comme la quantité de sueur dégagée par une personne, la salinité de cette sueur, la quantité d’alcool qu’elle consomme et d’autres facteurs liés à son alimentation. Et dans la grande majorité des situations réelles, McCubbin conclut que nous n’avons pas à nous soucier de compenser les pertes en sel lors des séances de sport.
Pourtant, il ne fait aucun doute que le sodium, l’électrolyte clé du sel, a un rôle crucial dans le fonctionnement de l’organisme. Il aide les muscles à se contracter, participe à la transmission des signaux nerveux et maintient l’équilibre des niveaux de liquides internes. Il est également indiscutable que nous perdons du sodium par la sueur. Mais prendre du sel pendant l’exercice sportif pour compenser ces pertes est une autre affaire. Étudions ainsi les trois raisons principales pour lesquelles vous pourriez vouloir absorber du sel pendant un effort.
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Sel et boissons d’effort : du sel contre les crampes ?
La raison la plus fréquemment citée de vouloir absorber du sel pendant l’effort est de conjurer les crampes musculaires. Mais les preuves scientifiques contredisent largement cette idée. Des études impliquant des coureurs et des triathlètes n’ont trouvé aucune différence significative dans les niveaux de sodium entre ceux qui ressentent des crampes pendant l’exercice et ceux qui n’en ressentent pas. Et abaisser délibérément ces niveaux semble n’avoir aucun effet dans un sens ou dans l’autre. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles nous avons des crampes, et le sodium peut être impliqué dans certaines d’entre elles. Mais en ce qui concerne les crampes liées à l’exercice, augmenter notre consommation de sel ne semble pas être la solution.
Sel et boissons d’effort : du sel pour éviter l’hyponatrémie ?
La deuxième raison pour laquelle nous pouvons être amenés à augmenter l’apport en sel pendant l’exercice est d’éviter l’hyponatrémie, llittéralement un faible taux de sodium dans le sang. En effet, cette situation est dangereuse, et peut parfois être mortelle. Sur le papier, boire quelque chose de salé semble être un bon moyen d’assurer des niveaux sains de sodium. Mais les boissons pour sportifs sont moins salées que le sang. Donc plus vous buvez, plus votre sang se dilue. Par conséquent, le principal facteur de risque d’hyponatrémie est en fait de consommer trop de liquides, que ce soit de l’eau ou des boissons pour sportifs, et non pas trop peu de sel. C’est pourquoi les directives actuelles conseillent de boire quand on a soif plutôt que de suivre un plan d’hydratation agressif.
Sel et boissons d’effort : du sel pour réguler les concentrations des fluides de l’organisme ?
La troisième raison pour laquelle nous pouvons être amenés à augmenter l’apport en sel pendant l’exercice est celle que McCubbin considère légitime : la régulation des concentrations de fluides. Le corps humain est rempli de fluides, que ce soit dans le sang, dans les cellules et dans les espaces entre les cellules. Votre corps surveille les niveaux de sodium pour décider comment répartir les réserves de liquide entre ces trois domaines. Et comme il est bien organisé, il a prévu un « tampon » lorsque vous commencez à vous entraîner et produire un effort. Ainsi, même si vous transpirez, les fluides peuvent se déplacer dans votre plasma sanguin pour maintenir la concentration de sodium aux endroits précis où c’est nécessaire.
Cependant, si une transpiration prolongée épuise trop les niveaux de sodium et que vous ne buvez que de l’eau, l’inverse se produit : le liquide se déplace hors de votre plasma pour empêcher les concentrations de chuter ailleurs, vous laissant avec un volume sanguin inférieur pour transporter l’oxygène vers les muscles et dissiper la chaleur. C’est, en théorie du moins, un vrai problème.
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Sel et chute de la concentration sanguine, la vraie question
La question pertinente n’est donc pas la quantité de sodium dont vous avez besoin pour remplacer ce qui est perdu par la transpiration. C’est plutôt la quantité de sodium dont vous avez besoin pour empêcher votre concentration sanguine de chuter, en tenant compte du fait que votre corps est susceptible de déplacer du liquide de l’intérieur de votre organisme en cas de manque. Vous l’aurez compris : fondamentalement, la réponse ne dépend pas seulement de la quantité de sodium que vous perdez par la transpiration. Cela dépend aussi de la quantité de liquide que vous absorbez. Et de sa teneur en sel…
« Il y a une grande différence entre perdre quatre litres de sueur salée dans un marathon et en remplacer deux par de l’eau ordinaire, et perdre 20 litres dans un 100 miles et les remplacer par 18 litres d’eau ordinaire », explique McCubbin. Pourtant, dans les deux cas, vous avez perdu la même quantité de liquide : deux litres. Soit environ deux kilos de poids corporel. Mais c’est le chiffre brut qui compte. Dans le cas de l’ultra, vous avez transpiré 20 litres, donc beaucoup plus de sodium. Vous êtes donc plus susceptible de dépasser la capacité de votre corps à compenser la perte. Voyons ce que dit l’étude de McCubbin…
Pour son étude, McCubbin a utilisé des algorithmes développés par des spécialistes des reins pour calculer la concentration de sodium dans le sang. Pour les marathoniens, il a conclu que faire un effort délibéré pour remplacer le sodium au-delà de ce que dictent les préférences gustatives est « inutile dans tous les scénarios réalistes ». En gros : salez votre alimentation à votre goût et ne faites rien de plus ! En revanche, dans les ultras de 100 miles et plus, où une durée d’effort plus longue entraîne une perte de sel beaucoup plus importante, la conclusion est plus nuancée.
Pour les coureurs dont la sueur est plus salée que la moyenne, même si ils boivent suffisamment pour limiter les pertes de liquide à 2 % de leur poids de départ, il est avéré que boire de l’eau seule, non enrichie, entraînera un déficit de sodium. Et encore faut-il tenir compte du fait que ces ultras sont si éprouvants que les coureurs perdent également du poids avec les réserves de glucides et de graisses qu’ils brûlent, de sorte qu’ils peuvent être de 3 à 5% plus légers sur la balance au moment où leurs pertes de liquide atteignent la fameuse limite des 2%. Alors, que faire ?
Lors de courses d’ultra-endurance dans le désert, où la transpiration est importante, les pertes de sel peuvent être un problème. Photo Kayvan Mazhar
Teneur en sel : compenser ou ne pas compenser ?
La teneur en sodium de votre sueur peut être grossièrement déduite de la quantité de sel séché laissé sur vos vêtements et votre peau après une séance d’entraînement. Mais difficile de l’évaluer concrètement. Scientifiquement, elle peut être déterminée avec une plus grande précision grâce à des tests proposés par des sociétés spécialisées. Mais même si votre tee-shirt ressemble à un bloc salé après chaque sortie longue, vouloir compenser les pertes avec des comprimés de sodium est risqué. En effet, une consommation excessive de sel peut vous donner plus soif, donc augmenter les chances que vous buviez trop. Et, paradoxalement, peut-être même vous exposer à un risque d’hyponatrémie.
Pour Martin Hoffman, chercheur spécialisé dans les efforts d’ultra-endurance à l’Université de Californie, la réponse est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Voire même simpliste : au lieu de vouloir compenser les pertes de sodium par des comprimés ou des boissons d’effort enrichies en sel, il recommande de prendre du sel avec de la nourriture en fonction… de vos envies. Inutile, selon lui, de suivre un régime de consommation de sel prédéterminé.
Si Hoffman reconnaît l’intérêt des calculs de McCubbin, il estime que les besoins de compenser le sodium perdu sur un 100 miles peuvent être encore plus faibles que ne le suggèrent l’étude australienne. En effet, le chercheur américain affirme qu’il existe des preuves que le corps contient du sodium supplémentaire, un peu comme un « stock de réserve », qui est libéré dans la circulation lors d’une transpiration prolongée. Une théorie de l’adaptation séduisante, mais qui est controversée parmi les scientifiques.
Sel et boissons d’effort : la conclusion des chercheurs
Si leurs avis divergent quelque peu, Hoffman et McCubbin conviennent l’un comme l’autre qu’il existe une petite minorité de personnes avec une sueur inhabituellement salée qui pourrait rencontrer des problèmes lors d’un événement de plusieurs heures comme un ultra. Pour ces personnes, les deux chercheurs recommandent d’avoir recours à des tests de sudation, pour déterminer exactement la quantité de sel qu’ils perdent lors d’un effort prolongé. En connaissant ces valeurs avec précision, ils pourraient a minima bénéficier d’un plan spécifique pour réapprovisionner le sodium perdu par le biais d’aliments, de boissons pour sportifs et peut-être même de comprimés de sel.
Mais pour le reste d’entre nous, les conseils de McCubbin comme ceux d’Hoffman reflètent l’évolution de la réflexion sur l’hydratation au cours des dernières décennies, qui est passée du « Buvez pour remplacer ce que vous perdez » au plus subjectif « Buvez quand vous avez soif ». Dans cette même logique, en ce qui concerne le sel, la nouvelle règle serait donc la suivante : « Assaisonnez selon votre goût ! »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/12/PASTILLES-DE-SEL-MARATHON-DES-SABLES.png9881792Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-12-10 01:00:002022-12-11 18:18:16Sel et boissons d’effort : la nouvelle étude qui ne manque pas de sel
Quel meilleur moyen de savoir ce qu’ont vécu les participants de la SaintéLyon 2022 que de se plonger dans leurs récits de course ? Avec force détails, ils ont publié sur leurs réseaux sociaux des analyses qui permettent de se retrouver au cœur de l’épreuve. Voici la compilation des témoignages des 4 premiers du classement général, ainsi que celui de la marraine de la SaintéLyon 2022, Sissi Cussot, qui a bouclé sa 9e participation.
Andreu Simon Aymerich, Team Asics Trail, vainqueur de la SaintéLyon 2022
Temps : 5h 47mn 35s Vitesse : 13,63 km/h Première participation à la SaintéLyon
Photo Facebook Andreu Simon Aymerich / Le Progrès / DR
« Je suis surpris du rythme auquel j’ai pu courir toute la course ! »
« Chaque changement demande du temps, mais en regardant les entraînements et les sensations des 6 dernières semaines, c’était encourageant. Je voulais voir si j’étais capable de lui donner une continuité en compétition. Courir avec ce “feeling” ça fait plaisir et c’est le meilleur cadeau que je puisse faire à ceux qui se sont consacrés à me perfectionner en un temps express. Quelle libération de pouvoir commencer comme ça ! Diabète, insuline, frontale, brouillard, froid et boue m’ont accompagné sur ces 78km et 2050+, pour être enfin le premier étranger à remporter l’Asics SaintéLyon ! Je suis super content et surpris du rythme auquel j’ai pu courir toute la course ! »
Thomas Cardin, team Hoka, 2ème de la SaintéLyon 2022
Temps : 5h 52mn 40s Vitesse : 13,43 km/h 2ème participation. Vainqueur de la SaintéLyon 2021 (ex-aequo avec Romain Lieux)
Photo Instagram Thomas Cardin / Le Progrès / DR
« J’ai rarement fini une course autant au mental. »
« La Doyenne… La SaintéLyon… 2ème place pour une 2ème participation. 78km en 5h 52, dans la boue, le brouillard et sous la pluie. L’aventure d’une nuit blanche. (…) Je retrouve beaucoup de visages connus derrière les buffs et les frontales. Les températures ne sont pas négatives mais il fait très humide. Le départ est retardé de près de 20 minutes pendant lesquelles une pluie fine commence à tomber. Nous nous refroidissons sérieusement en restant statiques sur la ligne de départ.
Les fauves sont enfin lâchés, et comme on pouvait le prévoir, ça part vite, sûrement trop vite ! 3’35, 3’40, les kms défilent et l’allure baisse peu. Ce ne sont pas des allures qui me dérangent, mais je commence à penser à la suite de la course. Partir trop vite sur la SaintéLyon, c’est prendre le risque de finir tout doucement. Ou même de ne pas finir du tout. Mais les collègues de la tête de course ne sont pas si faciles à convaincre et je les suis donc dans leur projet. »
Thomas Cardin dans le brouillard…
« On monte les premières côtes et heureusement la vitesse diminue. Mais un protagoniste s’invite, et il ne nous laissera pas souvent tranquilles : le bon vieux brouillard. Il est très épais et humide, on y voit vraiment pas grand chose. En plus, il dépose une fine pellicule d’eau sur mes lunettes en permanence. C’est le gros kiff car je cours à l’aveuglette !
Aux alentours du 20ème km, un groupe de trois coureurs s’échappe : Theo Detienne, Baptiste Chassagne et Andreu Simon Aymerich. Pour moi, c’est beaucoup trop tôt. Tout le monde me l’a répété, la course ne commence qu’à Sainte-Catherine. Et pourtant, ils prennent 3 minutes d’avance et je suis contraint de chasser en solo derrière eux. »
Quand Thomas Cardin donne tout et… coince
« Je finis par rattraper Baptiste avec qui nous partageons quelques kilomètres très glissants. Andreu reste à 3 minutes d’avance. À la mi-course je me dis que cette avance est trop stable. Andreu ne présente pas de signes de faiblesse, il faut donc que je prenne mes responsabilités et que je passe à l’attaque. C’est donc parti pour un gros effort d’une quinzaine de km pendant lesquels je prends beaucoup de risques.
Je vais très vite, je force, relance autant que possible, essaye d’en faire le plus possible dans la boue car je pense que c’est là que les écarts se font. J’arrive à remonter à 1’30” d’Andreu. À Soucieux, je suis à fond, pas d’arrêt au ravito. L’écart baisse toujours mais je commence à sentir que je ne serai pas capable de finir à ce rythme.
C’est à partir de ce moment que ça devient dur. J’essaye d’en faire le plus possible mais l’écart ne réduit plus. Je reste très concentré et même trop, car j’en oublie de manger mon gel prévu sur la portion Soucieux-Chaponost ! Erreur qui m’enfonce encore plus dans les mauvaises sensations. Les derniers km sont un chemin de croix. J’ai rarement fini une course autant au mental. Les chutes s’enchaînent, je coince en bosse, je n’arrive plus à relancer, je suis frigorifié. La totale ! »
Photo DR
Thomas Cardin soulagé… puis heureux !
« L’arrivée n’est pas un plaisir, c’est un soulagement. C’est seulement après m’être changé et avoir parlé avec ceux qui m’entourent que je réalise que je suis satisfait de ma course. Je ne regrette rien, je suis même heureux de cette belle aventure. J’ai réussi à produire un effort physique et mental important, à quatre semaines de ma course des championnats du monde, sans oublier les conditions de vie actuelles qui ne sont pas des plus reposantes ! (Thomas Cardin est devenu papa en milieu d’année, NDLR.)
C’est une Saintélyon plus dure pour moi que celle de l’année dernière, mais qui clôture d’une belle façon une année énorme en événements perso et sportifs. Bravo à tout ceux qui ont bravé les éléments, coach, ravitailleurs, amis, coureurs ou bénévoles, ceux qui m’ont encouragés et poussés à faire au mieux. Maintenant, je vais me reposer un peu, essayer de dormir (mais ça ne dépend pas que de moi 🙂 et reprendre des forces pour pouvoir préparer 2023. »
Baptiste Chassagne, team Sidas Matryx, 3ème de la SaintéLyon 2022
Temps : 6h 03mn 23s Vitesse : 13,03 km/h 2ème participation. 4ème de la SaintéLyon 2019
Photo Facebook Baptiste Chassagne / Le Progrès / DR
« Pour la première fois de ma carrière, j’ai couru pour gagner ! »
« Il paraît que la nuit porte conseil. Moi je crois qu’elle porte bonheur. Hier (le 4 décembre, NDLR), j’ai couru avec mon cœur. J’en suis revenu avec des émotions rares. J’ai eu froid dehors, mais j’ai eu si chaud à l’intérieur… Pour la première fois de ma carrière, j’ai couru pour gagner. Quitte à perdre. Je ne suis pas monté sur la première marche, pourtant, c’est comme une victoire. J’ai tenté, avec mes armes, et pris des risques, afin d’aller explorer ce qui sépare les performances prometteuses et les places d’honneur de la seule et unique “gagne”. Celle que tu claques un jour, et que l’on ne t’enlève jamais.
Je me suis incliné face à Andreu Simon Aymerich et Thomas Cardin, 2 athlètes de classe internationale, tout simplement plus forts que moi. J’ai découvert un autre versant du sport de haut-niveau : gagner est encore différent de performer. J’ai beaucoup appris et observé, et j’ai franchi la ligne d’arrivée la tête haute, sans regret, empreint d’une émotion puissante. Parti fort, en tête jusqu’à Sainte-Catherine, j’ai traversé un moment réellement obscur, de Saint-Genou (km 44) à Chaponost (km 65). Grâce à mes hooligans, nombreux, bouillants, je suis allé voir ce qu’il se passait au fond de moi et y ai déniché un supplément d’âme. Celui qui m’a permis de décrocher le podium et de vivre, à l’arrivée, un moment de communion magique avec mes proches. »
Baptiste Chassagne en route pour les « France »
« 4ème pour ma 1ère participation, 3ème pour la 2ème… Marche après marche. En attendant, je vais savourer, puis repartir doucement mais sûrement à l’entraînement afin de poursuivre ma préparation aux Championnats de France, qualificatifs aux « Monde ». Une échéance dont la SaintéLyon représentait la première étape, par son format roulant assez semblable. Un immense merci pour tous les encouragements que j’ai reçus de vive voix ou par messages touchants. Je suis gorgé de bonnes ondes pour avoir chaud tout l’hiver. Vive la Doyenne… »
Manu Meyssat, team Hoka, 4e de la SaintéLyon 2022
Temps : 6h 12mn 10s Vitesse : 12,73km/h Double vainqueur de la SaintéLyon (2016 et 2017)
Photo Facebook Manu Meyssat / Le Progrès / DR
« Ce n’est pas une victoire, et pourtant, c’en est une quand même ! »
« Le sourire sur les photos, résume assez bien, cette SaintéLyon 2022 ! Comme souvent, j’embarque avec moi mon pote Paulo Valour dans cette aventure, et nous rejoignons la zone de départ vers 22h… Petit temps calme et j’enfile la tenue de combat ! Il ne fait pas très froid, et j’avais jeté un œil dans l’après-midi sur la météo, qui n’annonçait rien d’exceptionnel. Donc ce sera un thermique + coupe-vent !
Un léger échauffement d’une quinzaine de minutes et en route pour un bain de foule sur cette ligne de départ où j’ai largement le temps de saluer tous les copains, puisque nous y resterons plantés dessus, immobiles pendant 15min, suite à un petit incident qui oblige l’organisation à repousser le start. Tiens, la pluie commence à faire son apparition. Mais cela ne devrait être qu’une averse passagère… »
Manu Meyssat à l’aveugle
« On commence à se refroidir, mais sous les ordres et l’ambiance impulsés par le fidèle et irremplaçable Éric Garcia, la meute est libérée… Un gros plateau cette année, une belle densité, et rapidement un groupe d’une trentaine de coureurs se détache, avec parmi eux quelques relayeurs. Le rythme paraît cool, mais les km défilent à environ 3’35/km, voire 3’25 en légère descente.
Sorbiers et les premières difficultés sont déjà là et je sens que le rythme augmente… Je décide de ne pas partir au combat de suite, ma préparation sur cette édition a été très particulière après mes 2 années sans courir, et je ne suis pas complètement serein sur ma capacité à tenir une telle distance.
La pluie est toujours présente, la pente s’élève et nous rentrons dans un brouillard impressionnant ! Même sur les parties goudronnées, j’ai parfois le sentiment qu’à la moindre courbe, je vais finir dans les barbelés. Visibilité 2/3m, on navigue à l’aveugle, et sur les descentes en chemin, j’avoue que je suis complètement sur les freins. Victime de 2 entorses ces dernières semaines, je n’arrive pas à lire le terrain. Je suis également obligé d’enlever mes lunettes que j’utilise uniquement par temps froid, car je suis un peu sensible des yeux, mais qui pour le coup, trempées par l’humidité, n’arrangent pas les choses. »
Manu Meyssat et la bataille des intestins
« KM 17, St-Christo, 1er ravito où je retrouve Paulo afin de refaire le plein. Il m’annonce à 40 secondes de la tête et me demande si les sensations sont bonnes. Et bizarrement, je lui réponds que je n’en sais rien ! Ni bonnes, ni mauvaises, juste étranges… Une purée Baouw prise de suite, quelques gorgées de St-Yorre et c’est reparti.
Puis vers le 20ème kilomètre, des crampes intestinales apparaissent, ce qui est plutôt rare chez moi. Elles sont assez douloureuses mais au bout d’une vingtaine de secondes, elles disparaissent. Je compose avec. Cela revient toutes les 10min environ, mais sans sensations d’écœurement pour autant. Je continue de m’alimenter, simplement cela devient décousu, alors que je suis assez méticuleux d’habitude et que je n’aime pas modifier mon plan de bataille, surtout sur une course longue… Bref, ça n’annonce rien de positif pour la suite, mais je reste dans ma bulle, à l’écoute des moindres informations que mon corps m’envoie.
KM 31, ravito de Sainte-Catherine. Ce n’était pas prévu au programme, et d’ailleurs pas plus que la pluie, toujours présente, mais vu mon équilibre intestinal instable, je me dis que si je m’engage sur ce tronçon de 25km en direction de Soucieu et que cela dégénère, cela risque d’être très long, voire très, très long… »
Manu Meyssat, un coup de barre et ça repart !
« La facilité aurait été de mettre le clignotant à ce moment-là (cela m’a quand même effleuré l’esprit…), mais je ne suis pas encore dans le mal musculairement pour rendre les armes et anéantir toutes ces heures passées à l’entraînement ces dernières semaines, afin d’être de la fête cette nuit. Alors je fais ma ‘princesse” et j’opte pour un changement intégral. Je sais que je vais perdre du temps (environ 4 minutes), mais je l’accepte. Paulo doit comprendre que ça sent le sapin quand je change mes plans, et reste observateur, pour ne pas m’influencer.
C’est reparti, Goretex sur le dos, bien au chaud et au sec. L’énergie commence malgré tout à me faire défaut, car cela fait déjà une dizaine de kilomètres que je suis dépendant de mes crampes intestinales, et je sens que je commence à caler à l’entrée du Bois d’Arfeuille. Avec la pluie en continu et les autres courses qui sont passées devant, les chemins commencent à être défoncés par la boue. Le seul point positif, c’est que le brouillard se fait plus rare, donc la visibilité bien meilleure.
Malgré cette baisse d’intensité, je rattrape coup sur coup Kevin Vermeulen et Théo Detienne qui sont bien dans le mal. Après quelques mots d’encouragement, le premier, assez clairvoyant, me lâche “je crois vraiment avoir sous-estimé la difficulté de cette course, et en plus je suis gelé !”. Quant à Théo, apparemment victime d’une entorse, il n’est pas mieux. Leurs route s’arrêteront quelques kilomètres plus loin.é
Manu Meyssat, le coup de la crampe
« Rampeau est là, la pente est raide, et je marcherais une grosse partie de ce raidard. Je n’ai pas la force musculaire pour encaisser une montée tout en puissance, alors je gère. Cela fait longtemps que je cours seul, les crampes intestinales me rappellent régulièrement qu’elles sont toujours là et que j’ai toujours du mal à m’alimenter, mais sans être malade pour autant… Par contre, ce qui devait arriver arriva, mais sans prévenir : je me chope une crampe de l’espace ! Musculaire, cette fois, à l’adducteur. En un quart de seconde, elle m’arrête net à l’entame d’une bosse (KM42).
Un relayeur qui arrive à ce moment-là me demande si je me suis fait mal, quand il m’a vu m’arrêter soudainement, et continue sa route après avoir compris que ce n’était pas grave. Je marche quelques mètres, afin que cela cesse, mais impossible, alors je prends une quinzaine de secondes pour m’étirer, ce qui me permet de relancer la machine. Je commence à trouver le temps long, ma progression s’annonce difficile, mais quelques centaines de mètres plus loin, je retrouve mon relayeur sympa qui me lâche un “je vois que ça va mieux !” »
« KM44, St-Genou. Le ravito étant un peu difficile d’accès, j’ai fait le choix de me ravitailler seul. Je remplis une flasque sans perdre de temps et repars de suite. La descente qui suit me permet de manger et boire un peu, je retrouve un semblant d’énergie et compose un peu plus loin avec une énième crampe intestinale, mais qui sera la dernière. Malgré tout, sur ce profil descendant en direction de Soucieu, je sens un regain de forme et j’arrive à reprendre une alimentation normale : je bois quand je veux, je mange à nouveau régulièrement, tout redevient plus fluide. Par contre, j’ai mon gros orteil au pied gauche qui me fait souffrir depuis pas mal de temps. Là encore, cela ne m’arrive jamais !!! Ce sont les chaussures que j’avais utilisées sur ma dernière sortie longue de 50km, sans aucun échauffement ! »
Manu Meyssat en mode « robot »
« KM 55, ravito de Soucieu. Je change encore mes plans, et je change de chaussures, je bois, me ravitaille (tiens, un morceau de parmesan bien salé, ça change et ça fait du bien) ! Paulo n’y comprend plus rien. Il continue de me donner des infos sur les écarts, mais je l’écoute à peine, je suis rentré en mode “robot” et l’arrêt sera assez bref malgré tout.
Je repars plein de conviction, je sens que je reviens dans le fight et j’allonge la foulée dans les rues de Soucieu, quand un début de crampe à l’adducteur me rappelle à l’ordre et m’invite à ne pas trop m’enflammer.
J’ai le mollet gauche bien dur, mais les nouvelles chaussures me font du bien sur l’orteil, et finalement, les tensions vont s’atténuer au fil des kilomètres restants. Je profite que cette section avant Chaponost soit assez courte (47′ pour ma part) pour boire les 50cl de ma flasque, puisque Paulo m’attendra au ravito. Ce secteur se passe plutôt bien physiquement. Par contre, les chemins sont complètement défoncés, et je n’aurais pas pensé pouvoir retrouver des conditions similaires à celles de 2019.
KM65, ravito de Chaponost. Pas d’arrêt cette fois-ci, je chope juste une flasque en plein vol et écoute Paulo qui m’annonce les 3 premiers assez loin, mais le 4ème à 2’30. Donc je viens de découvrir que je suis 5ème. Mais l’écart me paraît trop important pour espérer davantage… Malgré tout, cela fait du bien au moral. Et de savoir que, sauf incident, j’irai au bout de l’aventure est déjà une victoire. »
Manu Meyssat, une victoire personnelle
« KM 72, et voilà la terrible côte des aqueducs qui s’érige devant moi. J’attaque en courant, je marche quand même une cinquantaine de mètres dans son premier virage très relevé, puis prolonge en courant jusqu’au sommet. Il y a beaucoup de coureurs maintenant (concurrents des autres courses, NDLR) que je rattrape, avec pas mal d’encouragements qui minimisent la douleur.
KM 74. Ouhahou ! Je reviens sur le 4ème, Pierre-Emmanuel Alexandre. On échange quelques mots mais il est dans le dur et ne pourra par rester au contact. Et puis voilà, un cycliste de l’organisation m’accompagne dans ce dernier kilomètre. J’oublie les muscles broyés par l’effort, et je file vers l’arrivée.
C’est fait, je retrouve la ferveur de l’accueil, la voix du micro dÉric Garcia, Ludovic Collet , ce parterre de journalistes, et tous les passionnés présents en masse ! Contrairement à ce que beaucoup espéraient, ce n’est pas une victoire, et pourtant, c’en est une quand même. J’ai vécu tellement de moments difficiles ces 2 dernières années… Et pas seulement dans le sport (car comme on dit, ce n’est “que” du sport), c’était mon quotidien qui était impacté. Un quotidien où toutes les choses basiques devaient être réfléchies, où les nuits étaient en permanence hachées par les douleurs. Et malgré les infiltrations répétées, quand tu en arrives à te lever du lit le matin uniquement avec une dose de morphine, je peux vous dire que je suis heureux de cette 4ème place au milieu de ce plateau d’athlètes !
Bravo au vainqueur, et aux copains devant moi, Thomas Cardin et Baptiste Chassagne pour la course de costauds qu’ils ont réalisée. Et, bien entendu, à tous les participants. Car ce n’était pas simple d’être à l’arrivée, cette SaintéLyon est impitoyable ! »
Sissi Cussot, Team Asics, marraine de la course, 197e, 10e féminine de la SaintéLyon
Temps : 8h 21mn 14s Vitesse : 9,45 km/h 9ème participation. 2ème féminine en 2014 et 2016, 3ème en 2013 en 2018, 4e en 2017, 5e en 2015
Photo Instagram Sissi Cussot / Le Progrès / DR
« L’abandon n’a jamais été une option ! »
« J’avais dit que j’y mettrai mes dernières forces physiques et mentales… C’est chose faite ! Et comme j’étais loin d’avoir pu faire le plein de carburant avant le départ, j’ai vite senti que je risquais la panne sèche avant l’arrivée. Mais l’abandon n’a jamais été une option. Juste terminer, en composant avec la forme du moment. Du mieux possible. J’aime bien cet état d’esprit : “Faire du mieux qu’on peut.” Et nos capacités ne sont pas linéaires. Et ne sont d’ailleurs pas les mêmes pour tous. Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas admirables pour autant…
Une forme à l’image de ces dernières semaines jusqu’au 40/42e kilomètre… À subir ! Poussive, lourde, sans énergie et sans réelle motivation de me “rentrer dedans”. Déblocage soudain à 35km de l’arrivée ! Je ne sais trop expliquer pourquoi ni comment. Pas eu le temps de passer à la station service faire le plein de carburant pourtant ! J’avais plutôt même continué à bien le vider…
Je double quasiment 400 coureurs en 35km. On va dire que c’est ma petite perf du jour à moi. Avec mes capacités du moment. Surtout, cette seconde vie m’a permis de ne pas passer plus de 8h à subir. Et à réaliser, une fois de plus, que l’être humain possède des ressources incroyables insoupçonnées !
Sissi Cussot, faiblesses et forces en présence
En tout cas, même s’il m’a clairement manqué : ➡️De la niaque, ➡️Des ischios suffisamment préparés, ➡️Un carrefour postérieur prêt à encaisser, ➡️Ma musique pour m’apporter du réconfort dans les moments durs, ➡️Mon papa.
J’ai aussi eu la chance : ➡️De recevoir énormément d’amour et de soutien ! ➡️D’avoir une équipe d’assistance au top niveau ! ➡️D’avoir opté pour le bon équipement et de ne pas avoir subi le froid !
Mais quand même… Courir 78km en plein hiver et en pleine nuit… On est 15 000 barjots quoi ! C’était ma 9ème SaintéLyon, soutenue par mes fidèles partenaires Asics Running et i-run.fr. On se donne RDV pour la 10ème ?
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/12/SainteLyon-2022-OPEN-Thomas-Cardin-Baptiste-Chassagne-Photo-Instagram-Thomas-Cardin-Le-Progres-DR.png6841134Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-12-08 16:12:502022-12-08 16:13:02SaintéLyon 2022, le débrief des coureurs
Sauf désistement ou annulation pour cause de météo, il y aura 5 athlètes français sur la ligne de départ de la mythique Hardrock 100 2023 en juillet prochain dans le Colorado. Parmi eux, la recordwoman du GR20, membre du team Scott Running Anne-Lise Rousset, 2e de la Diagonale des Fous 2022, et son vainqueur, le Basque Beñat Marmissolle.
Hardrock 100 2023 : 147 “élus” tirés au sort
Ils ne seront que 147 « élus » au départ. 117 hommes et 30 femmes. Tel est le verdict du tirage au sort qui a eu lieu le 3 décembre dernier. Sans surprise, ni Kilian Jornet, ni François D’Haene ne seront de la partie. Ils avaient annoncé bien avant qu’ils renonçaient à participer à l’édition 2023, chacun pour des raisons personnelles. Mais si les 2 champions qui ont animé la dernière édition seront absents, le niveau de la prochaine Hardrock Hundred Endurance Run promet d’être très élevé.
Hardrock 100 2023 : 5 Tricolores à l’assaut des sommets
Lors du tirage au sort, 5 Tricolores ont gagné leur ticket pour les montagnes russes du Colorado. 5 heureux mordus de dénivelé qui auront l’honneur de s’élancer pour avaler les 161,5 kilomètres et 10000m D+ de cette terrible boucle. Objectif : revenir à Silverton embrasser le fameux rocher peint d’une tête de bélier faisant office d’arrivée. Mais avant d’embrasser la bête, il faudra monter haut, très haut. Car la particularité de cette épreuve, qui la rend si dure pour les organismes, est qu’elle se court à une altitude moyenne de plus de 3300m. Avec un point culminant, le Handies Peak, à 4282m.
Quant au record absolu de Kilian Jornet, il ne craint rien. Réalisé en 2022 dans le sens des aiguilles d’une montre, son chrono de 21h 36mn 24s ne pourra être battu en 2023. En effet, alternance oblige, le parcours s’effectuera cette fois-ci dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Et c’est donc le record de François D’Haene, établit en 2021, qui sera dans le viseur des concurrents 2023 : 21h 45mn 51s. Avis aux amateurs !
Kilian Jornet tout sourire après son record sur la Hardrock en juillet 2021. Photo Organisation / DR
Hardrock 100 2023 : Anne-Lise Rousset-Séguret et Beñat Marmissolle en têtes d’affiche
Anne-Lise Rousset-Séguret ne cachait pas sa joie, à l’annonce du résultat du tirage au sort. « C’est avec une joie immense que j’ai découvert mon nom sur la liste du résultat du tirage au sort de la mythique Hardrock Hundred Endurance Run », a-t-elle écrit sur son compte Facebook dès l’annonce des résultats publiés. « Quelle chance incroyable de pouvoir cavaler sur ce 100 miles légendaire qui m’a toujours fait rêver et qui m’a incité à courir ces distances. Rendez-vous en juillet prochain ! »
Anne-Lise Rousset-Séguret, prête à retrouver Courtney Dauwalter. Photo DR
Elle retrouvera sur la ligne de départ la tenante du titre et détentrice du record féminin de la course en 26h 44mn 36s, Courtney Dauwalter. De quoi reproduire la bataille qu’elles se sont livrées sur la Diagonale des Fous, où l’Américaine, après avoir été au bord de la rupture, s’est imposée devant la Française.
Courtney Dauwalter face au bélier après un chrono record en 2021. Photo Organisation / DR
De son côté, le Basque Beñat Marmissolle, après une année 2022 somptueuse couronnée par son succès à la Diagonale des Fous, va pouvoir se mesurer à la concurrence américaine. Un défi qui, n’en doutons pas, saura le motiver.
Beñat Marmissolle à l’arrivée de la Diagonale des Fous 2022. Photo Organisation / DR
Hardrock 100 2023 : les 3 autres Tricolores tirés au sort
Outre Anne-Lise Rousset et Beñat Marmissolle, seuls 3 autres Tricolores ont obtenu leur billet pour le Colorado. Chez les femmes, Claire Bannwarth, grande habituée des ultra-distances, sera de la partie. Chez les hommes, Jean-Francois Geiss, qui a déjà couru la Hardrock en 2013, 2014, 2015, 2016 et 2018, repartira pour un tour. Aurélien Dunand-Pallaz, 2e de l’UTMB 2021, a également décroché son ticket. Quant à la Française Maria Semerjian, régulière dans les Top 10 des ultras auxquels elle participe, elle peut encore croiser les doigts. Elle se retrouve en effet dans la longue liste d’attente. En cas de désistements…
Mauvaise pioche en revanche pour Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, candidat à l’épreuve mais qui n’a pas été tiré au sort. Le Parisien devra donc attendre au moins un an de plus avant d’aller faire sa dégustation de bières dans le Colorado… Même punition pour Ludovic Pommeret et Arthur Joyeux-Bouillon, privés de désert…
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/12/Hardrock-100-2023-OPEN.png11641620Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-12-06 14:57:222022-12-06 14:57:33Hardrock 100 2023 : Anne-Lise Rousset-Séguret, Beñat Marmissolle et 3 autres Français tirés au sort !
Blandine L’Hirondel a été élue athlète féminine de l’année lors d’une élection qui a cumulé plus de 100 000 votes sur athle.fr, les comptes de la Fédération Française d”Athlétisme sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook et Twitter) et un panel de spécialistes sollicités*. Coup double pour le trail féminin avec l’équipe de France féminine de trail qui a obtenu le trophée du collectif de l’année.
Le trail à l’honneur avec Blandine L’Hirondel
Lauréate du prix du président de la Fédération Française d’Athlétisme en 2019 pour son titre de Championne du Monde de Trail, Blandine L’Hirondel aobtenu cette fois la plus prestigieuse des récompenses en étant désignée athlète féminine de l’année 2022. Championne d’Europe de trail à El Paso (Espagne) en juin, puis Championne du monde de trail long à Chiang Mai (Thaïlande) en novembre, l’athlète de l’Alençon Running Club, encore inconnue il y a 4 ans, s’affirme comme la patronne incontestée de la discipline.
Avec 21,5 % des voix, elle devance de peu Rénelle Lamote, désormais triple vice-championne d’Europe en plein air du 800 m (19,97 %). Le podium est complété par une autre fondeuse, adepte des distances beaucoup plus longues : Floriane Hot (16,37 %), championne du monde du 100 km. Mathilde Sagnes, médaillée de bronze européenne en trail, et Christel Dewalle, médaillée de bronze européenne en course verticale, figuraient parmi les nominées.
Le sacre de Blandine L’Hirondel sur le trail long à Chaing Mai en novembre. Photo DR
La réaction de Blandine L’Hirondel
« Je suis très honorée. Surtout de me savoir élue devant des filles comme Rénelle et Floriane, qui m’inspirent toutes les deux. Elles ont fait de super performances cette année. Floriane a été championne du monde avec le record d’Europe, et Rénelle vice-championne d’Europe sur une discipline plus exposée que le trail, avec une sacrée densité. J’ai regardé un peu les votes sur les réseaux sociaux, et je pensais que Rénelle avait trop d’avance. Ça me fait vraiment plaisir ! J’avais voté à cette élection, mais pas pour moi, par principe ! J’avais opté pour Rénelle. Et pour le reste, j’avais été un peu chauvine, en choisissant Sylvain Cachard chez les hommes et notre équipe de France de trail parmi les collectifs. »
L’équipe de France féminine de trail élue collectif de l’année
Le trail fait donc coup double avec, en plus de la consécration de Blandine L’Hirondel, la victoire de l’équipe de France femmes au classement du collectif de l’année. Championnes d’Europe (avec BlandineL’Hirondel,Mathilde Sagnes, Audrey Tanguy et Laure Paradan) et du monde (avec L’Hirondel, Audrey Tanguy, Marion Delespierre, Jocelyne Pauly, Manon Bohard Cailler et Laure Paradan) par équipes, les traileuses françaises ont réalisé une saison 2022 de toute beauté et récoltent 22,65 % des suffrages. Six ans après leurs homologues masculins, elles replacent leur discipline au sommet dans cette catégorie.
Elles devancent l’équipe de France senior masculine de cross, médaille d’or à Dublin en décembre 2021, qui obtient 18,83 % des voix. Le podium illustre la diversité de l’athlétisme, avec la piste sur la troisième marche grâce au 4×100 m tricolore masculin (13,78 %) en bronze aux Europe de Munich.
L’équipe de France de Trail. Photo FFA
Les autres athlètes de l’année
Chez les hommes, après 2016, 2018 et 2021, Kevin Mayer, champion du monde du décathlon à Eugene (Etats-Unis)adécroché son quatrième trophée d’athlète masculin de l’année. Le symbole de la régularité au plus haut niveau de l’athlète de 30 ans, qui a largement dominé les débats en recueillant 28,34 % des suffrages, face à ses 13 concurrents. Parmi eux figuraient Arnaud Bonin, vice-champion d’Europe de trail, SylvainCachard, champion d’Europe de Course en montagne, Thomas Cardin, médaillé de bronze européen et Nicolas Martin, vice-champion du monde de trail. Chez les espoirs (U18 et U20), ce sont les sauteurs SohaneAucagos et Anthony Ammirati qui ont été récompensés.
*Le collège électoral ayant voté se répartit de la manière suivante : 50 % des suffrages sur athle.fr, 30 % sur les réseaux sociaux, 20 % pour un panel de spécialistes.
Il ne faudra pas traîner pour décrocher votre dossard pour une des 6 courses de la 3e édition du Grand Trail de Serre-Ponçon 2023, qui se déroulera du 15 au 17 septembre prochains. En effet, l’organisation a décidé d’imposer une limitation stricte des dossards par course, afin de faire bénéficier aux coureurs d’une fluidité maximale sur les parcours, de préserver les chemins parcourus et de respecter les sites traversés. Aurez-vous le vôtre ? C’est le moment de réserver !
Grand Trail de Serre-Ponçon 2023 : 6 courses au programme
LE GRAND TRAIL DE SERRE-PONCON, en SOLO, DUO ou TRIO 164km et 10600m D +/-. Une longue bambée par les sommets encadrant le lac de Serre-Ponçon, le Pic de Morgon, le Pic de Dormillouse, le Mont Colombis, le Pic de Piolit, le col de la Coupa et le terrible Mont Guillaume en final ! 400 dossards maximum au total.
LE TRAIL DE SERRE-PONCON, en solo 74km et 5200m D+/-. À mi-parcours du Grand Trail, un beau demi-tour de lac avec le Mont Colombis, le Pic de Piolit, le col de la Coupa et le Mont Guillaume en final. 330 dossards individuels.
LE TRAIL LAC ET MONTAGNES, en solo 49km et 3500m D+/-. Un 50km sur la partie nord du lac, avec le Col de Chorges, La Coupa, Les Gourniers, et toujours le Mont Guillaume en final. 450 dossards individuels.
Le lac de retenue de Serre-Ponçon, avec tout à droite la ville d’Embrun, point de départ du Grand Trail.
LE TRAIL DU MONT GUILLAUME, en solo 28km et 1650m D+ / 2310m D-. Le Mont Guillaume au menu, par son côté le plus sauvage ! 200 dossards individuels seulement !
LE TRAIL DES CONTREFORTS DU MORGON, en solo 18 km et 510m D +/-. Un très beau parcours épousant les contreforts du Pic de Morgon pour redescendre vers le lac et finir à Embrun. 400 dossards individuels.
RENDEZ-VOUS EN TRAIL INCONNU, en solo Sur environ 30km, avec un parcours entièrement nouveau en 2023, inconnu jusqu’au moment du départ, en quasi auto-suffisance. A essayer pour l’aventure ! 220 dossards individuels.
Photo Grand Trail de Serre-Ponçon / DR
Grand Trail de Serre-Ponçon 2023 : engagé pour la protection de l’environnement
Depuis la première édition, l’environnement est au cœur des préoccupations de l’équipe d’organisation du Grand Trail de Serre-Ponçon. Parmi les différents engagements, notons : – une somme d’argent reversée pour l’entretien des chemins – une signalétique directionnelle et d’information réutilisable – des navettes mises à disposition pour l’acheminement des participants – une limitation stricte du nombre de dossards – des lots d’accueil et finishers produits sur le bassin de vie – a minima 75% de produits bio et locaux sur les ravitaillements – tri systématique des déchets sur l’ensemble des bases de vie et ravitaillements.
Grand Trail de Serre-Ponçon 2023 : une aventure gustative
A noter que chaque base de vie proposera un thème et un accueil différent suivant les valeurs de son territoire. Un plat chaud préparé localement sera proposé sur chaque base de vie et à l’arrivée.
Autre bonne nouvelle, le choix de l’organisation de réduire les tarifs d’inscription en les limitant strictement à 1 euro du kilomètre, tout en garantissant la qualité des services, en particulier en matière de sécurité, expérience sportive et de convivialité.
Le dernier « grand » ultra-trail de l’année se courait en Afrique du Sud ce week-end. Sur l’épreuve phare du 100 kilomètres, Camille Bruyas, surnommée « la Machine », est devenue la 1ère Française (et Français) à s’imposer, terminant 7e au scratch. Déception pour Sébastien Spehler, qui abandonne après une chute.
Ultra-Trail Cape Town : 100 kilomètres entre mer et montagne
Imaginez un parcours avec de grandes sections de sable blanc, des montées terribles, des chemins plein de cailloux, le tout sous le soleil de l’Afrique du Sud. 98 km et 4972m D+, tel est le profil de cette course en boucle au départ du Cap. Sa particularité : offrir à la fois des passages très techniques en montagne et des kilomètres roulants dans le sable blanc en bord de plage. Un contraste saisissant qui en fait un lieu particulièrement apprécié des ultra-traileurs, où il faut savoir ménager ses forces pour réussir à dompter tous les paramètres, dont le vent et la chaleur de l’été austral.
Les principales difficultés se situent dans la première moitié de course, avec les deux terribles montées sur le plateau de Table Mountain, la montagne en forme de table qui domine la ville du Cap, et les sentiers qui sillonnent le massif de Karbonkelberg. Dans la seconde moitié de course, si le dénivelé est similaire, il est dû à des enchaînements de montées et descentes moins impressionnants, mais tout aussi épuisants.
Table Mountain, la montagne qui domine la ville du Cap. Photo DR
L’UTCT, une épreuve qui ne sourit qu’aux meilleurs
La lecture du palmarès de l’UTCT ne laisse pas de place au doute : seuls les grands champions parviennent à s’imposer ici. Ainsi, lors de la précédente édition, en novembre 2021, c’est l’Américain Jim Walmsley qui l’avait emporté. Il avait devancé de près de 30 minutes le Français Sébastien Spehler. À noter que sur cette édition, Mathieu Blanchard avait pris la 4e place. Côté féminin, c’était la numéro 1 mondiale Courtney Dauwalter qui s’était imposée, terminant 8e au scratch. Elle avait devancé la Canadienne Marianne Hogan et la Française Maryline Nakache, alors 14e au scratch.
Tout aussi parlant, le palmarès 2019 illustre bien le niveau de l’épreuve. L’Américain Cody Reed s’était alors imposé devant le duo français François D’Haene et Nicolas Martin.
Résultat Ultra-Trail Cape Town : la course d’attente de Camille Bruyas
Gagnante du format 65km en 2018, Camille Bruyas connaissait bien les principaux pièges du parcours. Les difficultés techniques bien sûr, mais aussi les conditions météo à dompter. Les consignes de course de la « Machine », également surnommée la « Girafe » en raison de sa taille, étaient claires : ne pas partir trop vite, rester en embuscade en tête de course et garder suffisamment de jus pour la fin. Et c’est exactement la stratégie que la Française a adoptée. Calée à la troisième place des féminines pendant tout le premier tiers de course, Camille Bruyas a laissé le soin de mener à la Suédoise Mimmi Kotka et l’Américaine Kelly Wolf, restant toujours à moins de 2 minutes des leaders. Ce n’est qu’à mi-course que la Française a pointé le bout de ses chaussures, pour revenir à quelques secondes de Mimmi Kotka, alors en tête.
Camille Bruyas sur des terres qui lui ont bien réussi. Photo DR
Résultat Ultra-Trail Cape Town : Camille Bruyas en mode “machine”
Prenant plus de temps que la Suédoise sur les ravitaillements, à la fois pour se poser, s’alimenter et s’hydrater, la Française a ensuite fait parler sa gestion du combo vent + chaleur pour se détacher progressivement dans les 30 derniers kilomètres de course. De 8 minutes d’avance à Alphen Trail, au km 76, l’écart est monté à 11 minutes à Nursery Ravine, au km 82, pour finir à 20 minutes sur la ligne d’arrivée. Camille Bruyas prend au passage une très belle 7e place au scracth, à seulement 1h30 des 2 vainqueurs du jour.
Mimmi Kotka, très éprouvée par la chaleur, sauve sa seconde place de 3 petites minutes, la Russe Varvara Shikanova terminant sur la 3e marche du podium. Les performances féminines ont d’ailleurs été exceptionnelles sur cette course, puisqu’elles occupent les places 7 à 10 du classement général. À noter également la belle 5e place (et 18 au scratch) de l’inusable Maryline Nakache.
Le podium féminin du 100 kilomètres. Photo DR
Résultat Ultra-Trail Cape Town : Mityaev et Namberger ex-aequo
Grand favori de la course masculine, Hannes Namberger était loin d’avoir course gagnée. Parmi les principaux rivaux figurait en effet le Français Sébastien Spehler, second de l’édition 2021 derrière Jim Walmsley. Récent second du Grand Trail des Templiers, toujours derrière ce même Jim Walmsley, Spehler avait coché cette course et était déterminé à faire un résultat. Hélas pour lui, après un très bon départ (il pointait en tête au 25e kilomètre), Sébastien Spehler, victime d’une chute, a abandonné peu après la mi-course.
C’est finalement le Russe Dmitry Mityaev qui aura été l’autre grand animateur de la course. Mityaev et Hannes Namberger, qui ont couru ensemble la majorité de la course, ont choisi de franchir la ligne d’arrivée ensemble, pour partager la victoire. L’Américain Drew Holmen prend la troisième place, à seulement 6 minutes des 2 vainqueurs.
Mityaev et Namberger main dans la main pour partager la victoire sur le 160 kilomètres. Photo Facebook UTCT
UTCT 2022 : le Grec Fotis Zisimopolous s’impose sur la 1ère édition du 160 kilomètres
Outre le fameux 100 kilomètres, cette édition de l’UTCT inaugurait un nouveau format ultra de 100 miles (166 kilomètres et 7516m D+). Sur cette distance, c’est le Grec Fotis Zisimopolous, en tête durant pratiquement toute la course, qui s’impose en moins de 21 heures (20h 48mn 17s). Il devance de 40 minutes le Russe Aleksei Tolstenko. Le Suédois Elov Olsson termine 3e. Le Français Julien Zimmer prend la 13e place.
Fotis Zisimopoulos, vainqueur de la première édition du format 160km. Photo Neville Sharwood
La course féminine a été beaucoup plus indécise. Très attendue, la Néerlandaise Ragna Debats a mené la course pendant les 70 premiers kilomètres, avant d’abandonner. C’est alors que l’Américaine Hillary Allen a pris les commandes, pour ne plus quitter la tête. Elle s’impose en un peu moins de 25 heures, terminant à une remarquable 4e place au scratch. Elle devance 2 Sud-Africaines, Kerry-Ann Marshall et Naomi Brand.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/11/UTCT-100-camille-bruyas-OPEN.png13502332Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-11-27 15:44:072022-11-27 15:44:19Résultat Ultra-Trail Cape Town : Camille Bruyas en « Machine » de guerre
9e mondial et deuxième Français derrière Thibaut Baronian au classement final les Golden Trail World Series 2022, Anthony Felber a encore franchi un cap en devenant, à 25 ans, un des athlètes tricolores les plus performants sur 40-50 kilomètres. Entretien avec un pilier du team Sidas-Matryx fraîchement diplômé d’architecture et assoiffé de performances.
Tu as passé toute ta jeunesse du côté d’Annecy, donc forcément tourné vers l’outdoor. Pourquoi le trail ?
En fait, j’y suis venu tardivement. J’ai fait beaucoup de tennis, pendant 9 ans, avec du cyclisme à côté pour le plaisir, avec mon père. Je n’ai commencé à courir qu’en terminale, donc vers l’âge de 17 ans. J’ai intégré un club où il y avait une super ambiance, et ça m’a motivé à pousser à fond, en entrant dans une école où tout le monde arrêtait le sport pour les études. Mais le fait d’avoir deux passions totalement opposées, l’architecture et le trail, m’a permis de pouvoir gérer les deux calmement.
Sur quel format as-tu commencé ?
J’ai commencé sur des courses courtes. Mais mon premier dossard a été la Short Race de la MaxiRace, un 15 kilomètres, en 2015, quand j’étais en première. J’avais de la famille qui le faisait, mais moi je n’avais jamais couru en montagne. Je les ai accompagnés et j’ai gagné en catégorie cadet. C’est là que j’ai eu un coup de cœur sur ce sport.
Et le véritable déclic, celui qui t’a fait dire que tu avais un truc à faire à haut niveau ? C’est ton titre de vice-champion de France à Méribel en 2019 ?
Oui, je pense. C’est à la fois un résultat national – donc j’étais très content -, et être vice-champion, ça motive à s’entraîner, parce que tu as encore quelqu’un qui est au-dessus de toi.
Anthony Felber à l’arrivée du Marathon du Mont-Blanc. Photo Cédric Manoukian
Le format 40-50 km semble être celui qui te convient le mieux…
C’est vrai, même si cette année je me suis un peu réconcilié avec les courses courtes, avec mes résultats aux États-Unis (7e et 1er Français sur les 21km pour 2382m D+ de la Pikes Peak Ascent, 5e et 1er Français sur les 26km pour 1266m D+ du Flagstaff Sky Peaks, NDLR). Au départ, je voulais surtout m’aligner sur des formats 40 kilomètres, mais cet été j’ai travaillé et progressé sur des distances plus courtes, sur des formats de course de 2h30 où il faut mettre plus de vitesse.
Es-tu tenté par plus long ? Monter sur du 80, voire 100 kilomètres ?
Oui, mais pas pour tout de suite. Peut-être en 2024 ou 2025, pas avant. Par le passé, j’aurais dit que c’était une trajectoire logique, commencer par 15, puis 30, 40, 50, 80, 100, mais maintenant je me rends compte que ce sont deux sports que l’on pourrait presque différencier, et la logique est un peu moins claire dans mon esprit. Du coup, j’ai plus envie de tester ça comme la découverte d’une autre branche du trail que me dire que je passe au format supérieur.
Quelles sont les clés de ton entraînement ?
Ce qui me caractérise le plus, c’est la précision et la régularité. D’ailleurs, on me surnomme l’horloge suisse… Le fait de tout le temps vouloir aller m’entraîner, peu importe la météo, la motivation. Je suis convaincu que c’est la régularité qui finit par payer. Mais il ne faut pas que cela devienne une contrainte, cela doit rester un plaisir. En plus, j’ai la chance d’être dans des environnements qui me permettent d’augmenter le volume sans me lasser, d’avoir autour de moi des terrains de jeu formidables, que ce soit à Annecy, en Suisse où j’ai fait mes études, et maintenant à Chamonix.
Anthony Felber à l’entraînement pour Sierre-Zinal. Photo Justin Galant
Une semaine d’entraînement type, chez Anthony Felber, ça ressemble à quoi ?
Deux à trois vraies séances d’intensité, où je me donne vraiment bien, deux sorties longues, une à pied, l’autre à vélo en entraînement croisé, et le reste c’est du volume cool, des sorties récup’ où je cours tout doucement. Et je fais aussi un peu d’entraînement croisé en hiver avec le ski de rando et le ski de fond.
Tu travailles avec une planification précise à l’année ou tu adaptes durant la saison ?
C’est planifié car j’ai la chance d’avoir Simon Gosselin qui me coache au sein du team Matryx, et qui est avec moi depuis 3 ans. On commence à bien se connaître, il sait comment me préparer avant un objectif, ce dont j’ai besoin… Je dois d’ailleurs dire que l’aide du team est vraiment géniale à tous niveaux, à la fois pour le coaching, mais aussi pour pouvoir performer sans avoir la tête occupée par d’autres choses, notamment au niveau des sponsors, de la logistique, des trajets, hébergements… On a même un coach mental à disposition, un ostéo, donc on peut travailler sur tous les aspects. Et être avec le groupe, c’est quand même plus sympa qu’être tout seul…
En début de saison, tu avais coché 3 courses sur lesquelles tu rêvais de performer : Zegama, Sierre-Zinal et Pikes Peak Ascent. Tu fais 18e, 12e et 7e. Objectif atteint ?
Oui, car je n’ai foiré aucune des trois courses, alors que quand tu as des objectifs, tu te mets un peu plus de pression. En plus j’ai été assez progressif tout au long de l’année, j’ai eu des bons résultats sur d’autres courses (8e au Marathon du Mont-Blanc, 5e au Flagstaff Sky Peaks, NDLR), donc je suis vraiment content.
Lors des finales des Golden Trail World Series 2022 à Madère. Ça pique un peu, Anthony ? Photo Golden Trail World Series / J. Saragossa
Quels sont tes objectifs 2023 ?
Pour la première partie de saison, je vais essayer de gagner ma sélection en Équipe de France pour aller aux Championnats du Monde de Trail Court en Autriche, c’est-à-dire le format type marathon, et ensuite repartir sur les Golden Trail Series en deuxième partie de saison.
Anthony Felber, le CV Express
Âge : 25 ans Origine : Annecy Résidence : Argentière Métier : Architecte Terrain de jeu : Chamonix Club : Changement en cours Objectifs 2023 : Intégrer l’équipe de France
Les 3 résultats dont il est le plus fier : 1 – Sierre-Zinal 2022 (12e). Parce que cette course était un objectif dont je rêvais. 2 – La MCC 2021 (1er). Parce que gagner à Chamonix sur l’une des courses de l’UTMB, c’est une sacrée expérience. 3 – Flagstaff Sky Peaks 2022 (5e). Pour la surprise, parce que je ne m’attendais pas à être si performant sur ce type de terrain.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/11/Anthony-Felber-Photo-Golden-Trail-World-Series-J.-Saragossa.png10882338Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-11-25 05:05:002022-11-17 19:07:09La tête et les jambes, épisode 2 : Anthony Felber, l’archi motivé